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samedi 8 septembre 2012

LE JOUR DU BLAIREAU

Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahn Polizeï), la série policière d'action à succès de la chaîne privée allemande RTL, a démarré sa nouvelle saison jeudi soir avec son traditionnel "Pilotfilm" de 90 minutes.

Bien que la série ait été lancée en 1996, le téléfilm Engel des Todes ouvre la 32ème saison (Cobra 11 est diffusé en "blocs") et a tout ce que l'on attend d'une production d'action concept: beaucoup de destructions, de cascades automobiles et d'explosions. Mais celui-là a également Bruce Willis dans Le chacal... Enfin presque.

Semir Gerkhan (Erdogan Atalay) a pris un job de bureau au LKA pour passer plus de temps avec sa famille. Ben Jäger (Tom Beck) doit patrouiller avec une nouvelle équipière, Claudia (Nadine Wrietz), lorsque Andri Vladic (Ralf Moeller) - frère du criminel de guerre Djavo Vladic (Manfred Lehmann) - et ses hommes sèment la pagaille et la dévastation sur l'autoroute. C'est ce mauvais moment que l'emm**deur stratosphérique et théoricien de la conspiration Oliver "Sturmi" Sturm (Oliver Pocher) choisit de téléphoner à Ben. Semir travaille rapidement de nouveau avec Jäger mais se garde bien de le dire à son épouse Andrea (Carina Wiese).

C'est une tradition depuis Das Ende der Welt (le brillant 200ème episode), le comédien allemand Oliver Pocher apparaît chaque année dans le rôle de "Sturmi" à l'ouverture de la saison. Mais la version locale de Leo Getz dans les Lethal Weapon ou des Lone Gunmen (The X-Files), s'est débrouillé pour devenir très irritant dans l'ennuyeux 72 Stunden Angst (2011). Pas seulement pour ses amis policiers Semir et Ben mais aussi pour les téléspectateurs. Dieu merci le super-méchant interprété par Ralf Moeller s'occupe de mettre un terme à son agonie (et à la nôtre) en lui offrant une des pires sorties de personnage de l'histoire d'Alarm für Cobra 11.

Moeller semble vraiment s'amuser à jouer dans ce Engel des Todes, qui a pour autre vedette invitée Bruce Willis... Ou au moins le très talentueux acteur berlinois Manfred Lehmann, lequel se trouve être la voix allemande de Bruce Willis (parmi d'autres). Ca peut être utile lorsque votre intrigue emprunte au film Le chacal (The Jackal, 1997). Oliver Sturm étant trop occupé à être mort, la presque majorité de l'humour de l'épisode est censé être fourni par l'actrice Nadine Wrietz - qui mérite un meilleur matériel.

Ecrit par Ralf Ruland et réalisé par Franco Tozza, ce spécial d'Alerte Cobra laisse un air de luxueuse rediffusion. Ses chiffres d'audience sont tout aussi luxueux alors Cobra 11 pourrait durer éternellement. Avec Engel des Todes on a l'impression que ça dure depuis une éternité.

En Allemand:

http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=58932&p3=
http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=58996&p3=
http://www.nadinewrietz.de/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1

vendredi 16 septembre 2011

LES TROIS STOOGES A ISTAMBOUL

Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahn Polizeï), la série amirale d'action concept, a débuté sa saison automnale hier soir sur la chaîne allemande RTL avec sa traditionnelle première de 90 minutes.

72 Stunden Angst ouvre la 30ème saison d'Alarm für Cobra 11 - Die Autobahn Polizeï, lancé en 1996. Semir Gerkhan (Erdogan Atalay) et Ben Jäger (Tom Beck) sont en disgrâce professionnelle comme flics à vélo mais replongent rapidement dans leur business de démolition. Ils poursuivent les Hummer des méchants à bord de rien de moins que le KITT du K2000 original, pour le plus grand plaisir de Semir et une certaine perplexité de son partenaire. Gerkhan n'est pas Michael Knight et il ne reste bientôt plus rien de la légendaire voiture. Le duo poursuit donc dans un bus plein de retraités et dévaste le quota habituel de véhicules avant de gâcher l'humeur de leur chef, la Polizeioberrätin Kim Krüger (Katja Woywood).

Semir a un problème plus gros que la colère de sa patronne lorsque l'affaire du jour conduit Ben et lui vers une femme de son passé. Elle a une fille de 9 ans et il est son véritable père. Alerte Cobra n'a jamais prétendu être un documentaire hyper-réaliste sur les patrouilles autoroutières allemandes et parler même de "suspension de l'incrédulité" est ici hors de propos. Le baron de la drogue Seytan, super-vilain de ce 90-minütiger Pilotfilm, est un croisement entre Keyser Söze et le juge de Mort de Roger Rabbit. Le théoricien de la conspiration Oliver "Sturmi" Sturm, joué par le comique Oliver Pocher, revient pour la troisième fois et réussit à être irritant non seulement pour ses potes policiers mais aussi pour les pauvres téléspectateurs.

A son sommet, Cobra 11 mélangeait habilement du grand spectacle digne d'un blockbuster avec de bonnes histoires policières. Ecrit par Ralf Ruland et réalisé par Heinz Dietz, 72 Stunden Angst demeure regardable si vous voulez juste échapper aux problèmes du quotidien pendant 90 minutes mais la formule est clairement devenue ennuyeuse. En dépit de la destruction du commissariat, de la mort émouvante d'un personnage très aimé, et d'un voyage à Istamboul.

Dommage qu'on ne puisse plus prendre sa retraite plus tôt ces temps-ci.

http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=52015&p3= (en Allemand)

lundi 7 février 2011

EXTRÊME-ONCTION

[11.09] Quotenmeter.de rapporte que la chaîne privée allemande RTL ne commandera pas de nouveaux épisodes de Lasko - Die Faust Gottes, la série d'action concept. Le combat pour la justice de Frère Lasko (Mathis Landwehr) et Frère Gladius (Stephan Bieker) s'achève après deux saisons et 15 épisodes.

Lasko - Die Faust Gottes fut d'abord un ambitieux téléfilm de 2006 (doublé d'un pilote) appelé Lasko – Im Auftrag des Vatikans (Lasko - Le train de la mort), avec l'artiste martial et acteur Mathis Landwehr (The Challenge - Le dernier élu) dans le rôle de Lasko - un ancien soldat devenu moine. Malheureusement les faiblesses de Death Train étaient pléthoriques: une distribution internationale assez lourde, Arnold Vosloo jouant quasiment le Habib Marwan de 24, un script rempli de chichés, etc.

Trois ans plus tard, Lasko revint 150% amélioré en tant que série d'action et d'aventure pour sept excellents épisodes. Avec des chiffres d'audiences et de parts de marché assez impressionnants pour que RTL considère la production d'une deuxième saison. Cependant au vu d'un budget estimé à environ 1 million d'euros par épisode pour la première saison la chaîne fit preuve de prudence avant de donner son feu vert pour une suite et il fut procédé à de substantiels ajustements.

Il semble qu'une concurrence assez rude et des audiences de la saison 2 en dessous des attentes de RTL aient eu raison du premier moine à flanquer des coups de latte depuis Kwai Chang Caine et de ce qui était (lors de sa première saison) une des meilleures séries produites en Allemagne. Mais de malheureux changements de format et de distribution ainsi que d'autres problèmes sont certainement à blâmer autant que la baisse des chiffres d'audience.

Heureusement pour les fans d'action concept, la chaîne RTL va diffuser en mars de nouveaux épisodes de la série amirale de la compagnie, Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahnpolizeï). C'est également en mars que Cobra 11 célèbrera son 15ème anniversaire.

http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=47566&p3 (En Allemand)
http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=47566&p3 (En Allemand)

vendredi 29 octobre 2010

SHARK TANK

[9.30] Lasko - Die Faust Gottes: Gegen die Zeit (Saison 2, Episode 2).

Frère Lasko (Mathis Landwehr), Frère Gladius (Stephan Bieker) et le novice Michael (Oliver Bender) rencontre un agent renégat d'Ares qui doit donner à Lasko et Gladius des informations. Mais d'autres agents d'Ares sont là pour le faire taire et il a juste le temps de donner une ampoule à Michael.

Cette ampoule se brise dans la main du novice et son contenu se mélange à son sang. Gladius et Lasko ont seulement quelques heures pour empêcher Ares de commettre un attentat et sauver leur ami d'une mort certaine.

Lasko - Die Faust Gottes est de retour depuis la semaine dernière pour une seconde saison. Diffusée par la chaîne privée allemande RTL, la série d'action et d'aventure d'action concept, fut une plaisante surprise pour l'industrie locale de la fiction télé l'année dernière. Les audiences et parts de marché étaient étonnantes dans un pays où les télespectateurs ont tendance à préférer des séries américaines telles que House. Mais avec un budget estimé aux environs de 1 millions d'euros par épisode pour cette saison initiale, RTL avança avec prudence avant de donner son feu vert à une saison 2 et il y eut des changements.

Fini les origines de Pugnus Dei (l'ordre auquel Lasko appartient) avant la séquence pré-générique. L'agent du BKA Sophia von Erlen (Simone Hanselmann) et son patron joué par André Hennicke ne sont plus là. Idem pour le sage abbé Magnus (Karl Merkatz), remplacé par le plus jeune et plus combatif Georg (Heio von Stetten). Il y a aussi un nouveau générique et un cadre plus urbain.

Après le premier épisode "Dan Brownesque" et son irritante policière du Vatican, Clarissa de Angelo (Julia Maria Köhler), l'épisode d'hier soir nous donne d'autres raisons de s'inquiéter à propos de ce qui était en 2009 la série la plus intéressante d'action concept depuis bien des années - depuis Le Clown (1996-2001) en fait. Et mis à part leur toujours agréable et spectaculaire Alerte Cobra - diffusé depuis 1996!

Gegen die Zeit a ses moments: la campagne est de retour (mais pas assez), il y a d'impressionants combats (le tunnel, l'usine et l'U-Bahn) et l'amusante scène du "Beau Danube bleu". Malheureusement le personnage de Michael brise la dynamique entre Lasko et Gladius et sert parfois de comique de trop. Et puis Ares est maintenant plus un équivalent corporatif du SPECTRE qu'une loge occulte du Vatican, avec des plans sortis tout droit d'un film ou d'une série d'espionnage des années 1960.

