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dimanche 1 octobre 2017

LE MOIS DERNIER SUR CE BLOG (OU PAS)

Donc..
 
CRITIQUES

- La Clinique de la Forêt-Noire 3 (Première moitié de la S2, Koba Films):


INFOS

- L'intégrale des Minichroniques de Goscinny (French Region 2 DVD)

https://tattard2.blogspot.fr/2017/09/les-minichroniques-de-rene-goscinny.html

PENDANT QU'ON Y EST...

J'ai détesté les deux premiers épisodes de Star Trek: Discovery. Contrairement à mes habitudes (la patience n'est pas une de mes vertus, je le crains), je vais attendre l'arrivée de Jason Isaacs pour avoir un avis définitif sur cette nouvelle série Star Trek. Parce que c'est Star Trek.

J'adore la version 2017 de La Bande à Picsou (DuckTales). C'est la réponse américaine à Danger Mouse 2015. Et le choix de David Tennant pour la voix de Scrooge McDuck (Picsou) est purement et simplement génial.

dimanche 10 mai 2009

PAS LE STAR TREK DE VOTRE PERE

Frank Collins nous propose un formidable article à propos du Star Trek réalisé par J.J. Abrams, sur son blog Cathode Ray Tube(http://cathoderaytube.blogspot.com/2009/05/star-trek-imax-manchester.html). Un blog que j'adore et j'aurai toutes les peines du monde à le nier vu que... Et bien, vous verrez (merci encore pour ça, Frank).

Personnellement, j'ai été pour le moins intrigué - et c'est un euphémisme - par certaines déclarations d'Abrams (http://www.digitalspy.co.uk/movies/a155165/jj-abrams-trek-felt-camp-and-silly.html ou http://www.digitalspy.co.uk/movies/a147927/abrams-new-star-trek-not-for-trekkies.html) ou par le "Ce n'est pas le Star Trek de votre père". Mais l'homme est responsable de ce que je considère être un des meilleurs thrillers d'action jamais réalisé, Mission Impossible III (le plus fidèle à la série télévisée de 1966), donc mon vote sera un vote de confiance - je n'ai pas encore vu le nouveau Trek.

Le choix de faire découvrir la franchise à un nouveau public, plus jeune, tout en respectant les films originaux semble payer au box office si on en croit l'analyse de Nikki Finke dans Deadline Hollywood Daily (http://www.deadlinehollywooddaily.com/weekend-prediction-star-trek-65m/) - lisez Nikki pour suivre l'évolution de la situation. Maintenant on peut imaginer que les studios concurrents de Paramount vont donner leur feu vert à des projets similaires: un reboot de Lost In Space avec un acteur de la RSC dans le rôle du Docteur Smith, un remake de Planète interdite avec le casting de Chuck (slogan: "Ce n'est pas le Planète interdite de votre grand-père"), Andromeda - Le film, ou l'agent 007 pourrait aller dans l'espace... euh, non, c'est déjà fait. Un jour, les lemmings voleront.

Comme il se trouve que je suis père de famille et que j'apprécie Star Trek, permettez moi de mentionner mon entretien de 2005 avec Monsieur Nicholas Meyer, auteur des deux meilleurs films de la franchise (http://thierryattard.blogspot.com/2008/05/nicholas-meyer.html). Mais le seul reboot que ma fille peut prendre en considération pour le moment c'est la nouvelle série de Oui-Oui.

Post-scriptum: Vous trouverez la fiche du doublage français de Star Trek sur le blog du site La Gazette du doublage (http://www.objectif-cinema.com/blog-doublage/index.php/2009/05/05/165-les-origines-de-star-trek).

lundi 2 février 2009

PUBS SUPERBOWL XLIII (TRAILER ADDICT)

Une poignée de liens vers les habituelles pubs du Superbowl pour les blockbusters pré-estivaux et estivaux. Trouvé sur Trailer Addict (http://www.traileraddict.com/):

http://www.traileraddict.com/trailer/angels-anf-demons/super-bowl-spot
http://www.traileraddict.com/trailer/fast-and-furious-2009/super-bowl-spot
http://www.traileraddict.com/trailer/transformers-2/super-bowl-spot

Les trois favoris de votre humble serviteur...

