mercredi 16 avril 2008

THE CHALLENGE - LE DERNIER ELU

L'Allemagne dans un avenir pas si lointain. Dans un pays où règnent chaos et force brutale, Jonas Klingenberg (Mathis Landwehr) doit retrouver un livre vénérable et mystérieux contenant les secrets des anciens arts martiaux dans un monde où les armes à feu ont disparu. Ce livre a été volé à son maître, assassiné par Bosco (Christian Monz) et Kleo (Zora Holt) - les impitoyables et mortels héritiers d'un cruel seigneur de guerre. Avec l'aide de Vinzent Lakotta (Volkram Zschiesche), de sa soeur Marie (Sinta Weisz), et de leur groupe de réfugiés, Jonas recherche le livre et défie la dictature de Bosco.

« Mon disciple. En 2045 la guerre des villes s'était étendue dans toute l'Europe. Le futur était le passé. Les gouvernements cessèrent d'exister [...] Tous le pays sombra dans le chaos et la destruction. » (Maître Tach)

« Comme je dis toujours si vous courez assez vite vous volez » (Maître Dobbs)

L'HONORABLE SOCIETE

La genèse de The Challenge commence durant l'été 1999. Johannes Jaeger, Tobias Hartmann, Volkram Zschiesche, Mathis Landwehr et Christian Monz sont membres de l'Ehrenwerte Gesellschaft alias Ehge (L'Honorable Société), un groupe d'artistes martiaux. Ils ont le projet de tourner un films d'arts martiaux à Stuttgart, le titre : Kampfansage.

Le projet se matérialise sous la forme d'un court métrage (10 minutes) tourné en MiniDV en 21 jours avec 150 prises de vue, plus de 2000 prises, beaucoup de travail, de la foi et le sens du timing de son réalisateur-scénariste Johannes Jaeger. L'histoire : trois amis (Volkram Zschiesche, Mathis Landwehr et Christian Monz) « bullent » sur un sofa et regardent la vidéo d'un film de kung fu. Ils s'endorment et rêvent qu'ils jouent dans le film, mais est-ce bien un rêve ?

« Comme dit le proverbe: on doit creuser son puit avant d'avoir soif. » (Maître Tach, mort mais sage)

Le cachet de la production, la chorégraphie efficace des combats et la qualité du résultat permet à l'équipe d'ajouter un autre chapitre à la saga Kampfansage. Avec une histoire et des personnages différents mais le même casting principal et des scènes de combats toujours emballées avec style, Kampfansage 2 (2002) impressionne et est montré sur une chaîne câblée allemande ainsi qu'à travers des festivals ou le court métrage obtient deux récompenses.

Les deux courts attirent l'attention de Hermann Joha (http://thierryattard.blogspot.com/2008/06/hermann-joha.html), producteur, fondateur et président de la compagnie allemande action concept, cascadeur, pilote professionnel d'hélicoptère, réalisateur et surtout génial inventeur d'un nouveau genre en matière d'action - avec des séries télé comme Alerte Cobra and Le Clown. A l'époque, action concept travaille sur le développement de sa filiale cinéma avec Le Clown - Le film. Ehrenwerte Gesellschaft et Joha joignent leurs forces pour pousser l'esprit de Kampfansage au-delà de limites jamais atteintes auparavant.

LE DEFI COMMENCE...

« C'était toujours la même ville, mais les ténèbres étaient descendues sur les ruines. » (Jonas)

Avec un financement de 300 000 euros par action concept et environ 40 jours de tournage (entre septembre et novembre 2003), le scénariste et visionnaire résident de Kampfansage, imagine Kampfansage - Der letzte Schüler, et crèe un Berlin revisité par Ken le survivant ou Apocalypse 2024 avec l'assistance de Hackermovies.com, la communauté internet de tournages de films en numérique fondée par Steffen Hacker et Daniel Nolde.

Les honorables artistes martiaux, chorégraphes et acteurs de Ehrenwerte Gesellschaft sont de retour: Mathis Landwehr est le héros, Jonas Klingenberg, presumé mort (« J'ai été un peu absent » ) grâce aux bons soins de la vicieuse Kleo, mais désireux de retrouver le livre volé à son maître. Jonas est un Kwaï Chang Caine moderne et allemand, moins la naïveté - « C'est un peu injuste, six contre un ? » - mais plus une touche de Clint Eastwood et de Remo Williams(un Remo blond - Pensez-y, James Bond aussi est blond maintenant).

Christian Monz est Bosco, le frère de Kleo et l'assassin du maître de Jonas, un croisement entre Dark Vador (ses lieutenants devraient prier pour que Bosco aille voir un psy) et le Maître Nuihc des livres de L'Implacable. Volkram Zschiesche est Vinzent Lakotta, l'artiste martial chef d'une bande de jeunes des rues, un Mel Gibson made in Germany avec une obsession pour la nourriture et un solide sens le l'humour (« Merde, je croyais que c'était un livre de cuisine » ).

Heureusement, les personnages féminins égalent les personnages masculins en matière de forte personnalité. Zora Holt est Kleo, soeur très chère de Bosco (« Tu te fais tes hommes plus vite que moi » ) et la dernière femme en Allemagne a utiliser un pistolet au lieu de manchettes (et ce n'est pas un Derringer) et Sinta Weisz est Marie, la soeur de Vincent et la flamme de Jonas.

BERLIN CASSE LA BARAQUE

« Mais si tu continues à me saper le moral avec cette merde, je te tue. » (Bosco, Zen vendu séparément)

Jusqu'à 80 personnes sur le plateaux, jusqu'à 15 employés de bureau et 20 personnes travaillant pour l'équipe de cascadeurs, plus de 350 effets visuels (créés par Hackermovies et Unexpected Gmbh), plus de 100 heures de materiel non monté (Making Of exclu) réduites à 90 minutes, et des standards de production extraordinaires pour un tel budget et pour un long métrage filmé en Mini35 DV. Trouver action concept attaché à pareil projet n'est pas une surprise.

« Tu aimes les jeux de guerre.
- Qui parle de jeux? » (Malte - cousin de Cypher - et Jonas)


Avec The Challenge, Johannes Jaeger nous offre non seulement le premier film d'arts martiaux allemand mais surtout un sacré bon film qui emprunte autant à l'esprit des films de Hong Kong, mais aussi d'une certaine manière au western spaghetti, aux blockbusters US, ou encore a des classiques tels que Butch Cassidy et le Kid (« Dès que tu atteint le sol, roule »), Flash Gordon, les films de Luc Besson (« Il ne cèdera pas ») ou Pulp Fiction (avec « Les mecs sont des chiens » Kleo dans le rôle d'Uma Thurman).

De splendides combats d'arts martiaux, de l'action, de l'humour, des scènes d'anthologie (l'attaque de la discothèque improvisée, la confrontation entre Vinzent et Kleo, parmi beaucoup d'autres...), des dialogues cultes (« C'est ce qui arrive quand vous affrontez des nabots »), une bonne bande originale (par Alex Pfeffer et Marco Jovic) et des artistes martiaux qui savent jouer. The Challenge - Le dernier élu a tout cela et beaucoup plus.

« Mais telle est la voie de la Maîtrise : apprendre le combat, combattre, ne plus avoir à le faire, et puis oublier tout. » (Maître Jonas)


(c) Thierry Attard

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