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mardi 24 février 2009

ADAPTATION... (LAW & ORDER UK)

Law & Order: UK, chaque lundi sur ITV1, est le dernier format de série télé en date à être adapté hors de son territoire d'origine. Le phénomène n'a rien de nouveau: Hollywood tente régulièrement de transposer des formats britanniques pour le cinéma ou la télévision. Le non-nécessaire Life on Mars du réseau ABC est une récente illustration de ce "bon soin" de l'industrie US, dont les conseils en matière de clonage doivent provenir directement de Michael Drucker (1).

ENVOYEZ LES...

Parfois le mouvement va en sens inverse. Souvenez-vous de The Upper Hand (1990-1996), la version britannique de Madame est servie (Who's the boss)? Et maintenant le vénérable New York District/New York Police judiciaire (Law & Order), monument de la franchise initiée par le producteur Dick Wolf sur le réseau américain NBC en 1990. Depuis que Yo soy Betty la fea (1999-2001), une sympathique telenovela colombienne a été vendue avec succès partout dans le monde pour des remakes locaux (tels que le très surrestimé Ugly Betty aux Etats-Unis, ou le délicieux Le destin de Lisa/Bruno, alias Verliebt in Berlin, en Allemagne) les producteurs ont l'air de croire qu'on peut vendre un format de série télévisée comme on exporte La roue de la fortune.

Ce n'est pas la première fois que Dick Wolf arrive à vendre un Law & Order pour une adaptation locale. TF1 a adapté via Alma, une filiale, Law & Order: Criminal Intent en tant que Paris Enquêtes criminelles pour un résultat assez peu impressionnant. TF1 et Alma avaient aussi adapté la série italienne RIS Delitti Imperfetti (la réponse de l'Italie aux Experts), produite depuis 2004 par Taodue pour Canale Cinque.

Law & Order: UK est une co-production NBC Universal et Kudos, la compagnie à l'origine de classique comme Les Arnaqueurs VIP ou Life on Mars, ou d'une des plus intéressantes séries de 2008: The Fixer. Le casting est prestigieux: Bradley Walsh (Coronation Street), Ben Daniels (The State Within), Jamie Bamber (Battlestar Galactica), Harriet Walter (Raison et sentiments), Bill Paterson (Sea of Souls)... et Freema Agyeman, qui doit avoir plein de cousines lui ressemblant comme deux gouttes d'eau dans chaque série télé du Royaume-Uni. Et Chris Chibnall (Torchwood), scénariste en chef, s'est vu confié la tâche suicidaire de transposer Law & Order pour un public britannique.

DISTRICT INFRANCHISSABLE

Le problème est que Law & Order est probablement la série la moins transposable au monde. A la fois police procedural et court drama, c'est une des productions les plus intrinsèquement américaine jamais réalisée. Depuis l'ambiance reminiscente de Kojak ou d'Homicide jusqu'à cette procédure judiciaire américaine qui imprègne la culture occidentale au point qu'en France des juges sont souvent appelés à tort "Votre Honneur". Pire, lorsque vous achetez un format, vous achetez ses éléments: ici, l'intro (« Dans le système de justice pénale, le peuple est représenté par deux groupes distincts mais d'égale importance... »), le fameux "Dum Dum", ou encore l'heure et le lieux indiqués en bas de l'écran (tellement années 1990). Déplacez ces gimmicks en dehors des séries si brillamment conçues par Dick Wolf, ajoutez-y des acteurs qui tentent de reproduire les attitudes ou les maniérismes de leurs homologues américains, et vous risquez d'obtenir une parodie façon Dead Ringers (2).

Plus fatal, ITV (3) aurait dû se soucier de la façon dont ça s'est passé en France, où le principal reproche fait à Paris Enquêtes criminelles était la copie carbone obligatoire des histoires originales, vues et revues avant la première de la version française. Ce syndrome de la photocopieuse était aussi une des faiblesse du RIS français (http://thierryattard.blogspot.com/2008/01/ris-dlits-trs-imparfaits_29.html), et lorsque TF1 a décidé de montrer l'excellente version italienne le mercredi après-midi (quatre ans après la première diffusion de l'adaptation française), celle-ci a rapidement disparu sans que cela n'émeuve qui que ce soit.

En décembre j'écrivais: « La nomination pour l'Award de "l'escadron suicide" va à Law & Order: UK » (http://thierryattard.blogspot.com/2008/12/itv-hiver-printemps-2008-2009-la-bbc-ou.html). Au moins avons nous droit à un très classe et "West-winguesque" (hein?Je croyais que l'idée générale était de rendre Law & Order britannique) thème générique, et je lis que Juliet Aubrey (Primeval) est en vedette invitée dans un épisode. « Sur que c'est elle qui a fait le coup, Chef».