Land of the Lost (http://www.traileraddict.com/trailer/land-of-the-lost/super-bowl-spot) - Remake de la série télé de 1974 (classique déjà réactualisé en 1991). Ca ressemble à un autre Nuit au musée, mais Will Ferrell semble au mieux de sa forme - j'adore la réplique sur « l'argent des contribuables ». Il sera intéressant de voir comment le film sera "marketé" en France, car les deux séries télé sont complètement inconnues ici.

La Montagne ensorcelée (Race to Witch Mountain) [http://www.traileraddict.com/trailer/race-to-witch-mountain/super-bowl-spot] - Ne riez pas, je suis un grand fan de la "franchise" Witch Mountain (tout est "franchise", de nos jours...): les deux films des années 1970 plus les deux téléfilms. Appelez ça un effet Madeleine de Proust, mais je veux voir ce qu'ils en ont fait. Les deux Witch Mountain d'origine ont été complètement oubliés en France.

Là-Haut (Up) [http://www.traileraddict.com/trailer/up/super-bowl-spot] - De manière générale, j'en ai assez de l'animation digitale, spécialement avec des animaux ou autres créatures qui parlent. Après Les Indestructibles (le meilleur James Bond de ces dix dernières années), j'avais espéré qu'il y aurait plus d'humains dans ce type de produits. J'aime bien le vieux bonhomme grincheux ainsi que le teaser de cette production Disney-Pixar.

A propos de marketing en France, votre humble serviteur suivra avec le plus grand intérêt la promotion de GI Joe: Le réveil du Cobra (GI Joe: Rise of the Cobra) [http://www.traileraddict.com/trailer/gi-joe/super-bowl-spot] ici. Quand j'étais plus jeune, Superman a sauvé la Tour Eiffel d'une bombe (à hydrogène? Ca me donnera un prétexte pour revoir Superman II...) Voilà maintenant que la tour tombe après avoir été recouverte de Dieu sait quoi - vivre loin de Paris a ses avantages. Et ils vont devoir sérieusement "booster" la marque de jouet sur notre territoire avant la sortie du film, car je n'ai jamais vu un de mes neveux avec un personnage de GI Joe.

Star Trek (http://www.traileraddict.com/trailer/star-trek-xi/super-bowl-spot)? Et bien, Mission: Impossible III, réalisé par Abrams, est un des meilleurs thrillers d'action de l'Histoire du cinéma. Mais j'ai quelques difficultés à apprécier ce que je vois de ce "reboot". C'est probablement pour ça que j'aime bien le vieux bonhomme grincheux de Là-Haut (http://www.traileraddict.com/trailer/up/super-bowl-spot-ii)...

jeudi 15 janvier 2009

PARTIS POUR L'ÎLE FANTASTIQUE

Il y a certainement de meilleures manières de se lever le matin, surtout lorsqu'on se lève tôt, que d'apprendre ce genre de nouvelles: Ricardo Montalban, 88 ans, et Patrick McGoohan, 80 ans , nous ont quitté.

Patrick McGoohan devint une superstar de la télé au cours des années 1960, avec le rôle de l'agent secret John Drake dans Destination danger (Danger Man/Secret Agent) (1), avant de co-créer, de produire et d'écrire certains épisodes de la série qui fit de lui une légende: Le Prisonnier (The Prisoner,1967). On se rappelle aussi de McGoohan pour ses participations à Columbo, ainsi que pour le directeur de la prison dans L'évadé d'Alcatraz (Escape from Alcatraz, 1979).

A propos de légende, Ricardo Montalban est connu de la génération de votre humble serviteur pour son personnage de Khan Noonien Singh dans un épisode de Star Trek, rôle qu'il reprit avec brio dans le film Star Trek II: La colère de Khan (Star Trek II: The wrath of Khan, 1982), le film de Nicholas Meyer (http://thierryattard.blogspot.com/2008/05/nicholas-meyer.html). Mais c'est sans nul doute L'Île fantastique (Fantasy Island, 1978-1984), et son rôle de Monsieur Roarke, qui le firent rentrer dans l'Histoire de la télévision.

