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mardi 12 avril 2016

ALERTE COBRA: COBRA, ÜBERNEHMEN SIE! (RTL)

[Sans spoilers] Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahn Polizeï), la série policière d'action diffusée par RTL et produite par action concept (la compagnie de Hermann Joha) a lancé sa nouvelle saison la semaine dernière avec un téléfilm de 90 minutes

Bien que la série ait débuté en 1996, Cobra, übernehmen Sie!, est le premier épisode de la 39ème saison car Alarm für Cobra 11 est diffusé en deux moitiés durant l'automne et le printemps.

Écrit par Frank Koopmann, Janet Pfitzer & Roland Heep and directed by Franco Tozza, ce "Pilotfilm" marque officiellement le 20ème anniversaire de la série. Le titre est un clin d'oeil à Kobra, übernehmen Sie, titre allemand de Mission: Impossible (la série de 1966-1973). Cobra, übernehmen sie! introduit le nouveau partenaire du vétéran de la police autoroutière Semir Gerkhan (Erdogan Atalay): Paul Renner, interprété par Daniel Roesner. Avant cet épisode, l'acteur est apparu deux fois dans Alerte Cobra (en 2010 et 2011) dans le rôle d'un autre personnage, Andreas "Tacho" Tachinski, aux côtés d'Axel Stein dans celui de Kai "Turbo" Schröder. En 2013, action concept et RTL ont tenté de donner au duo leur série dérivée avec un pilote très mauvais appelé Turbo & Tacho.

Paul Renner a rencontré Semir longtemps avant de rejoindre les forces de police, lorsqu'il était un jeune garçon. Après une scène de "flashback" avec Erdogan Atalay et sa coupe de cheveux de 1996, nous sautons littéralement dans une "mission de routine" de Gerkhan et le (pas si) nouveau venu. Bien sûr, dans Alerte Cobra, la "routine" signifie le chaos sur l'autoroute. Quelqu'un qui parle français veut récupérer un disque dur à tout prix. Alors que Semir s'inquiète pour sa santé, ses collègues et son ex-chef Anna Engelhardt (Charlotte Schwab) célèbrent ses 20 ans au sein de la Kripo Autobahn. Des agents russes tenaces en ont après Gideon Link (Thomas Heinze), un magnat de la haute technologie et ami du petit génie de la police scientifique Hartmut (Niels Kurvin) qui dit oeuvrer pour un monde meilleur.

Krüger (Katja Woywood) et Dorn (Katrin Heß) font leur propre Charlie's Angels et Susanne (Daniela Wutte), la secrétaire, va avoir son bébé. Cobra 11 revient au pur déjanté après la période Alex Brandt plus "sombre" (1) et fait du James Bond à nouveau, grâce à un méchant qui veut hugodraxer la planète mais à moindre coût. Le nouveau personnage joué par Daniel Roesner est une des plaisantes surprises de l'épisode. La participation de l'excellent acteur français Jean-Yves Berteloot (Dufourquet) en est une autre. La date d'expiration d'Alarm für Cobra 11 - Die Autobahn Polizeï a explosé il y a un moment mais Hermann Joha et la production savent comment organiser une fête d'anniversaire, ça c'est sûr.

(1) Le précédent équipier de Semir Gerkhan, interprété par Vincenz Kiefer.

http://www.quotenmeter.de/n/84741/von-spektakulaeren-autostunts-von-familiaerem-zusammenhalt
http://www.focus.de/kultur/kino_tv/alarm-fuer-cobra-11-alarm-fuer-cobra-11-zahlen-und-fakten-rund-um-die-autobahnpolizisten_id_5417499.html
http://www.quotenmeter.de/n/84733/das-neue-cobra-11-ben-heisst-jetzt-paul

lundi 31 mars 2014

ALERTE COBRA: REVOLUTION (RTL)

Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahn Polizeï) la série allemande à succès de la chaîne privée RTL, produite par action concept, a lancé sa nouvelle saison jeudi dernier avec un spécial de 90 minutes.

Bien que la série ait débuté en 1996, Revolution ouvre sa 35ème saison (Alarm für Cobra 11 est diffusé par "blocs"). Écrit par Sven Frauenhoff & Andreas Brune et réalisé par Franco Tozza, l'épisode voit des écoterroristes semer la dévastation lors de la réunion d'une grosse compagnie. Par ailleurs il introduit Vinzenz Kiefer dans le rôle d'Alex Brandt, le nouveau partenaire du vétéran de la police autoroutière Semir Gerkhan (Erdogan Atalay).

Semir tente toujours de faire face à la fin de son mariage, amorcée dans Auferstehung, le spectaculaire épisode d'ouverture de la saison 34. C'est un homme brisé, sans sa femme et sa famille, sans partenaire, et Andrea (Carina Wiese) veut vendre leur maison. Sa chef a un problème avec son attitude et il rejette l'aide offerte par ses amis et collègues. Alex Brandt a lui aussi sa part de difficultés: il sort de prison et reçoit une visite inattendue.

Un Semir plus "sombre" et un nouveau partenaire régénèrent une franchise qui était clairement devenue sa propre parodie ces dernières années. Le défi est de taille pour Vinzenz Kiefer vu la popularité du duo formé par Gerkhan and Ben Jäger, joué par Tom Beck (dont le dernier épisode est passé en décembre). Revolution n'a pas la facture cinématographique du très bondien  Auferstehung et il y a inévitablement du déjà vu mais le résultat est plutôt agréable. Ce qui est déjà beaucoup après 18 ans.

http://www.quotenmeter.de/n/69774/die-kritiker-alarm-fuer-cobra-11-revolution
http://www.quotenmeter.de/n/66890/wie-cobra-11-seinen-fokus-veraendert

samedi 8 septembre 2012

LE JOUR DU BLAIREAU

Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahn Polizeï), la série policière d'action à succès de la chaîne privée allemande RTL, a démarré sa nouvelle saison jeudi soir avec son traditionnel "Pilotfilm" de 90 minutes.

Bien que la série ait été lancée en 1996, le téléfilm Engel des Todes ouvre la 32ème saison (Cobra 11 est diffusé en "blocs") et a tout ce que l'on attend d'une production d'action concept: beaucoup de destructions, de cascades automobiles et d'explosions. Mais celui-là a également Bruce Willis dans Le chacal... Enfin presque.

Semir Gerkhan (Erdogan Atalay) a pris un job de bureau au LKA pour passer plus de temps avec sa famille. Ben Jäger (Tom Beck) doit patrouiller avec une nouvelle équipière, Claudia (Nadine Wrietz), lorsque Andri Vladic (Ralf Moeller) - frère du criminel de guerre Djavo Vladic (Manfred Lehmann) - et ses hommes sèment la pagaille et la dévastation sur l'autoroute. C'est ce mauvais moment que l'emm**deur stratosphérique et théoricien de la conspiration Oliver "Sturmi" Sturm (Oliver Pocher) choisit de téléphoner à Ben. Semir travaille rapidement de nouveau avec Jäger mais se garde bien de le dire à son épouse Andrea (Carina Wiese).

C'est une tradition depuis Das Ende der Welt (le brillant 200ème episode), le comédien allemand Oliver Pocher apparaît chaque année dans le rôle de "Sturmi" à l'ouverture de la saison. Mais la version locale de Leo Getz dans les Lethal Weapon ou des Lone Gunmen (The X-Files), s'est débrouillé pour devenir très irritant dans l'ennuyeux 72 Stunden Angst (2011). Pas seulement pour ses amis policiers Semir et Ben mais aussi pour les téléspectateurs. Dieu merci le super-méchant interprété par Ralf Moeller s'occupe de mettre un terme à son agonie (et à la nôtre) en lui offrant une des pires sorties de personnage de l'histoire d'Alarm für Cobra 11.

Moeller semble vraiment s'amuser à jouer dans ce Engel des Todes, qui a pour autre vedette invitée Bruce Willis... Ou au moins le très talentueux acteur berlinois Manfred Lehmann, lequel se trouve être la voix allemande de Bruce Willis (parmi d'autres). Ca peut être utile lorsque votre intrigue emprunte au film Le chacal (The Jackal, 1997). Oliver Sturm étant trop occupé à être mort, la presque majorité de l'humour de l'épisode est censé être fourni par l'actrice Nadine Wrietz - qui mérite un meilleur matériel.

Ecrit par Ralf Ruland et réalisé par Franco Tozza, ce spécial d'Alerte Cobra laisse un air de luxueuse rediffusion. Ses chiffres d'audience sont tout aussi luxueux alors Cobra 11 pourrait durer éternellement. Avec Engel des Todes on a l'impression que ça dure depuis une éternité.

En Allemand:

http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=58932&p3=
http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=58996&p3=
http://www.nadinewrietz.de/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1

vendredi 9 mars 2012

MEK 8... PORTÉS DISPARUS?

MEK 8 est une série d'action produite par la compagnie allemande action concept (Alerte Cobra) pour la chaîne privée RTL II. Tournée d'octobre à novembre 2010 à Cologne, elle a débuté le mois dernier... sur V-me, une petite chaîne américaine hispanophone.

Centré sur une unité d'élite secrète de la police allemande, MEK 8 est écrit par Markus Müller, Philipp Sidhu et Gregor Eisenbeiss. La série est réalisée par Nico Zavelberg et Roland Leyer, et met en vedette Stefan Richter, Felix Lampe, Ricardia Bramley, Marc Richter, Jan Stapelfeld et Tanja Lanäus.

La diffusion des 16 épisodes de 22 minutes devait démarrer au printemps ou à l'été 2011. A l'été 2011 il a été annoncé que MEK8 serait diffusé durant la saison télé allemande 2011-2012. L' excellent site Quotenmeter.de fait remarquer que ladite saison se termine dans 11 semaines et ne voit pas RTL II diffuser la production action concept dans l'intervalle. Même si la chaîne a expliqué que MEK 8 devait être diffusé cette année, sans pour autant donner de date.

