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vendredi 5 mai 2017

LE MOIS DERNIER SUR CE BLOG

Eh bien, au moins on a eu quelque chose sur ce blog le mois dernier. Et on l'a fait avec un seul oeil pleinement fonctionnel (sérieusement). 
 
CRITIQUES

- Matula (ZDF):



- La Clinique de la Forêt-Noire 1 (Première moitié de la saison 1, Koba Films):

http://thierryattard.blogspot.fr/2017/04/la-clinique-de-la-foret-noire-1.html

- Les petits meurtres d'Agatha Christie (France 2):

http://thierryattard.blogspot.fr/2017/04/les-petits-meurtres-dagatha-christie-le.html (Le miroir se brisa)

INFOS

- Un entretien avec Lee Goldberg:

mardi 4 avril 2017

UN ENTRETIEN AVEC LEE GOLDBERG

Un entretien merveilleusement intéressant avec Lee Goldberg, écrivain, éditeur, scénariste et producteur de télévision, pour un épisode du podcast de Writer's Bone

Le travail télévisuel de Lee Goldberg inclut deux de mes séries policières favorites: Diagnostic: Meurtre et Les enquêtes de Nero Wolfe. Il a aussi travaillé sur des séries telles que Le flic de Shanghaï, SeaQuest, Murphy l'art et la manière d'un privé très spécial, etc.

mercredi 19 mai 2010

PILOT 101

[6.57] Furious D, grand spécialiste de l'industrie de l'Entertainment, aime secouer et agiter sa compréhension instinctive de l'industrie du cinéma et de la télévision dans un cocktail d'humour, d'esprit et de sagesse.

Il nous donne une masterclass sur les pilotes de séries, dans le sillage du battage médiatique autour de la saison 2010 des pilotes et des présentations de grilles de rentrée (http://dknowsall.blogspot.com/2010/05/hollywood-babble-on-on-513-take-me-to.html).

Vous pouvez lire également ce que pense Lee Goldberg de cette rentrée série. Un homme qui en connaît un rayon sur le business de la télévision et un nom familier des lecteurs de notre petit blog (http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2010/05/pickups-and-letdowns.html).

mardi 26 janvier 2010

PERNELL ROBERTS (1928-2010)

[15.00] Pernell Roberts, un des visages les plus reconnaissables de la télévision américaine durant plus de 40 ans, est mort dimanche dans sa maison de Malibu. Il était âgé de 81 ans.

Roberts devint une vedette de la télévision en 1959 avec le rôle d'Adam Cartwright dans la saga western Bonanza (1959-1973) mais quitta la série en 1965, mécontent des scripts et de l'évolution de son personnage. Libre de retourner à des choses pour lui plus satisfaisantes, comme la scène, il réussit à maintenir une forte présence sur le petit écran dans des épisodes de nombreux succès des grandes heures de la télévision aux Etats-Unis: Mission Impossible, Police des plaines, Les Mystères de l'Ouest, Hawaï Police d'Etat, etc. Et même La grande vallée, copie et rivale de Bonanza.

Il attendit 1979 avant d'être de nouveau la vedette d'une série à succès, avec Trapper John, M.D. (1979-1986), où il était le Docteur John Francis Xavier 'Trapper' McIntyre - interprété auparavant par Wayne Rogers dans la série M*A*S*H (1972-1983).

Pernell Roberts participa à une des plus fascinantes et élégantes expériences de l'Histoire de la télévision US: en 1997 il reprit le rôle de George Fallon, un des personnages d'un épisode de Mannix intitulé Little girl lost (1973) pour un épisode de Diagnostic Meurtre appelé Hard-Boiled Murder, écrit par William Rabkin et Lee Goldberg. L'épisode de DM, était une suite directe de l'épisode de Mannix (extraits compris), avec Mike Connors de retour dans le rôle du privé Joe Mannix et Beverly Garland ainsi que Julie Adams reprennant également leurs rôles respectifs.

lundi 11 janvier 2010

AGENCE TOUS RISQUES (BANDE-ANNONCE)

[11.00] Repérée sur le blog du grand Lee Goldberg, scénariste, auteur, producteur, historien de la télévision, homme de culture et de goût, etc... (vous connaissez la suite).

La bande-annonce du remake cinématographique d'Agence tous risques avec Liam Neeson. Ca ressemble à un sketch de Saturday Night Live.

http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2010/01/tv-main-title-of-the-week-special-ateam-edition.html

mercredi 23 décembre 2009

OPERATION GREEN ICE

Je viens juste de voir ça sur le blog de Lee Goldberg, scénariste, auteur, producteur, historien de la télévision, homme de culture et de goût.

Une compilation vidéo sur l'usage de la technologie de l'écran vert dans les séries télé et pas seulement pour des séquences nécessitant des effets spéciaux. Edifiant et, à certains égards, terrifiant.

Nos yeux mentent.

http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2009/12/green-screen-is-everywhere.html

vendredi 9 octobre 2009

BOUCLEZ-LES DANNY!

[4.56] Lu sur le blog de ce magicien de la télévision et auteur de talent qu'est Lee Goldberg (et puis son épouse est française):

CBS vient de donner son feu vert à la production d'un pilote pour une nouvelle version de la série Hawaï Police d'Etat (Hawaii Five-O) par les scénaristes et producteurs de Fringe Alex Kurtzman & Roberto Orci et le producteur exécutif des Experts: Manhattan Peter Lenkov (http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2009/10/hawaii-50-is-go.html).

La dernière fois que le réseau a essayé de faire revivre le classique avec Jack Lord j'ai donné mon humble opinion (http://thierryattard.blogspot.com/2008/08/le-jeune-barnaby-jones-raconte.html) et même si une énième nouvelle nouvelle [non ce n'est pas une coquille, pour une fois] version devait être écrite par William Shakespeare ou Michael Crichton revenus du Paradis je ne changerai pas un mot.

Allez donc visiter le blog de Lee, on y trouve le générique du pilote de Hawaii Five-O avec Gary Busey. Sauf le respect que l'on doit à Stephen J. Cannell et Gary Busey ça me rappelle Tropical Punch, une parodie avec Adam West.

jeudi 30 juillet 2009

PAS DE CHANCE, JIM

Repéré sur l'excellent blog de l'auteur, scénariste, producteur et historien de la télévision Lee Goldberg, qui lui-même a trouvé l'info sur Variety: David Shore, le créateur et "showrunner" de House planche sur un revival de 200 dollars plus les frais (The Rockford Files) pour NBC Universal et la compagnie de production de l'acteur Steve Carell.

Dans The Rockford Files (1974-1980), diffusé sur NBC, James Garner - vétéran hollywoodien du cinéma et de la télévision - interprétait le détective privé Jim Rockford. Emprisonné à tort dans les années 1960 puis gracié, il habitait dans un mobile home (lui servant aussi de bureau) sur une plage de Malibu. Rockford, l'anti-héros ultime, était une création de Roy Huggins et Stephen J. Cannell et le mémorable générique de la série était de Mike Post et Pete Carpenter. James Garner renoua avec le personnage entre 1994 et 1999 pour quelques téléfilms.

Nous sommes au-delà des prières à Saint Bernie (Lomax) pour ce projet-là. Je suppose que Hollywoodland ne pourra jamais accepter l'idée que certains films ou certaines séries ne peuvent définitivement pas faire l'objet de remakes ou être "réinventées". James Garner EST Jim Rockford, point. Garner ne se contentait pas de partager un "Jim" avec Rockford, il était la série (qu'il co-produisait). C'est comme faire Hawai Police d'Etat sans Jack Lord. On ne peut tout simplement pas.