« Comment je me sens? Vieux... » (James T. Kirk, Star Trek II: La colère de Khan)

(1) http://quantumofbond.blogspot.com/2009/01/mcgoohan-patrick-mcgoohan.html

samedi 14 juin 2008

MICHAEL « BULLY » HERBIG (DER SCHUH DES MANITU & (T)RAUMSCHIFF SURPRISE - PERIODE 1)

Remerciements à Stephan PEYERL

Le comique Michael Herbig - plus connu sous son surnom de « Bully » - est une immense vedette en Allemagne, où il est l’équivalent de Mike Myers, Alain Chabat et Mel Brooks réunis. Ses émissions de télé sont très populaires et ses films à très gros budgets explosent les records historiques du box office allemand.

La Chaussure de Manitou (Der Schuh des Manitu) et (Astro)Croisière Surprise - Première époque ((T)raumschiff Surprise - Periode 1), respectivement parodies des Winnetou et de Star Trek sont deux monuments du comique cinématographique.

Michael Herbig, plus jeune vous souhaitiez entrer à la Münchener Filmhochschule, une grande école de cinéma. Vous vouliez déjà être réalisateur ?

Michael Herbig : Malheureusement ma candidature a été rejetée par cette école. Je suis donc un parfait autodidacte et tel est le cas depuis plus de 24 ans. En fait, j’ai commencé à faire des films à l’âge de 12 ans. On peut dire que j’ai quasiment inventé le style « Dogma » à cette époque : pas d’éclairage, pas de son et une caméra secouée.

Quels sont vos films et réalisateurs préférés et pourquoi ?

Michael Herbig : En principe lorsque je paye ma place de cinéma je veux voir du spectacle, je veux être diverti. J’aime les vieux films d’Hitchcock. C’est en regardant Psychose et Les Oiseaux que j’ai voulu être metteur en scène. J’admire aussi Steven Spielberg et Robert Zemeckis. E.T. et Forrest Gump figurent définitivement parmi mes films favoris.

Votre carrière a démarré avec une émission de radio du matin Langemann und die Morgencrew, diffusée sur une station locale à Munich. Pourriez-vous nous dire ce que vous faisiez dans cette émission ?
Michael Herbig : Après mon rejet de l’école de cinéma, je me suis retrouvé dans le business de la radio, mais sans vraiment me considérer comme un présentateur ou un journaliste. J’ai commençé à développer ma première série comique. En 1991, j’ai démarré l’émission du matin en tant que co-animateur et humoriste et j’en ai assuré la production jusqu’en 1995.

Est-ce que la radio est un bon entrainement pour acquérir le sens du timing et celui de la situation nécessaires à la comédie ?

Michael Herbig : Pour moi l’émission quotidienne de radio était effectivement l’entrainement idéal pour acquérir le timing et développer des personnages. Il s’agissait en quelque sorte de « films pour les oreilles » !

Qu’avez-vous fait après la radio et avant de rentrer dans l’univers de la télévision ?

Michael Herbig : En réalité j’ai démarré la télé parallèlement à mon travail en radio. Quand l’émission de télévision Bullyparade a débuté sur la chaîne ProSieben en 1997, je produisais encore une émission comique hebdomadaire diffusée nationalement à la radio.

Il y a en Allemagne un style comique très proche de l’esprit d’une émission comme Saturday Night Live, avec un grand sens parodique. Avez-vous des références dans ce type d’humour ?

Michael Herbig : J’ai grandi avec les films de Mel Brooks ou bien ceux du trio Zucker/Abrahams/Zucker, tels que Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Ces films correspondent parfaitement à mon sens de l’humour et m’ont certainement influencés et inspirés.

Votre premier succès à la télévision allemande a été l’adaptation de votre série radiophonique Die Bayern Cops...