Ares est un lac aux requins. Lasko a t-il plongé dedans?

Voir aussi:

http://thierryattard.blogspot.com/2010/10/crise-de-foi.html

vendredi 22 octobre 2010

CRISE DE FOI

[6.39] Lasko - Die Faust Gottes: Das 5. Evangelium (Saison 2, Episode 1).

Frère Lasko (Mathis Landwehr) et Frère Gladius (Stephan Bieker) sont au Vatican pour rencontrer leur nouvel abbé, Georg (Heio von Stetten), lorsqu'un livre ancien de grande valeur est dérobé et que le cardinal en charge des archives secrètes du Vatican est assassiné. Lasko tente d'intercepter le tueur mais l'homme jette le livre à un complice et se suicide.

Le livre volé est une précieuse biographie d'un évangéliste du 16ème siècle. Clarissa de Angelo (Julia Maria Köhler), une détective de la police du Vatican explique que dans ce livre et trois autres biographies d'évangélistes est caché un code qui conduit à un cinquième livre. Ce cinquième évangile contient un secret qui pourrait secouer les fondations de la religion catholique.

Lancé en 2009 sur la chaîne privée allemande RTL, Lasko - Die Faust Gottes est arrivé comme une plaisante surprise pour la fiction télévisuelle allemande. Atteignant des chiffres d'audience et de parts de marché plus que spectaculaires dans un pays où les téléspectateurs préfèrent des séries américaines telles que House.

Mais une seconde saison était loin d'être garantie pour action concept, la compagnie de production de Hermann Joha (Alarm für Cobra 11), au regard d'un budget estimé autour d'1 millions d'euros par episode pour cette saison initiale. La très attendue saison 2, tournée d'avril à août dans Berlin et sa région, a finalement débuté hier soir sur RTL pour huit nouveaux épisodes.

Lasko, le jeune moine de Pugnus Dei, un ordre monastique ancestral et secret qui combat pour la justice à l'aide des arts martiaux, revient avec son ami épicurien Gladius mais la série est quelque peu modifiée. Un nouveau générique, un cadre plus urbain et fini les origines de Pugnus Dei avant la séquence pré-générique. Exit aussi Sophia von Erlen (Simone Hanselmann) dans le rôle de Sophia ainsi que le très demandé André Hennicke dans celui de son patron. Idem pour le sage abbé Magnus (Karl Merkatz).

Les cascades et les combats sont toujours à la hauteur des standards d'action concept mais un des problèmes de cette première est clairement l'histoire très "Dan Brownesque", alors que l'année dernière la loge Ares, ennemie jurée de Lasko, évoquait le Da Vinci Code de manière moins flagrante. Un autre problème est le très agaçant personnage de la policière du Vatican et son attirance plus ou moins artificielle pour Lasko.

Mathis Landwehr est fabuleux, Stephan Bieker monopolise l'attention avec le comique Gladius et Heio von Stetten est un excellent complément à la distribution. L'épisode est visuellement superbe - comme toujours - grâce au réalisateur Axel Sand (également directeur de la photographie), qui montre qu'il aime vraiment son travail. Mais la campagne pourrait rapidement nous manquer et ce serait bien de voir un peu plus du magnifique monastère de Pugnus Dei.

Et espérons qu'il y aura de l'amélioration la semaine prochaine côté scénario.

http://www.serienjunkies.de/news/play-day-29012.html (En Allemand)
http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=45288&p3= (En Allemand)

Voir aussi:

http://thierryattard.blogspot.com/2010/09/lasko-sur-france-4.html
http://thierryattard.blogspot.com/2010/04/lasko-revient.html

(C) Thierry Attard

vendredi 17 septembre 2010

LASKO SUR FRANCE 4

[12.28] Comme nous vous l'avions annoncé au début de ce mois une chaîne française a acheté Lasko - Die Faust Gottes, la série à succès d'action et d'aventure produite par action concept pour la chaîne privée allemande RTL.

Frère Lasko (Mathis Landwehr) est un jeune moine de Pugnus Dei ("Le poing de Dieu" en Latin), un ordre monastique secret et ancestral qui se bat pour la justice et pratique les arts martiaux. Avec son ami le fidèle et épicurien Frère Gladius (Stephan Bieker) et l'agent du BKA Sophia von Erlen (Simone Hanselmann) il affronte Ares, une loge occulte au sein du Vatican .

C'est, nous dit-on, la chaîne numérique terrestre France 4 qui va diffuser Lasko - Die Faust Gottes. Et le doublage francophone, réalisé chez Agent Double - la meilleure société de doublage de Belgique, promet d'être excellent. La distribution vocale a été aptement choisie: Alexandre Crepet est Lasko, Isabelle Paternotte est Sophia von Erlen. Jean Michel Vovk est Hans Keller, le patron de Sophia interprété par André Hennicke.

Un des éléments les plus importants dans le choix des voix francophones était certainement le personnage comique de Gladius, qui "vole" souvent l'épisode grâce au jeu de Stephan Bieker: c'est le talenteux Philippe Allard (Mickey Smith dans Doctor Who et Rhys dans Torchwood) qui double Bieker/Gladius.

Xavier Varaillon, Daniel Danglard et Isabelle Frances travaillent actuellement à l'écriture des dialogues en Français.

(C) Thierry Attard

mercredi 1 septembre 2010

LE POING DE DIEU

[19.14] Une chaîne française a acheté Lasko - Die Faust Gottes, la série d'action et d'aventure produite par action concept, la compagnie de production de Hermann Joha, pour la chaîne privée RTL.

Frère Lasko (Mathis Landwehr) est un jeune moine de Pugnus Dei ("Le poing de Dieu" en Latin), un ordre monastique secret et ancestral qui se bat pour la justice et pratique les arts martiaux. Avec son ami le loyal et épicurien Frère Gladius (Stephan Bieker) et l'agent du BKA Sophia von Erlen (Simone Hanselmann) il affronte Ares, une loge occulte au sein du Vatican qui ne recule devant rien pour concrétiser ses plans.

Avec un budget estimé autour d'1 million d'euros par episode pour sa première saison, les audiences et parts de marché spectaculaires de Lasko - Die Faust Gottes ne garantissaient pourtant pas le retour d'une des meilleures séries produites en Allemagne. RTL a même demandé un prudent processus de développement scénaristique avant de donner son feu vert à la saison 2 . Finalement huit nouveaux épisodes ont été commandés et ont été tournés entre avril et août.

Le travail préparatoire du doublage francophone de Lasko a commencé. Par ailleurs la nouvelle saison d'Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahnpolizeï, le fleuron d'action concept) débute demain soir sur RTL, qui diffuse la série depuis 1996.

(C) Thierry Attard

mardi 13 avril 2010

LASKO REVIENT

[14.15] La compagnie de production allemande action concept a débuté le tournage de la saison 2 de Lasko - Die Faust Gottes pour la chaîne privée RTL.

Les équipes de Hermann Joha sont à Berlin et dans ses environs depuis aujourd'hui pour tourner huit nouveaux épisodes de la série d'action et d'aventure mettant en vedette Mathis Landwehr dans le rôle de Frère Lasko (de l'ordre Pugnus Dei), le premier moine télévisuel à flanquer des coups de latte depuis Kwai Chang Caine.

Lasko - Die Faust Gottes est arrivé l'année dernière tel un miracle pour une fiction télévisuelle allemande en crise. Les audiences et parts de marché étaient plus que spectaculaires dans un pays où les télespectateurs tendent à préférer les séries US comme House, mais une seconde saison n'était pas garantie au regard de considérations financières.

D'après l'excellent site Quotenmeter.de, le budget de production d'un épisode de la saison 1 tournait autour d'1 million d'euros, c'est pourquoi RTL avait prudemment demandé à évaluer les scripts pour cette saison éventuelle avant de donner son feu vert (http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=36688&p3). La qualité a un coût et Lasko est une des meilleures séries produites en Allemagne ces cinq dernières années, avec des séquences d'action extraordinaires, des scripts très efficaces, des lieux de tournage fantastiques, une superbe bande originale et une très bonne distribution.

Stephan Bieker revient dans le rôle de l'hilarant et loyal Frère Gladius, héritier d'une longue lignée de fidèles acolytes depuis Frère Tuck jusqu'à Obelix et Bud Spencer.

Elke Schubert, d'action concept, nous a indiqué que le tournage se poursuivra jusqu'au mois d'août.

http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=41307&p3

Lasko Saison 1: http://thierryattard.blogspot.com/2009/07/retour-aux-sources.html

(C) Thierry Attard

mardi 8 septembre 2009

COBRA 200

Remerciement spéciaux à Elke SCHUBERT (action concept) et Stephan PEYERL

Hermann Joha est-il le dernier espoir de la fiction télé allemande? Après avoir apprécié cet été le succès de Lasko - Die Faust Gottes, l'incroyable nouvelle série de sa compagnie, action concept, l'homme qui a révolutionné les séries télévisées dans son pays en y apportant de l'action à l'échelle d'un blockbuster triomphe avec l'épisode 200 de sa série vedette: Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahnpolizeï).

Action concept, la compagnie créée et dirigée par Hermann Joha, est entrée dans l'Histoire de la télévision en 1996 lorsque Joha a pris en main les destinées d'Alerte Cobra (1), une nouvelle série policière (où il n'était que coordinateur des cascades) et en a fait un genre à part entière, proposant aux télespectateurs L'Arme fatale, James Bond et Die Hard chaque semaine. Mais la clé du succès de Hermann Joha ce n'est pas l'action, ce sont des séquences d'action originales et plus que spectaculaires intégrées intelligemment dans des scripts solides, avec de très bons acteurs, des réalisateurs expérimentés, des lieux de tournage agréables à regarder et une bonne musique.

13 ans plus tard Alerte Cobra est la série la plus regardée de la télévision, presque une institution. Et jeudi dernier, les télespectateurs de RTL ont vu l'épisode spécial de 90 minutes qui inaugure la saison 26, Das Ende der Welt (La fin du monde), 200ème épisode de la série. Erdogan Atalay, le Bruce Willis allemand, est toujours en service dans le rôle de Semir Gerkhan (Atalay est dans la série presque depuis ses débuts) et Tom Beck est Ben Jäger, le partenaire de Gerkhan depuis 2008.