Alarm für Cobra 11, la série la plus connue d'action concept, est revenue hier sur RTL pour une nouvelle saison et fait toujours des taux audiences plus que convenables.

http://www.telepool.de/movie.html?ID=e3280709-d241-4a9b-b977-471b1ac42507&SalesTypeID=4a09cb79-d900-4ca2-8872-2ced6f626ec9&ListBack=series.html&Page=4&Extended=1

Voir aussi (En Allemand):

http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=55417&p3=
http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=45308&p3=
http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=55387&p3= (Critique de la nouvelle saison de Cobra 11)
http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=55420&p3= (Cobra 11 - Audiences)

vendredi 16 septembre 2011

LES TROIS STOOGES A ISTAMBOUL

Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahn Polizeï), la série amirale d'action concept, a débuté sa saison automnale hier soir sur la chaîne allemande RTL avec sa traditionnelle première de 90 minutes.

72 Stunden Angst ouvre la 30ème saison d'Alarm für Cobra 11 - Die Autobahn Polizeï, lancé en 1996. Semir Gerkhan (Erdogan Atalay) et Ben Jäger (Tom Beck) sont en disgrâce professionnelle comme flics à vélo mais replongent rapidement dans leur business de démolition. Ils poursuivent les Hummer des méchants à bord de rien de moins que le KITT du K2000 original, pour le plus grand plaisir de Semir et une certaine perplexité de son partenaire. Gerkhan n'est pas Michael Knight et il ne reste bientôt plus rien de la légendaire voiture. Le duo poursuit donc dans un bus plein de retraités et dévaste le quota habituel de véhicules avant de gâcher l'humeur de leur chef, la Polizeioberrätin Kim Krüger (Katja Woywood).

Semir a un problème plus gros que la colère de sa patronne lorsque l'affaire du jour conduit Ben et lui vers une femme de son passé. Elle a une fille de 9 ans et il est son véritable père. Alerte Cobra n'a jamais prétendu être un documentaire hyper-réaliste sur les patrouilles autoroutières allemandes et parler même de "suspension de l'incrédulité" est ici hors de propos. Le baron de la drogue Seytan, super-vilain de ce 90-minütiger Pilotfilm, est un croisement entre Keyser Söze et le juge de Mort de Roger Rabbit. Le théoricien de la conspiration Oliver "Sturmi" Sturm, joué par le comique Oliver Pocher, revient pour la troisième fois et réussit à être irritant non seulement pour ses potes policiers mais aussi pour les pauvres téléspectateurs.

A son sommet, Cobra 11 mélangeait habilement du grand spectacle digne d'un blockbuster avec de bonnes histoires policières. Ecrit par Ralf Ruland et réalisé par Heinz Dietz, 72 Stunden Angst demeure regardable si vous voulez juste échapper aux problèmes du quotidien pendant 90 minutes mais la formule est clairement devenue ennuyeuse. En dépit de la destruction du commissariat, de la mort émouvante d'un personnage très aimé, et d'un voyage à Istamboul.

Dommage qu'on ne puisse plus prendre sa retraite plus tôt ces temps-ci.

http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=52015&p3= (en Allemand)

lundi 7 février 2011

EXTRÊME-ONCTION

[11.09] Quotenmeter.de rapporte que la chaîne privée allemande RTL ne commandera pas de nouveaux épisodes de Lasko - Die Faust Gottes, la série d'action concept. Le combat pour la justice de Frère Lasko (Mathis Landwehr) et Frère Gladius (Stephan Bieker) s'achève après deux saisons et 15 épisodes.

Lasko - Die Faust Gottes fut d'abord un ambitieux téléfilm de 2006 (doublé d'un pilote) appelé Lasko – Im Auftrag des Vatikans (Lasko - Le train de la mort), avec l'artiste martial et acteur Mathis Landwehr (The Challenge - Le dernier élu) dans le rôle de Lasko - un ancien soldat devenu moine. Malheureusement les faiblesses de Death Train étaient pléthoriques: une distribution internationale assez lourde, Arnold Vosloo jouant quasiment le Habib Marwan de 24, un script rempli de chichés, etc.

Trois ans plus tard, Lasko revint 150% amélioré en tant que série d'action et d'aventure pour sept excellents épisodes. Avec des chiffres d'audiences et de parts de marché assez impressionnants pour que RTL considère la production d'une deuxième saison. Cependant au vu d'un budget estimé à environ 1 million d'euros par épisode pour la première saison la chaîne fit preuve de prudence avant de donner son feu vert pour une suite et il fut procédé à de substantiels ajustements.

Il semble qu'une concurrence assez rude et des audiences de la saison 2 en dessous des attentes de RTL aient eu raison du premier moine à flanquer des coups de latte depuis Kwai Chang Caine et de ce qui était (lors de sa première saison) une des meilleures séries produites en Allemagne. Mais de malheureux changements de format et de distribution ainsi que d'autres problèmes sont certainement à blâmer autant que la baisse des chiffres d'audience.

Heureusement pour les fans d'action concept, la chaîne RTL va diffuser en mars de nouveaux épisodes de la série amirale de la compagnie, Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahnpolizeï). C'est également en mars que Cobra 11 célèbrera son 15ème anniversaire.

http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=47566&p3 (En Allemand)
http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=47566&p3 (En Allemand)

vendredi 29 octobre 2010

SHARK TANK

[9.30] Lasko - Die Faust Gottes: Gegen die Zeit (Saison 2, Episode 2).

Frère Lasko (Mathis Landwehr), Frère Gladius (Stephan Bieker) et le novice Michael (Oliver Bender) rencontre un agent renégat d'Ares qui doit donner à Lasko et Gladius des informations. Mais d'autres agents d'Ares sont là pour le faire taire et il a juste le temps de donner une ampoule à Michael.

Cette ampoule se brise dans la main du novice et son contenu se mélange à son sang. Gladius et Lasko ont seulement quelques heures pour empêcher Ares de commettre un attentat et sauver leur ami d'une mort certaine.

Lasko - Die Faust Gottes est de retour depuis la semaine dernière pour une seconde saison. Diffusée par la chaîne privée allemande RTL, la série d'action et d'aventure d'action concept, fut une plaisante surprise pour l'industrie locale de la fiction télé l'année dernière. Les audiences et parts de marché étaient étonnantes dans un pays où les télespectateurs ont tendance à préférer des séries américaines telles que House. Mais avec un budget estimé aux environs de 1 millions d'euros par épisode pour cette saison initiale, RTL avança avec prudence avant de donner son feu vert à une saison 2 et il y eut des changements.

Fini les origines de Pugnus Dei (l'ordre auquel Lasko appartient) avant la séquence pré-générique. L'agent du BKA Sophia von Erlen (Simone Hanselmann) et son patron joué par André Hennicke ne sont plus là. Idem pour le sage abbé Magnus (Karl Merkatz), remplacé par le plus jeune et plus combatif Georg (Heio von Stetten). Il y a aussi un nouveau générique et un cadre plus urbain.

Après le premier épisode "Dan Brownesque" et son irritante policière du Vatican, Clarissa de Angelo (Julia Maria Köhler), l'épisode d'hier soir nous donne d'autres raisons de s'inquiéter à propos de ce qui était en 2009 la série la plus intéressante d'action concept depuis bien des années - depuis Le Clown (1996-2001) en fait. Et mis à part leur toujours agréable et spectaculaire Alerte Cobra - diffusé depuis 1996!

Gegen die Zeit a ses moments: la campagne est de retour (mais pas assez), il y a d'impressionants combats (le tunnel, l'usine et l'U-Bahn) et l'amusante scène du "Beau Danube bleu". Malheureusement le personnage de Michael brise la dynamique entre Lasko et Gladius et sert parfois de comique de trop. Et puis Ares est maintenant plus un équivalent corporatif du SPECTRE qu'une loge occulte du Vatican, avec des plans sortis tout droit d'un film ou d'une série d'espionnage des années 1960.

Ares est un lac aux requins. Lasko a t-il plongé dedans?

Voir aussi:

http://thierryattard.blogspot.com/2010/10/crise-de-foi.html

vendredi 22 octobre 2010

CRISE DE FOI

[6.39] Lasko - Die Faust Gottes: Das 5. Evangelium (Saison 2, Episode 1).

Frère Lasko (Mathis Landwehr) et Frère Gladius (Stephan Bieker) sont au Vatican pour rencontrer leur nouvel abbé, Georg (Heio von Stetten), lorsqu'un livre ancien de grande valeur est dérobé et que le cardinal en charge des archives secrètes du Vatican est assassiné. Lasko tente d'intercepter le tueur mais l'homme jette le livre à un complice et se suicide.

Le livre volé est une précieuse biographie d'un évangéliste du 16ème siècle. Clarissa de Angelo (Julia Maria Köhler), une détective de la police du Vatican explique que dans ce livre et trois autres biographies d'évangélistes est caché un code qui conduit à un cinquième livre. Ce cinquième évangile contient un secret qui pourrait secouer les fondations de la religion catholique.

Lancé en 2009 sur la chaîne privée allemande RTL, Lasko - Die Faust Gottes est arrivé comme une plaisante surprise pour la fiction télévisuelle allemande. Atteignant des chiffres d'audience et de parts de marché plus que spectaculaires dans un pays où les téléspectateurs préfèrent des séries américaines telles que House.

Mais une seconde saison était loin d'être garantie pour action concept, la compagnie de production de Hermann Joha (Alarm für Cobra 11), au regard d'un budget estimé autour d'1 millions d'euros par episode pour cette saison initiale. La très attendue saison 2, tournée d'avril à août dans Berlin et sa région, a finalement débuté hier soir sur RTL pour huit nouveaux épisodes.

Lasko, le jeune moine de Pugnus Dei, un ordre monastique ancestral et secret qui combat pour la justice à l'aide des arts martiaux, revient avec son ami épicurien Gladius mais la série est quelque peu modifiée. Un nouveau générique, un cadre plus urbain et fini les origines de Pugnus Dei avant la séquence pré-générique. Exit aussi Sophia von Erlen (Simone Hanselmann) dans le rôle de Sophia ainsi que le très demandé André Hennicke dans celui de son patron. Idem pour le sage abbé Magnus (Karl Merkatz).