(1) Le méchant du film A l'aube du sixième jour.
(2) Célèbre et désopilante émission comique de la BBC.
(3) A propos, j'aime beaucoup les dossiers de presse de ITV. Les gens de leur service de presse font vraiment un très bon boulot (http://www.itv.com/documents/doc/L&O%20PP.doc).

samedi 12 juillet 2008

INGRID EN VACANCES...

Votre fidélité, chers lecteurs, méritant d'être récompensée, Ingrid (celle du grand Hitch bien sûr...) fera des apparitions durant le break estival de votre taulier plein de gratitude.

IS THERE LIFE ON MARS?

La grande journaliste et bloggeuse américaine Nikki Finke, spécialiste de l'industrie de l'Entertainment et lecture corporative favorite de celui qui tient cette humble maison, a obtenu un memorandum daté du 24 juin émanant d'un des vice-présidents exécutifs du réseau américain de télévision ABC qui d'après elle serait ni plus ni moins qu'une incitation manifeste à piocher dans des formats de programmes étrangers sans en prendre les couteuses licences (http://www.deadlinehollywooddaily.com/bombshell-abc-studios-memo-a-blueprint-to-rip-off-foreign-tv-series/)

Rappelons qu'ABC est le réseau qui diffuse aux Etats-Unis Ugly Betty, adaptation américaine de la novela colombienne Yo soy Betty la Fea (adaptée en Allemagne en tant que Le Destin de Lisa/Bruno) et qu'il travaille au lancement, non sans difficultés, de la version US de la série britannique Life on Mars (http://thierryattard.blogspot.com/2008/06/life-on-mars-saison-1.html).

Votre serviteur a fait remarquer en commentaire que la télévision britannique produit les meilleures séries au monde: Doctor Who, Primeval, Jekyll, The Fixer, Lewis... et que leur mode de diffusion sur le territoire américain laisse par nature le champs libre à de futures adaptations par les grands networks. Un commentateur du nom de Dan Zee a avec beaucoup d'humour fait part de la liste des prochaines adaptions d'ABC, dont:

- Docteur Quoi: un Roi du Temps, voyageur temporel, vient sur Terre dans une machine camouflée en distributeur de journaux pour combattre une race démoniaque de cyborgs appelés les Darthleks. Le turn-over de son casting de compagnons aidera à contenir les coûts de production par le remplacement de ceux qui demandent une augmentation.

- Mr Pea: Série de sketches hebdomadaires sur Monsieur Pea, un enfant dans un corps d'adulte. Il s'attire des ennuis dont il se sort de manière ingénue. Il parle rarement et lorsqu'il le fait c'est en marmonnant, ce qui réduira le coût des doublages pour les ventes à l'étranger.

Dan, you're the best...

UNE VERSION EN ENFER?

La saison 4 de Doctor Who (http://alaincarraze.blog.canal-plus.com/archive/2008/07/04/docteur-qui.html#comments), série avec laquelle on vous a rebattu les oreilles (enfin, les yeux...) ici vient de s'achever au Royaume-Uni, tandis qu'il y a plusieurs semaines sortait en France le coffret archi-minimaliste de la saison 3 (http://www.canalplus.fr/cid124234-doctor-who-saison-3.html).

Le doublage de la nouvelle saison devait commencer la semaine dernière chez Dubbing Brothers à Bruxelles, sous la direction de l'excellent David Macaluso. Or les comédiens belges qui font du doublage sont en grève pour la signature d'une convention qui traite de différents points dont la rémunération et les conditions de travail (http://www.facebook.com/group.php?gid=50593660351). La plupart des sociétés belges du secteur ont, nous dit-on, signé la convention, mais selon nos sources deux sociétés des plus importantes, la filliale belge de Dubbing Brothers et Dame Blanche/Agent Double, ne l'ont pas fait et Dubbing Belgique est en vacances.

Sans entrer dans le fond de la discussion ni remettre en cause quelque décision entrepreneuriale que ce soit, pour ce qui concerne le doublage de la saison 4 de Doctor Who il eut été dans l'idéal préférable que la série ne change pas de mains. Or il y a de fortes probabilités que cette saison soit dans l'état actuel des choses (au moment de la rédaction de cette note) traitée en France.