On peut faire une série avec un sympathique privé loser qui vit dans un mobile home et conduit une vieille Firebird, remercier gracieusement l'influence de 200 dollars plus les frais, distribuer une ancienne star de cinéma dans le rôle principal ou bien un acteur britannique capable de sortir des vacheries avec un parfait accent américain... mais on ne peut pas refaire The Rockford Files.

Et pour des créations originales on peut toujours s'adresser à Lee. Je suis certain qu'il serait ravi d'apporter son concours.

http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2009/07/rockford-revived.html
http://www.variety.com/article/VR1118006650.html?categoryId=14&cs=1&nid=2248

lundi 6 juillet 2009

"ENCORE UN FILM TIRE D'UNE VIEILLE SERIE TELE"

« Il y a des tas de séries télé qui feraient de grand films, mais ce n'est pas le cas de HOOKER » écrit Lee Goldberg sur son blog (1) après un article de Variety concernant un futur remake cinématographique de Hooker (T.J. Hooker) (2). T.J. Hooker, une série Spelling/Goldberg diffusée aux Etats-Unis entre 1982 et 1986, avait pour vedette William Shatner dans le rôle-titre: un vétéran de la police en patrouille avec son jeune co-équipier, Romano (Adrian Zmed). Une toute jeune Heather Locklear jouait dans la série.

Chuck Russell, le réalisateur de The Mask devrait diriger le film, qui sera une comédie d'action (« C'est... Showtime! »). « Et après, Diagnostic Meurtre? » demande Lee. Ce qui est vraiment drôle en l'espèce c'est que parfois la vie imite l'art. Certains d'entre vous, fidèles lecteurs, se souviennent peut-être de la scène d'ouverture du fantastique film Charlie's Angels (2000): un terroriste joue les bombes humaines à bord de la Première classe d'un avion de ligne et une des filles, déguisé en grand afro-américain, s'assied à côté de lui. Sur un énorme écran passe un film pour les passagers... T.J. Hooker The Movie! Le "grand afro-américain" soupire et dit: « Encore un film tiré d'une vieille série télé ».

Nuff said. Rien à ajouter.

(1) http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2009/07/whats-next-diagnosis-murder.html
(2) http://www.variety.com/article/VR1118005660.html?categoryid=10&cs=1&nid=2248

mardi 9 juin 2009

PAS DANS CET AVION

And I've seen it before. And I'll see it again, bla, bla, bla... Ainsi donc 20th Century Fox prépare un remake cinématographique d' Agence tous risques (The A-Team, 1983-1987), peut-être la série américaine des années 1980 la plus aimée. « Le plan se déroule sans accroc », écrit Lee Goldberg (1) - en référence à la phrase fétiche du personnage principal. Espérons au moins que ce n'est pas le Plan 9...

REMAKE TOUS RISQUES

« En 1972 une unité commando d'élite fut envoyée en prison par un tribunal militaire pour un crime que ses hommes n'avaient pas commis. Ils s'échappèrent d'un pénitencier haute sécurité et se réfugièrent dans les bas-fonds de Los Angeles. » Toujours recherchés par les militaires, ils offrent leurs services à ceux qui en ont vraiment besoin.

John "Hannibal" Smith est le leader de l'Agence et son maître en déguisements. Son emploi régulier est figurant en costume dans des films de monstres (où il s'obstine à vouloir injecter un peu de Stanislavski dans ses rôles de créatures!) Templeton "Futé" Peck (Faceman en VO) est un escroc professionnel et l'"arrangeur" de l'équipe. Afro-américain et costaud, B.A. "Barracuda" Baracus (Bad Attitude en VO) est un génie de la mécanique mais refuse de monter dans un avion et doit être drogué pour être transporté à bord! Et H.M. (Howling Mad) "Looping" Murdock peut piloter tout ce qui vole... mais est un malade mental certifié qui doit régulièrement être sorti de l'aile psychiatrique d'un hôpital pour vétérans grâce aux ruses de Futé.

La série originale, créée par Stephen J. Cannell et Frank Lupo, est le type même des séries d'aventure et d'action des années 1980, avec de spectaculaires explosions et des cascades cartoonesques à souhait (la marque du grand coordinateur des cascades Craig R. Baxley), CETTE musique du duo magique Mike Post et Pete Carpenter, et une formidable distribution. George Peppard, qui faillit louper son rendez-vous avec l'Histoire de la Pop culture en étant remplaçé par John Forsythe sur le pilote de Dynasty (1981), dans le rôle de Hannibal Smith. Dirk Benedict (Galactica) dans le rôle de Futé, Dwight Schultz dans celui de Murdock ainsi qu'un des deux Dieux de cet âge d'or de la télévision américaine (l'autre étant bien sûr David "The Hoff" Hasselhoff): Mr. T, dans le rôle de Barracuda.

Et voici maintenant que nous apprenons que Liam Neeson est en négociation pour jouer Hannibal dans le film (http://www.variety.com/article/VR1118004693.html?categoryid=10&cs=1&nid=2248). Sans vouloir être irrespectueux, Liam Neeson?! Bruce Willis aurait mieux convenu. Bradley Cooper devrait jouer Futé et la production est toujours en quête d'un Murdock et d'un Baraccuda (tuyau aux producteurs pour ce dernier: Mr. T!) Joe Carnahan (Narc) dirigera le film et, d'après Variety, ils ont gardé le concept « mais ont remplaçé le caractère farfelu de la série par un ton plus proche de ceux de "Mission: Impossible" et d' "Ocean's Eleven" ». Permettez moi ici de faire mon Simon Cowell et de cogner sur le buzzer: le "caractère farfelu" faisait tout le sel de The A-Team, qui n'était que Looney Tunes ou Hanna Barbera avec des acteurs en chair et en os, Les Quatre fantastiques façon Universal Television de l'époque. Pas Leverage.

LES DURS, LES VRAIS

En fait la seule personne capable de piloter un remake/revival convenable d' Agence tous risques (à part M. Stephen J. Cannell en personne) est le réalisateur, scénariste et acteur américain Brent Huff. Brent qui? BRENT HUFF (http://www.brenthuffdirector.com/). Pendant que Hollywoodland produit souvent des franchises comme GMC produisait des 4X4 il y a toujours à Hollywood des réalisateurs qui font des films. Huff est connu un peu pour son rôle dans un film français qui s'appellait Gwendoline (1984) et l'homme a eu assez de classe et d'amabilité pour me mentionner ce film dans un mail, ce que j'ai apprécié (comme le mail d'ailleurs). Et son second film en tant que réalisateur, Bad Pack: Ultime combat (The Bad Pack, 1997), est un très sympathique hommage à Agence tous risques.

Des immigrants mexicains d'une ville frontière au Texas sont harcelés par les membres d'une impitoyable milice locale. Les Mexicains envoient deux frères à la recherche d'un homme nommé McQue, un ancien agent secret et mercenaire devenu réparateur de motos, afin de l'engager pour qu'il les protège. Les frères et un jeune entrepreneurr noir particulièrement bavard arrivent à convaincre McQue d'accepter le job et le mercenaire réunit une équipe de spécialistes. Les Sept Mercenaires? Gardons à l'esprit que l'histoire du pilote de The A-Team est du pur Sept mercenaires. Un des membres de l'équipe est un malade échappé d'un hôpital psychiatrique et il y a même un van dans une scène. Quant à la distribution, c'est un rêve pour tous les aficionados des "seconds couteaux": Robert Davi dans le rôle de McQue, Marshall Teague dans le rôle du méchant, Bert Rosario - un visage familier de la télévision américaine depuis plus de trente ans (2), Vernon Wells... Ajoutez les légendes du catch américain Roddy Piper et Jeep Swenson, plus Ralph Moeller et Sven-Ole Thorsen. De la vraie poésie pour amateurs de bons films de série B.