Les cascades et les combats sont toujours à la hauteur des standards d'action concept mais un des problèmes de cette première est clairement l'histoire très "Dan Brownesque", alors que l'année dernière la loge Ares, ennemie jurée de Lasko, évoquait le Da Vinci Code de manière moins flagrante. Un autre problème est le très agaçant personnage de la policière du Vatican et son attirance plus ou moins artificielle pour Lasko.

Mathis Landwehr est fabuleux, Stephan Bieker monopolise l'attention avec le comique Gladius et Heio von Stetten est un excellent complément à la distribution. L'épisode est visuellement superbe - comme toujours - grâce au réalisateur Axel Sand (également directeur de la photographie), qui montre qu'il aime vraiment son travail. Mais la campagne pourrait rapidement nous manquer et ce serait bien de voir un peu plus du magnifique monastère de Pugnus Dei.

Et espérons qu'il y aura de l'amélioration la semaine prochaine côté scénario.

http://www.serienjunkies.de/news/play-day-29012.html (En Allemand)
http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=45288&p3= (En Allemand)

Voir aussi:

http://thierryattard.blogspot.com/2010/09/lasko-sur-france-4.html
http://thierryattard.blogspot.com/2010/04/lasko-revient.html

(C) Thierry Attard

vendredi 17 septembre 2010

LASKO SUR FRANCE 4

[12.28] Comme nous vous l'avions annoncé au début de ce mois une chaîne française a acheté Lasko - Die Faust Gottes, la série à succès d'action et d'aventure produite par action concept pour la chaîne privée allemande RTL.

Frère Lasko (Mathis Landwehr) est un jeune moine de Pugnus Dei ("Le poing de Dieu" en Latin), un ordre monastique secret et ancestral qui se bat pour la justice et pratique les arts martiaux. Avec son ami le fidèle et épicurien Frère Gladius (Stephan Bieker) et l'agent du BKA Sophia von Erlen (Simone Hanselmann) il affronte Ares, une loge occulte au sein du Vatican .

C'est, nous dit-on, la chaîne numérique terrestre France 4 qui va diffuser Lasko - Die Faust Gottes. Et le doublage francophone, réalisé chez Agent Double - la meilleure société de doublage de Belgique, promet d'être excellent. La distribution vocale a été aptement choisie: Alexandre Crepet est Lasko, Isabelle Paternotte est Sophia von Erlen. Jean Michel Vovk est Hans Keller, le patron de Sophia interprété par André Hennicke.

Un des éléments les plus importants dans le choix des voix francophones était certainement le personnage comique de Gladius, qui "vole" souvent l'épisode grâce au jeu de Stephan Bieker: c'est le talenteux Philippe Allard (Mickey Smith dans Doctor Who et Rhys dans Torchwood) qui double Bieker/Gladius.

Xavier Varaillon, Daniel Danglard et Isabelle Frances travaillent actuellement à l'écriture des dialogues en Français.

(C) Thierry Attard

mercredi 1 septembre 2010

LE POING DE DIEU

[19.14] Une chaîne française a acheté Lasko - Die Faust Gottes, la série d'action et d'aventure produite par action concept, la compagnie de production de Hermann Joha, pour la chaîne privée RTL.

Frère Lasko (Mathis Landwehr) est un jeune moine de Pugnus Dei ("Le poing de Dieu" en Latin), un ordre monastique secret et ancestral qui se bat pour la justice et pratique les arts martiaux. Avec son ami le loyal et épicurien Frère Gladius (Stephan Bieker) et l'agent du BKA Sophia von Erlen (Simone Hanselmann) il affronte Ares, une loge occulte au sein du Vatican qui ne recule devant rien pour concrétiser ses plans.

Avec un budget estimé autour d'1 million d'euros par episode pour sa première saison, les audiences et parts de marché spectaculaires de Lasko - Die Faust Gottes ne garantissaient pourtant pas le retour d'une des meilleures séries produites en Allemagne. RTL a même demandé un prudent processus de développement scénaristique avant de donner son feu vert à la saison 2 . Finalement huit nouveaux épisodes ont été commandés et ont été tournés entre avril et août.

Le travail préparatoire du doublage francophone de Lasko a commencé. Par ailleurs la nouvelle saison d'Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahnpolizeï, le fleuron d'action concept) débute demain soir sur RTL, qui diffuse la série depuis 1996.

(C) Thierry Attard

mardi 13 avril 2010

LASKO REVIENT

[14.15] La compagnie de production allemande action concept a débuté le tournage de la saison 2 de Lasko - Die Faust Gottes pour la chaîne privée RTL.

Les équipes de Hermann Joha sont à Berlin et dans ses environs depuis aujourd'hui pour tourner huit nouveaux épisodes de la série d'action et d'aventure mettant en vedette Mathis Landwehr dans le rôle de Frère Lasko (de l'ordre Pugnus Dei), le premier moine télévisuel à flanquer des coups de latte depuis Kwai Chang Caine.

Lasko - Die Faust Gottes est arrivé l'année dernière tel un miracle pour une fiction télévisuelle allemande en crise. Les audiences et parts de marché étaient plus que spectaculaires dans un pays où les télespectateurs tendent à préférer les séries US comme House, mais une seconde saison n'était pas garantie au regard de considérations financières.

D'après l'excellent site Quotenmeter.de, le budget de production d'un épisode de la saison 1 tournait autour d'1 million d'euros, c'est pourquoi RTL avait prudemment demandé à évaluer les scripts pour cette saison éventuelle avant de donner son feu vert (http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=36688&p3). La qualité a un coût et Lasko est une des meilleures séries produites en Allemagne ces cinq dernières années, avec des séquences d'action extraordinaires, des scripts très efficaces, des lieux de tournage fantastiques, une superbe bande originale et une très bonne distribution.

Stephan Bieker revient dans le rôle de l'hilarant et loyal Frère Gladius, héritier d'une longue lignée de fidèles acolytes depuis Frère Tuck jusqu'à Obelix et Bud Spencer.

Elke Schubert, d'action concept, nous a indiqué que le tournage se poursuivra jusqu'au mois d'août.

http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=41307&p3

Lasko Saison 1: http://thierryattard.blogspot.com/2009/07/retour-aux-sources.html

(C) Thierry Attard

mardi 8 septembre 2009

COBRA 200

Remerciement spéciaux à Elke SCHUBERT (action concept) et Stephan PEYERL

Hermann Joha est-il le dernier espoir de la fiction télé allemande? Après avoir apprécié cet été le succès de Lasko - Die Faust Gottes, l'incroyable nouvelle série de sa compagnie, action concept, l'homme qui a révolutionné les séries télévisées dans son pays en y apportant de l'action à l'échelle d'un blockbuster triomphe avec l'épisode 200 de sa série vedette: Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahnpolizeï).

Action concept, la compagnie créée et dirigée par Hermann Joha, est entrée dans l'Histoire de la télévision en 1996 lorsque Joha a pris en main les destinées d'Alerte Cobra (1), une nouvelle série policière (où il n'était que coordinateur des cascades) et en a fait un genre à part entière, proposant aux télespectateurs L'Arme fatale, James Bond et Die Hard chaque semaine. Mais la clé du succès de Hermann Joha ce n'est pas l'action, ce sont des séquences d'action originales et plus que spectaculaires intégrées intelligemment dans des scripts solides, avec de très bons acteurs, des réalisateurs expérimentés, des lieux de tournage agréables à regarder et une bonne musique.

13 ans plus tard Alerte Cobra est la série la plus regardée de la télévision, presque une institution. Et jeudi dernier, les télespectateurs de RTL ont vu l'épisode spécial de 90 minutes qui inaugure la saison 26, Das Ende der Welt (La fin du monde), 200ème épisode de la série. Erdogan Atalay, le Bruce Willis allemand, est toujours en service dans le rôle de Semir Gerkhan (Atalay est dans la série presque depuis ses débuts) et Tom Beck est Ben Jäger, le partenaire de Gerkhan depuis 2008.

Nous n'allons pas révéler l'excellent scénario de cet épisode mais notez que le téléfilm s'ouvre sur un hommage élégant à Moonraker et Vivre et laisser mourir. Paul Frielinghaus (de l'iconique "Krimi" du service public Un cas pour deux), le comique allemand Oliver Pocher - hilarant en cousin germanique du Leo Getz des Lethal Weapon et des Lone Gunmen de X Files, la présentatrice Collien Fernandes et Juliette Menke (du soap à succès Alles was zählt) sont les vedettes invitées.

Das Ende der Welt, précédé le 31 août par une avant-première dans un cinéma drive-in de Cologne avec plus de 1000 invités (2), a captivé 5,14 millions de télespectateurs. C'est plus que Docteur House deux jours plus tôt, un vrai réconfort dans un pays où le public à tendance à préférer les séries américaines, et c'est le plus gros chiffre depuis mars 2007 pour Cobra 11. 23,5% de part de marché sur les 14-49 ans, un record depuis avril 2005.

Et comme si cela ne suffisait pas, Lasko - Die Faust Gottes est nommé dans la catégorie "Meilleure série" du très prestigieux Deutscher Filmpreis.

Voir aussi:

http://thierryattard.blogspot.com/2009/07/retour-aux-sources.html
http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=37076&p3 (En Allemand)
http://www.dwdl.de/story/22449/rtl_cobra_11_stark_nachmittag_immer_strker/ (En Allemand)
http://www.actionconcept.com/site/

(1) Produit alors par Polyphon.
(2) Parmi ces invités, les acteurs de l'épisode 200, d'anciens membres de la distribution de Cobra 11 comme René Steinke et Mark Keller, et bien d'autres tels Sven Martinek (Le Clown, un autre monument d'action concept) ou Wolke Hegenbarth, la vedette de Ma vie à moi (Mein Leben & Ich) - l'adaptation d'Angela, 15 ans (My So-Called Life).

