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vendredi 6 novembre 2009

LES TRENTE ANS DE MOONRAKER

Le samedi 24 octobre 2009 a eu lieu à Paris le 6ème Salon des séries TV et ciné, organisé par l'association Sérialement Vôtre. Il y avait parmi les rencontres une présentation et discussion à propos de Moonraker, le 11ème James Bond.

Moonraker est la seule aventure de 007 co-produite par la France et la Grande-Bretagne. Le site de Sérialement Vôtre publie un article concernant la discussion sur ce film avec les invités français impliqués dans la production.

Cet intéressant article est en Anglais (http://serialement-votre.etron.fr/?p=720).

Mise à jour (9 novembre 2009): L'article est maintenant disponible en Français (http://serialement-votre.etron.fr/?p=776).

vendredi 25 septembre 2009

SHAMELADY

Le SPECTRE est de nouveau dans la partie et pour James Bond les enjeux sont personnels.

Normalement votre humble serviteur se fiche royalement de ce type de matériel et en fait j'ai même loupé sa sortie en 2007 mais, comme vous le savez, je suis un fidèle lecteur de Quantum of Bond - un des blogs du journaliste et auteur Philippe Lombard. Et la semaine dernière il a parlé sur Quantum de cette perle: Shamelady. Shamelady n'est pas un "fan film" ordinaire. C'est un véritable court métrage avec beaucoup de travail, des normes de production incroyables pour pareil format, un étonnant étalage de talent à différents niveaux et un hommage élégant à 007.

Lorsque James Bond (Serge Rotelli) est envoyé en France pour acheter des informations sur une organisation terroriste à un certain Mangin (Philippe Lombard... Oui, celui cité supra), la transaction se transforme en fusillade et un inattendu fantôme du passé remonte à la surface: le SPECTRE. James a pour mission de neutraliser le sinistre homme d'affaires Jacques Descarpes (Luc Le Clech), numéro deux de SPECTRE, au cours d'une partie au casino de Luc-sur-mer. Il est assisté pour cela par Joan Jansen (Alice Suzan), un agent du MI6, mais est très intrigué par la mystérieuse Anna Raykova (Irina Bogomolova).

Shamelady est réalisé par Eric Saussine, écrit par Eric Saussine, Pierre Rodiac et Frédérique Remy, et produit par Eric Saussine, Frédérique Remy et George Kaplan pour Constellation Studios. Serge Rotelli est très bon en James Bond (il est doublé par le comédien et artiste de doublage Benoît Grimmiaux). Et Luc Le Clech est une vraie révélation dans le rôle de Descarpes, avec une formidable présence d'acteur à l'écran.

Ce court métrage à tout ce qu'il faut: une réalisation professionnelle, un script qui est un plaisir à déguster pour les fans de l'agent 007, des décors et des extérieurs de qualité, une Aston Martin DB5, des costumes de grande classe, un impressionnant générique très "Binderien", etc. Bien sûr Shamelady a quelques défauts mineurs mais le résultat est étonnant pour un court. C'est presque une réponse à cette question qui intrigue beaucoup de fans de Bond: et si James Bond était une série télévisée? Si 007 était une série TV Shamelady égalerait les critères de production d'une série ITC (Amicalement Vôtre, pas Le mystérieux Jason King).

Constellation Studios produit régulièrement des court métrages assez plaisants comme les "Audiardesques" Pique-nique (2009) et Bluff (2009). Tous les deux avec l'équipe talentueuse de Shamelady, inclus notre confrère Philippe Lombard - à l'aise devant une caméra. Votre serviteur ne pourrait pas faire ce genre de choses, sauf si le groupe tournait un court métrage de Nero Wolfe.

Shamelady: http://www.constellationstudios.org/article.php3?id_article=378
Entretien avec Pierre Rodiac et Eric Saussine: http://www.constellationstudios.org/article.php3?id_article=554 (En Anglais)
Bluff: http://www.constellationstudios.org/rubrique.php3?id_rubrique=140
Pique-nique: http://www.constellationstudios.org/rubrique.php3?id_rubrique=98
Quantum of Bond:http://quantumofbond.blogspot.com/

mercredi 7 janvier 2009

QUANTUM OF BOND

Journaliste de cinéma, auteur de livres majeurs sur la Panthère rose (http://thierryattard.blogspot.com/2008/04/histoires-de-tournages.html) ou OSS 117, et blogueur (http://histoiresdetournages.devildead.com/), Philippe Lombard a ouvert un autre blog en parallèle avec son blog principal.