Pourquoi appelle-t-on ça des "films de série B"? Parce qu'on y voit pas de robots géants qui parlent ? Parce que les acteurs de la "Liste A" ne jouent pas dedans? Comme je l'ai écrit dans un commentaire sur Deadline Hollywood Daily, le blog de Nikki Finke, je déteste la notion d'"acteurs de Liste D". Certains de ces soi-disant "acteurs de Liste D" sont de meilleurs acteurs que les stars de la "Liste A" (http://www.deadlinehollywooddaily.com/d-list-actors-diss-al-franken-for-senate/). Le commentaire réagissait à des propos sur... Robert Davi. Dans les limites de son genre, de sa catégorie et de son budget, The Bad Pack est un film distrayant et amusant. Un western moderne, un hommage élégant à Agence tous risques et à certains égards un voyage agréable au pays des bons souvenirs, avec des clins d'oeil aux comic books ou au style des séries américaines des années 1970-1980.

Brent Huff m'a écrit qu'un de ses films récents, Cat City, vient d'être acheté par une chaine française de télévision. Rebecca Pidgeon, Brian Dennehy et Julian Sands jouent dedans et le film fait en ce moment le tour des festivals. J'ai hâte de le voir.

(1) http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2009/06/the-plan-is-coming-together.html
(2) Mes titres favoris dans son magnifique CV: Le signe de Justice (Sword of Justice, 1978-1979) et Les 100 vies de Black Jack Savage (The 100 Lives of Black Savage, 1991) - dont les télespectateurs français quadragénaires se souviennent.

jeudi 21 mai 2009

THE ALIEN STAYS IN THE PICTURE

« And I've seen it before
And I'll see it again
Yes I've seen it before
Just little bits of History repeating »
(Dame Shirley Bassey)


Le blog de Lee Goldberg, scénariste, auteur, producteur, historien expert de la télévision, enseignant, francophile, et Dieu sait quoi encore (parle t-il le Japonais couramment, comme Christopher Chance?), a une saveur britannique cette semaine car Lee est à Londres pour affaires. Peut-être qu'ils lui demanderont de produire un truc sur la grève du métro, qui sait... Plus sérieusement, cet homme aux multiples talents serait parfait pour le Primeval US - si cette série dérivée américaine se concrétise.

Quoi qu'il en soit, Lee Goldberg nous signale un article de Variety (http://www.variety.com/article/VR1118004006.html?categoryid=3628&cs=1&query=ufo+evans) à propos de l'annonce par le légendaire producteur Robert Evans que sa compagnie prépare en collaboration avec ITV Global Entertainment un film d'après Alerte dans l'Espace (UFO, 1970-1973), une série ITC. Et Paramount aura un droit de regard sur le projet (http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2009/05/interceptors-immediate-launch.html).

Produit par Gerry Anderson, Alerte dans l'espace se passait en 1980 (!) Le SHADO (Supreme Headquarters Alien Defence Organization), une organisation secrète, combattait une race extra-terrestre ayant kidnappé et tué des humains pendant des années pour utiliser certains de leurs organes. Son quartier général était camouflé sous les studios cinématographiques Harlington-Straker, et le patron des studios, Ed Straker, était en fait commandant du SHADO.

Ce que l'on retient aujourd'hui de la série c'est malheureusement son style visuel outrageusement années 1970 et son overdose de techno-blabla (1), mais Alerte dans l'espace (magnifiquement doublé en Français au Québec chez Cinelume) demeure un classique avec de bons effets spéciaux et de fantastiques maquettes, de bons acteurs, et des scenarii de science-fiction de grande qualité à destination d'un public adulte. UFO est sous-estimé injustement, et même Lee qualifie cette série de "ringarde" et "idiote". Puis-je respectueusement me permettre d'être en désaccord, revoyez donc Identified, A Question of priorities et Confetti Check A-O.K. UFO surclasse Cosmos 1999, dont la première saison n'était que style au détriment de la substance - sans parler de cette fameuse seconde saison qui a explosé les notions de "ringardise" et d'"idiotie" au-delà de l'imagination.

Maintenant que Paramount est liée à un remake cinéma de cette série on peut s'attendre à un croisement entre Star Trek et Transformers. Avec le Star Trek de J.J. Abrams qui cartonne au box office planétaire, je parie que chaque studio fouille son catalogue pour trouver quelque chose avec un peu d'hyperespace dedans. Souvenons nous de ce qui est arrivé à l'adaptation cinématographique des Sentinelles de l'Air (un autre classique de Gerry Anderson) par Universal mais ce ne sera pas long avant l'arrivée de Cosmos 2099 - Le film, le retour de Buck Rogers, ou une version grand écran de Babylon 5. Et les Allemands pourraient faire une comédie à gros budget de Commando Spatial (Raumpatrouille Orion). A propos de "ringardise", je veux un remake au cinéma des Filles du ciel (Star Maidens) et un "reboot" des Cochons dans l'Espace.

Et maintenant nous pouvons être certains que la version moderne de Doctor Who va avoir droit également à son projet d'adaptation grand écran. Espace, dernière frontière du box office...

http://ufoseries.com/

(1) http://www.youtube.com/watch?v=RDzNkern1Fc&hl=fr

lundi 2 mars 2009

SIX PIEDS (VOUS CONNAISSEZ LA SUITE)

Chaque saison, Hollywood travaille dur pour pousser Lee Goldberg à écrire une nouvelle édition de son formidable Unsold Television Pilots (http://www.amazon.com/exec/obidos/tg/detail/-/0595189644/ref=ase_adventuresintele/103-7358193-8705413?v=glance&s=books). Den of Geek a publié une liste de 36 pilotes qui pourraient donner lieu ou non à des séries. Sur le papier, c'est l'alignement de pilotes le moins attirant de la décennie (http://www.denofgeek.com/television/207248/36_upcoming_us_tv_pilots.html).

Sommersby façon 11 septembre? Mark Pellington (Arlington Road) réalise Back, où une victime des attaques sur le WTC réapparaît après avoir été présumée morte pendant 8 ans. Le pitch est un des plus excitants de l'année (au moins selon les normes des networks), mais le problème de la télévision américaine contemporaine est que ça ne va jamais au-delà de ces pitches. Si CBS devait en faire une série, espérons qu'ils auraient toute une saison de scripts prêts avant le tournage.

Depuis le pactole global des différentes adaptations de Yo soy Betty la fea, les séries latines sont sur les radars de chaque cadre de la télé sur toute la planète. Hermanos y detectives (2006), une série argentine sur un policier et son petit frère de 11 ans, un enfant surdoué détective génial, a déjà fait l'objet d'un remake espagnol baptisé Hermanos & detectives (2007) - pour Telecinco, la chaîne du RIS hispanique (http://www.telecinco.es/hermanosydetectives/). Voilà maintenant que le réseau ABC l'adapte en tant que Brothers & Detectives, et c'est réalisé par Gregory Hoblit (Hill Street Blues). Bien fait, ça pourrait être le Monk ou Enquêteur malgré lui (Psych) d'ABC. Dans le cas contraire, ça pourrait être proprement agaçant. Souvenons nous d'Ugly Betty...