Les fans français, satisfaits du doublage de la saison 3 - auquel nous avons modestement contribué - après deux ans de dent dure, sont assez inquiets (http://www.doctor-who.fr/). Votre taulier suivra avec intérêt les réactions au moment de la diffusion en France et l'impact éventuel du doublage sur les ventes du coffret français de la saison 4 (s'il y en a un et si comme cette année il ne comporte pas de VO).

DELITS PRESQUE PARFAITS

Pour terminer trois recommandations télé: deux séries britanniques et une française. France 2 diffuse pour la première fois en hertzien gratuit, le dimanche à 23h15, la première saison de l'excellente série MI-5 (Spooks), la meilleure série d'espionnage jamais réalisée avec La Taupe. Créée en 2002, elle raconte les missions des agents du service de sécurité du Royaume-Uni et l'impact de ces missions sur le peu de vie personnelle qu'ils arrivent à grapiller - particularité: nul n'est à l'abri d'une fin de contrat précoce. Une production Kudos (Les Arnaqueurs VIP, Life on Mars, The Fixer), la ITC du 21ème siècle, pour BBC One, qui est d'abord passée par les cases Canal Plus(laquelle diffuse actuellement la saison 6) et Paris Première.



A propos de Paris Première, cette chaîne très agréable du câble diffuse le mercredi à 20h50 Les Mystères de Sherlock Holmes (Murder Rooms), une série de téléfilms diffusés entre 2000 et 2001 sur BBC One. Le concept de David Pirie est très original: Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes, est étudiant en médecine lorsqu'il croise le chemin du docteur Joseph Bell, pathologiste (qui a véritablement existé). Ensemble ils enquêtent sur des crimes à l'aide de la science d'une médecine légale naissante. C'est le grand Ian Richardson, éternel Francis Urquhart dans la trilogie Château de cartes, qui joue le rôle de Bell.

Le doublage est excellent, la série magnifique. A ne pas rater? Vous êtes libre de le croire mais je ne puis faire de commentaire...

TF1 rediffuse le jeudi soir R.I.S. Police scientifique (http://thierryattard.blogspot.com/2008/01/ris-dlits-trs-imparfaits_29.html), adaptation française de la série italienne RIS Delitti Imperfetti, depuis la saison 1. Ce qui permet de retrouver en vedette un des plus grands acteurs français contemporains, Jean-Pierre Michaël, dans le rôle du taciturne Marc Venturi. Plutôt que de se gausser une énième fois de prétendus « experts à la française » (la franchise CSI n'ayant elle-même rien inventé), on appréciera de nouveau la volonté d'essayer de produire pour le hertzien en clair une fiction française intéressante. Et nous attendons avec impatience les scores d'audience des rediffusions de la saison 2 et de la saison 3, la 3 ayant vu le remplacement de Jean-Pierre Michaël par Philippe Caroit.

Malicieux? Vous êtes libre de le croire mais...

mardi 29 janvier 2008

R.I.S. DELITS TRES IMPARFAITS...

La fiction télé américaine est comateuse, seul le câble la maintient en vie. La télé britannique produit les meilleures séries aux mondes – exception faite de Hôtel Babylon (ce qui se passe à Vegas ne devrait pas sortir de Vegas). La fiction télé allemande se cherche et la fiction télé hexagonale est, paraît-il, en crise. Aussi, lorsque R.I.S. Police scientifique a été lancé début 2006 sur TF1 tous les espoirs étaient-ils permis. Le paysage fictionnel français coins carrés se résumait aux policiers séculaires de la chaîne et aux avocats, commissaires, travailleurs sociaux et brocanteurs de France Télévisions. Seule M6 manifestait un peu d’ambition avec un Jeff et Léo, flics et jumeaux digne de produits de la BBC comme Mon ami le fantôme (la version 2000) ou Les Arnaqueurs VIP.

R.I.S. RECHERCHE INNOVATION EN SERIE

Les intentions de TF1 étaient louables : essayer d’imposer un format plus moderne de série policière – 52 minutes contre les 90 de rigueur – dans le ton de la référence actuelle du genre et méga-carton de la chaîne, à savoir la franchise CSI (Les Experts Las Vegas, Les Experts Miami, Les Experts Manhattan, Les Experts Cardiff, Les Experts face à son destin…) La méthode pour y arriver était astucieuse : l’achat et l’adaptation française par TF1 et Alma Productions d’une série policière italienne, RIS delitti imperfetti, produite par la société Taodue (Distretto di Polizia, diffusée en France sur TF1) et diffusée depuis 2004 dans son pays d’origine sur la chaîne Canale Cinque.