Michael Herbig : Die Bayern Cops fut d’abord une série de sketches pour la radio - 800 épisodes de 2 minutes chacun en tout. Plus tard on a tourné 75 épisodes sous le titre Die Männer von Isar 3 pour une chaîne de télé régionale. La série racontait les mésaventures de deux sympathiques policiers dont le principal souci quotidien était d’éviter à tout prix quelque mission que ce soit.

Je suis très fier car cela faisait même rire les policiers de Munich.

En 1996 vous avez créé la herbX Medienproduktion GmbH, votre compagnie de production.

Michael Herbig : La première production majeure de ma société a été la première saison de l’émission comique Bullyparade pour ProSieben. J’ai créé cette compagnie essentiellement pour pouvoir travailler en toute tranquillité (rires).

Bullyparade est une grande émission comique où sont nés les personnages de vos films La Chaussure de Manitu et (Astro)Croisière Surprise - Première époque. Sur cette émission vous avez travaillé avec une merveilleuse équipe d’humoristes, dont Christian Tramitz et Rick Kavanian. Comment avez-vous rencontré ces derniers ?

Michael Herbig : Je connais Rick Kavanian depuis près de 18 ans. Nous sommes de très bons amis, nous avons le même sens de l’humour et - cerise sur le gâteau - nous apprécions de travailler ensemble. Lorsque Rick est parti durant un an à New York en 1995 je lui ai cherché un remplaçant pour Die Bayern Cops et j’ai engagé Christian Tramitz, avec lequel je me suis très bien entendu.

Quand Rick est revenu c’est tout naturellement que nous nous sommes mis à travailler en trio. Ca a été le début de Bullyparade. On travaillait sur ce qui nous amusait.

Vous avez dirigé le tandem comique Erkan & Stefan [Erkan Maria Moosleitner et Stefan Lust, sortes de Eric et Ramzy allemands, NDA] dans leur premier film, intitulé... Erkan & Stefan, une espèce de croisement entre Wayne’s World et James Bond. Comment vous êtes vous retrouvé à la tête d’une production cinématographique de cette taille ?

Michael Herbig : Jusque là je n’avais dirigé que des sketches, pas de film. Un jour, le producteur Philip Voges m’a offert de réaliser Erkan & Stefan. Voges aimait tellement les sketches de Bullyparade qu’il était confiant dans le fait que je pourrais m’occuper d’un long métrage. C’était une merveilleuse opportunité et encore aujourd’hui je suis très content que tout ce soit aussi bien passé.

La Chaussure de Manitu est plus qu’une parodie, c’est un hommage à un genre et à des influences cinématographiques majeures. Est-ce qu’il était important pour vous de faire un film appréciable autant en tant que parodie que comme un western, même si particulier ?

Michael Herbig : Les principaux personnages étaient déjà très connus grâce à l’émission Bullyparade, mais les sketches avaient un look assez pauvre. Il était capital pour moi dès le début que la version grand écran ressemble à un véritable western. Des acteurs crédibles évoluant dans des extérieurs crédibles, un grand orchestre, le Cinemascope. Tout sauf les décors très trash des sketches télé !

L’idée de base était de mettre deux charmants personnages dans un contexte où il n’ont en principe rien à faire.

Un comique comme Mike Myers était étonnant dans Studio 54. Aimeriez-vous interpréter un rôle « sérieux » ou diriger un film non comique voire plus intimiste ?

Michael Herbig : Pour le moment je me sens chez moi dans le monde de la comédie. Sans parler du fait qu’il s’agit toujours, même avec la comédie, de spectacle, de divertissement et d’émotions. Qui sait, peut-être qu’un jour je tournerai un thriller. Coller les spectateurs à leur siège, leur donner des sueurs froides peut aussi être drôle.

(Astro)Croisière Surprise - Première époque est votre dernier film en date. Votre cible principale y est l’univers de Star Trek, si apprécié en Allemagne qu’il y eu même un Star Trek germanique avec Commando spatial (Raumpatrouille Orion). D’après vous pourquoi Star Trek est-il si populaire dans les pays de langue allemande ?