Quantum of Bond (http://quantumofbond.blogspot.com/) est un hommage original à l'une de ses nombreuses passions cinématographiques (avec Winnetou ou Terence Hill & Bud Spencer, pour n'en nommer que deux): James Bond, au travers d'anecdotes (Universal Exports, "la tête de Churchill", les cascades...), des photos, des publicités, des couvertures de magazines, des choses issues de la propre collection du journaliste et plein de détails à propos de l'univers de 007.

Ce blog est un équivalent incroyable de ce qui peut se faire, par exemple, en matière de bonus DVD, avec en prime le savoir encyclopédique de Philippe.

mercredi 5 novembre 2008

POUR UNE POIGNEE DE RECONFORT (A PROPOS DE LA SORTIE DE QUANTUM OF SOLACE)

Remerciements spéciaux à François Justamand

« C'est un monde nouveau, avec de nouveaux ennemis, et de nouvelles menaces. Mais vous pouvez toujours compter sur un homme... » Et bien au moins ses producteurs le peuvent: Quantum of Solace, le nouveau 007 - sorti le 31 octobre - bat tous les records pour son premier week-end en Europe: 1,3 millions d'entrées en France (sur 3 jours) et £ 15 384 217 pour sa sortie au Royaume-Uni, marché test par nature pour la franchise. Le film sort le 14 novembre aux Etats-Unis.

Avec une note de 261 millions de dollars pour un film de 105 minutes, peut-être le film le plus couteux minute par minute jamais réalisé (http://www.deadlinehollywooddaily.com/new-bond-wannasee-double-casino-royale-questions-about-quantum-of-solace-cost/), l'échec n'était pas une option pour Sony, MGM et Eon Productions, les forces derrière Quantum. Les explications de ces très bons chiffres du premier week-end sont multiples: des dates de sorties pertinemment planifiées, pas de concurrence réelle, le succès commercial de Casino Royale - le précédent, et le prestige d'un des mythes les plus solides de la pop culture: James Bond.

Mais lequel exactement? Le personnage créé par Ian Fleming pour ses romans? Sean Connery dans James Bond 007 contre Docteur No (1962) et Bons baisers de Russie (1963)? Ou le sommet de l'évasion extravagante sur grand écran établi dans Goldfinger (1964): le super-espion séducteur et suave combattant des vilains mégalomanes, avec un petit peu d'aide sous la forme de gadgets, des voitures pleinement équipées pour permis de tuer, et des filles tout droit sorties de rêves de Hugh Hefner. Le tout avec cette ingéniosité et cette sagacité typiquement britanniques, au shaker et pas à la cuillère.

Les livres demeurent rarement intacts lorsqu'ils sont adaptés au cinéma. Honnêtement et avec tout le respect dû à l'oeuvre de Ian Fleming, la seule façon convenable d'être aujourd'hui fidèle à ses romans serait de produire des mini-séries se passant à l'époque des livres et avec les normes de qualité d'un Poirot avec David Suchet. Sans l'alchimie qui fit de Sean Connery la star immortelle du dyptique Docteur No/Bons baisers de Russie (longtemps avant que les producteurs ne décident que Quantum of Solace serait une suite) la création de Fleming aurait été transposée uniquement en bande dessinée (http://thierryattard.blogspot.com/2008/04/james-bond-007-spy-who-loved-me.html) et pour l'épisode d'une anthologie oubliée de la Préhistoire de la télévision.

Goldfinger a fait le cinéma commercial moderne et imposé les canons d'un genre à part entière pour des générations allant tous les deux ans (sauf exceptions) voir UN JAMES BOND, « la marque déposée du grand spectacle moderne »: élégance, action, aventure, lieux exotiques, voitures classieuses, la gigantesque tanière du méchant conçue par Ken Adam, les traits d'esprit, les fabuleux génériques, le talent de John Barry et CE thème. Le thème le plus célèbre au monde: The James Bond theme.

