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samedi 2 octobre 2010

STEPHEN J. CANNELL (1941-2010)

Le scénariste, producteur, et romancier américain Stephen J. Cannell est mort à l'âge de 69 ans. C'était un maître dans son domaine et il avait écrit et produit des heures et des heures de distrayantes séries policières ou d'aventure et d'action.

Stephen J. Cannell débuta sa longue et prospère carrière comme scénariste chez Universal Television sur des séries telles que Opération Vol (It takes a Thief), L'Homme de fer ( Ironside) ou Auto-patrouille (Adam-12). En 1973 il écrivit Double Exposition, un des plus célèbres épisodes de Columbo, où le meurtrier joué par Robert Culp utilisait une image subliminale pour piéger sa victime. Un an plus tard, le producteur, scénariste et créateur Roy Huggins (Maverick, Le Fugitif) faisait équipe avec Cannell pour créér 200 dollars plus les frais (The Rockford Files), avec James Garner dans le rôle de Jim Rockford.

Rockford, un privé qui a fait de la prison à tort avant d'être gracié, vivait dans un mobile home (lui servant aussi de bureau) au bord d'une plage de Malibu. La série, qui dura six saisons, contenait tout ce qui constituait le style de Stephen J. Cannell: des personnages hors du système mais sympathiques, un cocktail de comédie et de drame, des dialogues modernes et percutants, et la musique de Mike Post et Pete Carpenter.

Cannell continua d'écrire la grande histoire de la télévision américaine avec Baretta (1975-1978), Les têtes brulées (Baa Baa Black Sheep, 1976-1978), ou Ralph super-héros (The Greatest American Hero, 1981-1983). En 1979 il monta Stephen J. Cannell Productions, qui devint une compagnie de production puissante avec le succès d'Agence tous risques (The A-Team, 1983-1987), co-créé avec Frank Lupo. Dans les années 1980, ses créations et production caractérisaient ce sens de la distraction populaire qui donnaient au séries américaines un attrait planétaire. Avec ses séries, des policiers (Rick Hunter, Inspecteur choc) ou enquêteurs privés atypiques (Le juge et le pilote, Riptide, Stingray) rivalisaient alors avec les productions d'Aaron Spelling pour la domination des grilles des réseaux US.

Anticipant toujours les évolutions de son métier, Stephen J. Cannell ouvrit un studio à Vancouver, au Canada, vers la fin des années 1980 afin de réduire les coûts de production. Là-bas il produisit 21 Jump Street (1987-1991), l'innovant Un flic dans la mafia (Wiseguy, 1987-1990), ou L'As de la crime (The Commish, 1991-1996). New World Communications acheta sa compagnie en 1995, puis Cannell founda The Cannell Studios.

Parfois Stephen J. Cannell apparaissait comme acteur dans ses propres séries ou des séries produites par d'autres: il fut le flic corrompu "Dutch" Dixon dans Le Rebelle (Renegade, 1992-1997), sa propre création, ou le producteur télé Jackson Burley dans un hilarant épisode de Diagnostic Meurtre titré Must Kill TV. Depuis les années 1990 Cannell était également un romancier à succès et il était apparu dans son propre rôle dans le pilote et deux épisodes de Castle (2009), jouant aux cartes avec le personnage principal et ses confrères romanciers James Patterson et Michael Connelly. Le plus extraordinaire c'est que Cannell était atteint de dyslexie et était même un porte-parole sur le sujet.

Stephen J. Cannell a distrait des millions de téléspectateurs dans le monde durant trois décennies avec ses histoires, ses personnages et ses productions. Certaines n'eurent pas le succès escompté mais laissèrent tout de même leur empreinte d'une façon ou d'une autre: Los Angeles, Années 30 (City of Angels, co-créé en 1976 avec Roy Huggins) et Timide et sans complexe (Tenspeed and Brown Shoe, 1980) sont considérés comme des chefs d'oeuvre, Unsub (1989) est largement considéré comme le prototype des Experts et Profit (1996) est un classique.