(C) Thierry Attard

mardi 7 juillet 2009

RETOUR AUX SOURCES

Le premier moine télévisuel à flanquer des coups de latte depuis Kwaï Chang Caine et son meilleur ami épicurien peuvent-ils sauver le monde d'une organisation secrète cachée au Vatican et sauver en même temps l'avenir de la fiction télé allemande? Depuis le 18 juin, la chaîne RTL parie plus que du grand spectacle avec la nouvelle série d'action concept, la compagnie de Hermann Joha: Lasko - Die Faust Gottes . Et c'est franchement bon!

Action concept, la compagnie de production créée et dirigée par Hermann Joha, est entrée dans l'Histoire de la télévision allemande en 1996 quand Joha a pris en main la destinée d'une nouvelle série policière plutôt poussive produite par une autre société (il y travaillait sur les cascades) et l'a transformé en un genre à part entière, offrant aux télespectateurs L'Arme fatale et Piège de cristal chaque semaine. Le nom de la série: Alarm für Cobra 11 - Die Autobahnpolizeï (Alerte Cobra), elle existe toujours aujourd'hui. La même année est arrivé l'autre monument d'action concept, Der Clown (Le Clown), qui a donné un gros coup de vieux aux scènes d'action des James Bond ou des productions Joel Silver.

La série a été diffusée de 1998 à 2001 puis en 2005 Le Clown est devenu un long métrage cinéma exceptionnel. C'est alors que Hermann Joha a commencé à envisager l'expansion de sa compagnie vers le marché mondial, produisant des téléfilms à gros budget tournés en Anglais avec des distributions internationales. Action concept collabora même avec un des meilleurs scénaristes et producteurs de la télé américaine, Lee Goldberg (Fast Track: No Limits, 2008). C'est durant cette période qu'a émergé l'idée de Lasko, avec un ambitieux téléfilm de 2006 - servant aussi de "backdoor pilot" - appelé Lasko - Im Auftrag des Vatikans (Lasko - Death Train/Lasko - Le Train de la mort). L'artiste martial et acteur Mathis Landwehr (Kampfansage - Der Letzte Schüller/The Challenge - Le dernier élu, 2005) était Lasko - un ancien soldat devenu moine.

Malheureusement, les faiblesses de Death Train étaient pléthoriques: un casting international trop lourd, le très talenteux Arnold Vosloo jouant son Habib Marwan de 24, un script chargé de clichés. L'ensemble ressemblait à un épisode en deux parties de Walker Texas Ranger sans Chuck "The Chuckster" Norris et ses rares atouts étaient Landwehr, le fiable Stephan Bieker dans le rôle de Gladius, la scène de l'ambulance et les 15 dernières minutes du film. Alors pourquoi se donner la peine de regarder la série trois ans après? Parce que Lasko - Die Faust Gottes est 150% meilleur que son pilote. En fait, c'est une des meilleures séries allemandes de ces cinq dernières années avec GSG9 (GSG9: Missions spéciales, 2007-2008).

Frère Lasko est un moine très spécial. Il porte l'anneau de Pugnus Dei ("Le poing de Dieu" en Latin), un ordre monastique ancestral et secret qui lutte pour la justice. Lorsqu'un avion de ligne venant du Congo avec à son bord Sophia von Erlen (Simone Hanselmann) - agent du BKA - est dérouté par un groupe de terroristes et contraint de se poser sur une route au beau milieu de la campagne, Lasko se débarasse des assaillants avec la manière forte et sauve Sophia devant les unités anti-terroristes médusées. L'opération de détournement s'est déroulée sur ordre d'Ares, une loge occulte du Vatican, et maintenant Lasko et son loyal ami, l'épicurien et sympathique Frère Gladius, doivent combattre un nouvel et dangereux ennemi.

Avec Lasko - Die Faust Gottes, action concept retourne brillamment vers ses racines avec de l'action et de l'aventure très spectaculaires parfaitement intégrées dans des scripts efficaces emballés avec beaucoup de distance et d'humour. Mathis Landwehr est charismatique en Lasko et incroyable dans les séquences de combat (1), Stephan Bieker "vole" presque la série par sa présence comique dans le rôle de Gladius, héritier d'une longue lignée de fidèle acolytes depuis Frère Tuck jusqu'à Obelix et Bud Spencer. André Hennicke, acteur allemand de grande classe, est le patron du BKA après avoir joué le même genre de personnage dans GSG9. Le concept of du moine guerrier des temps modernes a été durement retravaillé et ça se voit: la loge Ares, une organisation secrète à la DaVinci Code, est une excellente addition.

Le Lasko nouvelle manière arrive à un moment où la fiction télévisuelle allemande est en très mauvais état, alors que les télespectateurs locaux préfèrent les séries policières américaines. C'est un test pour les réseaux de télévision en Allemagne ainsi que pour la compagnie de Hermann Joha. Lasko - Die Faust Gottes une excellente manière de passer un jeudi soir devant la télé allemande, c'est un nouveau joyau à ajouter à la couronne d'action concept après Alerte Cobra 11 et Le Clown. La série est bien jouée, bien filmée - les paysages sont magnifiques (Lasko va certainement "booster" le tourisme sur les lieux de tournage), bien écrite et la musique est très bien.

More than Entertainment... Plus que du grand spectacle. Un état d'esprit.

P.S.: Espérons que le doublage ne fera pas injure à la série. Rappelons qu'Agent Double, la société qui double Alerte Cobra, fait de l'excellent travail. Que la version française de Lasko lui soit confiée serait tout naturel.

http://www.telepool.de/(S(lutovu451bjuxu3yr4pxer45))/movie.html?ID=de4ac8ce-83f8-47c2-b83f-135e3e4c7c04&SalesTypeID=&ListBack=search.html&Page=&Extended=1
http://www.rtl.de/tv/tv_984827.php (En Allemand)
http://www.youtube.com/watch?v=q7b4jp-DZKc (Promo)

(1) Warren Murphy ne serait certainement pas d'accord mais je crois fermement depuis The Challenge que Mathis Landwehr ferait un extraordinaire Remo Williams. Dans le passé votre humble serviteur a même tenté de suggérer à action concept l'idée d'acheter les droits des romans de L'Implacable (The Destroyer) pour une adaptation.

Voir aussi:

http://thierryattard.blogspot.com/2008/06/hermann-joha.html
http://thierryattard.blogspot.com/2008/04/le-clown-le-film_4936.html
http://thierryattard.blogspot.com/2008/04/challenge-le-dernier-elu.html
http://thierryattard.blogspot.com/2008/05/friedrich-wildfeuer-karsten-rhle.html

(C) Thierry Attard

mercredi 28 janvier 2009

MR. MONK IS MISERABLE (OBSIDIAN)

Consultant pour la police de San Francisco, où il fut détective à la criminelle, Adrian Monk est le plus brillant enquêteur privé au monde. Sherlock Holmes incarné, il n'a aucun rival lorsqu'il s'agit d'élucider des affaires de meurtre. Mais son don est aussi une malédiction: Monk est atteint de troubles obsessionnels compulsifs et d'une liste affreusement longue de phobies (« Il a peur des germes, des éclats, des cahiers à colorier, des mélanges apéritifs, des fibres, des cheveux bouclés... ») - problèmes qui n'ont fait qu'empirer lorsque son épouse, Trudy, est morte dans l'explosion d'une bombe plaçée dans sa voiture.

Natalie Teeger, sa très stoïque assistante, l'aide à gérer sa malédiction quand le pince-sans-rire et moustachu capitaine Leland Stottlemeyer et son farfelu bras-droit, le lieutenant Randy Disher, appellent Monk sur une affaire (« ... Je suis pour Monk à la fois le docteur Watson, Kato, Rico Tubbs et Robin »). Après avoir suivi le psychiatre de Monk, le docteur Kroger, jusqu'en Allemagne, et avoir résolu des affaires de meurtre là-bas, Natalie obtient de son patron qu'ils passent quelques jours à Paris.

MONK ET L'ECRIVAIN

Monk est bien évidemment la série comico-dramatique à succès créée par Andy Breckman, et lançée en 2002 sur la chaîne américaine USA Network, avec Tony Shalhoub dans le rôle d'Adrian Monk. Mais depuis 2006 c'est également une série de romans policiers originaux basés sur les personnages de la série et écrits par Lee Goldberg. Le nom de Lee Goldberg (http://leegoldberg.typepad.com/) n'est pas étranger aux lecteurs réguliers de ce blog: il est romancier, scénariste, producteur, historien de la télévision, expert (un de ses livres, Unsold Television pilots, est un des 17 ouvrages qui sont en permanence sur le bureau de votre serviteur), enseignant et consultant.

L'impressionnant CV de Goldberg (http://www.leegoldberg.com/index.html) comprend Diagnostic Meurtre, Le flic de Shanghaï, Nero Wolfe et même Fast Track: Vitesse infernale (Fast Track: No limits), un pilote de deux heures produit par nos amis allemands d'action concept (http://tattard2.blogspot.com/2008/06/hermann-joha.html). Récemment un blog, Planet All-Star, l'a mis en tête d'une liste de Cinq scénaristes qui pourraient sauver la télévision (http://planetallstar.blogspot.com/2008/12/five-writers-who-should-be-running.html), et nous souscrivons à ça sans hésitation puisque nous avons écrit l'été dernier que Lee Goldberg était peut-être une des dernieres personnes à Hollywood sachant comment rendre une série distrayante (http://thierryattard.blogspot.com/2008/08/le-jeune-barnaby-jones-raconte.html).

Mr. Monk is Miserable, son dernier roman de Monk en date, est un échantillon parfait de l'art de ce raconteur d'histoire hors-pair, ce que vous soyez fan de la série Monk ou non - la série télé flirtant régulièrement avec le one-man show Tony Shalhoub. Mais le talent de Lee Goldberg est de bâtir des romans complètement originaux avec des figures familières. Ses réinventions de toutes les frustrations et anxiétés d'Adrian Monk sont si merveilleusement et joyeusement imaginées que beaucoup de ses lecteurs souhaitent déjà une adaptation de son nouveau livre pour la série télé (comme c'est arrivé avec Mr. Monk goes to the firehouse).