Et ce Bond-là a perduré pendant quarante ans avec flamboyance, beaucoup de hauts, quelques bas, essayant parfois maladroitement d'émuler des phénomènes du Box Office de leurs temps, comme Shaft pour Vivre et laisser mourir (1973), les films de la Shaw Brothers pour L'homme au pistolet d'or (1975), où même La guerre des étoiles - prototype des "franchises" telles que nous les connaissons aujourd'hui, pour Moonraker en 1979. Mais toujours avec un si ce n'est plus de ces moments construisant sa gloire éternelle et toujours dans le respect de l'âme du James Bond cinématographique: évasion à grand spectacle garantie. A cette époque Bond était synonyme de sensations cinématographiques vendues par des génies de la publicité imaginant les plus grands slogans et commandant de magnifiques affiches peintes. Nous connaissions le nom, nous connaissions le numéro.

Alors vint Meurs un autre jour (2002), avec ses excès et ratés sous le poids des mesures de catégories d'audience et contre le reflet d'un miroir déformant appelé Austin Powers. A ce moment-là votre humble serviteur, depuis longtemps amateur de James Bond, pensait qu'il était temps d'aider la franchise à ne pas finir en sujet perpétuel de rigolade pour Mad Magazine, et théorisa pompeusement devant ses infortunés amis le soi-disant manque de crédibilité de 007 au 21ème siècle - insistant sur le fait que ses espions favoris de l'écran étaient Harry Palmer et George Smiley (ce qui est toujours le cas, à propos...)

James Bond avait atteint le sommet de sa popularité en tant qu'un des « Trois B », la Sainte Trinité des Swinging Sixties: Les Beatles, Bond et Batman. A l'âge sombre d'un monde post-11 septembre, le Batman subit un "reboot", et un délai de 4 ans entre Meurs un autre jour et Casino Royale (2006) vit l'émergence de super agents de fiction brutaux et sans humour: Jack Bauer, tourmenté sauveur 7 jours par semaines, et le nouveau Jason Bourne incarné par Matt Damon. Mission: Impossible III, un des meilleurs thrillers d'action jamais réalisé, fit le reste et acheva de convaincre les producteurs des James Bond, qu'un reformatage était le seul moyen de faire de 007 un des "B" de l'action, avec Bourne et Bauer (le Ethan Hunt de Tom Cruise étant le quatrième mousquetaire).

« C'est un monde nouveau, avec de nouveaux ennemis, et de nouvelles menaces. Mais vous pouvez toujours compter sur un homme... » L'ennui avec Casino Royale c'est que l'homme et tout ce qui a fait du personnage un mythe moderne de la culture populaire sont portés disparus. Et nous avons dû attendre 4 longues années d'habituelles rumeurs et spéculations (empirées à l'ère d'internet), nous laisser convaincre par l'idée de changement substantiels, et accepter Daniel Craig en tant que nouveau James Bond (pourquoi pas? Il était excellent dans Layer Cake) avec les meilleurs sentiments et intentions... pour un résultat plutôt désespérant (1). Le Box Office a plebiscité les choix de Barbara Broccoli et Michael Wilson, patrons de la série lançée par Albert R. Broccoli et Harry Saltzman en 1962, mais à ce jour les pro et les opposants au rebootage façon « James Bourne » sont toujours en train de discuter si le film est du pur Bond ou non (2).

Rétrospectivement, Meurs un autre jour a été le déclencheur si ce n'est le bouc émissaire de ce reboot. Die Another Day n'est ni meilleur ni pire qu'un autre épisode de la franchise. Le film a essayé d'être à la hauteur du titre de « Marque déposée du grand spectacle moderne» hérité des années d'or de 007, dans un monde (une pensée ici pour le regretté Don LaFontaine...) où il y a un blockbuster sorti de l'usine Hollywoodland par semaine, et où les Allemands d'action concept produisent plus de séquences d'action spectaculaires dans un épisode d'Alerte Cobra que l'industrie cinématographique dans 144 minutes de Casino Royale. Hollywood sait cela, louez donc un des films récents du grand Bruce Willis.