Le succès de la BBC avec le revival de Survivors, le monument imaginé par Terry Nation, aurait-il inspiré NBC? Day One décrit un petit groupe de... survivants, après qu'un mystérieux évènement ait détruit le monde tel que nous le connaissons. « La fin du monde ne peut faire l'objet d'un copyright », écrit avec sagesse Martin Anderson dans son article pour Den of Geek. Tout comme un groupe de robins des bois de l'arnaque ne peut faire l'objet d'un copyright non plus. Le courage de NBC Universal est admirable, souvenons nous de Jericho. A propos, est-ce que Freema Agyeman joue dans Day One?

Après le courage, la bravoure: deux tentatives ratées en 1992 et en 2002 (http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2008/08/maybe-the-third-time-will-be-the-charmor-rather-charmed.html), n'ont pas découragé ABC de commander un pilote d'après le roman de John Updike Les sorcières d'Eastwick (The Witches of Eastwick), et le film du même nom. Ca s'appelle Eastwick et c'est réalisé par le talentueux David Nutter. Je m'attends à un Desperate Housewives rencontre Charmed, à moins que ce ne soit l'inverse? NBC veut faire un remake de Parenthood, le film de 1989 (Portrait craché d'une famille modèle)... Essayer de faire des séries hebdomadaires à partir de films, ça fait tellement années 1990.

Please cry for me, Argentina. Fox adapte Lalola (2007), une série comique argentine à propos d'un playboy qui se transforme en blonde, sous le titre Eva Adams. Cette série, à l'instar de Hermanos y detectives, a déjà fait l'objet d'un remake en Espagne. Donc, on peut "copyrighter" le vieux truc de l'échange de sexe? ITV a un concept très similaire intitulé Boy meets girl, avec Martin Freeman (1).

A la recherche du prochain Lost... (pas moi en tout cas) FlashForward, d'après un roman écrit en 1999 par Robert J. Sawyer: un incident au cours d'une expérience scientifique permet accidentellement à tout le monde d'avoir un aperçu de sa vie dans le futur. J'ai eu un aperçu de la saison 2009-2010 et je suis quasiment dans un état de choc traumatique, alors imaginez... David Goyer (co-scénariste de The Dark Knight) réalise pour ABC.

Quoi d'autre? Le nouveau projet de Paul Scheuring (Prison Break) pour Fox: Masterwork est vendu comme « Un thriller sur une course contre la montre pour retrouver les artefacts les plus recherchés au monde
». Martin Anderson appelle ça un Da Vinci code - hebdomadaire. Je ne suis fan ni de Prison Break ni de Dan Brown.

Il y a aussi une copie de The Mentalist (avec un truc en plus), quelques séries politiques ou juridiques, ainsi que le nouveau candidat au prix du Ne leur dites surtout pas que les Supersoaps sont morts dans les années 1990: après Cane ou Dirty Sexy Money, voici Empire State, « Roméo et Juliette dans le Manhattan moderne (ABC). Il y a également une nouvelle version de Human Target (Fox), d'après une bande dessinée DC de Len Wein and Carmine Infantino, et avec l'excellent Mark Valley dans le rôle d'un garde du corps qui prend littéralement l'apparence de ses clients pour les protéger. C'est réalisé par Simon West (Les ailes de l'enfer) et produit par McG (Charlie's Angels, Terminator Renaissance) donc le nouveau Human Target a tout le potentiel pour devenir une sympathique série dans le genre action/aventure. En 1992, Rick Springfield fut la vedette d'une première adaptation, distrayante mais de courte durée. Essayer de faire des séries hebdomadaires à partir de bandes dessinées, ça fait tellement... (vous connaissez la suite) mais ça m'est égal. Si ça devient une série j'espère juste que ça ne subira pas le sort de Knight Rider 2008.

Au moins nous serons épargnés les nouveaux Hawaï police d'état, Perdus dans l'espace ou Les rues de San Francisco, mais ABC a commandé un remake de V (http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2009/02/rehashes-reworkings-and-reimaginings.html). Un jour, des lézards fascistes en costumes de mécanicien oranges viendront nous manger... encore. Un jour sans fin avec des reptiles, et nous sommes Phil Connors.

(1) Comme me le rappelle Corinne Auffret-Nguyên, de l'indispensable Beans on Toast, le site français de Doctor Who (http://www.doctor-who.fr/), après qu'elle ait fait quelques recherches.

mercredi 28 janvier 2009

MR. MONK IS MISERABLE (OBSIDIAN)

Consultant pour la police de San Francisco, où il fut détective à la criminelle, Adrian Monk est le plus brillant enquêteur privé au monde. Sherlock Holmes incarné, il n'a aucun rival lorsqu'il s'agit d'élucider des affaires de meurtre. Mais son don est aussi une malédiction: Monk est atteint de troubles obsessionnels compulsifs et d'une liste affreusement longue de phobies (« Il a peur des germes, des éclats, des cahiers à colorier, des mélanges apéritifs, des fibres, des cheveux bouclés... ») - problèmes qui n'ont fait qu'empirer lorsque son épouse, Trudy, est morte dans l'explosion d'une bombe plaçée dans sa voiture.

Natalie Teeger, sa très stoïque assistante, l'aide à gérer sa malédiction quand le pince-sans-rire et moustachu capitaine Leland Stottlemeyer et son farfelu bras-droit, le lieutenant Randy Disher, appellent Monk sur une affaire (« ... Je suis pour Monk à la fois le docteur Watson, Kato, Rico Tubbs et Robin »). Après avoir suivi le psychiatre de Monk, le docteur Kroger, jusqu'en Allemagne, et avoir résolu des affaires de meurtre là-bas, Natalie obtient de son patron qu'ils passent quelques jours à Paris.

MONK ET L'ECRIVAIN

Monk est bien évidemment la série comico-dramatique à succès créée par Andy Breckman, et lançée en 2002 sur la chaîne américaine USA Network, avec Tony Shalhoub dans le rôle d'Adrian Monk. Mais depuis 2006 c'est également une série de romans policiers originaux basés sur les personnages de la série et écrits par Lee Goldberg. Le nom de Lee Goldberg (http://leegoldberg.typepad.com/) n'est pas étranger aux lecteurs réguliers de ce blog: il est romancier, scénariste, producteur, historien de la télévision, expert (un de ses livres, Unsold Television pilots, est un des 17 ouvrages qui sont en permanence sur le bureau de votre serviteur), enseignant et consultant.

L'impressionnant CV de Goldberg (http://www.leegoldberg.com/index.html) comprend Diagnostic Meurtre, Le flic de Shanghaï, Nero Wolfe et même Fast Track: Vitesse infernale (Fast Track: No limits), un pilote de deux heures produit par nos amis allemands d'action concept (http://tattard2.blogspot.com/2008/06/hermann-joha.html). Récemment un blog, Planet All-Star, l'a mis en tête d'une liste de Cinq scénaristes qui pourraient sauver la télévision (http://planetallstar.blogspot.com/2008/12/five-writers-who-should-be-running.html), et nous souscrivons à ça sans hésitation puisque nous avons écrit l'été dernier que Lee Goldberg était peut-être une des dernieres personnes à Hollywood sachant comment rendre une série distrayante (http://thierryattard.blogspot.com/2008/08/le-jeune-barnaby-jones-raconte.html).

Mr. Monk is Miserable, son dernier roman de Monk en date, est un échantillon parfait de l'art de ce raconteur d'histoire hors-pair, ce que vous soyez fan de la série Monk ou non - la série télé flirtant régulièrement avec le one-man show Tony Shalhoub. Mais le talent de Lee Goldberg est de bâtir des romans complètement originaux avec des figures familières. Ses réinventions de toutes les frustrations et anxiétés d'Adrian Monk sont si merveilleusement et joyeusement imaginées que beaucoup de ses lecteurs souhaitent déjà une adaptation de son nouveau livre pour la série télé (comme c'est arrivé avec Mr. Monk goes to the firehouse).