MONK ET L'ASSISTANTE QUI PARLE FRANÇAIS

Mr. Monk is Miserable est narré par Natalie Teeger, l'assistante de M. Monk (« ... mais je dois aussi faire ses courses, être son chauffeur, sa secrétaire, et une assistante d'enquête bonne pour le service »). En fait, sa seconde assistante, car beaucoup de fans de la série se souviennent de Sharona, la première. Natalie est la personne la plus patiente sur Terre. Il le faut pour endurer les conséquences des troubles et phobies d'Adrian (« Nous marchons sur des toilettes géantes »), et après leurs incroyables aventures germaniques (voir Mr. Monk goes to Germany) elle considère qu'elle mérite de vraies vacances et fait chanter son patron de la plus drôle des manières pour qu'ils fassent un détour pour Paris avant de rentrer à la maison.

« C'est toujours un meurtre. Personne ne décède de mort naturelle autour d'Adrian Monk. » Après avoir défié toutes les règles écrites et non-écrites du transport aérien dans un monde post-11 septembre (« C'était le vol de l'Enfer et nous n'avions même pas encore quitté l'aéroport »), M. Monk résout une affaire de meurtre à bord de l'avion pour Paris (!) grâce aux "sales habitudes" de l'assassin (« Mais c'est le premier pas vers la dégradation de la morale et la ruine totale »).

Natalie et Adrian arrivent finalement en France, où la réputation de détective génial de Monsieur Monk le précède. Et ils sont accuillis par des représentants de la police locale, l'inspecteur chef Philippe Le Roux et son assistant, l'inspecteur Guy Gadois, homologues et quasi-clônes français de Stottlemeyer et Disher. C'est l'occasion pour Natalie de montrer à Adrian qu'elle parle français (« Il y a plein de choses que vous ignorez à mon sujet, M. Monk. Je suis une femme pleine de mystère et d'intrigue »).

MONK ET LA VILLE DE LUMIERE ET DE PROPRETE

Adrian Monk est le "poisson hors de l'eau" par excellence:hors des murs de son appartement de Pine Street il est perdu (« Il ne traverse pas Bay Bridge sans un gilet de sauvetage, six mois de provisions, un prêtre, et une roulotte avec tout son mobilier, son lit et ses plats »). Donc la confrontation avec la culture française est pour lui une véritable épreuve olympique, lorsqu'il découvre des choses telles que le rez-de-chaussée (« Ils délirent »), le pain (« Je ne puis manger une chose appelé peine, agonie, pestilence, ou féculence... »), les Vélibs où le Croque Monsieur (« Ca c'est la vie »).

Monk a sa propre conception de la contribution de la France au monde civilisé - la civilisation étant pour lui tout endroit où il peut trouver une bouteille de Sierra Springs - et lorsque Natalie, qui est déjà allé en France 20 ans auparavant, lui demande s'il veut voir Notre Dame, La Seine ou Le Louvre, il répond qu'il rêve depuis l'enfance de visiter le Musée des égouts de Paris. Les lecteurs français de Mr. Monk is Miserable apprendrons avec délectation que, d'après notre détective obsessionnel compulsif favori, « grâce à son réseau d'égouts, Paris fut connue comme Ville lumière, renommée à travers le monde en tant que phare d'assainissement et de propreté flamboyante ». Ils apprendront aussi que le musée des égouts est l'équivalent du Smithsonian (« Le louvre ne peut rivaliser avec ça»), et qu'Eugène Poubelle est « l'Abraham Lincoln de la France»!

Chassez le naturel... Pendant une visite des catacombes, Monk met en lumière une affaire de meurtre, au grand désespoir de Natalie, qui devait déjà supporter le fait que son patron porte pour la circonstance une combinaison anti matériel toxique. Puis le meurtre s'assied juste à côté d'eux dans un restaurant très particlier. « Il n'y a rien de mieux pour découvrir Paris, sa culture, et ses habitants, qu'une enquête sur un meurtre » croit Adrian Monk, et lorsque le capitaine Stottlemeyer et le lieutenant Disher arrivent de San Francisco, Monk est enfin en terra cognita.

LEE GOLDBERG N'EST PAS MISERABLE

Mr. Monk is Miserable est un livre merveilleux et drôle avec une intrigue conçue comme un mécanisme d'horlogerie. La vision qu'a Lee Goldberg de Paris (prenez note, producteurs de My Own Worst Enemy) et des Français est ultra-réaliste. Son épouse est française et la France lui est si familière que votre humble serviteur ne peut s'empêcher de penser que les remarques de Natalie à propos de la "Disneyification" de Paris (« Comment les Parisiens ont-ils pu laisser cela arriver? ») sont en fait l'opinion de l'auteur, qui semble être un amoureux sincère de la capitale (1).

Goldberg capture l'essence de la "monkitude" de son héros pour transformer la routine d'Adrian Monk, parfois lourde dans la série télé, en une succession de chocs culturels trouvant leur paroxysme avec le gag récurrent de la motocrotte (« C'est une chose dont la plupart des Américains ne peuvent que rêver »). Il transporte l'univers familier de la série vers de nouveaux territoires mais garde sur le papier la magie de la distribution de la version télévisée.

Stottlemeyer est a la hauteur de ses propres standards télévisuels et on peut presque voir Ted Levine disant « On ne voit jamais l'Inspecteur Harry, James Bond, Superman, ou le Capitaine Kirk "piquer du nez". Les hommes d'action ne font pas la sieste ». La soudaine "notoriété" de Randy Disher nous offre par ailleurs beaucoup de situations et de répliques hilarantes - notre préférée: « Maintenant je comprends pourquoi tous les films français que j'ai vu se terminent par un suicide ».

Mr. Monk is Miserable est bien plus qu'un livre gravitant autour d'une série télévisée, il n'est même pas nécessaire de connaître la série Monk pour l'apprécier. Mais les fans de la série l'aimeront et prieront pour que la production et USA Network l'adaptent pour le petit écran (les comptables de USA Network vont adorer...) C'est un roman policier très original, avec tout l'esprit (il y a du Mark Twain à Paris dans l'exploration de la ville lumière par Monk), l'humour et les talents d'écriture d'un maitre romancier. Remarque très personnelle: seul Lee Goldberg pouvait rendre Natalie Teeger sympathique.

« J'étais sur ma motocrotte, montant puis descendant les Champs-Elysées, et dans un moment de soudaine clarté et de paix qui ne peut surgir que d'un profond nettoyage, ça m'a sauté aux yeux ». Il n'y a qu'à Paris qu'Adrian Monk pouvait devenir si "proustien". Tentez quelque chose de neuf, tentez cette bouffée d'air frais qui souffle sur le roman policier, prenez des « risques » avec Monk et passez des moments formidables. On a tous besoin en ce moment de se changer les idées...

« Adrian, Adrian. Adrian, Adrian. Adrian, emmène-moi. » (Buzy)

Mr. Monk is Miserable (Obsidian - U.S. $21.95)

(1) Ce que Lee Goldberg a eu l'extrème gentillesse de nous confirmer en commentaire de la version en anglais de cet article.

http://www.amazon.com/Mr-Monk-Miserable-Lee-Goldberg/dp/0451225155/ref=pd_sim_b_1/192-1453299-0751124

http://www.amazon.fr/Mr-Monk-Miserable-Lee-Goldberg/dp/0451225155

En Anglais: http://tattard2.blogspot.com/2009/01/mr-monk-is-miserable-obsidian.html

mercredi 5 novembre 2008

POUR UNE POIGNEE DE RECONFORT (A PROPOS DE LA SORTIE DE QUANTUM OF SOLACE)

Remerciements spéciaux à François Justamand

« C'est un monde nouveau, avec de nouveaux ennemis, et de nouvelles menaces. Mais vous pouvez toujours compter sur un homme... » Et bien au moins ses producteurs le peuvent: Quantum of Solace, le nouveau 007 - sorti le 31 octobre - bat tous les records pour son premier week-end en Europe: 1,3 millions d'entrées en France (sur 3 jours) et £ 15 384 217 pour sa sortie au Royaume-Uni, marché test par nature pour la franchise. Le film sort le 14 novembre aux Etats-Unis.

Avec une note de 261 millions de dollars pour un film de 105 minutes, peut-être le film le plus couteux minute par minute jamais réalisé (http://www.deadlinehollywooddaily.com/new-bond-wannasee-double-casino-royale-questions-about-quantum-of-solace-cost/), l'échec n'était pas une option pour Sony, MGM et Eon Productions, les forces derrière Quantum. Les explications de ces très bons chiffres du premier week-end sont multiples: des dates de sorties pertinemment planifiées, pas de concurrence réelle, le succès commercial de Casino Royale - le précédent, et le prestige d'un des mythes les plus solides de la pop culture: James Bond.

Mais lequel exactement? Le personnage créé par Ian Fleming pour ses romans? Sean Connery dans James Bond 007 contre Docteur No (1962) et Bons baisers de Russie (1963)? Ou le sommet de l'évasion extravagante sur grand écran établi dans Goldfinger (1964): le super-espion séducteur et suave combattant des vilains mégalomanes, avec un petit peu d'aide sous la forme de gadgets, des voitures pleinement équipées pour permis de tuer, et des filles tout droit sorties de rêves de Hugh Hefner. Le tout avec cette ingéniosité et cette sagacité typiquement britanniques, au shaker et pas à la cuillère.

Les livres demeurent rarement intacts lorsqu'ils sont adaptés au cinéma. Honnêtement et avec tout le respect dû à l'oeuvre de Ian Fleming, la seule façon convenable d'être aujourd'hui fidèle à ses romans serait de produire des mini-séries se passant à l'époque des livres et avec les normes de qualité d'un Poirot avec David Suchet. Sans l'alchimie qui fit de Sean Connery la star immortelle du dyptique Docteur No/Bons baisers de Russie (longtemps avant que les producteurs ne décident que Quantum of Solace serait une suite) la création de Fleming aurait été transposée uniquement en bande dessinée (http://thierryattard.blogspot.com/2008/04/james-bond-007-spy-who-loved-me.html) et pour l'épisode d'une anthologie oubliée de la Préhistoire de la télévision.