Nous n'allons pas révéler l'excellent scénario de cet épisode mais notez que le téléfilm s'ouvre sur un hommage élégant à Moonraker et Vivre et laisser mourir. Paul Frielinghaus (de l'iconique "Krimi" du service public Un cas pour deux), le comique allemand Oliver Pocher - hilarant en cousin germanique du Leo Getz des Lethal Weapon et des Lone Gunmen de X Files, la présentatrice Collien Fernandes et Juliette Menke (du soap à succès Alles was zählt) sont les vedettes invitées.

Das Ende der Welt, précédé le 31 août par une avant-première dans un cinéma drive-in de Cologne avec plus de 1000 invités (2), a captivé 5,14 millions de télespectateurs. C'est plus que Docteur House deux jours plus tôt, un vrai réconfort dans un pays où le public à tendance à préférer les séries américaines, et c'est le plus gros chiffre depuis mars 2007 pour Cobra 11. 23,5% de part de marché sur les 14-49 ans, un record depuis avril 2005.

Et comme si cela ne suffisait pas, Lasko - Die Faust Gottes est nommé dans la catégorie "Meilleure série" du très prestigieux Deutscher Filmpreis.

Voir aussi:

http://thierryattard.blogspot.com/2009/07/retour-aux-sources.html
http://www.quotenmeter.de/cms/?p1=n&p2=37076&p3 (En Allemand)
http://www.dwdl.de/story/22449/rtl_cobra_11_stark_nachmittag_immer_strker/ (En Allemand)
http://www.actionconcept.com/site/

(1) Produit alors par Polyphon.
(2) Parmi ces invités, les acteurs de l'épisode 200, d'anciens membres de la distribution de Cobra 11 comme René Steinke et Mark Keller, et bien d'autres tels Sven Martinek (Le Clown, un autre monument d'action concept) ou Wolke Hegenbarth, la vedette de Ma vie à moi (Mein Leben & Ich) - l'adaptation d'Angela, 15 ans (My So-Called Life).

(C) Thierry Attard

mardi 7 juillet 2009

RETOUR AUX SOURCES

Le premier moine télévisuel à flanquer des coups de latte depuis Kwaï Chang Caine et son meilleur ami épicurien peuvent-ils sauver le monde d'une organisation secrète cachée au Vatican et sauver en même temps l'avenir de la fiction télé allemande? Depuis le 18 juin, la chaîne RTL parie plus que du grand spectacle avec la nouvelle série d'action concept, la compagnie de Hermann Joha: Lasko - Die Faust Gottes . Et c'est franchement bon!

Action concept, la compagnie de production créée et dirigée par Hermann Joha, est entrée dans l'Histoire de la télévision allemande en 1996 quand Joha a pris en main la destinée d'une nouvelle série policière plutôt poussive produite par une autre société (il y travaillait sur les cascades) et l'a transformé en un genre à part entière, offrant aux télespectateurs L'Arme fatale et Piège de cristal chaque semaine. Le nom de la série: Alarm für Cobra 11 - Die Autobahnpolizeï (Alerte Cobra), elle existe toujours aujourd'hui. La même année est arrivé l'autre monument d'action concept, Der Clown (Le Clown), qui a donné un gros coup de vieux aux scènes d'action des James Bond ou des productions Joel Silver.

La série a été diffusée de 1998 à 2001 puis en 2005 Le Clown est devenu un long métrage cinéma exceptionnel. C'est alors que Hermann Joha a commencé à envisager l'expansion de sa compagnie vers le marché mondial, produisant des téléfilms à gros budget tournés en Anglais avec des distributions internationales. Action concept collabora même avec un des meilleurs scénaristes et producteurs de la télé américaine, Lee Goldberg (Fast Track: No Limits, 2008). C'est durant cette période qu'a émergé l'idée de Lasko, avec un ambitieux téléfilm de 2006 - servant aussi de "backdoor pilot" - appelé Lasko - Im Auftrag des Vatikans (Lasko - Death Train/Lasko - Le Train de la mort). L'artiste martial et acteur Mathis Landwehr (Kampfansage - Der Letzte Schüller/The Challenge - Le dernier élu, 2005) était Lasko - un ancien soldat devenu moine.

Malheureusement, les faiblesses de Death Train étaient pléthoriques: un casting international trop lourd, le très talenteux Arnold Vosloo jouant son Habib Marwan de 24, un script chargé de clichés. L'ensemble ressemblait à un épisode en deux parties de Walker Texas Ranger sans Chuck "The Chuckster" Norris et ses rares atouts étaient Landwehr, le fiable Stephan Bieker dans le rôle de Gladius, la scène de l'ambulance et les 15 dernières minutes du film. Alors pourquoi se donner la peine de regarder la série trois ans après? Parce que Lasko - Die Faust Gottes est 150% meilleur que son pilote. En fait, c'est une des meilleures séries allemandes de ces cinq dernières années avec GSG9 (GSG9: Missions spéciales, 2007-2008).

Frère Lasko est un moine très spécial. Il porte l'anneau de Pugnus Dei ("Le poing de Dieu" en Latin), un ordre monastique ancestral et secret qui lutte pour la justice. Lorsqu'un avion de ligne venant du Congo avec à son bord Sophia von Erlen (Simone Hanselmann) - agent du BKA - est dérouté par un groupe de terroristes et contraint de se poser sur une route au beau milieu de la campagne, Lasko se débarasse des assaillants avec la manière forte et sauve Sophia devant les unités anti-terroristes médusées. L'opération de détournement s'est déroulée sur ordre d'Ares, une loge occulte du Vatican, et maintenant Lasko et son loyal ami, l'épicurien et sympathique Frère Gladius, doivent combattre un nouvel et dangereux ennemi.

Avec Lasko - Die Faust Gottes, action concept retourne brillamment vers ses racines avec de l'action et de l'aventure très spectaculaires parfaitement intégrées dans des scripts efficaces emballés avec beaucoup de distance et d'humour. Mathis Landwehr est charismatique en Lasko et incroyable dans les séquences de combat (1), Stephan Bieker "vole" presque la série par sa présence comique dans le rôle de Gladius, héritier d'une longue lignée de fidèle acolytes depuis Frère Tuck jusqu'à Obelix et Bud Spencer. André Hennicke, acteur allemand de grande classe, est le patron du BKA après avoir joué le même genre de personnage dans GSG9. Le concept of du moine guerrier des temps modernes a été durement retravaillé et ça se voit: la loge Ares, une organisation secrète à la DaVinci Code, est une excellente addition.

Le Lasko nouvelle manière arrive à un moment où la fiction télévisuelle allemande est en très mauvais état, alors que les télespectateurs locaux préfèrent les séries policières américaines. C'est un test pour les réseaux de télévision en Allemagne ainsi que pour la compagnie de Hermann Joha. Lasko - Die Faust Gottes une excellente manière de passer un jeudi soir devant la télé allemande, c'est un nouveau joyau à ajouter à la couronne d'action concept après Alerte Cobra 11 et Le Clown. La série est bien jouée, bien filmée - les paysages sont magnifiques (Lasko va certainement "booster" le tourisme sur les lieux de tournage), bien écrite et la musique est très bien.

More than Entertainment... Plus que du grand spectacle. Un état d'esprit.

P.S.: Espérons que le doublage ne fera pas injure à la série. Rappelons qu'Agent Double, la société qui double Alerte Cobra, fait de l'excellent travail. Que la version française de Lasko lui soit confiée serait tout naturel.

http://www.telepool.de/(S(lutovu451bjuxu3yr4pxer45))/movie.html?ID=de4ac8ce-83f8-47c2-b83f-135e3e4c7c04&SalesTypeID=&ListBack=search.html&Page=&Extended=1
http://www.rtl.de/tv/tv_984827.php (En Allemand)
http://www.youtube.com/watch?v=q7b4jp-DZKc (Promo)

(1) Warren Murphy ne serait certainement pas d'accord mais je crois fermement depuis The Challenge que Mathis Landwehr ferait un extraordinaire Remo Williams. Dans le passé votre humble serviteur a même tenté de suggérer à action concept l'idée d'acheter les droits des romans de L'Implacable (The Destroyer) pour une adaptation.

Voir aussi:

http://thierryattard.blogspot.com/2008/06/hermann-joha.html
http://thierryattard.blogspot.com/2008/04/le-clown-le-film_4936.html
http://thierryattard.blogspot.com/2008/04/challenge-le-dernier-elu.html
http://thierryattard.blogspot.com/2008/05/friedrich-wildfeuer-karsten-rhle.html

(C) Thierry Attard

mercredi 17 décembre 2008

HORST TAPPERT (1923-2008)

Remerciements à Nathalie ATTARD et David GENTIAL

L'acteur allemand Horst Tappert est décédé le 13 décembre à Munich. Il avait 85 ans. Il restera, bien qu'il ne l'aurait certainement pas souhaité, le symbole d'une institution ancienne de la télé allemande d'avant H
ermann Joha ou Les Experts: le Freitag-Krimi, la série policière allemande typique du vendredi soir. Et ce avec un seul titre: Inspecteur Derrick (Derrick, 1974-1998).

VOLEURS ET GENDARMES

Comme la plupart des acteurs germaniques vus à la télévision, Horst Tappert se forme au théâtre. Son premier rôle notable à l'écran est celui du génie criminel de L' Affaire du train Glasgow-Londres (Die Gentlemen bitten zur Kasse, 1966), une mini-série en trois parties considérée comme un des sommets de l'Histoire de la télévision allemande. La même année il apparait dans le quatrième film adapté de la populaire série de romans policiers Jerry Cotton (avec l'acteur américain George Nader dans le rôle du G-Man Jerry Cotton), Un cercueil de diamants (Die Rechnung - eiskalt serviert).

En 1968 il joue dans un épisode de Das Kriminalmuseum (1963-1970), une anthologie produite par un homme qui invente la fiction télé populaire du 20ème siècle en Allemagne: Helmut Ringelmann. Tappert travaillera de nouveau pour Ringelmann dans deux épisodes d'une des séries les plus populaires de ce producteur: Der Kommissar (1969-1976), avec Erik Ode dans le rôle du Kommissar Herbert Keller - initialement imaginé comme un Maigret allemand.