Meurs un autre jour est le Bond Ultimatum du 007 "vieille école". Avec Quantum la suprématie de Bond reste incontestée du point de vue du Box Office mais il ne reste pratiquement rien aujourd'hui de la mémoire de Bond, la Bond Identity: un logo sur des affiches, le thème de James Bond sur les bandes-annonces. Pourquoi pas après tout? Vraiment. Tout change, il y a peut-être maintenant un Bond pour chaque génération: un dinosaure sexiste, mysogine, relique de la Guerre froide ou un instrument brut. Votre humble membre du Gang des chaussons aux pommes n'ira pas voir Quantum of Solace, une régénération gâchée dans Doctor Who c'est assez de déception pour cette année. Sans rancune aucune, Monsieur Bond...

« Voyez le cercueil, il a les mêmes initiales que vous: J.B.
- Je préfère que ce soit lui plutôt que moi. »
(Opération Tonnerre, 1965)


(1) Nous développerons notre avis sur Casino Royale dans un prochain article.

(2) Plus généralement, Furious D à propos du cas « Bond, James Bond » : http://dknowsall.blogspot.com/2008/11/cinemaniacal-bond-james-bond.html (voir aussi: http://dknowsall.blogspot.com/2008/02/cinemaniacal-1-shaken-not-stirred.html).

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/11/fistful-of-solace.html

mercredi 22 octobre 2008

QUANTUM OF SOLACE... ONCE DE RECONFORT: LITTERALEMENT?

Quantum of Solace, le nouveau 007, réalisé par Marc Forster, arrive en France ainsi qu'au Royaume-Uni le 31 octobre, et a d'ores et déjà été montré à la presse. Cette suite directe du reformatage « James Bournien » et carton de 2006, Casino Royale, a inspiré des premières réactions assez contrastées de la part de critiques qui avaient apprécié bona fide le précédent James Bond avec Daniel Craig.

MEURS UN AUTRE JOUR

Lizo Mzimba, de BBC News (http://news.bbc.co.uk/2/hi/entertainment/7676637.stm
), apprécie la caractérisation de Bond, alors que « le véritable intérêt réside dans la manière dont Bond traite avec les individus et les situations qu'il rencontre sur son chemin », et apprécie également les intentions des responsables de la franchise 007: « c'est un mouvement courageux de pousser encore plus loin un certain nombre des thèmes développés dans Casino Royale, spécialement la redécouverte de qui est Bond, et pourquoi il est ce qu'il est ». Deux ans après Casino il avertit les adversaires du Bond reformaté que « la nature même du film pourrait repousser ceux qui désirent vivement le retour des gizmos, gadgets et des traits d'esprits de Bond lorsqu'il dispose d'opposants sans visages ».

Kim Newman, d' Empire (http://www.empireonline.com/reviews/reviewcomplete.asp?FID=134523
), fait l'éloge d'une « suite rythmée et visuellement imaginative à la relance de la série » [...] « A une époque marquée par les excès des franchises, c'est extrêmement admirable que Quantum of Solace soit le Bond le plus court – il abandonne une grande partie des maniérismes de cette longue série (traits d'esprit, scènes d'exposition, tourisme de guide de voyage, Q et Moneypenny) ».

David Edwards, critique du Daily Mirror (http://www.mirror.co.uk/news/top-stories/2008/10/18/first-review-of-new-james-bond-movie-007-115875-20815336/
): n'est pas déçu mais « ne vous attendez pas à la flamboyance de Casino Royale ». Une opinion partagée par Peter Bradshaw du Guardian (http://www.guardian.co.uk/film/2008/oct/18/jamesbond1): « Quantum of Solace n'est pas aussi bon que Casino Royale: l'élégance racée des débuts de Craig en Bond a été diluée en faveur de l'action conventionnelle »). Bradshaw est impressionné par Craig: « il porte le film: c'est une tâche indéfinissable pour un acteur. Craig est à la hauteur».

Mark Monahan, du Telegraph (http://www.telegraph.co.uk/arts/main.jhtml?xml=/arts/2008/10/18/bfquantum118.xml
), se demande « si le réalisateur Marc Forster et les scénaristes Paul Haggis et Neal Purvis n'ont pas essayé un peu trop d'éloigner le film des traditionnelles intrigues des James Bond » mais convient que « Craig incarne le personnage avec un charisme impitoyable. Et, par dessus tout, il capte votre attention ».