Goldfinger a fait le cinéma commercial moderne et imposé les canons d'un genre à part entière pour des générations allant tous les deux ans (sauf exceptions) voir UN JAMES BOND, « la marque déposée du grand spectacle moderne »: élégance, action, aventure, lieux exotiques, voitures classieuses, la gigantesque tanière du méchant conçue par Ken Adam, les traits d'esprit, les fabuleux génériques, le talent de John Barry et CE thème. Le thème le plus célèbre au monde: The James Bond theme.

Et ce Bond-là a perduré pendant quarante ans avec flamboyance, beaucoup de hauts, quelques bas, essayant parfois maladroitement d'émuler des phénomènes du Box Office de leurs temps, comme Shaft pour Vivre et laisser mourir (1973), les films de la Shaw Brothers pour L'homme au pistolet d'or (1975), où même La guerre des étoiles - prototype des "franchises" telles que nous les connaissons aujourd'hui, pour Moonraker en 1979. Mais toujours avec un si ce n'est plus de ces moments construisant sa gloire éternelle et toujours dans le respect de l'âme du James Bond cinématographique: évasion à grand spectacle garantie. A cette époque Bond était synonyme de sensations cinématographiques vendues par des génies de la publicité imaginant les plus grands slogans et commandant de magnifiques affiches peintes. Nous connaissions le nom, nous connaissions le numéro.

Alors vint Meurs un autre jour (2002), avec ses excès et ratés sous le poids des mesures de catégories d'audience et contre le reflet d'un miroir déformant appelé Austin Powers. A ce moment-là votre humble serviteur, depuis longtemps amateur de James Bond, pensait qu'il était temps d'aider la franchise à ne pas finir en sujet perpétuel de rigolade pour Mad Magazine, et théorisa pompeusement devant ses infortunés amis le soi-disant manque de crédibilité de 007 au 21ème siècle - insistant sur le fait que ses espions favoris de l'écran étaient Harry Palmer et George Smiley (ce qui est toujours le cas, à propos...)

James Bond avait atteint le sommet de sa popularité en tant qu'un des « Trois B », la Sainte Trinité des Swinging Sixties: Les Beatles, Bond et Batman. A l'âge sombre d'un monde post-11 septembre, le Batman subit un "reboot", et un délai de 4 ans entre Meurs un autre jour et Casino Royale (2006) vit l'émergence de super agents de fiction brutaux et sans humour: Jack Bauer, tourmenté sauveur 7 jours par semaines, et le nouveau Jason Bourne incarné par Matt Damon. Mission: Impossible III, un des meilleurs thrillers d'action jamais réalisé, fit le reste et acheva de convaincre les producteurs des James Bond, qu'un reformatage était le seul moyen de faire de 007 un des "B" de l'action, avec Bourne et Bauer (le Ethan Hunt de Tom Cruise étant le quatrième mousquetaire).

« C'est un monde nouveau, avec de nouveaux ennemis, et de nouvelles menaces. Mais vous pouvez toujours compter sur un homme... » L'ennui avec Casino Royale c'est que l'homme et tout ce qui a fait du personnage un mythe moderne de la culture populaire sont portés disparus. Et nous avons dû attendre 4 longues années d'habituelles rumeurs et spéculations (empirées à l'ère d'internet), nous laisser convaincre par l'idée de changement substantiels, et accepter Daniel Craig en tant que nouveau James Bond (pourquoi pas? Il était excellent dans Layer Cake) avec les meilleurs sentiments et intentions... pour un résultat plutôt désespérant (1). Le Box Office a plebiscité les choix de Barbara Broccoli et Michael Wilson, patrons de la série lançée par Albert R. Broccoli et Harry Saltzman en 1962, mais à ce jour les pro et les opposants au rebootage façon « James Bourne » sont toujours en train de discuter si le film est du pur Bond ou non (2).

Rétrospectivement, Meurs un autre jour a été le déclencheur si ce n'est le bouc émissaire de ce reboot. Die Another Day n'est ni meilleur ni pire qu'un autre épisode de la franchise. Le film a essayé d'être à la hauteur du titre de « Marque déposée du grand spectacle moderne» hérité des années d'or de 007, dans un monde (une pensée ici pour le regretté Don LaFontaine...) où il y a un blockbuster sorti de l'usine Hollywoodland par semaine, et où les Allemands d'action concept produisent plus de séquences d'action spectaculaires dans un épisode d'Alerte Cobra que l'industrie cinématographique dans 144 minutes de Casino Royale. Hollywood sait cela, louez donc un des films récents du grand Bruce Willis.

Meurs un autre jour est le Bond Ultimatum du 007 "vieille école". Avec Quantum la suprématie de Bond reste incontestée du point de vue du Box Office mais il ne reste pratiquement rien aujourd'hui de la mémoire de Bond, la Bond Identity: un logo sur des affiches, le thème de James Bond sur les bandes-annonces. Pourquoi pas après tout? Vraiment. Tout change, il y a peut-être maintenant un Bond pour chaque génération: un dinosaure sexiste, mysogine, relique de la Guerre froide ou un instrument brut. Votre humble membre du Gang des chaussons aux pommes n'ira pas voir Quantum of Solace, une régénération gâchée dans Doctor Who c'est assez de déception pour cette année. Sans rancune aucune, Monsieur Bond...

« Voyez le cercueil, il a les mêmes initiales que vous: J.B.
- Je préfère que ce soit lui plutôt que moi. »
(Opération Tonnerre, 1965)


(1) Nous développerons notre avis sur Casino Royale dans un prochain article.

(2) Plus généralement, Furious D à propos du cas « Bond, James Bond » : http://dknowsall.blogspot.com/2008/11/cinemaniacal-bond-james-bond.html (voir aussi: http://dknowsall.blogspot.com/2008/02/cinemaniacal-1-shaken-not-stirred.html).

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/11/fistful-of-solace.html

samedi 14 juin 2008

HERMANN JOHA (ALERTE COBRA & LE CLOWN)

« Timing ist alles» (Tatjana Sassmann dans Adrenaline, 1996)

Hermann Joha a littéralement inventé un genre, au-delà de toutes les limites de ce qui a été fait auparavant en matières de cascades et de séquences d’action pour le cinéma et la télévision. Le nom de sa compagnie de production, action concept, est la signature de ce nouveau genre. Le Clown (Der Clown), une de ses séries télévisées à succès, est devenu un très spectaculaire long métrage cinéma dirigé par Sebastian Vigg.

Avant d’être un producteur de séries et de films à plein temps, vous êtes un cascadeur et un concepteur de séquences d’action renommé. Comment vous êtes vous retrouvé dans le monde des cascades ?

Hermann Joha : Après l’école j’allais devenir transitaire mais c’était bien loin de ce que j’envisageais comme avenir. Alors à 17 ans j’ai décidé de partir à Londres rejoindre les « Hells Drivers ». A l’époque je me suis fait un nom en tant que plus jeune cascadeur d’Europe.

Le nom de votre compagnie, action concept, est très bien choisi, car vous avez une approche des séquences d’action tellement unique que dans certains pays comme la France, les téléspectateurs parlent de « style action concept ». Quelle conception de l’action aviez-vous à l’esprit lorsque vous avez créé cette compagnie ?

Hermann Joha : Comme nous réunissons tous les services de production d’un film, nous allons bientôt rafraîchir notre logo, sous lequel il sera écrit : « action concept - More than entertainment » (« action concept - Plus que du spectacle »). Le nom de la compagnie associé à ce slogan va exprimer tout ce que nous représentons : un service de production cinéma et télévision complet pour des formats d’action.

Vous avez travaillé en tant que coordinateur des cascades d’un excellent thriller appelé Adrenaline...

Hermann Joha : Merci !

Adrenaline contient tous les ingrédients qui font de votre style une référence aujourd’hui. Pourriez-vous nous dire quelques mots sur la façon dont vous avez conçu les séquences d’action de ce film ?

Hermann Joha : L’histoire et la mise en scène nous ont incité à innover pour créer des cascades inédites. Til Schweiger, qui jouait le personnage principal, était à ce moment-là et est toujours un des acteurs les plus populaires d’Allemagne. Il y avait aussi ces lieux très colorés et ce labyrinthe de montagnes russes du parc de loisirs Phantasialand, où une grande partie du tournage a été réalisée.

En tant que spectateur quelles sont, dans l’histoire du cinéma, vos séquences d’actions préférées ?

Hermann Joha : Une des séquences d’action que je préfère se trouve dans le film Ronin où se déroule une traque dans un véritable trafic routier, accompagnée par des caméras embarquées et pluieurs caméras en bordures de route.

Quels sont les cascadeurs que vous admirez le plus ?

Hermann Joha : J’admire chacun des membres de notre équipe de cascadeurs car ils donnent le meilleur d’eux-mêmes dans chaque séquence et sont les cascadeurs et cascadeuses les plus professionnels du monde. Mais, étant pilote d’hélicoptère professionnel, à titre personnel celui que j’admire le plus est Rainer Wilke. C’est un artiste des airs et il accomplit des cascades spectaculaires avec un hélicoptère.

La série Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11) est probablement le titre le plus populaire d’action concept. Alerte Cobra fut d’abord produite par une autre compagnie. Comment action concept est-elle passée du statut de producteur des séquences d’action à producteur de la série elle-même ?

Hermann Joha : Effectivement, action concept a débuté en tant qu’unité de production de deuxième équipe sur Alerte Cobra. A l’époque, une fois encore, j’ai décidé d’aller de l’avant et proposé à RTL un service complet de production. Ils ont eu assez foi en nous et ont accepté !

Votre compagnie a créé un genre de séries télévisées totallement nouveau, sans équivalent même aux Etats-Unis, avec de l’action façon blockbuster chaque semaine en parfaite intégration dans des histoires bien construite et bien jouées. Comment les scénaristes et les artistes-cascadeurs collaborent pour réussir cette intégration ?