MONK ET L'ASSISTANTE QUI PARLE FRANÇAIS

Mr. Monk is Miserable est narré par Natalie Teeger, l'assistante de M. Monk (« ... mais je dois aussi faire ses courses, être son chauffeur, sa secrétaire, et une assistante d'enquête bonne pour le service »). En fait, sa seconde assistante, car beaucoup de fans de la série se souviennent de Sharona, la première. Natalie est la personne la plus patiente sur Terre. Il le faut pour endurer les conséquences des troubles et phobies d'Adrian (« Nous marchons sur des toilettes géantes »), et après leurs incroyables aventures germaniques (voir Mr. Monk goes to Germany) elle considère qu'elle mérite de vraies vacances et fait chanter son patron de la plus drôle des manières pour qu'ils fassent un détour pour Paris avant de rentrer à la maison.

« C'est toujours un meurtre. Personne ne décède de mort naturelle autour d'Adrian Monk. » Après avoir défié toutes les règles écrites et non-écrites du transport aérien dans un monde post-11 septembre (« C'était le vol de l'Enfer et nous n'avions même pas encore quitté l'aéroport »), M. Monk résout une affaire de meurtre à bord de l'avion pour Paris (!) grâce aux "sales habitudes" de l'assassin (« Mais c'est le premier pas vers la dégradation de la morale et la ruine totale »).

Natalie et Adrian arrivent finalement en France, où la réputation de détective génial de Monsieur Monk le précède. Et ils sont accuillis par des représentants de la police locale, l'inspecteur chef Philippe Le Roux et son assistant, l'inspecteur Guy Gadois, homologues et quasi-clônes français de Stottlemeyer et Disher. C'est l'occasion pour Natalie de montrer à Adrian qu'elle parle français (« Il y a plein de choses que vous ignorez à mon sujet, M. Monk. Je suis une femme pleine de mystère et d'intrigue »).

MONK ET LA VILLE DE LUMIERE ET DE PROPRETE

Adrian Monk est le "poisson hors de l'eau" par excellence:hors des murs de son appartement de Pine Street il est perdu (« Il ne traverse pas Bay Bridge sans un gilet de sauvetage, six mois de provisions, un prêtre, et une roulotte avec tout son mobilier, son lit et ses plats »). Donc la confrontation avec la culture française est pour lui une véritable épreuve olympique, lorsqu'il découvre des choses telles que le rez-de-chaussée (« Ils délirent »), le pain (« Je ne puis manger une chose appelé peine, agonie, pestilence, ou féculence... »), les Vélibs où le Croque Monsieur (« Ca c'est la vie »).

Monk a sa propre conception de la contribution de la France au monde civilisé - la civilisation étant pour lui tout endroit où il peut trouver une bouteille de Sierra Springs - et lorsque Natalie, qui est déjà allé en France 20 ans auparavant, lui demande s'il veut voir Notre Dame, La Seine ou Le Louvre, il répond qu'il rêve depuis l'enfance de visiter le Musée des égouts de Paris. Les lecteurs français de Mr. Monk is Miserable apprendrons avec délectation que, d'après notre détective obsessionnel compulsif favori, « grâce à son réseau d'égouts, Paris fut connue comme Ville lumière, renommée à travers le monde en tant que phare d'assainissement et de propreté flamboyante ». Ils apprendront aussi que le musée des égouts est l'équivalent du Smithsonian (« Le louvre ne peut rivaliser avec ça»), et qu'Eugène Poubelle est « l'Abraham Lincoln de la France»!

Chassez le naturel... Pendant une visite des catacombes, Monk met en lumière une affaire de meurtre, au grand désespoir de Natalie, qui devait déjà supporter le fait que son patron porte pour la circonstance une combinaison anti matériel toxique. Puis le meurtre s'assied juste à côté d'eux dans un restaurant très particlier. « Il n'y a rien de mieux pour découvrir Paris, sa culture, et ses habitants, qu'une enquête sur un meurtre » croit Adrian Monk, et lorsque le capitaine Stottlemeyer et le lieutenant Disher arrivent de San Francisco, Monk est enfin en terra cognita.

LEE GOLDBERG N'EST PAS MISERABLE

Mr. Monk is Miserable est un livre merveilleux et drôle avec une intrigue conçue comme un mécanisme d'horlogerie. La vision qu'a Lee Goldberg de Paris (prenez note, producteurs de My Own Worst Enemy) et des Français est ultra-réaliste. Son épouse est française et la France lui est si familière que votre humble serviteur ne peut s'empêcher de penser que les remarques de Natalie à propos de la "Disneyification" de Paris (« Comment les Parisiens ont-ils pu laisser cela arriver? ») sont en fait l'opinion de l'auteur, qui semble être un amoureux sincère de la capitale (1).

Goldberg capture l'essence de la "monkitude" de son héros pour transformer la routine d'Adrian Monk, parfois lourde dans la série télé, en une succession de chocs culturels trouvant leur paroxysme avec le gag récurrent de la motocrotte (« C'est une chose dont la plupart des Américains ne peuvent que rêver »). Il transporte l'univers familier de la série vers de nouveaux territoires mais garde sur le papier la magie de la distribution de la version télévisée.

Stottlemeyer est a la hauteur de ses propres standards télévisuels et on peut presque voir Ted Levine disant « On ne voit jamais l'Inspecteur Harry, James Bond, Superman, ou le Capitaine Kirk "piquer du nez". Les hommes d'action ne font pas la sieste ». La soudaine "notoriété" de Randy Disher nous offre par ailleurs beaucoup de situations et de répliques hilarantes - notre préférée: « Maintenant je comprends pourquoi tous les films français que j'ai vu se terminent par un suicide ».

Mr. Monk is Miserable est bien plus qu'un livre gravitant autour d'une série télévisée, il n'est même pas nécessaire de connaître la série Monk pour l'apprécier. Mais les fans de la série l'aimeront et prieront pour que la production et USA Network l'adaptent pour le petit écran (les comptables de USA Network vont adorer...) C'est un roman policier très original, avec tout l'esprit (il y a du Mark Twain à Paris dans l'exploration de la ville lumière par Monk), l'humour et les talents d'écriture d'un maitre romancier. Remarque très personnelle: seul Lee Goldberg pouvait rendre Natalie Teeger sympathique.

« J'étais sur ma motocrotte, montant puis descendant les Champs-Elysées, et dans un moment de soudaine clarté et de paix qui ne peut surgir que d'un profond nettoyage, ça m'a sauté aux yeux ». Il n'y a qu'à Paris qu'Adrian Monk pouvait devenir si "proustien". Tentez quelque chose de neuf, tentez cette bouffée d'air frais qui souffle sur le roman policier, prenez des « risques » avec Monk et passez des moments formidables. On a tous besoin en ce moment de se changer les idées...