Horst Tappert est aussi une figure familière des films de la série des Edgar Wallace, y interprétant par deux fois le même inspecteur, dans Der Gorilla von Soho (1968) et Der Man mit dem Glassauge (1969). En 1972 il reprend le rôle du génie criminel de Die Gentlemen bitten zur Kasse dans Hoopers letzte Jagd.

CRIME ET CHATIMENT

En 1974, Horst Tappert devient l'Oberinspektor Stephan Derrick dans la nouvelle Krimiserie de Helmut Ringelmann, Derrick. Pour assurer une certaine continuité avec Der Kommissar, son grand succès, Ringelmann décide habilement que le Kriminalhauptmeister Harry Klein (Fritz Wepper), un des personnages de la série, quittera le Kommissar Keller pour travailler avec Derrick (et deux hommes de la nouvelle équipe apparaissent dans Der Kommissar). Derrick nait d'une idée de Ringelmann et du scénariste Herbert Reinecker, et est naturellement influençé par Der Kommissar, mais également par Maigret et, à certains égards, par Crime et châtiment de Dostoievski.

Le premier épisode de la série (la première saison en comporte trois), Le chemin à travers bois (Waldweg), et le premier de la saison 2, Le bus de minuit (Mitternachtbus), sont deux des meilleurs épisodes de Derrick, dont ils posent l'ambiance avec des histoires sombres et pessimistes. Les scripts de la série sont tous écrits par un seul homme, Reinecker, et sont empreints de sa propre vision de la vie et de ses expériences. Le schéma directeur est simple: un crime sordide est commis au sein de la petite bourgeoisie ou de la haute société de Munich et Derrick enquête avec Harry Klein, son assistant. Stephan Derrick se comporte dans la majorité des épisodes comme une espèce d'observateur misanthrope sans la moindre once de concession mais avec un solide sens de la justice, et l'expression occasionnelle de ses propres sentiments - lorsqu'il est écoeuré par la situation en dépit du fait que ce flic enhardi a tout vu dans sa carrière.

La formule de Derrick, contrepoint aux séries US des années 1970 car la série repose plus sur la psychologie que sur l'action, fait son succès durant 25 saisons jusqu'en 1998 (une longévité commune à beaucoup de séries germaniques, spécialement celles conçues par Helmut Ringelmann) et voit le personnage évoluer naturellement.

DERRICK EN FRANCE: L'AFFAIRE DU MALENTENDU

Il existe en France un cliché persistant à propos de la soi-disante "lenteur" de la série et le fait qu'elle ne serait regardée que par des retraités (1). Derrick arrive en France en 1986 sur La Cinq de Silvio Berlusconi, au milieu d'un train d'illustres séries américaines, et la Krimiserie souffre de la comparaison, un peu comme les dommages causés par Les Experts et ses clones sur la production de fiction télé allemande aujourd'hui. Derrick est raillé et décrit comme une série policière "lente", quasi-grabataire, alors que c'est plus une étude psychologique voire philosophique des faiblesses de l'âme humaine au travers du prisme de deux notions: la culpabilité et la justification.

En fait, Derrick doit plus aux premiers films de Claude Chabrol (particulièrement dans ses premières saisons) qu'à Starsky & Hutch ou à d'autres productions d'Aaron Spelling. Et la série est souvent filmée comme une représentation théâtrale de Brecht ou de Tchekhov. L'action est requise seulement lorsqu'elle est nécessaire car Stephan Derrick est, après tout, un flic de la Kripo (Kriminal Polizeï) : par exemple dans l'épisode 5 de la saison 2, La cavale (Zeichen der Gewalt), avec le regretté Raimund Harstorf (dans une de ses apparitions aux côtés de l'icône érotique Sybil Danning), dans le rôle d'un tueur en fuite poursuivi (littéralement) par Derrick et tué par l'Oberinspektor après plusieurs coups de feu. Cet épisode a tout du film noir à la Jean-Pierre Melville, Jacques Deray ou José Giovanni  (qui a d'ailleurs écrit et réalisé le troisième épisode de Le Renard/Der Alte, la série d'Helmut Ringelmann remplaçant Der Kommissar).

Mieux, Derrick explore de vastes champs narratifs, depuis des histoires qui semblent empruntées à Der Kommissar, jusqu'aux portraits "chabroliens" de la bourgeoisie, avec parfois des détours par Nietszche ou Kafka. Le congrès de Berlin (Ein Kongreß in Berlin), un épisode de la saison 6 d'une durée exceptionnelle de 75 minutes, est un croisement entre les Mabuse et L'espion qui venait du froid. Edgar Wallace n'est pas loin de certains épisodes et il y a même un hold-up narré en voix-off par Derrick. Herbert Reinecker et Helmut Ringelmann réussissent à maintenir une grande qualité scénaristique à travers les années: Le sourire du docteur Bloch (Das Lächeln des Dr. Bloch, saison 18, épisode 11), avec un duel entre deux fantastiques acteurs, Peter Sattmann et le grand Hans-Michael Rehberg, ainsi que Le génie en danger (titre français calamiteux de Isoldes tote Freunde, saison 18, épisode 12) - avec une magnifique et délicate interprétation de Juliane Rautenberg (2) - sont parmi les classiques de la série.

ABSCHIEDSGESCHENK

Derrick a deux faiblesses, l'une retrospective, l'autre réelle. La faiblesse retrospective est le choix pour la bande originale de chansons qui étaient des hits à leurs époque mais qui sont maintenant quelques fois plus que datées (pour présenter la chose aimablement). La seconde faiblesse est l'emploi par Ringelmann d'une "troupe" de visages trop récurrents (mais néanmoins excellent acteurs invités), tels que Sky du Mont (http://tattard2.blogspot.com/2008/05/sky-du-mont.html), Evelyn Opela (l'épouse de Helmut Ringelmann), Klausjürgen Wussow, Wolf Roth, Christian Kohlund, Jacques Breuer, Dirk Galuba et bien d'autres... Mais des rediffusions dans le désordre (3) ajoutent à cet aspect "Mercury Theatre" ou L'heure du crime (4), cette impression que les mêmes invités reviennnent régulièrement.

Horst Tappert sort de Derrick avec classe et dignité dans l'épisode 281, Le cadeau d'adieu (Das Abschiedsgeschenk), où il quitte Munich pour une promotion à Europol. L'intrigue de ce final est plutot faible mais les acteurs du Renard font une apparition non créditée (tout comme Helmut Ringelmann) et la scène finale de Tappert, avec la chanson Hey, Mr Gentleman, interprétée par Helen Schneider, est un grand et émouvant moment de télévision.

La mort de Horst Tappert marque la fin d'une époque dans l'Histoire de la fiction télé allemande. Bien qu'imaginé par Reinecker et Ringelmann, Siska (1998-2007) - le successeur de Derrick, est bien conçu et bien joué mais pas aussi subtil. Derrick était la conbinaison unique des scenarii intelligents et psychologiques de Herbert Reinecker, de la production de Helmut Ringelmann et, par dessus tout, de la qualité des interpretations de Fritz Wepper (acteur talentueux - souvenons nous de Cabaret - mais trop à l'ombre de la star de la série ) et de Horst Tappert.

Farewell, Mr Gentleman... Derrick n'est pas une série policière ordinaire. C'est un roman pour la télévision en 281 chapitres, une pièce en 281 actes, un voyage dans les sombres couloirs du subconscient. C'est Night Gallery à Munich.

(1) Ce qui est évidemment faux. Il y a même depuis plusieurs années de nouveaux fans de Derrick chez les 20-35 ans.
(2) Le site de Juliane Rautenberg's (en Allemand): http://home.arcor.de/juliane.rautenberg/ + Son blog (Idem): http://julianerautenberg.wordpress.com/
(3) Une spécialité française, pour une série malheureusement terriblement adaptée et doublée.
(4) L'Heure du crime (1991), une excellente mais trop courte anthologie policière de Stephen J. Cannell, où un petit groupe d'acteurs interprétait des rôles différents chaque semaine.

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/12/horst-tappert-1923-2008.html

jeudi 11 septembre 2008

ALFRED AU MILIEU (EPISODE 1)

Pour vous, chers visiteurs, une nouvelle rubrique, Alfred au milieu. Un clin d'oeil aux apparitions ou références élégantes, ou bien drôles (ou les deux) dans des séries télévisées ou des films.

ALERTE JOHA

Commençons avec nos amis allemands de action concept et cet épisode de leur série méga-culte et quasi-institution, Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahn Polizeï). Dans le premier épisode de la saison 17 (Comeback, 2005), le méchant neutralise trois employés d'une société de maintenance afin de prendre la place avec ses complices.

Or le nom de l'employé au milieu n'est autre que Hermann Joha, interprété par... Hermann Joha, artiste cascadeur, pilote professionnel d'hélicoptère, producteur, réalisateur, scénariste et patron de action concept (http://thierryattard.blogspot.com/2008/06/hermann-joha.html) -compagnie qui a inventé en matière d'action un style si novateur et populaire qu'il est même souvent pillé par les blockbusters de Hollywood.

SLIDERS, LES MONDES PARALLELES?

Monsieur Joha est la force créative et productive derrière cette série ainsi que la série à succès Le Clown et son film dérivé à très grand spectacle (http://tattard2.blogspot.com/2008/05/clown.html). Notons que le réalisateur de cet épisode de Cobra est l'excellent Sebastian Vigg, réalisateur du film du Clown.

Dans une scène de Comeback, Sammy et Tom (Erdogan Atalay et René Steinke) doivent désamorcer une bombe dans une salle de cinéma qui joue la version cinématographique du Clown. Mais les fans les plus anciens de action concept se souviennent certainement que Sammy fit une apparition dans Le Clown - Vengeance masquée, le téléfilm de 1996. Sur la dernière photo vous pouvez le voir tenir le masque de clown de Max Zander. Etait-ce dans une réalité alternative?

Edit: La toujours professionnelle et charmante Petra Keller, de action concept, nous informe que les deux autres employés sont, à gauche: Roland Busch, chez ac un des vainqueurs des "Taurus World Stunt Award" et réalisateur de séquences d'action, et, à droite: Stefan Retzbach, le producteur de Cobra 11. Devons nous comprendre que le staff d'action concept travaille au noir en tant qu'employés de maintenance? Merci Petra.