Peu importe que la source de R.I.S. Police scientifique (adapté du format et des épisodes italiens par l’équipe de Stéphane Kaminka pour Alma) soit CSI ou une série plus européenne. Les Experts et ses avatars officiels sont loin d’être originaux: en 1989 une série de Stephen J. Cannell intitulée Unsub mettait en scène une équipe d’experts légistes et scientifiques du FBI mais ce fut un échec. Mieux, CSI tire beaucoup de ses codes formels de Walker Texas Ranger. Non, l’atout majeur de la version française de RIS delitti imperfetti, sa principale innovation était dès le départ le casting de son acteur principal: Jean-Pierre Michaël – dans le rôle du taciturne et tourmenté capitaine Marc Venturi, chef du R.I.S. (1). Michaël, ancien sociétaire de la prestigieuse Comédie-Française, comédien à l’impressionnante carrière théâtrale (et artiste en doublage émérite) avait joué quelques rôles secondaires à la télévision avec la justesse et la subtilité dont cet homme courtois, discret, attentif et intègre, est coutumier, avant de se faire remarquer en 2005 du grand public et des décideurs dans un docu-fiction de TF1 intitulé Ils voulaient tuer de Gaulle (où il interprétait Bastien-Thiry).

Le charisme et le talent de ce comédien le classent d’office dans la même catégorie que des acteurs britanniques comme John Simm (Life on Mars), Jimmy Nesbitt (Jekyll) ou David Morrissey (State of Play) – pourquoi toujours chercher des références dans l'annuaire de l’Actors Studio ?

R.I.S. DELITS PRESQUE PARFAITS

La saison 1 de R.I.S. Police scientifique (8 épisodes diffusés en 2006) empruntait fatalement à certaines séries américaines leurs tics, tels cette agaçante virgule façon 24, les flashbacks esthétisants et des lunettes de soleil à la David Caruso pour Jean-Pierre Michaël dans un épisode. En outre, le concept américain et la série française partageaient un certain goût pour la pulvérisation sans vergogne des limites de la crédibilité mais c'est la loi du genre. Ce qui était plus préoccupant en revanche, c’était cette adhérence systématique (cahier des charges contractuel oblige ?) aux épisodes italiens. Voir cette histoire en deux parties, copie-carbone de la version italienne, ce qui ternissait une mise en scène impeccable côté français et même si, sur cette saison, la transposition de l’arc du « bomber » d’un pays à l’autre était plutôt réussie sur la forme.

D’ailleurs l’arc du terroriste mélomane était narrativement plus attrayant que des scenarii oscillant entre le « qui » et le « comment » du meurtre avec un vernis de « techno-blabla » indispensable depuis que Grissom et ses collègues sont arrivés sur les petits écrans français. Le tournage dans Paris et en banlieue parisienne avait un côté presque citoyen en ces temps de délocalisations et la musique du générique de la série évoquait agréablement le générique de la saison 4 du Caméléon (le générique italien, lui, rappelant plus celui de Distretto di Polizia).

L’ensemble de la distribution réunie autour de l’acteur – Pierre-Loup Rajot (Hugo Challonges), Aurélie Bargème (Nathalie Giesbert), Stéphane Metzger (Malik Berkaoui), Barbara Cabrita (Julie Labro) et Coraly Zahonero (Allessandra Joffrin) – cumulant expérience, jeunesse et charme, fonctionnait assez bien même si le format de la double enquête ne facilitait pas l’interaction de personnages plutôt bien développés, à l’exception de ceux joués par Claudia Tagbo et Laurent Olmedo (leurs talents de comédiens ne sont absolument pas en cause).

R.I.S. PORTE DISPARU

Avec des atouts pareils sur une chaîne où l’âge moyen des séries policières françaises était alors d’une quinzaine d’années, un style pas novateur mais rafraîchissant, un des plus grands acteurs français actuels comme vedette, et un casting amical, R.I.S. Police scientifique avait tout pour faire des scores d’audience dignes de l’effort fourni par TF1 et la production et ce fut le cas, malgré des critiques plutôt vives. La série fut donc renouvelée en 2007 pour une saison 2 (12 épisodes) tournant autour d’un nouvel arc, concernant l’épouse de Venturi – que ce dernier croyait décédée.

Des acteurs à l’aise dans leurs marques, des intrigues toujours aussi invraisemblables mais plus élaborées , un peu d’action (une cascade de Venturi effectuée par Jean-Pierre Michaël lui-même), une réalisation efficace – particulièrement celle de Klaus Biedermann (réalisateur en Allemagne d’un Tatort devenu un classique, et en France de Sniper, un excellent thriller télé) et même un peu plus d’humour. L’audience de la saison 2 baisse après un excellent démarrage, mais sans doute était-ce inévitable après les cimes de la saison précédente bien que le début de cette saison soit aussi intéressant que la première.