PERMIS DE TUER

Daniel Craig fait l'objet d'un quasi-consensus: « Craig, il faut que cela soit dit, est excellent », écrit Ali pour The Shiznit (http://www.theshiznit.co.uk/review/quantum-of-solace.php), au contraire de Marc Forster en tant que réalisateur, « complètement dépassé par une franchise aussi large. Des séquences à haut rythme, comme la poursuite en voiture au début et une poursuite extrèmement bournienne sur les toits, sont désorientantes à l'extrème: trop rapides, trop bâclées et montées trop rudement ». Référence évidente des producteurs depuis Casino Royale, Jason Bourne devient un problème... « peut-être que Dan Bradley (1), l'ex-protégé de Paul Greengrass, devrait en être tenu responsable... »

Richard Brooks, rédacteur en chef en charge des Arts au Sunday Times, s'offre sa propre Gunbarrel sequence (« C'est le public qui va avoir besoin de réconfort, 007 »): « C'est James Bond, permis d'ennuyer. Quantum of Solace est peut-être une suite à Casino Royale mais n'a pas le panache ou le brio de ce film » (http://entertainment.timesonline.co.uk/tol/arts_and_entertainment/film/article4969426.ece). Le film « manque de l'esprit, l'ironie, ou de tout ce qui a fait la force de tant de films de 007 » et la chanson du générique par Alicia Keys et Jack White est « amélodique ». « Avec une durée d'environ une heure quarante, ce Bond est plus court que beaucoup. Pourtant il paraissait plus long ».

BONS BAISERS DE PARIS

Il y a deux ans, Casino Royale, a laissé des traces parmi les aficionados français de 007 après un débat enragé entre les avocats de la relance de la franchise et les fans du Bond « Old School ». François Justamand, rédacteur en chef de La Gazette du doublage (http://www.objectif-cinema.com/rubrique.php3?id_rubrique=0168
), collaborateur du site http://www.jamesbond-fr.com/ (2), et surtout un des grands experts es James Bond en France, confie ses premières impressions à notre blog: « Les séquences d'action souffrent d'un montage trop "cut", le film est dépourvu des "repères" familiers des Bond, certains personnages sont insuffisament développés (Fields, Greene), idem pour l'organisation Quantum (peut-être plus développée dans les prochains films?) Le script est morne et la fin expéditive ». Du côté des plus, François Justamand reconnaît quelques scènes intimes, de bons dialogues de temps à autre, et certaines bonnes idées des scénaristes, telle la conférence codée pendant la représentation de La Tosca.

La Tosca retient l'attention de Kevin Collette, journaliste et spécialiste de Bond, qui considère que toute la séquence est gâchée par son « montage speed à la Jason Bourne » (
http://www.jamesbond-fr.com/news-1224530966-36-Un-Bond-post-moderne-.html). Bourne une fois encore, on en revient toujours là que cela nous plaise ou non...

Mise à jour: Jetez donc un oeil, s'il vous plaît, à cette intéressante et parfois rude discussion dans la section Commentaires d'un sujet du Nikki Finke's Deadline Hollywood Daily où Nikki parle du démarrage de Quantum of Solace au Box Office européen: http://www.deadlinehollywooddaily.com/bond-shatters-uk-box-office-record/.

(1) Coordinateur des cascades sur les Bourne, réalisateur de seconde équipe sur Quantum of Solace.

(2) François Justamand est également membre éminent de l'association Sérialement Vôtre (http://www.serialement-votre.fr/
). Sa critique de Quantum of Solace: http://serialement-votre.etron.fr/?p=91

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/10/quantum-of-solace-literally.html

mercredi 30 avril 2008

JAMES BOND 007 - THE SPY WHO LOVED ME

James Bond est de nouveau en action... Et le S.P.E.C.T.R.E. aussi, lorsque l'infâme Horst Uhlmann - un des adversaires les plus mortels de 007 - refait surface au Canada en faisant chanter un pilote d'essai de la Royal Canadian Air Force pour obtenir des informations sur un nouvel avion militaire furtif. Bond survit à un piège fatal imaginé par Madame Spectra, la mystérieuse et masquée nouvelle dirigeante de S.P.E.C.T.R.E., et traverse la frontière pour faire un rapport à la C.I.A.

En chemin pour Washington, James sauve une demoiselle en détresse de deux brutes déterminées dans un motel sur le point d'être fermé. Plus tard, de retour à Londres, il doit enquêter sur la piste d'un dangereux gang de criminelles volantes appelé « Les Harpies ». Les investigations de l'agent secret 007 le mênent à Simon Nero, un industriel puissant et contractant en aéronautique pour les gouvernements britannique et américain.