(C) THIERRY ATTARD

samedi 14 juin 2008

HERMANN JOHA (ALERTE COBRA & LE CLOWN)

« Timing ist alles» (Tatjana Sassmann dans Adrenaline, 1996)

Hermann Joha a littéralement inventé un genre, au-delà de toutes les limites de ce qui a été fait auparavant en matières de cascades et de séquences d’action pour le cinéma et la télévision. Le nom de sa compagnie de production, action concept, est la signature de ce nouveau genre. Le Clown (Der Clown), une de ses séries télévisées à succès, est devenu un très spectaculaire long métrage cinéma dirigé par Sebastian Vigg.

Avant d’être un producteur de séries et de films à plein temps, vous êtes un cascadeur et un concepteur de séquences d’action renommé. Comment vous êtes vous retrouvé dans le monde des cascades ?

Hermann Joha : Après l’école j’allais devenir transitaire mais c’était bien loin de ce que j’envisageais comme avenir. Alors à 17 ans j’ai décidé de partir à Londres rejoindre les « Hells Drivers ». A l’époque je me suis fait un nom en tant que plus jeune cascadeur d’Europe.

Le nom de votre compagnie, action concept, est très bien choisi, car vous avez une approche des séquences d’action tellement unique que dans certains pays comme la France, les téléspectateurs parlent de « style action concept ». Quelle conception de l’action aviez-vous à l’esprit lorsque vous avez créé cette compagnie ?

Hermann Joha : Comme nous réunissons tous les services de production d’un film, nous allons bientôt rafraîchir notre logo, sous lequel il sera écrit : « action concept - More than entertainment » (« action concept - Plus que du spectacle »). Le nom de la compagnie associé à ce slogan va exprimer tout ce que nous représentons : un service de production cinéma et télévision complet pour des formats d’action.

Vous avez travaillé en tant que coordinateur des cascades d’un excellent thriller appelé Adrenaline...

Hermann Joha : Merci !

Adrenaline contient tous les ingrédients qui font de votre style une référence aujourd’hui. Pourriez-vous nous dire quelques mots sur la façon dont vous avez conçu les séquences d’action de ce film ?

Hermann Joha : L’histoire et la mise en scène nous ont incité à innover pour créer des cascades inédites. Til Schweiger, qui jouait le personnage principal, était à ce moment-là et est toujours un des acteurs les plus populaires d’Allemagne. Il y avait aussi ces lieux très colorés et ce labyrinthe de montagnes russes du parc de loisirs Phantasialand, où une grande partie du tournage a été réalisée.

En tant que spectateur quelles sont, dans l’histoire du cinéma, vos séquences d’actions préférées ?

Hermann Joha : Une des séquences d’action que je préfère se trouve dans le film Ronin où se déroule une traque dans un véritable trafic routier, accompagnée par des caméras embarquées et pluieurs caméras en bordures de route.

Quels sont les cascadeurs que vous admirez le plus ?

Hermann Joha : J’admire chacun des membres de notre équipe de cascadeurs car ils donnent le meilleur d’eux-mêmes dans chaque séquence et sont les cascadeurs et cascadeuses les plus professionnels du monde. Mais, étant pilote d’hélicoptère professionnel, à titre personnel celui que j’admire le plus est Rainer Wilke. C’est un artiste des airs et il accomplit des cascades spectaculaires avec un hélicoptère.

La série Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11) est probablement le titre le plus populaire d’action concept. Alerte Cobra fut d’abord produite par une autre compagnie. Comment action concept est-elle passée du statut de producteur des séquences d’action à producteur de la série elle-même ?

Hermann Joha : Effectivement, action concept a débuté en tant qu’unité de production de deuxième équipe sur Alerte Cobra. A l’époque, une fois encore, j’ai décidé d’aller de l’avant et proposé à RTL un service complet de production. Ils ont eu assez foi en nous et ont accepté !

Votre compagnie a créé un genre de séries télévisées totallement nouveau, sans équivalent même aux Etats-Unis, avec de l’action façon blockbuster chaque semaine en parfaite intégration dans des histoires bien construite et bien jouées. Comment les scénaristes et les artistes-cascadeurs collaborent pour réussir cette intégration ?

Hermann Joha : Lorsque RTL nous a mandatés sur Alerte Cobra, nous sommes rapidement devenus un service complet de production avec une équipe professionnelle de développement des contenus. Cette équipe est en charge des scripts, des storyboards et de la production des cascades. Tous nos départements, la post-production, les effets visuels, les effets spéciaux, etc. sont situés dans le même bâtiment. Cela rend la coopération et la coordination plus faciles et plus efficaces.

Vous êtes cascadeur et producteur mais aussi un réalisateur expérimenté. Votre travail a révélé de nombreux talents d’acteurs à une vaste audience.

Hermann Joha : Nous avons de merveilleux spécialistes du casting doués de la sensibilité indispensable pour trouver les bons « visages » et personnages.

Comment les acteurs se préparent-ils pour la partie action de leur travail lorsque c’est nécessaire ?

Hermann Joha : Les acteurs choisis doivent suivre un entraînement très dur avec les cascadeurs expérimentés de notre école de cascades.

Le Clown le film était attendu avec impatience par les fans de la série et ceux qui aiment le style action concept. Le Clown semble être un choix naturel pour une transition du petit au grand écran. Comment a-t-il été décidé de mettre cette série en hiatus pour produire le film ?

Hermann Joha : Il y a quelques années nous avons décidé de faire une pause avec Der Clown. De nombreux fans continuaient de nous demander de nouveaux épisodes et nous avons pensé produire un téléfilm d’action tiré de la série.

Lorsque nous avons planché sur le sujet, le développement du projet est allé plus loin et nous avons choisi de produire un long métrage pour le cinéma.

Pourriez-vous nous parler de la production, du casting et du tournage ?

Nous avons eu la chance de pouvoir retrouver le casting d’origine pour le film. Malheureusement, Diana Frank avait un autre engagement et elle n’était pas disponible. Avec Götz Otto (Demain ne meurt jamais) et Xenia Seeberg (Lexx) nous avons pu convaincre deux acteurs merveilleux avec une crédibilité et une experience à l’échelle internationale de participer au projet.

Le film a été réalisé en 38 jours. Les séquences d’action ont été tournées en 12 jours avec 10 cascadeurs et deux cascadeuses. La post-production a été entièrement réalisée chez nous.

A propos du casting on ne peut éviter d’aborder le sujet du sort du personnage de Claudia Diehl dans le film puisque Diana Frank est très appréciée en France. Son remplacement par Eva Habermann (dans le rôle de la soeur de Claudia), une des vedettes de votre série Anges de choc, est un très bon choix. Comment l’idée de la mort de Claudia a-t-elle fait surface ?

Hermann Joha : Les fans n’auraient pas accepté une autre histoire car Claudia n’aurait jamais quitté l’équipe pour quelque raison que ce soit. Eva Habermann était notre premier choix pour le remplacement de Diana et par chance elle était disponible. C’est une des actrices les plus populaires en Allemagne.

La série Anges de choc n’a pas eu la moindre chance de prouver ses qualités, à cause de la comparaison avec les Charlie’s Angels, mais cette série était très agréable et distrayante. Allez-vous reproposer ce format avec quelques changements ?

Hermann Joha : Nous venons de le faire. Les « nouvelles » Wilde Engel sont plus modernes, plus sexy et plus « cool ». Ce sont trois jeunes femmes chacunes spécialisées dans un certain domaine : l’une est experte dans l’art du déguisement. La deuxième « ange » est experte en arts martiaux et la troisième est passionnée de technologie et sait tout sur les machines et les ordinateurs.

Et surtout c’est Udo Kier qui interprète leur patron. Il est un des visages les plus connus de Hollywood. Ça n’a pas été facile de le faire revenir en Allemagne, mais lorsqu’il a lu le script il a été agréablement surpris et intéressé par le fait qu’une compagnie allemande soit capable de monter pareil projet.

Le marché de la télévision en Allemagne est très compétitif. Avec Alerte Cobra et Le Clown vous avez établi les standards d’un nouveau genre que vos autres titres sont condamnés à égaler et transcender.

Hermann Joha : Notre équipe travaille constamment au développement de nouvelles histoires et de cascades inattendues. Nous sommes experts dans la production de formats d’action et nous continuerons à nous améliorer dans ce domaine.

Avec le film du Clown action concept est définitivement un acteur majeur dans l’industrie du film d’action. Votre compagnie propose des séquences d’action jamais vues ailleurs. Est-il envisageable que vous lanciez un jour une franchise qui pourrait être la réponse allemande à James Bond ?

Hermann Joha : Nous y travaillons... Début avril GRB Worlwide et action concept ont annoncé un partenariat pour le developpement, la production et la distribution de séries d’action tournées en anglais. Le premier projet annoncé dans le cadre de cet accord est Ronin, une série d’action basée sur le film à succès de 1998 avec Robert De Niro et Natacha McElhone. Nous attendons beaucoup de cette coopération.

Comme nous l’avons dit vous êtes réalisateur. Quels sont vos films et réalisateurs préférés ?

Hermann Joha : Mes films préférés sont Speed, True Lies, L’Arme fatale et Terminator. Le réalisateur que j’admire le plus est monsieur Steven Spielberg.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment et quels sont les prochains projets cinéma ou télévision de action concept ?

Hermann Joha : Nous travaillons actuellement sur différents projets. Il y a bien sur Alerte Cobra et le déjà mentionné Ronin. Nous préparons plusieurs téléfilms en anglais avec des distributions de grande classe. Par exemple pour Dark Ride (tourné à Berlin), nous avons pu engager Drew Fuller (Charmed), Ken Bones - membre de la Royal Shakespeare Company (Wing Commander, Lasko), Tanja Wenzel (Anges de chocs), Alison King (Submerged, Shanghai Kids).

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/06/hermann-joha.html

(Entretien réalisé en 2005)

(C) THIERRY ATTARD

dimanche 8 juin 2008

KAY SKERRA

Depuis 25 ans, le futur de l’industrie de la musique de films et de séries est invariablement écrit en Allemagne.

Lorsque Hermann Joha, le producteur qui a repoussé les limites de l’action à un niveau jamais atteint auparavant, a eu besoin d’un univers musical totalement original pour le film adapté de la série Le Clown, il s’est naturellement tourné vers Kay Skerra pour le concevoir. Rencontre avec un des compositeurs allemands de musique de cinéma et de télévision les plus prometteurs, créatifs et talentueux.