Le problème c’est que dans un environnement télévisuel où des séries comme 24 heures chrono scotchaient alors encore le télespectateur et tandis que les Britanniques affirmaient leur leadership créatif sur la fiction télé, on était en droit d’attendre un peu plus d’audace de la part de R.I.S. Police scientifique, surtout avec un acteur principal qui serait capable de jouer Richard III ou Jack Bauer sur demande. Peut-être la série aurait-elle gagné à s’affranchir complètement de son modèle italien et la production à laisser plus de champ à sa vedette.

La série obtient une saison 3 au terme d’un cliffhanger spectaculaire quoique gâché où Venturi se retrouve face à sa femme. Mais le vrai cliffhanger a lieu en coulisses… lorsque Jean-Pierre Michaël, insatisfait de l’évolution de son personnage, annonce qu’il quitte la série alors que le tournage de la nouvelle saison doit commencer en avril 2007.

R.I.S. SAISON 3 (C’EST ECRIT DESSUS)

Philippe Caroit (à la télévision : Coplan, Les bœufs-carottes et bien d’autres choses dont des séries internationales comme Force de Frappe ou L’immortelle) a la tâche difficile de remplacer Michaël en urgence dans le rôle du nouveau chef du R.I.S., le capitaine Gilles Sagnac. Le premier épisode de la saison 3, qui en comporte 10, est diffusé sur TF1 le 24 janvier 2008. On ne peut s’y tromper, comme l’année précédente, le logo de la série est frappé au générique (celui de cette année est visuellement très réussi) du numéro de la saison !

Sagnac débarque sans aucune explication et inter-agit avec les membres de son équipe comme si Venturi n’avait jamais existé. « Nous avons opté pour une ellipse temporelle. Cette saison démarre quelques mois après la deuxième » explique la production à la journaliste Olivia Moulin dans le magazine TV Grandes chaînes (24 janvier) donc, exit la résolution du cliffhanger de la saison précédente et ses conséquences quant aux relations entre Marc Venturi et Julie Labro. Quant à Nathalie Giesbert, elle vire presque « groupie » du nouveau venu. Quelques séries contemporaines ont prouvé que la règle « Un seul être vous manque… » ne s’applique pas aux concepts solides. Mais le départ de Jean-Pierre Michaël met au minimum en lumière les faiblesses du début de cette nouvelle saison.

Gilles Sagnac arrive avec ses méthodes, il est plus expansif que son prédécesseur mais a pour mandat implicite de rationaliser la gestion du R.I.S. Un personnage a priori antipathique à la Gregory House ? Non, finalement il ne veut supprimer aucun poste dans son équipe et propose sa tête à ses supérieurs. Par ailleurs, toutes les traces d’un éventuel antagonisme avec Hugo s’évaporent dès le deuxième épisode de la soirée. Alors que reste-t-il ? Le R.I.S. a un nouveau chef pour piloter des enquêtes toujours aussi invraisemblables et point barre. Il faudra attendre néanmoins d’en voir plus pour se prononcer sur la qualité des scripts de la cuvée 2008.

Sur le plan de l’ambiance générale, tout le monde semble un peu perdu mais ce qui est plus gênant c’est cette pratique transposée des hits U.S. qui consiste à caviarder l’épisode de chansons pour mettre l’emphase sur certaines scènes. Sauf qu'ici point de special products poly-multi carbonisés (qui n’a pas entendu la même chanson de Jeff Beck, Coldplay ou des Stones dans trois de ses séries préférées ?) mais des chansons originales… en anglais, procédé utilisé auparavant dans la série L’Hôpital. Comme si cette musique incidente très Massive Attack ne suffisait pas.

TF1 a semblé croire pendant un moment – pourquoi pas, après tout – que le salut de la fiction télé française résidait dans l’émulation des grands succès américains (L’Hôpital, Paris enquêtes criminelles…). France Télévisions rêve de BBC mais les séries de la BBC à la française c’est Canal Plus qui les propose : Engrenages, Sécurité Intérieure, Scalp… Alors, R.I.S. Police scientifique belle occasion manquée ? Le premier épisode diffusé le 24 a très bien fonctionné en audience, attendons donc la suite…

(1) Recherches Investigations Scientifiques.

http://www.jpmichael.fr/ (Site officiel de Jean-Pierre Michaël)
http://jeanpierremichael.hautetfort.com/ (Son blog)
http://org-www.tf1.fr/lachaine/series/ris/ (Le site officiel de la série)