« Hauteur: 183 centimètres; poids: 76 kilogrammes, svelte; yeux : bleus ; cheveux : noirs ; cicatrice au bas de la joue droite et sur l'épaule gauche ; signes de chirurgie plastique au dos de la main droite (voir annexe « A »); athlète complet ; expert au tir avec pistolet, boxeur, lançeur de couteau ; n'utilise pas de déguisements. » (Ian Fleming, Bons baisers de Russie, 1956)


MISSION PARTICULIERE

« Là où tous les autres Bond finissent, celui-là commence... » disait l'accroche de l'affiche originale de Moonraker (1979), la 11ème aventure officielle de James Bond pour le grand écran. Avant de devenir la francise la plus longue et la plus profitable de l'industrie cinématographique, la création littéraire de Ian Fleming fut adaptée pour la télévision (Casino Royale, 1954 - un épisode de l'anthologie Climax! avec l'américain Barry Nelson dans le rôle de Bond), puis pour une série de bandes dessinées quotidiennes publiée pour la première fois en 1958 dans le journal londonien Daily Express.

Fleming était presque réticent face à l'idée de voir son personnage dans une bande quotidienne et il vendit les droits à l'Express avec l'assurance que la série serait de très haut niveau et avec ce que l'on appellerait aujourd'hui un « final cut » sur les bandes avant publication. De 1958 à 1966, le dessinateur John McClusky illustra les adaptations des romans de Fleming (et d'une nouvelle, Risico) par des scénaristes fidèles aux livres : Anthony Hearn, Peter O'Donnell (Modesty Blaise) et surtout Henry Gammidge.

« C'est un nouveau monde. Avec de nouveaux ennemis. Et de nouvelles menaces. Mais vous pouvez toujours compter sur un homme...» Ainsi fut introduite la période Pierce Brosnan de la franchise James Bond dans le premier film-annonce de GoldenEye (1995) mais cette accroche est le résumé parfait des difficultés rencontrées par les successeurs de Gammidge et McClusky : l'illustrateur Yaroslav Horak et le scénariste Jim Lawrence.

« Ca ne sera pas un travail facile » (James Bond - Ian Fleming, Bons baisers de Paris, 1960)

NOBODY DOES IT BETTER

Ian Fleming mourut en 1964, laissant inachevé ce qui est considéré comme le plus faible de ses livres : L'homme au pistolet d'or. Soutenu par les lignes dures et les tons sombres de Horak (dans un style réminiscent de celui de Rip Kirby d'Alex Raymond), Lawrence ajouta des éléments nouveaux au roman d'origine à l'adaptation en bandes dessinées, pavant la route vers d'autres triomphes graphiques pour 007.

The Spy who loved me - L'Espion qui m'aimait (publié pour la première fois en 1967 par le Daily Express) est le prototype de l'incroyable travail produit par Jim Lawrence et Yaroslav Horak pour étendre les frontières de l'univers de 007 sur une base quotidienne au-delà de l'ombre de Ian Fleming. Mais cet adieu au canon de Fleming est basé sur son titre le moins « bondien » (voir les explications de Paul Simpson dans la présente édition pour plus de détails).

« La Police Montée a identifié un espion opérant à Toronto comme étant votre vieil ennemi - Horst Uhlmann! » (M)

Fort intelligemment, Jim Lawrence n'utilise le matériel source du roman qu'à la seconde moitié de l'histoire. La bande dessinée commence avec la réintroduction de la diabolique organisation S.P.E.C.T.R.E. après la fin brutale de son fondateur, Ernst Stavro Blofeld, dans You only live twice - On ne vit que deux fois (le roman et la bande dessinée).

Après que le nom de Horst Uhlmann, un des plus dangereux agents de S.P.E.C.T.R.E., ait émergé dans une affaire de chantage liée à un nouvel avion de l'armée de l'air canadienne, Bond se rend à Toronto avec pour mandat de ramener l'homme vivant à Londres afin d'obtenir des informations sur les opérations en cours de l'organisation. Mais la masquée Madame Spectra, nouveau chef de S.P.E.C.T.R.E., prépare sa vengeance...