Longtemps avant de devenir un compositeur pour le cinéma et la télévision, vous avez créé un groupe, Anchorage. Pourriez-vous nous dire quelques mots de votre travail avec ce groupe et du genre de musique que vous interprétiez alors ?

Kay Skerra : J’ai débuté ma carrière musicale comme batteur sur plusieurs projets. Anchorage fut ma première expérience au sein d’un véritable groupe. Au début il n’y avait qu’un bassiste (Heiko Nitsche), un guitariste (Kai Saffran) et moi - à la batterie. Plus tard, sous l’influence de Olaf Parusel et de son projet musical Stoa, j’ai acheté mon premier ordinateur Atari et plusieurs modules son.

On a beaucoup travaillé avec ça, particulièrement en ajoutant des éléments orchestraux à la musique et cela a modifié notre façon de composer de manière fondamentale. C’était surprenant de voir comment mes idées émergeaient facilement pour se transformer en résultats concrets.

Quelles étaient vos influences musicales à l’époque ?

Kay Skerra : Nous étions influençés par des groupes tels que Slowdive, My Bloody Valentine, The Swans, Dead can dance ou And also the trees. Anchorage jouait principalement un genre de musique Wave aux influences symphoniques. La musique de film est devenue rapidement une source majeure d’inspiration.

Vous avez une solide formation théorique et pratique en musique. Parmi tout ce que vous avez appris durant vos études en musicologie, musique de film et conception sonore que considérez vous comme le plus important et que vous gardez toujours à l’esprit aujourd’hui avec votre travail pour le cinéma et la télévision ?

Kay Skerra : J’essaye toujours d’être ouvert aux nouvelles influences et je m’efforce d’éviter d’utiliser tout le temps les mêmes structures - même si ça pourrait sembler plus facile. Ainsi je peux avoir un point de vue neuf sur les différents besoins d’un nouveau projet et - du moins je l’espère - trouver quelque chose de spécial pour convenir et soutenir à l’ambiance de la scène.

Néanmoins je pense qu’il est important de se souvenir de ses racines - la raison et le sentiment qui ont fait qu’un jour on a commençé à composer.

Depuis 2001 vous avez travaillé pour d’importantes productions télé et en 2004 vous avez composé la bande originale de votre premier long métrage, Le Clown - Le film, l’adaptation cinéma de la série Le Clown. C’est une composition totalement originale sans aucun lien avec l’univers musical de la série (spécialement le thème composé par Helmut Zerlett, non-utilisé dans le film - ce qui est une idée très intelligente).

Quel genre d’ambiance musicale Hermann Joha, le producteur, et Sebastian Vigg, le réalisateur, recherchaient-ils ?

Kay Skerra : Ils voulaient tous les deux séparer Le Clown de ses origines télévisuelles, renouveler le personnage et l’élever à un niveau cinématographique. C’est pour ça qu’ils souhaitaient que la musique approfondisse l’émotion et les parties dramatiques du personnage principal ainsi que l’histoire sur une échelle épique. Et bien sur la musique devait soutenir les séquences d’actions très élaborées du film et accentuer leur côté « rapide et dangereux ».

Comment avez-vous travaillé avec eux durant le tournage du film ?

Kay Skerra : J’ai rejoint le projet alors que le montage final était achevé. Dès le début il était clair que nous travaillerions avec un grand orchestre. Donc quand Hermann Joha et Sebastian Vigg m’ont dit quel effet ils voulaient que la musique produise sur le film j’ai fait des suggestions pour des scènes spécifiques. Lorsqu’ils ont entendu la musique, ils ont été très enthousiastes et l’ambiance sonore était bouclée.

Qu’aviez-vous à l’esprit pendant que vous réinventiez un thème principal pour Le Clown ? Qu’elles étaient vos exigences personnelles sur ce thème efficace, impressionnant et épique ?

Kay Skerra : Nous voulions un thème qui souligne d’un côté les aspects héroïques et de l’autre l’instant de tragique fèlure du personnage (uniquement dans ce film, dans la série il y a des différences scénaristiques). Le but était d’ajouter une profondeur émotionnelle au personnage. Et ça devait être un thème qui fonctionne sur différents plans : pour les scènes dramatiques comme pour les moments épiques ou les moments d’émotion... parce que le personnage principal est tiraillé entre pleins de sentiments différents, tels le désespoir - quand il perd sa meilleure amie et compagne, la rage - lorsqu’il traque le méchant, l’amour de nouveau...

Find my love par Dare, illustre un des moments les plus dramatiques du film (malheureusement la chanson a été remplaçée dans certains pays). Avez-vous travaillé directement sur cette chanson et avez-vous été consulté pour le choix de la chanson d’Exilia comme générique de fin ?

Kay Skerra : Dare est un groupe composé d’amis. Gabriela Carasusán, qui a écrit le texte et la partie vocale, Dirk Leupolz, qui a écrit et programmé le playback avec moi et jouait de la guitare, et Kerim König, qui chantait. Et nous avons écrit et interprété la chanson ensemble spécifiquement pour cette scène.

Pour les autres chansons j’ai été consulté à certains égards, mais - bien sûr - il y avait une compagnie de disques impliquée et un plan marketing.

Pourriez-vous nous parler de Gabriela Carasusán et de votre travail avec elle, ainsi que de vos autres collaborations, avec les compositeurs Kai Saffran ou Andreas Koslik ?

Kay Skerra : Gabriela et moi nous nous sommes rencontrés durant nos études en musique de film, nous avons travaillé ensemble, nous sommes tombés amoureux et nous nous sommes mariés. Nos studios sont côte à côte - ce qui facilite nos collaborations et les rend efficaces. Elle a composé des musiques additionnelles pour Le Clown.

Kai Saffran est un ami et confrère que je connais depuis très longtemps, il faisait partie d’Anchorage. Pour l’instant nous n’avons pas de projet en commun mais nous sommes toujours en contact. J’avais beaucoup entendu parler d’Andreas Koslik avant de le rencontrer et il avait beaucoup entendu parler de moi, et nous avons finalement fait connaissance chez des amis. Nous avons sympathisé et il m’a invité à travailler avec lui sur Mauer des Schweigens (un thriller télé de Jorgo Papavassiliou). A propos, j’aime beaucoup les collaborations. C’est très constructif et la plupart du temps c’est beaucoup plus sympathique que de travailler seul.

Un de vos titres les plus notables pour la télévision est le thème de la série Millennium Man. Cette série était le paroxysme d’une tendance à vouloir imiter des succès de la télé US mais vous avez réussi à créer un ton complètement original. Est-ce difficile d’être novateur en composant le thème principal d’une série qui, c’est le moins que l’on puisse dire, était loin d’être novatrice ?

Kay Skerra : C’est toujours un défi d’être novateur. Mais ce qui était spécial pour ce projet c’est que je devais travailler sur la base d’un synopsis de la série, d’esquisses, de dessins et de storyboards (parce que la conception des génériques n’était pas terminée), ce qui était réellement très stimulant.

A propos d’innovation, votre nom est associé à action concept, la compagnie qui a révolutionné la production des séries télé en Allemagne. Comment avez-vous commençé à travailler avec Hermann Joha ?

Kay Skerra : Ma première collaboration avec action concept (AC) était Megalodon (2004), mais je n’ai pas rencontré Hermann Joha à ce moment-là. Le Clown était alors le plus gros projet de la compagnie et une sorte d’ « obsession » pour lui. Lorsqu’il m’a rendu visite pour la première fois à mon studio, à Berlin, j’ai découvert que c’était un homme d’une grande simplicité qui peut brûler de passion lorsqu’il tombe litéralement amoureux d’un projet en particulier.

En fait, je suis vraiment reconnaissant et heureux qu’une compagnie comme AC existe en Allemagne, parce que - au-delà de leur champs d’action habituel - relève le défi de produire des films que pratiquement aucune compagnie n’oserait produire, parce qu’il n’y a pas de marché sûr pour ces productions - par exemple des films d’action ou des productions de genre telles que Megalodon. Et le succès de leur travail est à la hauteur du risque.

Il vient d’être annoncé que vous allez vous occuper de la bande originale d’Alerte Cobra, leur titre le plus glorieux si ce n’est une institution de la télévision allemande. Que voulez-vous apporter musicalement à cette institution ?

Kay Skerra : On m’a demandé de moderniser la sonorité de la musique sur la base du style que les anciens compositeurs de la série, Reinhard Scheuregger et Klaus Garternicht, ont créé. C’est très sympathique, car ça me permet d’expérimenter des sons et des techniques, qui normalement n’auraient pas leur place dans le format en vigueur à la télévision allemande.

Qui sont vos compositeurs de musique de cinéma et de télévision préférés ? Y a-t-il des compositeurs qui influencent votre travail et la conception artistique de votre travail ?

Kay Skerra : Etablir la liste de mes compositeurs préférés serait vraiment très longue si on s’attelait à cette tâche très serieusement. Par exemple j’aime le travail de James Newton Howard (pour la noblesse et le style certain de sa musique), Alan Silvestri (pour le grand impact de sa musique), Howard Shore (particulièrement ses morceaux sombres pour les films de Fincher comme Seven ou The Game), ou Elliot Goldenthal.

Ce sont les « grands classiques », mais à part ça, il y a beaucoup de « jeunes » compositeurs dont je suis le travail avec grand intérêt, par exemple Roque Banos ou Alexandre Desplat. Mais je crois que je suis influençé par toute la musique que j’écoute.

Quels sont les thèmes qui vous ont marqué le plus quand vous étiez plus jeune ?

Kay Skerra : A 14 ans, je m’intéressais aux arts et plus particulièrement à l’œuvre de H.R. Giger. Un jour j’ai regardé un documentaire sur lui, où étaient montrées des images du film Alien. Quelques jours plus tard le premier Alien passait à la télévision. J’ai même manqué une fête parce que je tenais à le voir - et j’ai été subjugué par la musique de Jerry Goldsmith.

Je ne m’étais pas intéressé aux musiques de film ou à la musique classique auparavant mais à partir de ce moment quelque chose s’est déclenché en moi. Un peu plus tard j’ai découvert Le Poème de l’extase et Prométhée/Le poème de feu de Scriabine, et ces œuvres ainsi que la musique du premier Alien m’ont révélé un univers sonore qui illustrait magnifiquement l’univers artistique de Giger. Pour moi cette expérience a été le début de ma passion pour la musique de film et la musique illustrative.