Hermann Joha : Lorsque RTL nous a mandatés sur Alerte Cobra, nous sommes rapidement devenus un service complet de production avec une équipe professionnelle de développement des contenus. Cette équipe est en charge des scripts, des storyboards et de la production des cascades. Tous nos départements, la post-production, les effets visuels, les effets spéciaux, etc. sont situés dans le même bâtiment. Cela rend la coopération et la coordination plus faciles et plus efficaces.

Vous êtes cascadeur et producteur mais aussi un réalisateur expérimenté. Votre travail a révélé de nombreux talents d’acteurs à une vaste audience.

Hermann Joha : Nous avons de merveilleux spécialistes du casting doués de la sensibilité indispensable pour trouver les bons « visages » et personnages.

Comment les acteurs se préparent-ils pour la partie action de leur travail lorsque c’est nécessaire ?

Hermann Joha : Les acteurs choisis doivent suivre un entraînement très dur avec les cascadeurs expérimentés de notre école de cascades.

Le Clown le film était attendu avec impatience par les fans de la série et ceux qui aiment le style action concept. Le Clown semble être un choix naturel pour une transition du petit au grand écran. Comment a-t-il été décidé de mettre cette série en hiatus pour produire le film ?

Hermann Joha : Il y a quelques années nous avons décidé de faire une pause avec Der Clown. De nombreux fans continuaient de nous demander de nouveaux épisodes et nous avons pensé produire un téléfilm d’action tiré de la série.

Lorsque nous avons planché sur le sujet, le développement du projet est allé plus loin et nous avons choisi de produire un long métrage pour le cinéma.

Pourriez-vous nous parler de la production, du casting et du tournage ?

Nous avons eu la chance de pouvoir retrouver le casting d’origine pour le film. Malheureusement, Diana Frank avait un autre engagement et elle n’était pas disponible. Avec Götz Otto (Demain ne meurt jamais) et Xenia Seeberg (Lexx) nous avons pu convaincre deux acteurs merveilleux avec une crédibilité et une experience à l’échelle internationale de participer au projet.

Le film a été réalisé en 38 jours. Les séquences d’action ont été tournées en 12 jours avec 10 cascadeurs et deux cascadeuses. La post-production a été entièrement réalisée chez nous.

A propos du casting on ne peut éviter d’aborder le sujet du sort du personnage de Claudia Diehl dans le film puisque Diana Frank est très appréciée en France. Son remplacement par Eva Habermann (dans le rôle de la soeur de Claudia), une des vedettes de votre série Anges de choc, est un très bon choix. Comment l’idée de la mort de Claudia a-t-elle fait surface ?

Hermann Joha : Les fans n’auraient pas accepté une autre histoire car Claudia n’aurait jamais quitté l’équipe pour quelque raison que ce soit. Eva Habermann était notre premier choix pour le remplacement de Diana et par chance elle était disponible. C’est une des actrices les plus populaires en Allemagne.

La série Anges de choc n’a pas eu la moindre chance de prouver ses qualités, à cause de la comparaison avec les Charlie’s Angels, mais cette série était très agréable et distrayante. Allez-vous reproposer ce format avec quelques changements ?

Hermann Joha : Nous venons de le faire. Les « nouvelles » Wilde Engel sont plus modernes, plus sexy et plus « cool ». Ce sont trois jeunes femmes chacunes spécialisées dans un certain domaine : l’une est experte dans l’art du déguisement. La deuxième « ange » est experte en arts martiaux et la troisième est passionnée de technologie et sait tout sur les machines et les ordinateurs.

Et surtout c’est Udo Kier qui interprète leur patron. Il est un des visages les plus connus de Hollywood. Ça n’a pas été facile de le faire revenir en Allemagne, mais lorsqu’il a lu le script il a été agréablement surpris et intéressé par le fait qu’une compagnie allemande soit capable de monter pareil projet.

Le marché de la télévision en Allemagne est très compétitif. Avec Alerte Cobra et Le Clown vous avez établi les standards d’un nouveau genre que vos autres titres sont condamnés à égaler et transcender.

Hermann Joha : Notre équipe travaille constamment au développement de nouvelles histoires et de cascades inattendues. Nous sommes experts dans la production de formats d’action et nous continuerons à nous améliorer dans ce domaine.

Avec le film du Clown action concept est définitivement un acteur majeur dans l’industrie du film d’action. Votre compagnie propose des séquences d’action jamais vues ailleurs. Est-il envisageable que vous lanciez un jour une franchise qui pourrait être la réponse allemande à James Bond ?

Hermann Joha : Nous y travaillons... Début avril GRB Worlwide et action concept ont annoncé un partenariat pour le developpement, la production et la distribution de séries d’action tournées en anglais. Le premier projet annoncé dans le cadre de cet accord est Ronin, une série d’action basée sur le film à succès de 1998 avec Robert De Niro et Natacha McElhone. Nous attendons beaucoup de cette coopération.

Comme nous l’avons dit vous êtes réalisateur. Quels sont vos films et réalisateurs préférés ?

Hermann Joha : Mes films préférés sont Speed, True Lies, L’Arme fatale et Terminator. Le réalisateur que j’admire le plus est monsieur Steven Spielberg.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment et quels sont les prochains projets cinéma ou télévision de action concept ?

Hermann Joha : Nous travaillons actuellement sur différents projets. Il y a bien sur Alerte Cobra et le déjà mentionné Ronin. Nous préparons plusieurs téléfilms en anglais avec des distributions de grande classe. Par exemple pour Dark Ride (tourné à Berlin), nous avons pu engager Drew Fuller (Charmed), Ken Bones - membre de la Royal Shakespeare Company (Wing Commander, Lasko), Tanja Wenzel (Anges de chocs), Alison King (Submerged, Shanghai Kids).

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/06/hermann-joha.html

(Entretien réalisé en 2005)

(C) THIERRY ATTARD

dimanche 8 juin 2008

KAY SKERRA

Depuis 25 ans, le futur de l’industrie de la musique de films et de séries est invariablement écrit en Allemagne.

Lorsque Hermann Joha, le producteur qui a repoussé les limites de l’action à un niveau jamais atteint auparavant, a eu besoin d’un univers musical totalement original pour le film adapté de la série Le Clown, il s’est naturellement tourné vers Kay Skerra pour le concevoir. Rencontre avec un des compositeurs allemands de musique de cinéma et de télévision les plus prometteurs, créatifs et talentueux.

Longtemps avant de devenir un compositeur pour le cinéma et la télévision, vous avez créé un groupe, Anchorage. Pourriez-vous nous dire quelques mots de votre travail avec ce groupe et du genre de musique que vous interprétiez alors ?

Kay Skerra : J’ai débuté ma carrière musicale comme batteur sur plusieurs projets. Anchorage fut ma première expérience au sein d’un véritable groupe. Au début il n’y avait qu’un bassiste (Heiko Nitsche), un guitariste (Kai Saffran) et moi - à la batterie. Plus tard, sous l’influence de Olaf Parusel et de son projet musical Stoa, j’ai acheté mon premier ordinateur Atari et plusieurs modules son.

On a beaucoup travaillé avec ça, particulièrement en ajoutant des éléments orchestraux à la musique et cela a modifié notre façon de composer de manière fondamentale. C’était surprenant de voir comment mes idées émergeaient facilement pour se transformer en résultats concrets.

Quelles étaient vos influences musicales à l’époque ?

Kay Skerra : Nous étions influençés par des groupes tels que Slowdive, My Bloody Valentine, The Swans, Dead can dance ou And also the trees. Anchorage jouait principalement un genre de musique Wave aux influences symphoniques. La musique de film est devenue rapidement une source majeure d’inspiration.

Vous avez une solide formation théorique et pratique en musique. Parmi tout ce que vous avez appris durant vos études en musicologie, musique de film et conception sonore que considérez vous comme le plus important et que vous gardez toujours à l’esprit aujourd’hui avec votre travail pour le cinéma et la télévision ?

Kay Skerra : J’essaye toujours d’être ouvert aux nouvelles influences et je m’efforce d’éviter d’utiliser tout le temps les mêmes structures - même si ça pourrait sembler plus facile. Ainsi je peux avoir un point de vue neuf sur les différents besoins d’un nouveau projet et - du moins je l’espère - trouver quelque chose de spécial pour convenir et soutenir à l’ambiance de la scène.

Néanmoins je pense qu’il est important de se souvenir de ses racines - la raison et le sentiment qui ont fait qu’un jour on a commençé à composer.

Depuis 2001 vous avez travaillé pour d’importantes productions télé et en 2004 vous avez composé la bande originale de votre premier long métrage, Le Clown - Le film, l’adaptation cinéma de la série Le Clown. C’est une composition totalement originale sans aucun lien avec l’univers musical de la série (spécialement le thème composé par Helmut Zerlett, non-utilisé dans le film - ce qui est une idée très intelligente).

Quel genre d’ambiance musicale Hermann Joha, le producteur, et Sebastian Vigg, le réalisateur, recherchaient-ils ?

Kay Skerra : Ils voulaient tous les deux séparer Le Clown de ses origines télévisuelles, renouveler le personnage et l’élever à un niveau cinématographique. C’est pour ça qu’ils souhaitaient que la musique approfondisse l’émotion et les parties dramatiques du personnage principal ainsi que l’histoire sur une échelle épique. Et bien sur la musique devait soutenir les séquences d’actions très élaborées du film et accentuer leur côté « rapide et dangereux ».

Comment avez-vous travaillé avec eux durant le tournage du film ?

Kay Skerra : J’ai rejoint le projet alors que le montage final était achevé. Dès le début il était clair que nous travaillerions avec un grand orchestre. Donc quand Hermann Joha et Sebastian Vigg m’ont dit quel effet ils voulaient que la musique produise sur le film j’ai fait des suggestions pour des scènes spécifiques. Lorsqu’ils ont entendu la musique, ils ont été très enthousiastes et l’ambiance sonore était bouclée.