PERMIS RENOUVELE

« S.P.E.C.T.R.E. a un lourd contentieux avec M. Bond - Et ce soir nous allons lui régler son compte. » (Uhlmann)

Horak et Lawrence réussissent à créer une alternative de qualité aux livres et aux films avec des éléments spécifiques tels que les couvertures régulièrement utilisées par 007 (par exemple, l'ex-inspecteur corrompu Mark Hazard) et un environnement entre les premières saisons de Chapeau melon et bottes de cuir avec Ian Hendry ou Honor Blackman, et un épisode de Des Agents très spéciaux. Ce côté Napoleon Solo est flagrant dans l'incroyable affrontement entre Bond (assisté par les renseignements canadiens) et les assassins de S.P.E.C.T.R.E. avec leurs fusils customisés façon THRUSH.

Mais la tradition n'est pas négligée pour autant avec une première apparition typique de Bond dans son appartement en compagnie d'une superbe créature (« Règles du marquis de Queensberry, ma chère - la cloche entre les rounds ! » ).

« ... Mais je n'oublierais jamais, non jamais, l'espion qui m'aimait ! » (Vivienne Michel)

Après ce clash au Canada, Lawrence rend un dernier hommage à Ian Fleming. The Spy who loved me continue avec une histoire plus familière aux lecteurs du créateur de James Bond. Dans un motel des montagnes Adirondack, Vivienne, l'employée, doit passer la nuit seule dans l'attente du propriétaire afin que celui-ci ferme définitivement l'établissement. Mais l'homme a un agenda caché et il envoie sur place des « experts en assurance » pour se débarasser de sa propriété et de la fille.

Heureusement, Bond passe par là et - connaissant son Simon Templar sur le bout des doigts - sauve la jeune femme en détresse des deux voyous. Presque une silhouette dans le livre de Fleming, 007 remplit ici ses devoirs « hard-boiled » dans de formidables séquences d'action loin des affaires d'espionnage mais néanmoins très impressionnantes, grâce à Yaroslav Horak.

QUITTE OU DOUBLE

Avec The Spy who loved me, l'éditeur britannique Titan Books poursuit la redécouverte des bandes du Daily Express initiée en 2004 avec la sortie de The Man with the Golden Gun. Et comme Bond vit toujours deux fois, Titan nous offre une deuxième histoire, The Harpies: lorsque un scientifique de l'université de Cambridge est sur le point de dire s'il va remettre un rayon de la mort de son invention (le rayon Q !) au gouvernement de Sa Majesté, il est enlevé par un groupe de criminelles baptisé Les Harpies (« Les Harpies - qui, vous ne l'ignorez pas, rivaliseront bientôt avec SPECTRE ou la Mafia! » )

Une piste mène 007 à Simon Nero, scientifique, industriel et homme à femmes. Se faisant passer par l'ex-inspecteur de police corrompu Mark Hazard, il infiltre la compagnie de Nero en tant que nouveau chef de la sécurité. Mais il doit compter avec Barry Kemp - son sadique assistant (dont l'animal favori est une vicieuse hermine génétiquement modifiée) et la proche collaboratrice de Nero : Odile Cazan, scientifique française et chef des Harpies (...)

« Au contraire - avec le générateur du rayon Q, je peux contraindre le gouvernement de Sa Majesté à accepter mes conditions ! » (Simon Nero)

Agent aventureux, audacieux, en action... Le style est un mélange parfait entre les livres de Fleming et les films, servi par l'écriture inspirée de Jim Lawrence (« Plus féroce que les males, comme dit l'autre » ) et l'art de Yaroslav Horak. Action (l'attaque des Harpies, le combat entre Bond et Brunski, l'assaut sur l'usine de Nero), humour - « Notre job est de vous garder, monsieur - La fin du monde c'est le rayon de quelqu'un d'autre ! » - et Moneypenny sur le terrain, sont les ingrédients de cette aventure originale de notre espion favori.

Caroline Munro, oui, la Naomi du film L'Espion qui m'aimait en personne, présente cette édition de grande classe de The Spy who loved me/The Harpies (£12.99). En bonus, des articles et présentations des deux histoires par l'érudit Paul Simpson valent notre attention.

James Bond a disparu du côté du Montenegro. Voilà une belle occasion de se replonger dans le passé glorieux de l'Agent 007.

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/05/james-bond-is-back-in-action-again.html