Est-ce que la télévision et l’industrie cinématographique d’Allemagne offrent à l’artiste que vous êtes toutes la satisfaction personnelle et professionnelle que vous souhaitez ?

Aimeriez-vous avoir l’occasion de travailler aux Etats-Unis et, peut-être, de contribuer à y changer la conception et la production de musiques de film, comme Hans Zimmer et Klaus Badelt l’ont fait ?

Kay Skerra : Comme j’ai toujours de nouveaux rêves et de nouvelles idées, ce n’est donc pas facile d’être pleinement satisfait - mais je crois que cela ne dépend pas du pays où vous vivez ou de l’industrie cinématographique au sein de laquelle vous oeuvrez. Dans toutes les situations c’est la même chose partout. J’attends toujours avec impatience le prochain projet et je rêve de ceci ou de cela. En fait ce que j’aimerais c’est travailler sur plus de productions cinéma, mais en Allemagne il y a très peu de films produits par an. C’est triste, mais le nombre n’augmentera que si on fait du bon travail ici. Et je pense que c’est le cas en ce moment.

Et l’Europe après tout ? Je serais très heureux d’avoir l’occasion de travailler pour des productions françaises, britanniques ou italiennes... Beaucoup de films intéressants et ambitieux sont produits ici en Europe, je crois que c’est un marché vraiment intéressant. Bien sur je ne rejèterais pas l’occasion de travailler aux Etats-Unis si elle se présentait dans la mesure où ils ont la plus grosse industrie cinématographique du monde, beaucoup de productions intéressantes sont faites là-bas.

Mais finalement je travaillerais n’importe où pourvu que le projet soit intéressant et stimulant.

En tant que spectateur, quels genres de film préférez-vous ? Quel est le dernier film que vous ayez vu récemment ?

Kay Skerra :
J’aime les films qui ont un impact émotionnel sur moi. Par exemple la plupart des films de David Lynch ou Ouvre les yeux, d’Alejandro Amenabar, ou encore l’œuvre de Brian de Palma - je suis très impatient de voir son adaptation du Dahlia noir de James Ellroy.

Récemment j’ai vu Stay en DVD. C’est un film très mystérieux avec une photographie fantastique, un montage novateur, une superbe musique de Asche and Spencer et une histoire qui occupe encore mes pensées.

Quels sont les thèmes dont vous êtes le plus fier ?

Kay Skerra : C’est toujours difficile d’être fier de son propre travail - au moins pour moi, parce que je recherche toujours l’amélioration et je ne suis jamais complètement satisfait. Et parce que les capacités de chacun se développent constamment, le travail le plus récent est toujours proche de ce qui semble « parfait » sur le moment. Lorsque la personne avec laquelle je travaille - par exemple le réalisateur ou le producteur d’un film - quitte mon studio heureux, inspiré et satisfait, alors je suis fier du travail accompli.

Sur quoi travaillez vous actuellement et quels sont vos prochains projets professionnels ?

Kay Skerra : En ce moment je travaille sur la série Alerte Cobra. Nous sommes aussi en discussion pour deux téléfilms vraiment intéressants, mais ce n’est pas confirmé pour l’instant, donc je ne peux vous donner plus d’informations dans l’immédiat.

(Entretien réalisé en 2006)

(c) Thierry Attard

mercredi 16 avril 2008

THE CHALLENGE - LE DERNIER ELU

L'Allemagne dans un avenir pas si lointain. Dans un pays où règnent chaos et force brutale, Jonas Klingenberg (Mathis Landwehr) doit retrouver un livre vénérable et mystérieux contenant les secrets des anciens arts martiaux dans un monde où les armes à feu ont disparu. Ce livre a été volé à son maître, assassiné par Bosco (Christian Monz) et Kleo (Zora Holt) - les impitoyables et mortels héritiers d'un cruel seigneur de guerre. Avec l'aide de Vinzent Lakotta (Volkram Zschiesche), de sa soeur Marie (Sinta Weisz), et de leur groupe de réfugiés, Jonas recherche le livre et défie la dictature de Bosco.

« Mon disciple. En 2045 la guerre des villes s'était étendue dans toute l'Europe. Le futur était le passé. Les gouvernements cessèrent d'exister [...] Tous le pays sombra dans le chaos et la destruction. » (Maître Tach)

« Comme je dis toujours si vous courez assez vite vous volez » (Maître Dobbs)

L'HONORABLE SOCIETE

La genèse de The Challenge commence durant l'été 1999. Johannes Jaeger, Tobias Hartmann, Volkram Zschiesche, Mathis Landwehr et Christian Monz sont membres de l'Ehrenwerte Gesellschaft alias Ehge (L'Honorable Société), un groupe d'artistes martiaux. Ils ont le projet de tourner un films d'arts martiaux à Stuttgart, le titre : Kampfansage.

Le projet se matérialise sous la forme d'un court métrage (10 minutes) tourné en MiniDV en 21 jours avec 150 prises de vue, plus de 2000 prises, beaucoup de travail, de la foi et le sens du timing de son réalisateur-scénariste Johannes Jaeger. L'histoire : trois amis (Volkram Zschiesche, Mathis Landwehr et Christian Monz) « bullent » sur un sofa et regardent la vidéo d'un film de kung fu. Ils s'endorment et rêvent qu'ils jouent dans le film, mais est-ce bien un rêve ?

« Comme dit le proverbe: on doit creuser son puit avant d'avoir soif. » (Maître Tach, mort mais sage)

Le cachet de la production, la chorégraphie efficace des combats et la qualité du résultat permet à l'équipe d'ajouter un autre chapitre à la saga Kampfansage. Avec une histoire et des personnages différents mais le même casting principal et des scènes de combats toujours emballées avec style, Kampfansage 2 (2002) impressionne et est montré sur une chaîne câblée allemande ainsi qu'à travers des festivals ou le court métrage obtient deux récompenses.

Les deux courts attirent l'attention de Hermann Joha (http://thierryattard.blogspot.com/2008/06/hermann-joha.html), producteur, fondateur et président de la compagnie allemande action concept, cascadeur, pilote professionnel d'hélicoptère, réalisateur et surtout génial inventeur d'un nouveau genre en matière d'action - avec des séries télé comme Alerte Cobra and Le Clown. A l'époque, action concept travaille sur le développement de sa filiale cinéma avec Le Clown - Le film. Ehrenwerte Gesellschaft et Joha joignent leurs forces pour pousser l'esprit de Kampfansage au-delà de limites jamais atteintes auparavant.

LE DEFI COMMENCE...

« C'était toujours la même ville, mais les ténèbres étaient descendues sur les ruines. » (Jonas)

Avec un financement de 300 000 euros par action concept et environ 40 jours de tournage (entre septembre et novembre 2003), le scénariste et visionnaire résident de Kampfansage, imagine Kampfansage - Der letzte Schüler, et crèe un Berlin revisité par Ken le survivant ou Apocalypse 2024 avec l'assistance de Hackermovies.com, la communauté internet de tournages de films en numérique fondée par Steffen Hacker et Daniel Nolde.

Les honorables artistes martiaux, chorégraphes et acteurs de Ehrenwerte Gesellschaft sont de retour: Mathis Landwehr est le héros, Jonas Klingenberg, presumé mort (« J'ai été un peu absent » ) grâce aux bons soins de la vicieuse Kleo, mais désireux de retrouver le livre volé à son maître. Jonas est un Kwaï Chang Caine moderne et allemand, moins la naïveté - « C'est un peu injuste, six contre un ? » - mais plus une touche de Clint Eastwood et de Remo Williams(un Remo blond - Pensez-y, James Bond aussi est blond maintenant).

Christian Monz est Bosco, le frère de Kleo et l'assassin du maître de Jonas, un croisement entre Dark Vador (ses lieutenants devraient prier pour que Bosco aille voir un psy) et le Maître Nuihc des livres de L'Implacable. Volkram Zschiesche est Vinzent Lakotta, l'artiste martial chef d'une bande de jeunes des rues, un Mel Gibson made in Germany avec une obsession pour la nourriture et un solide sens le l'humour (« Merde, je croyais que c'était un livre de cuisine » ).

Heureusement, les personnages féminins égalent les personnages masculins en matière de forte personnalité. Zora Holt est Kleo, soeur très chère de Bosco (« Tu te fais tes hommes plus vite que moi » ) et la dernière femme en Allemagne a utiliser un pistolet au lieu de manchettes (et ce n'est pas un Derringer) et Sinta Weisz est Marie, la soeur de Vincent et la flamme de Jonas.

BERLIN CASSE LA BARAQUE

« Mais si tu continues à me saper le moral avec cette merde, je te tue. » (Bosco, Zen vendu séparément)

Jusqu'à 80 personnes sur le plateaux, jusqu'à 15 employés de bureau et 20 personnes travaillant pour l'équipe de cascadeurs, plus de 350 effets visuels (créés par Hackermovies et Unexpected Gmbh), plus de 100 heures de materiel non monté (Making Of exclu) réduites à 90 minutes, et des standards de production extraordinaires pour un tel budget et pour un long métrage filmé en Mini35 DV. Trouver action concept attaché à pareil projet n'est pas une surprise.

« Tu aimes les jeux de guerre.
- Qui parle de jeux? » (Malte - cousin de Cypher - et Jonas)


Avec The Challenge, Johannes Jaeger nous offre non seulement le premier film d'arts martiaux allemand mais surtout un sacré bon film qui emprunte autant à l'esprit des films de Hong Kong, mais aussi d'une certaine manière au western spaghetti, aux blockbusters US, ou encore a des classiques tels que Butch Cassidy et le Kid (« Dès que tu atteint le sol, roule »), Flash Gordon, les films de Luc Besson (« Il ne cèdera pas ») ou Pulp Fiction (avec « Les mecs sont des chiens » Kleo dans le rôle d'Uma Thurman).

De splendides combats d'arts martiaux, de l'action, de l'humour, des scènes d'anthologie (l'attaque de la discothèque improvisée, la confrontation entre Vinzent et Kleo, parmi beaucoup d'autres...), des dialogues cultes (« C'est ce qui arrive quand vous affrontez des nabots »), une bonne bande originale (par Alex Pfeffer et Marco Jovic) et des artistes martiaux qui savent jouer. The Challenge - Le dernier élu a tout cela et beaucoup plus.