« Adrian, Adrian. Adrian, Adrian. Adrian, emmène-moi. » (Buzy)

Mr. Monk is Miserable (Obsidian - U.S. $21.95)

(1) Ce que Lee Goldberg a eu l'extrème gentillesse de nous confirmer en commentaire de la version en anglais de cet article.

http://www.amazon.com/Mr-Monk-Miserable-Lee-Goldberg/dp/0451225155/ref=pd_sim_b_1/192-1453299-0751124

http://www.amazon.fr/Mr-Monk-Miserable-Lee-Goldberg/dp/0451225155

En Anglais: http://tattard2.blogspot.com/2009/01/mr-monk-is-miserable-obsidian.html

jeudi 20 novembre 2008

LA CABEZA DE ALFREDO GARCIA

L'interview de Ben Silverman par le journaliste Charlie Rose pour l'émission de ce dernier (http://www.charlierose.com/view/interview/9554) a été l'occasion pour Nikki Finke d'écrire un article très percutant et émouvant à la fois sur son blog, Deadline Hollywood Daily (http://www.deadlinehollywooddaily.com/transcript-of-ben-silverman-on-charlie-rose/).

REVEIL DOULOUREUX

Ben Silverman est le co-président de NBC Entertainment et de NBC Universal Television Studio depuis 2007, ainsi que le fondateur de Reveille Productions, une compagnie qui a amené avec succès aux Etats-Unis des formats étrangers, tels que le britannique The Office, en tant que remakes.

Mais il semble que le Prime Time de NBC ait besoin de bien plus qu'un "reveille", si ce n'est une "résurrection", après l'annulation du survendu My Own Worst Enemy (avec Christian Slater) et de celle de Lipstick Jungle, et le piètre accueil fait à Kath & Kim - le remake d'une sitcom australienne. L'éloge par Silverman des avantages d'une co-production comme Crusoe a achevé de susciter le scepticisme (http://dknowsall.blogspot.com/2008/09/hollywood-babble-on-on-166-nbc-world.html) après le manque d'enthousiasme causé par la grille de rentrée du réseau.

My Own Worst Enemy est un gâchis du talent de Christian Slater, qui mérite l'équivalent de de ce qu'a été 24 pour Kiefer Sutherland. Les promos laissaient l'étrange impression d'un "Jekyll rencontre Jason Bourne" (http://thierryattard.blogspot.com/2008/09/six-pieds-sous-terre_19.html) - tout le monde copie Bourne de nos jours... (http://thierryattard.blogspot.com/2008/11/pour-une-poignee-de-reconfort.html), et de ce côté-ci de l'océan il semble que la télévision américaine achète ses fictions hebdomadaires uniquement sur "pitch", alors que la télévision britannique construit des séries à partir et autour de scripts (http://dknowsall.blogspot.com/2008/11/boob-tube-how-long-should-series-last.html).

Dans un cas vous avez MI-5 (Spooks), la meilleure série d'espionnage de l'Histoire de la télévision (avec La Taupe), et dans l'autre une longue liste de grotesques pilotes invendus (http://www.leegoldberg.com/non_unsold.html), ou des séries comme Dans l'Oeil de l'espion (Fortune Hunter), Secret Agent Man et My Own Worst Enemy. Même si Dans l'oeil de l'espion était très plaisant à regarder, grâce au regretté Mark Frankel et à des airs de Probe (Search, 1972-1973, une série d'aventure et d'espionnage injustement oubliée). Seule la distance peut sauver ce type de séries, à la grande époque NBC était le réseau de Des agents très spéciaux mais c'était il y a 43 ans.... si Monsieur Solo devait se rendre à Paris aujourd'hui, espérons au moins que la production éviterait le ridicule.

LE FANTÔME DE BRANDON TARTIKOFF

Ce n'est pas la première fois que Nikki pointe son lance-flammes sur Ben Silverman (http://www.deadlinehollywooddaily.com/major-nbc-shakeup-ahead-network-wants-to-ax-teri-weinberg-hopes-ben-silverman-quits/) mais sa réaction à l'évocation, dans l'interview de Silverman, du nom de Brandon Tartikoff - le légendaire exécutif qui porta NBC sur les plus hauts sommets avec de nombreuses séries parmi les plus populaires des années 1980 (Hill Street Blues, Miami Vice, La loi de Los Angeles et plein d'autres) - est plutôt émouvante pour ceux pour qui ce nom signifie vraiment quelque chose: « Je souhaite aussi que Silverman arrête d'essayer d'entrer en contact avec le fantôme de Brandon Tartikoff [...] Oui, Silverman a travaillé pour Tartikoff une fois ou deux. Mais Ben, je connaissais Brandon. Tartikoff était un ami. Et vous monsieur, n'êtes pas Brandon Tartikoff ».

Après l'annulation de My Own Worst Enemy et de Lipstick Jungle le blâme est apparemment retombé sur Katherine Pope, présidente de Universal Media Studio (http://www.nypost.com/seven/11142008/gossip/pagesix/black_widow_effect_at_nbc_138573.htm), intervenue sur le développement de ces deux séries, comme sur celui de l'affligeant revival de Super Jaimie ainsi que du surrestimé Heroes (http://www.thefutoncritic.com/news.aspx?id=20070604nuts01).

D'après le New York Post, Ben Silverman a réussi à diminuer les coûts chez NBC et semble satisfaire ses patrons, particulièrement le président de NBC Jeff Zucker. Et les analystes disent que les audiences sont devenues moins importantes à considérer alors qu'elles s'éparpillent sur les chaînes du câble. Comme le disait Silverman au Post l'été dernier: « Nous travaillons pour les marges, pas pour les audiences ».

DANS UN MONDE...

L'industrie de l'Entertainment a profondément changé depuis l'ère du grand Brandon Tartikoff, Les Networks sont concurrencées par une multitude d'offres du câble, du statellite et d'internet. Pour être juste, NBC n'est pas le seul réseau a avoir eu des mauvaises saisons depuis quelques années. Et le vrai problème pour les "Big Four" (CBS, ABC, NBC, Fox) est la pertinence de continuer de commander et de montrer des séries hebdomadaires dans un environnement où les télespectateurs sont accoutumés aux fictions américaines de qualité venant de chez Showtime, AMC ou HBO, ou à la crème de la télévision britannique via BBC America ou The Sci-Fi Channel.

La meilleure illustration de ce dilemme c'est la nouvelle version de Knight Rider diffusée par NBC, une série pilotée par un homme, Gary Scott Thompson, qui a un vrai sens de ce que devrait être de l'Entertainment populaire et léger sur les réseaux (souvenez-vous de Las Vegas). La série est une cible sur internet depuis ses débuts avec des reproches allant de la comparaison avec l'original et la distribution, jusqu'à la qualité des scripts et les effets spéciaux. Ce qui est vraiment fascinant, lorsqu'on se souvient que l'original, lançé sous le règne de Brandon Tartikoff, était produit par Glen A. Larson (cela dit sans aucune offense, ses séries sont de magnifique souvenirs d'enfance) et était essentiellement une version 1er degré de Maman Bagnole avec les normes de production de la Universal Television de l'époque et des cascades.

Et voilà maintenant que la nouvelle version est modifiée suite à des audiences en yo-yo et que trois membres de la distributions s'en vont, dont Bruce Davison, un des plus grands acteurs américains contemporains. Vraiment dommage, 25 ans auparavant (lorsque les trois grands réseaux d'alors étaient sans rivaux), la série aurait été le toast du moment, mais les télespectateurs semblent souhaiter que les réseaux leur montrent des séries comme Dexter ou Californication, ou pas de séries du tout - America's got talent ou Deal or no Deal sont très agréables à regarder.

Adapter des formats étrangers ne sera certainement pas la solution aux problèmes des grilles de cet automne ou de la saison entière. Voyez ABC et son Life on Mars US... Mais quel est donc l'intérêt d'adapter des séries que les télespectateurs américains connaissent déjà grâce à BBC America ou internet? Est-ce que les responsables de la programmation croient que les séries britanniques sont toujours ghettoïsées sur PBS ou relégués à des deals bon marché pour la syndication? Que nous réserve NBC pour l'avenir? Un remake américain de Hotel Babylon à Las Vegas? Soyons sérieux...