Avec la mort de Cannell, c'est toute une époque de l'industrie de la télévision américaine qui est arrachée de sa machine à écrire et s'envole.

http://www.cannell.com/
http://www.crescentblues.com/1_2_issue/cannel.shtml

jeudi 10 juin 2010

LE CLUB DES ONZE

[6.55] Superbe article de Celle-Qui-Doit-Être-Lue, alias Nikki Finke de Deadline.com, à propos du fascinant et cauchemardesque développement du film L'Agence tous risques (The A-Team). L'adaptation cinématographique de la série télé sort cette semaine aux Etats-Unis et le 16 juin en France (en plein début de la frénésie autour de la Coupe du monde de football).

Ce n'est pas tant le risible mais peu surprenant nombre de scénaristes utilisés sur ce film (onze dont Bruce Feirstein, un des scénaristes de la franchise 007) qui intéresse Nikki mais plutôt comment un des responsables de la Fox a géré le projet avec à l'esprit Jason Bourne, 24 ou Tarantino.

D'après la dernière bande-annonce que j'ai vu ça ressemble toujours à un sketch de SNL. Dommage qu'il n'y ait pas de plan B.

http://www.deadline.com/2010/06/11-screenwriters-later-how-alex-young-lost-control-of-the-a-team/

lundi 11 janvier 2010

AGENCE TOUS RISQUES (BANDE-ANNONCE)

[11.00] Repérée sur le blog du grand Lee Goldberg, scénariste, auteur, producteur, historien de la télévision, homme de culture et de goût, etc... (vous connaissez la suite).

La bande-annonce du remake cinématographique d'Agence tous risques avec Liam Neeson. Ca ressemble à un sketch de Saturday Night Live.

http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2010/01/tv-main-title-of-the-week-special-ateam-edition.html

mardi 9 juin 2009

PAS DANS CET AVION

And I've seen it before. And I'll see it again, bla, bla, bla... Ainsi donc 20th Century Fox prépare un remake cinématographique d' Agence tous risques (The A-Team, 1983-1987), peut-être la série américaine des années 1980 la plus aimée. « Le plan se déroule sans accroc », écrit Lee Goldberg (1) - en référence à la phrase fétiche du personnage principal. Espérons au moins que ce n'est pas le Plan 9...

REMAKE TOUS RISQUES

« En 1972 une unité commando d'élite fut envoyée en prison par un tribunal militaire pour un crime que ses hommes n'avaient pas commis. Ils s'échappèrent d'un pénitencier haute sécurité et se réfugièrent dans les bas-fonds de Los Angeles. » Toujours recherchés par les militaires, ils offrent leurs services à ceux qui en ont vraiment besoin.

John "Hannibal" Smith est le leader de l'Agence et son maître en déguisements. Son emploi régulier est figurant en costume dans des films de monstres (où il s'obstine à vouloir injecter un peu de Stanislavski dans ses rôles de créatures!) Templeton "Futé" Peck (Faceman en VO) est un escroc professionnel et l'"arrangeur" de l'équipe. Afro-américain et costaud, B.A. "Barracuda" Baracus (Bad Attitude en VO) est un génie de la mécanique mais refuse de monter dans un avion et doit être drogué pour être transporté à bord! Et H.M. (Howling Mad) "Looping" Murdock peut piloter tout ce qui vole... mais est un malade mental certifié qui doit régulièrement être sorti de l'aile psychiatrique d'un hôpital pour vétérans grâce aux ruses de Futé.

La série originale, créée par Stephen J. Cannell et Frank Lupo, est le type même des séries d'aventure et d'action des années 1980, avec de spectaculaires explosions et des cascades cartoonesques à souhait (la marque du grand coordinateur des cascades Craig R. Baxley), CETTE musique du duo magique Mike Post et Pete Carpenter, et une formidable distribution. George Peppard, qui faillit louper son rendez-vous avec l'Histoire de la Pop culture en étant remplaçé par John Forsythe sur le pilote de Dynasty (1981), dans le rôle de Hannibal Smith. Dirk Benedict (Galactica) dans le rôle de Futé, Dwight Schultz dans celui de Murdock ainsi qu'un des deux Dieux de cet âge d'or de la télévision américaine (l'autre étant bien sûr David "The Hoff" Hasselhoff): Mr. T, dans le rôle de Barracuda.