« Mais telle est la voie de la Maîtrise : apprendre le combat, combattre, ne plus avoir à le faire, et puis oublier tout. » (Maître Jonas)


(c) Thierry Attard

LE CLOWN - LE FILM

Après la mort de Claudia Diehl (Diana Frank), tuée alors qu'il tentait d'empêcher avec elle et son ami Tobias « Dobbs » Steiger (Thomas Anzenhofer) l'attaque d'un transport de documents confidentiels, Le Clown, alias Max Zander (Sven Martinek) décide d'abandonner le combat pour la justice. Mais Zorbek (Götz Otto), l'assassin de Claudia, a caché des plans volés au cours du braquage dans un grand centre commercial proche de l'attaque et Max, désormais agent de sécurité dans ce centre, attend depuis quatre longues années que l'homme et son équipe viennent les récupérer.

C'est alors que la journaliste Leah Diehl (Eva Habermann), la sœur de Claudia, est enlevée par Zorbek et sa maîtresse Mona (Xenia Seeberg) au cours de la violente attaque d'un fourgon blindé. Dobbs, qui n'a plus de contact avec Max depuis quatre ans, veut alors convaincre son ami de remettre le masque du Clown.

MAX. HEADROOM

« Il y a le bien, il y a le mal et il y a Le Clown...»

En matière de production de séries télévisées en Allemagne comme en matière d'action il y a un avant et un après Der Clown. Imaginé par Hermann Joha et Claude Cueni en 1996 pour action concept, la société de Joha - productrice de la série Alerte Cobra (Alarm für Cobra 11 - Die Autobahn Polizeï), et la chaîne allemande RTL, le justicier masqué a définitivement imposé dans le monde le style action concept comme la référence absolue en matière de cascades et de séquences spectaculaires. Il suffit de revoir le téléfilm d'origine puis le téléfilm-pilote de la série subséquente (1998) pour s'en convaincre.

La série est mise en hiatus en 2001 après 6 saisons alors que son succès demeurait incontesté. Mais les fans en Allemagne et à l'étranger réclament d'autres épisodes et action concept envisage alors de produire un téléfilm dans la veine de ceux de 1996 et 1998. Le projet prend tellement d'ampleur au fur et à mesure de son développement que Hermann Joha et Rolant Hergert (un des dirigeants d'action) font le pari audacieux d'offrir aux fans du Clown un ambitieux long métrage destiné au grand écran.

Après deux ans de préparation, le réalisateur Sebastian Vigg (Alerte Cobra, Millenium Man) et les équipes d'action concept entament le tournage au printemps 2003 à Dusseldorf et dans la région Nord Rhein-Westphalia. Ils immortalisent en 38 jours sur 60 000 mètres de pellicule Der Clown - Payday, le film d'action le plus élaboré, le plus couteux (le budget est estimé à 8 000 000 d'euros) et le plus sensationnel jamais produit en Europe par une compagnie non-américaine.

MAXIMUM OVERDRIVE

« Max Zander est... Le Clown ! » disait le générique de la série télévisée. L'acteur est-allemand Sven Martinek retrouve avec délectation le personnage de Max. Mais un Max en rupture de clowneries, dont l'unique motivation pour continuer à vivre est de se retrouver face à face avec le meurtrier de la femme qu'il aimait dans ce méga centre commercial (le Rhein Ruhr Zentrum) où l'ex-justicier au masque de clown exerce désormais les fonctions d'agent de sécurité. Et ce n'est pas le loubard qui tient en joue son collègue vigile (le vétéran Horst Sachtleben, un acteur qu'il est toujours agréable de retrouver) ou son complice qui vont lui faire perdre patience.

« Ils vont probablement rédiger un constat » (Le commissaire en chef Führmann apprenant que 23 véhicules de police ont été endommagés)

Passé les crédits du générique et les retrouvailles avec le héros solitaire, Sebastian Vigg, Hermann Joha et Roland Leyer - réalisateur des scènes d'action avec Torsten Künstler - reprennent les bonnes habitudes prises par action concept sur Alerte Cobra (série connue pour le nombre exceptionnel d'explosions ou de jets de voiture dès les cinq premières minutes), mais cette fois à la puissance mille avec la poursuite autoroutière la plus spectaculaire de l'Histoire du genre. Entre autres réjouissances un hélicoptère de la télévision manque de percuter en plein vol trois voitures de police soufflées par une gigantesque explosion !

RETURN OF THE MAX

Le commissaire en chef Führmann (le grand acteur de théâtre et de télévision Andreas Schmidt-Schaller) qui est au Clown ce que le commissaire Juve est à Fantômas - « Je l'aurais cette fois » - fait immédiatement le lien entre l'attaque du forgon blindé, l'enlèvement de Leah Diehl et son ennemi de toujours Le Clown. De son côté, Dobbs, devenu un chef d'entreprise en costume (il dirige sa propre flotille d'hélicoptères) se décide à renouer avec Max pour porter secours à Leah.

« Regarde toi donc.
- Quoi, c'est du Armani.
- Armani ? Un ami à toi ? Et il te prête ses fringues ? »(Max et Dobbs)

Max se range aux arguments de son ami, lequel a fort commodément emporté avec lui la tenue noire et le masque du Clown au cas où (« Pourquoi personne ne m'a dit comme j'ai l'air stupide avec ça »). Le moment est venu pour Zander de rempiler lorsque Führmann et son jeune adjoint Salbach (Xaver Hutter) investissent le centre Rhein Ruhr avec la cavalerie, obligeant le Clown et son associé à fuir dans le break BMW neuf de celui-çi (« Jolie voiture, c'est aussi du Armani ?- Non c'est du BMW et à propos ça ne passera pas »). La voiture y laisse deux rétroviseurs - ce qui n'est que le début de ses tourments.

« Ce n'est pas ce que vous espériez.
Je ne vous ai rien demandé. »(Leah et Zorbek)

Point de grand thriller d'action sans un super-vilain à la hauteur. Götz Otto, remarqué pour la première fois dans le James Bond Demain ne meurt jamais en 1997, est le challenger idéal du Clown. Doté à la fois du physique nécessaire pour le rôle de Zorbek et d'une solide expérience d'acteur glanée au théâtre, au cinéma et à la télévision, il sait insuffler la distance nécessaire à ce genre de personnage (dont l'epitome fut sans conteste le génial Powers Boothe dans Mort subite). A ce titre la scène de la pizza commandée par un de ses hommes de main demeurera un classique.

LE MAX DEPOSE DU GRAND SPECTACLE MODERNE

« Comme je dis toujours si vous courrez assez vite vous volez » (Dobbs, qui dirige une entreprise sérieuse)

Ciltius, Altius, Fortius aurait pu être la devise d'action concept. Si c'est presque de manière compulsive que la splendide « Bimmer » du pauvre Dobbs finit au fond de l'eau de la piscine désaffectée qui sert de Q.G. à Zorbek, Mona et leurs sbires, c'est pour mieux préparer à un affrontement épique dans le centre commercial (John McClane en a rêvé, Hermann Joha l'a fait).

Suivent des séquences dignes d'un James Bond de la grande époque et un crash d'hélicoptère qui vaut à Dobbs une réplique à la manière de T.C. dans la série Magnum (indéniable source d'inspiration du personnage) : « D'abord ma Bimmer, maintenant l'hélico ». Il est d'ailleurs clair que 007 est le mètre-étalon des équipes de Hermann Joha.

« Tu n'oseras pas » (Le chef Führmann découvre qu'il y a bien des façons de conduire un monospace)

Parce que voler le contenu du coffre-fort de la tour Nakatomi ferait vraiment gagne-petit Zorbek projette de s'emparer de tout l'or de la Réserve fédérale d'Allemagne (« Le petit cochon national », Dobbs dixit) et est prêt à tout pour ça, y compris à faire un gros trou dans un barrage. Les gens d'action concept ont mis les petits plats dans les grands : 12 jours complets de tournage furent nécessaires pour mettre en boîte toutes les cascades du film avec parfois jusqu'à 15 caméras utilisées simultanément. 12 cascadeurs et 2 cascadeuses ont servi des prouesses sans équivalent, même au sein des produits de la maison. Bien sur, comme il est d'usage chez action, les acteurs principaux ont suivi un entraînement physique intensif et un stage de maniement d'armes.

« Il essaie de voler sous notre radar.
- Oui mais on a pas de radar. » (Un militaire et son supérieur)

SEND IN THE CLOWN (MAX MIX)

Der Clown - Payday explose les standards de la série voire ceux des autres titres d'action car il ne s'agit pas d'une simple adaptation de Der Clown mais bien d'un thriller à grand spectacle avec des personnages familiers. Le réalisateur Sebastian Vigg démontre sa maîtrise d'une production à la photo (Diethard Prengel) et au montage (Daniela Beauvais) sans failles. Timo Berndt (la série Anges de choc) signe un bon scénario digne des meilleurs James Bond et arrive à se démarquer de la série d'origine sans trahir ses fans (oui, Dobbs prononce toujours sa réplique fétiche); il leur offre même quelques surprises, puisque « Enlève ton masque » Führmann n'est pas aussi borné et caricatural qu'il en a l'air.

« A la fin on en vient toujours à l'honneur et c'est ce qui vous détruit » (Führmann, homme d'honneur)

Eva Habermann remplace avantageusement la sublime Diana Frank et c'est amusant de la voir confrontée à Xenia Seeberg, les deux actrices ayant toutes les deux participé à la série Lexx. Action, humour, exploits physiques et pyrotechniques ainsi qu'une excellente et astucieuse bande originale signée Kay Skerra avec une chanson d'Exilia en générique de fin (le thème de la série n'est pas utilisé ce qui est assez malin) sont les ingrédients de choix de ce « jour de paye » secoué et très agité.

Le Clown - Le film a été récompensé d'un très prestigieux Taurus Award en septembre 2005 à Los Angeles dans la catégorie Meilleur film d'action étranger. Parmi les nominés se trouvaient tout de même New Police Story avec Jackie Chan, ce qui n'est pas rien.

Son nom est Joha, Hermann Joha...

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/05/clown.html

(c) Thierry Attard