Le véritable défi pour Ben Silverman et ses collègues ou homologues c'est de répondre à cette seule question: quel type d'Entertainment pour les réseaux au 21ème siècle?

Mise à jour: Alain Carrazé parle sur son blog de ce qu'il qualifie de "déclin" de NBC (http://alaincarraze.blog.canal-plus.com/archive/2008/11/21/nbc-le-declin-continue.html) + Lee Goldberg à propos de Tim Kring et Heroes (http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2008/11/how-not-to-get-people-to-watch-your-show.html).

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/11/la-cabeza-de-alfredo-garcia.html

jeudi 9 octobre 2008

CE N'EST QU'UN FILM, INGRID (EPISODE 5)

Ingrid se demande si l'expression boursière « Bear Market » (Bear = ours), utilisée pour désigner un marché baissier, signifie qu'à la fin on a le droit de manger l'ours si l'ours ne nous mange pas avant.

LA CONQUÊTE DE L'OUEST

The Guardian a confirmé ce que le toujours excellent journal britannique appelle: « le secret le moins bien gardé de la télévision »: Jane Tranter, contrôleur de la BBC pour la fiction, quitte son poste pour devenir Vice-présidente de la programmation pour la branche production nord-américaine de BBC (http://www.guardian.co.uk/media/2008/sep/22/janetranter.bbc). Jane Tranter a plus que contribué à faire des fictions de la Beeb le principal produit d'exportation de la Corporation, avec des séries comme le nouveau Doctor Who, Life on Mars ou MI-5 (http://thierryattard.blogspot.com/2008/08/ce-nest-quun-film-ingrid-episode-4.html). Maintenant, Ben Dowell pose la question à £ 100 000: De quelle manière le départ de Jane Tranter va t'il affecter l'offre fiction de la BBC, particulièrement avec une redevance plus basse qu'espérée? (http://www.guardian.co.uk/media/organgrinder/2008/sep/22/bbc.television)

Jane Tranter sera remplacée par Ben Stephenson, responsable des commandes de dramatiques. Il y a eu des rumeurs selon lesquelles la BBC aurait essayé de convaincre Jane Featherstone, co-fondatrice de la compagnie de production Kudos (MI-5, Les Arnaqueurs VIP...), de prendre le job. Mais nous apprenons de Tara Conlan, une de nos signatures favorites, que Featherstone vient d'être nommée directrice de la création de Kudos, tandis que Stephen Garrett, co-fondateur de la compagnie, devient président exécutif - en charge du développement international et stratégique (http://www.guardian.co.uk/media/2008/oct/08/independentproductioncompanies.television).

ABSOLUMENT... PAS?

Nous verrons d'ici deux ou trois semaines ce qu'il advient du remake américain de Life on Mars , mais voici maintenant que le réseau Fox travaille sur un remake de la mythique sitcom britannique Absolument fabuleux (Absolutely Fabulous, 1992-2005) par l'équipe qui s'occupe du sympathique Mon oncle Charlie. C'est la troisième tentative de refaire Ab Fab, avec le film français de 2001 et un projet sans suite d'ABC piloté par Roseanne Barr, et dans lequel Carrie Fisher était impliquée.

Votre humble accroc au lait Nestlé étant trop jeune pour la sénilité (40 ans la semaine prochaine), reportez vous à http://thierryattard.blogspot.com/2008/08/le-jeune-barnaby-jones-raconte.html pour avoir son opinion non sollicitée sur les remakes. Ce qui est amusant, c'est que je vois que cette version de la Fox a attiré l'attention du multi-talentueux Lee Goldberg (http://www.leegoldberg.com/about.html), auteur, scénariste, producteur, Historien et expert de la télévision, enseignant, etc - un homme souvent mentionné ici(http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2008/10/absolutely-scary.html). Nous vous recommandons A Writer's Life (http://leegoldberg.typepad.com/), son blog, ainsi que son site officiel (http://www.leegoldberg.com/index.html).

15 MINUTES DE CELEBRITE...

Bon, euh, comment présenter ça... les très gentils responsables de Beans on Toast, le site français de Doctor Who, ont publié le mois dernier un entretien avec votre serviteur - consultant pour le doublage français de la saison 3 de la nouvelle série de Doctor Who: http://www.doctor-who.fr/d_itw_attard.php.

vendredi 29 août 2008

LE JEUNE BARNABY JONES RACONTE

A Michael SLOAN

Tout le monde sait que Hollywoodland ne peut laisser une série télé morte reposer en paix. Tel Bernie Lomax (souvenez-vous du fabuleux Terry Kiser) dans Weekend chez Bernie et sa suite, les remakes de séries cultes quittent régulièrement le cimetière des éléphants pour les grilles des réseaux américains ou, plus fréquemment, leurs étagères poussiéreuses.

ARRÊTE-MOI SI TU LA CONNAIS, CELLE-LA...

Sans remakes, le seul Batman de l'écran serait à jamais Lewis Wilson dans le serial de 1943 (cf. Heroes & Villains Movie serial classics par Michael Bifulco, Bifulco Books, Woodland Hills, California, 1989). Les remakes permettent aux nouvelles générations de découvrir un personnage ou un concept. La nouvelle version de Doctor Who est probablement la meilleure série de l'Histoire de la télévision (au moins pour ses trois premières saisons). Mais à chaque saison, les exécutifs de la télévision semblent concourir pour l'award du remake le moins nécessaire d'une vieille série culte, pensez à la version 2003 de Dragnet par Dick Wolf (Law & Order), avec Ed O'Neill dans le rôle de Joe Friday.

Qu'il n'y ait pas de malentendu , Dick Wolf est un des plus brillants producteurs du Panthéon de la télévision américaine, et Ed O'Neill un acteur magnifique dont le talent va au-delà du Al Bundy de Marié deux enfants. Mais Dragnet et Friday sont si ancrés dans leur temps (les année 1950-1960) et si liés à la personnalité d'un seul homme, l'acteur et producteur Jack Webb, que la seule manière convenable de refaire ce classique était d'en faire une parodie (Dragnet, 1987, avec Dan Aykroyd).

Comme le remarque dans son blog le toujours avisé et excellent Furious D: « [Comme] les remakes de vieux succès sombrent toujours dans l'oubli avant que vous ne puissiez prononcer les mots "Bionic Woman" » (http://dknowsall.blogspot.com/2008/08/hollywood-babble-on-on-155-everything.html) mais le fait que le concept ait été incinéré avec le New Dragnet de 1989 (Vic Daniels, flic à Los Angeles, produit pour la Syndication) aurait dû attirer l'attention du réseau.

NOUVEAUX SINGES, VIEILLES GRIMACES

Les échecs du Dragnet de Dick Wolf ou de Kojak (2005, avec Ving Rhames) ne découragent visiblement pas CBS-Paramount, alors que le studio a annoncé cet été de nouvelles versions de la série Les rues de San Francisco et de... Hawai Police d'Etat. La seconde, basé bien sûr sur le méga hit avec Jack Lord dans le rôle de Steve McGarrett (1968-1980), est particulièrement étonnante, car Hawai avait fait l'objet d'une précédente tentative de revival, tournée en 1997 et jamais diffusée, avec Monsieur Gary Busey (vos fans français vous saluent) dans le rôle principal.

« Ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter » a écrit George Santayana. En 1992, le magnat de la télévision Aaron Spelling tenta de relancer Les rues de San Francisco (1972-1977), la série de Quinn Martin avec Karl Malden et un Michael Douglas pré-Basic Instinct, avec Retour dans les rues de San Francisco, un téléfilm avec Malden mais bien évidemment sans Douglas.

Le succès des Rues était complètement le résultat d'une alchimie entre Malden et Douglas, au point que lorsque Douglas quitta la série pour une carrière cinématographique, son remplacement par Richard Hatch - un acteur plutôt honorable - mena à la suppression du programme. Dans les deux cas (Five-O et Les rues), refaire des séries tant caractérisées par le charisme et le talent de leurs vedettes est plus qu'une entreprise risquée. Et McGarrett, le Joe Friday hawaïen, la quintessence du conservateur avec une plaque(http://www.nytimes.com/2007/08/03/opinion/03fri3.html), ferait maintenant probablement pâle figure à côté de Jack Bauer. A quand une nouvelle version de Sur la piste du crime ( The F.B.I, 1965-1974) ? Mais qui sera le nouveau Efrem Zimbalist, Jr. ?

SERIE MORTELLE

Le scénariste, auteur et producteur Lee Goldberg, peut-être une des dernières personnes à Hollywood sachant comment rendre une série distrayante, et l'un des plus fins connaisseurs du business de la télévision, a co-écrit en 1997 un épisode hilarant de sa série Diagnostic Meurtre, un morceau merveilleux d'esprit et de causticité baptisé Série mortelle (Must Kill TV, saison 5, épisode 9), avec Doug E. Doug (Cosby), Reginald VelJohnson et Jaleel White (La vie de famille), Erik Estrada, Jane Seymour et Peter Graves apparaissant dans leurs propres rôles.

Dans ce Noblesse oblige rencontre TV Guide (http://www.twiztv.com/scripts/diagnosismurder/season5/diagnosismurder-509.txt) où une cadre d'un réseau de télévision, Rachel Woodrall, est tuée par un pilote, le grand Stephen J. Cannell joue Jackson Burleigh, un producteur de télé: « Mais Rachel n'a pas voulu délivrer Burley de son contrat d'exclusivité pour écrire les trois derniers épisodes du "Jeune Barnaby Jones raconte" ... et quand il a terminé, elle a annulé la série».

Le Police procedural n'est pas le seul genre à bénéfficier de l'attention des réseaux américains de télévision: un nouveau 90210 arrive chez CW, avec Shannen Doherty et Jennie Garth (http://www.ew.com/ew/article/0,,20221152_20221173_20221579,00.html) mais sans Tori Spelling (http://www.deadlinehollywooddaily.com/tori-spelling-furious-at-90210-for-unequal-pay-show-is-key-to-cws-future/). Et ABC lance un revival de Cupid, la comédie romantique avec Jeremy Piven (Entourage) annulée après seulement une saison en 1998-1999. Quelque part dans le catalogue Spelling il y a une série oubliée appelée Finder of Lost loves (1984), avec Tony Franciosa et Deborah Adair. Peut-être que quelqu'un se souvient d'une vieille série de Rick Rosner (l'homme à qui l'on doit CHiPs) qui s'appelait Loterie! (1983). Les possibilités sont infinies.

« J'attends le revival de Maman bagnole [My Mother The Car, NDA] , en série policière » écrit Furious D. Non, D, Maman bagnole - Le Film. Le film...

samedi 21 juin 2008

CE N'EST QU'UN FILM, INGRID (LE BLOC-NOTES DU TAULIER)

NIKKI S'HABILLE T'-ELLE EN PRADA?

La journaliste américaine Nikki Finke tient depuis 2006 un blog, Deadline Hollywood Daily (http://www.deadlinehollywooddaily.com/), dont elle est propriétaire et qui fut d'abord une rubrique sur le business, la politique et la culture de l'industrie de l'Infotainment dans le LA Weekly.

Ce blog (en anglais) sur Hollywoodland se distingue des publications corporatives par la qualité de ses informations (très souvent exclusives) et de ses impressionnantes sources, par son ton sans concession, son irrévérence - pleine d'humour - à l'égard des studios et de ceux qui les dirigent, ainsi que par la pertinence de ses analyses, voire de ses prévisions. Lors de la récente grève des scénaristes, Deadline Hollywood Daily était même la première source d'informations en temps réel de toute l'industrie.

Notons que Nikki Finke fut correspondante d'Associated Press à Moscou et Londres, qu'elle a travaillé entre autres pour Newsweek, The New York Times, The Washington Post, Vanity Fair et Esquire. Elle a été plusieurs fois récompensée par la profession et son blog est aujourd'hui une force qui compte à Hollywood.

MAX MENACE LE GOUROU

La nouvelle adaptation cinématographique de la série télévisée Max la menace, avec Steve Carell (The Office - version US) dans le rôle qui rendit Don Adams célèbre, est sortie vendredi 20 juin dans 3911 salles aux Etats-Unis (http://www.apple.com/trailers/wb/getsmart/). Ce même week-end sortait The Love Guru, le dernier film de Mike Myers (Austin Powers), de nouveau en chair et en os après sa longue période « shrekienne » (http://www.apple.com/trailers/paramount/theloveguru/).

Et c'est l'agent 86 Maxwell Smart, alias Max La Menace, qui sort vainqueur de ce combat de gaffeurs avec 13, 3 millions de dollars US de recettes vendredi contre 5,3 millions pour le gourou (http://www.deadlinehollywooddaily.com/get-smart-over-love-guru-by-more-than-2-1/).

Il est très étrange, cela dit sans aucune espèce de malice, de constater combien la carrière de l'inventif et doué monsieur Myers semble presque mimer celle du grand Peter Sellers, son devancier dans les rôles à transformation. Avec The Love Guru, on en arrive à se demander sérieusement si les Austin Powers ne seront pas pour lui, toute proportions gardées, l'équivalent des Panthère rose. Il ne serait pas surprenant après ça qu'un nouvel Austin Powers entre en production.

« J'AI DES AILES, J'AI DES AILES, J'AI DES AILES... »

Nikki Finke racontait mercredi 18 juin une histoire absolument incroyable (http://www.deadlinehollywooddaily.com/how-an-argument-about-iron-man-led-to-bob-shayes-stock-short-debacle/): lorsque New Line avait encore en développement le projet Iron Man, Bob Shaye, alors big boss de cette compagnie, avait eu avec Avi Arad, le patron de Marvel Studios, une discussion sur le fait de savoir si le super-héros devait voler ou non! Arad voulait bien sûr rester fidèle à la bande dessinée. L'option de New Line finit par tomber, et Bob Shaye, convaincu que le film ne marcherait pas, fit diminuer sa position sur ses actions Marvel.

Les fans quadragénaires de super-héros se souviennent peut-être d'un téléfilm-pilote de 1977 appelé Exoman, qui fut longtemps pour les lecteurs hexagonaux de comics le seul début de commencement de notion de ce qu'ils pouvaient espérer comme adaptation (non-officielle en l'espèce) d'Iron Man.

Dans l'excellent livre du scénariste-producteur Lee Goldberg Unsold Television Pilots (McFarland, 1990), le romancier et scénariste Martin Caidin explique comment des discussions interminables avec les responsables marketing de Universal quant à la figurine basée sur l'armure du héros contribuèrent à tuer toute série potentielle.

Mais quel aurait été donc le slogan de la version New Line d'Iron Man? « You'll believe a man cannot fly » (« Vous croirez qu'un homme ne peut pas voler »)?