Qu’aviez-vous à l’esprit pendant que vous réinventiez un thème principal pour Le Clown ? Qu’elles étaient vos exigences personnelles sur ce thème efficace, impressionnant et épique ?

Kay Skerra : Nous voulions un thème qui souligne d’un côté les aspects héroïques et de l’autre l’instant de tragique fèlure du personnage (uniquement dans ce film, dans la série il y a des différences scénaristiques). Le but était d’ajouter une profondeur émotionnelle au personnage. Et ça devait être un thème qui fonctionne sur différents plans : pour les scènes dramatiques comme pour les moments épiques ou les moments d’émotion... parce que le personnage principal est tiraillé entre pleins de sentiments différents, tels le désespoir - quand il perd sa meilleure amie et compagne, la rage - lorsqu’il traque le méchant, l’amour de nouveau...

Find my love par Dare, illustre un des moments les plus dramatiques du film (malheureusement la chanson a été remplaçée dans certains pays). Avez-vous travaillé directement sur cette chanson et avez-vous été consulté pour le choix de la chanson d’Exilia comme générique de fin ?

Kay Skerra : Dare est un groupe composé d’amis. Gabriela Carasusán, qui a écrit le texte et la partie vocale, Dirk Leupolz, qui a écrit et programmé le playback avec moi et jouait de la guitare, et Kerim König, qui chantait. Et nous avons écrit et interprété la chanson ensemble spécifiquement pour cette scène.

Pour les autres chansons j’ai été consulté à certains égards, mais - bien sûr - il y avait une compagnie de disques impliquée et un plan marketing.

Pourriez-vous nous parler de Gabriela Carasusán et de votre travail avec elle, ainsi que de vos autres collaborations, avec les compositeurs Kai Saffran ou Andreas Koslik ?

Kay Skerra : Gabriela et moi nous nous sommes rencontrés durant nos études en musique de film, nous avons travaillé ensemble, nous sommes tombés amoureux et nous nous sommes mariés. Nos studios sont côte à côte - ce qui facilite nos collaborations et les rend efficaces. Elle a composé des musiques additionnelles pour Le Clown.

Kai Saffran est un ami et confrère que je connais depuis très longtemps, il faisait partie d’Anchorage. Pour l’instant nous n’avons pas de projet en commun mais nous sommes toujours en contact. J’avais beaucoup entendu parler d’Andreas Koslik avant de le rencontrer et il avait beaucoup entendu parler de moi, et nous avons finalement fait connaissance chez des amis. Nous avons sympathisé et il m’a invité à travailler avec lui sur Mauer des Schweigens (un thriller télé de Jorgo Papavassiliou). A propos, j’aime beaucoup les collaborations. C’est très constructif et la plupart du temps c’est beaucoup plus sympathique que de travailler seul.

Un de vos titres les plus notables pour la télévision est le thème de la série Millennium Man. Cette série était le paroxysme d’une tendance à vouloir imiter des succès de la télé US mais vous avez réussi à créer un ton complètement original. Est-ce difficile d’être novateur en composant le thème principal d’une série qui, c’est le moins que l’on puisse dire, était loin d’être novatrice ?

Kay Skerra : C’est toujours un défi d’être novateur. Mais ce qui était spécial pour ce projet c’est que je devais travailler sur la base d’un synopsis de la série, d’esquisses, de dessins et de storyboards (parce que la conception des génériques n’était pas terminée), ce qui était réellement très stimulant.

A propos d’innovation, votre nom est associé à action concept, la compagnie qui a révolutionné la production des séries télé en Allemagne. Comment avez-vous commençé à travailler avec Hermann Joha ?

Kay Skerra : Ma première collaboration avec action concept (AC) était Megalodon (2004), mais je n’ai pas rencontré Hermann Joha à ce moment-là. Le Clown était alors le plus gros projet de la compagnie et une sorte d’ « obsession » pour lui. Lorsqu’il m’a rendu visite pour la première fois à mon studio, à Berlin, j’ai découvert que c’était un homme d’une grande simplicité qui peut brûler de passion lorsqu’il tombe litéralement amoureux d’un projet en particulier.

En fait, je suis vraiment reconnaissant et heureux qu’une compagnie comme AC existe en Allemagne, parce que - au-delà de leur champs d’action habituel - relève le défi de produire des films que pratiquement aucune compagnie n’oserait produire, parce qu’il n’y a pas de marché sûr pour ces productions - par exemple des films d’action ou des productions de genre telles que Megalodon. Et le succès de leur travail est à la hauteur du risque.

Il vient d’être annoncé que vous allez vous occuper de la bande originale d’Alerte Cobra, leur titre le plus glorieux si ce n’est une institution de la télévision allemande. Que voulez-vous apporter musicalement à cette institution ?

Kay Skerra : On m’a demandé de moderniser la sonorité de la musique sur la base du style que les anciens compositeurs de la série, Reinhard Scheuregger et Klaus Garternicht, ont créé. C’est très sympathique, car ça me permet d’expérimenter des sons et des techniques, qui normalement n’auraient pas leur place dans le format en vigueur à la télévision allemande.

Qui sont vos compositeurs de musique de cinéma et de télévision préférés ? Y a-t-il des compositeurs qui influencent votre travail et la conception artistique de votre travail ?

Kay Skerra : Etablir la liste de mes compositeurs préférés serait vraiment très longue si on s’attelait à cette tâche très serieusement. Par exemple j’aime le travail de James Newton Howard (pour la noblesse et le style certain de sa musique), Alan Silvestri (pour le grand impact de sa musique), Howard Shore (particulièrement ses morceaux sombres pour les films de Fincher comme Seven ou The Game), ou Elliot Goldenthal.

Ce sont les « grands classiques », mais à part ça, il y a beaucoup de « jeunes » compositeurs dont je suis le travail avec grand intérêt, par exemple Roque Banos ou Alexandre Desplat. Mais je crois que je suis influençé par toute la musique que j’écoute.

Quels sont les thèmes qui vous ont marqué le plus quand vous étiez plus jeune ?

Kay Skerra : A 14 ans, je m’intéressais aux arts et plus particulièrement à l’œuvre de H.R. Giger. Un jour j’ai regardé un documentaire sur lui, où étaient montrées des images du film Alien. Quelques jours plus tard le premier Alien passait à la télévision. J’ai même manqué une fête parce que je tenais à le voir - et j’ai été subjugué par la musique de Jerry Goldsmith.

Je ne m’étais pas intéressé aux musiques de film ou à la musique classique auparavant mais à partir de ce moment quelque chose s’est déclenché en moi. Un peu plus tard j’ai découvert Le Poème de l’extase et Prométhée/Le poème de feu de Scriabine, et ces œuvres ainsi que la musique du premier Alien m’ont révélé un univers sonore qui illustrait magnifiquement l’univers artistique de Giger. Pour moi cette expérience a été le début de ma passion pour la musique de film et la musique illustrative.

Est-ce que la télévision et l’industrie cinématographique d’Allemagne offrent à l’artiste que vous êtes toutes la satisfaction personnelle et professionnelle que vous souhaitez ?

Aimeriez-vous avoir l’occasion de travailler aux Etats-Unis et, peut-être, de contribuer à y changer la conception et la production de musiques de film, comme Hans Zimmer et Klaus Badelt l’ont fait ?

Kay Skerra : Comme j’ai toujours de nouveaux rêves et de nouvelles idées, ce n’est donc pas facile d’être pleinement satisfait - mais je crois que cela ne dépend pas du pays où vous vivez ou de l’industrie cinématographique au sein de laquelle vous oeuvrez. Dans toutes les situations c’est la même chose partout. J’attends toujours avec impatience le prochain projet et je rêve de ceci ou de cela. En fait ce que j’aimerais c’est travailler sur plus de productions cinéma, mais en Allemagne il y a très peu de films produits par an. C’est triste, mais le nombre n’augmentera que si on fait du bon travail ici. Et je pense que c’est le cas en ce moment.

Et l’Europe après tout ? Je serais très heureux d’avoir l’occasion de travailler pour des productions françaises, britanniques ou italiennes... Beaucoup de films intéressants et ambitieux sont produits ici en Europe, je crois que c’est un marché vraiment intéressant. Bien sur je ne rejèterais pas l’occasion de travailler aux Etats-Unis si elle se présentait dans la mesure où ils ont la plus grosse industrie cinématographique du monde, beaucoup de productions intéressantes sont faites là-bas.

Mais finalement je travaillerais n’importe où pourvu que le projet soit intéressant et stimulant.

En tant que spectateur, quels genres de film préférez-vous ? Quel est le dernier film que vous ayez vu récemment ?

Kay Skerra :
J’aime les films qui ont un impact émotionnel sur moi. Par exemple la plupart des films de David Lynch ou Ouvre les yeux, d’Alejandro Amenabar, ou encore l’œuvre de Brian de Palma - je suis très impatient de voir son adaptation du Dahlia noir de James Ellroy.

Récemment j’ai vu Stay en DVD. C’est un film très mystérieux avec une photographie fantastique, un montage novateur, une superbe musique de Asche and Spencer et une histoire qui occupe encore mes pensées.

Quels sont les thèmes dont vous êtes le plus fier ?

Kay Skerra : C’est toujours difficile d’être fier de son propre travail - au moins pour moi, parce que je recherche toujours l’amélioration et je ne suis jamais complètement satisfait. Et parce que les capacités de chacun se développent constamment, le travail le plus récent est toujours proche de ce qui semble « parfait » sur le moment. Lorsque la personne avec laquelle je travaille - par exemple le réalisateur ou le producteur d’un film - quitte mon studio heureux, inspiré et satisfait, alors je suis fier du travail accompli.

Sur quoi travaillez vous actuellement et quels sont vos prochains projets professionnels ?

Kay Skerra : En ce moment je travaille sur la série Alerte Cobra. Nous sommes aussi en discussion pour deux téléfilms vraiment intéressants, mais ce n’est pas confirmé pour l’instant, donc je ne peux vous donner plus d’informations dans l’immédiat.

(Entretien réalisé en 2006)

(c) Thierry Attard