Et voici maintenant que nous apprenons que Liam Neeson est en négociation pour jouer Hannibal dans le film (http://www.variety.com/article/VR1118004693.html?categoryid=10&cs=1&nid=2248). Sans vouloir être irrespectueux, Liam Neeson?! Bruce Willis aurait mieux convenu. Bradley Cooper devrait jouer Futé et la production est toujours en quête d'un Murdock et d'un Baraccuda (tuyau aux producteurs pour ce dernier: Mr. T!) Joe Carnahan (Narc) dirigera le film et, d'après Variety, ils ont gardé le concept « mais ont remplaçé le caractère farfelu de la série par un ton plus proche de ceux de "Mission: Impossible" et d' "Ocean's Eleven" ». Permettez moi ici de faire mon Simon Cowell et de cogner sur le buzzer: le "caractère farfelu" faisait tout le sel de The A-Team, qui n'était que Looney Tunes ou Hanna Barbera avec des acteurs en chair et en os, Les Quatre fantastiques façon Universal Television de l'époque. Pas Leverage.

LES DURS, LES VRAIS

En fait la seule personne capable de piloter un remake/revival convenable d' Agence tous risques (à part M. Stephen J. Cannell en personne) est le réalisateur, scénariste et acteur américain Brent Huff. Brent qui? BRENT HUFF (http://www.brenthuffdirector.com/). Pendant que Hollywoodland produit souvent des franchises comme GMC produisait des 4X4 il y a toujours à Hollywood des réalisateurs qui font des films. Huff est connu un peu pour son rôle dans un film français qui s'appellait Gwendoline (1984) et l'homme a eu assez de classe et d'amabilité pour me mentionner ce film dans un mail, ce que j'ai apprécié (comme le mail d'ailleurs). Et son second film en tant que réalisateur, Bad Pack: Ultime combat (The Bad Pack, 1997), est un très sympathique hommage à Agence tous risques.

Des immigrants mexicains d'une ville frontière au Texas sont harcelés par les membres d'une impitoyable milice locale. Les Mexicains envoient deux frères à la recherche d'un homme nommé McQue, un ancien agent secret et mercenaire devenu réparateur de motos, afin de l'engager pour qu'il les protège. Les frères et un jeune entrepreneurr noir particulièrement bavard arrivent à convaincre McQue d'accepter le job et le mercenaire réunit une équipe de spécialistes. Les Sept Mercenaires? Gardons à l'esprit que l'histoire du pilote de The A-Team est du pur Sept mercenaires. Un des membres de l'équipe est un malade échappé d'un hôpital psychiatrique et il y a même un van dans une scène. Quant à la distribution, c'est un rêve pour tous les aficionados des "seconds couteaux": Robert Davi dans le rôle de McQue, Marshall Teague dans le rôle du méchant, Bert Rosario - un visage familier de la télévision américaine depuis plus de trente ans (2), Vernon Wells... Ajoutez les légendes du catch américain Roddy Piper et Jeep Swenson, plus Ralph Moeller et Sven-Ole Thorsen. De la vraie poésie pour amateurs de bons films de série B.

Pourquoi appelle-t-on ça des "films de série B"? Parce qu'on y voit pas de robots géants qui parlent ? Parce que les acteurs de la "Liste A" ne jouent pas dedans? Comme je l'ai écrit dans un commentaire sur Deadline Hollywood Daily, le blog de Nikki Finke, je déteste la notion d'"acteurs de Liste D". Certains de ces soi-disant "acteurs de Liste D" sont de meilleurs acteurs que les stars de la "Liste A" (http://www.deadlinehollywooddaily.com/d-list-actors-diss-al-franken-for-senate/). Le commentaire réagissait à des propos sur... Robert Davi. Dans les limites de son genre, de sa catégorie et de son budget, The Bad Pack est un film distrayant et amusant. Un western moderne, un hommage élégant à Agence tous risques et à certains égards un voyage agréable au pays des bons souvenirs, avec des clins d'oeil aux comic books ou au style des séries américaines des années 1970-1980.

Brent Huff m'a écrit qu'un de ses films récents, Cat City, vient d'être acheté par une chaine française de télévision. Rebecca Pidgeon, Brian Dennehy et Julian Sands jouent dedans et le film fait en ce moment le tour des festivals. J'ai hâte de le voir.

(1) http://leegoldberg.typepad.com/a_writers_life/2009/06/the-plan-is-coming-together.html
(2) Mes titres favoris dans son magnifique CV: Le signe de Justice (Sword of Justice, 1978-1979) et Les 100 vies de Black Jack Savage (The 100 Lives of Black Savage, 1991) - dont les télespectateurs français quadragénaires se souviennent.