Michael Herbig : Probablement parce que c’est rediffusé sans interruption depuis 40 ans.

Après un énorme succès comme Manitou, il a dû être difficile de choisir le sujet de votre film suivant. Pourquoi (Astro)Croisière et pas Sissi, autre icône passée à la moulinette de la Bullyparade ?

Michael Herbig : (Astro)Croisière Surprise - Première époque est le premier film au monde choisi démocratiquement ! J’ai laissé le public de Bullyparade voter par internet pour choisir quel film je devrais faire (1). Si (Astro)Croisière Surprise avait été un échec, j’aurais pu dire que ce n’était pas ma décision (rires).

Avez-vous vu des parodies françaises comme La Tour Montparnasse Infernale et Asterix et Obelix : Mission Cléopâtre ? Connaissez-vous le comique français Alain Chabat et son travail pour la télévision et le cinéma ?

Michael Herbig : Je connais bien sur le Asterix mais je dois confesser que je n’ai pas souvent l’occasion de voir ce qui se fait à la télé française. Pour ce qui est du comique cinématographique français j’aime beaucoup les films de Louis de Funès !

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Michael Herbig : En ce moment ? Je prépare les cadeaux de Noël.

Le réalisateur Frank Coraci (Le Tour du monde en 80 jours) nous a expliqué que pour lui la comédie est l’art de créer un effet comique auquel on ne s’attend pas. Quel est votre propre définition de l’art de la comédie ?

Michael Herbig : On peut rire de tout et de tout le monde tant que les gens que cela concerne peuvent en rire eux aussi. La comédie ne devrait jamais être offensante.

(1) Le public devait choisir entre La Chaussure de Manitu 2, Sissi – les années ménopausées d’une impératrice, Un film dont personne n’attend rien et (Astro)Croisière Surprise !

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/06/michael-herbig.html

(Entretien réalisé en 2004)

vendredi 30 mai 2008

NICHOLAS MEYER

Nicholas Meyer est sans conteste un des artistes les plus importants du cinéma américain : romancier, scénariste, réalisateur, producteur, il a revisité avec intelligence le mythe de Sherlock Holmes, laissé son empreinte à la franchise Star Trek et marqué l'histoire de la télévision avec Le jour d'après, sa vision de l'apocalypse nucléaire. Adaptateur de Philip Roth, cet homme d'art et de culture nous accorde un entretien.

Nicholas Meyer, vous êtes définitivement un maître dans l'art de raconter des histoires. Quand avez-vous décidé de concevoir vos propres histoires. Quels livres vous en ont donné l'envie ?

Nicholas Meyer : J'ai commencé à m'intéresser à l'art de raconter des histoires en écoutant les histoires que mon père me lisait le soir avant que je ne m'endorme: cela allait de Winnie l'Ourson aux contes de fée des frères Grimm en passant par Histoires comme ça de Kipling et plus tard les mythes grecs. Vers l'âge de cinq ans je dictais mes propres histoires à mon père ; après deux années à faire ça comme passe-temps il m'a dit que je devrais écrire ces histoires moi-même et j'ai toujours procédé ainsi depuis.

Quels sont les films qui vous ont influencé ?

Nicholas Meyer : L'Opéra des gueux de Peter Brook, Henry V (tous deux avec Laurence Olivier ce qui est important), les Marx Brothers, les films de gangsters de la Warner Brothers, Le Tour du monde en 80 jours et une liste sans fin qui comprend Woody Allen, Hitchcock, Ford, John Huston (mon réalisateur américain favori), Louis Malle, etc...

Habituellement un raconteur d'histoire aime écouter, lire et regarder de bonnes histoires...

Nicholas Meyer : Mes goûts en matière d'histoires sont catholiques et éclectiques et tel est le cas avec ces metteurs en scène. Je ne me suis jamais soucié du fait que les histoires soient drôles ou sérieuses, si elles se passent dans le présent, si elles sont historiques ou si elles relèvent de la science-fiction. Tout ce qui m'intéressait c'est qu'elles soient de bonnes histoires.

Ma définition d'une bonne histoire est qu'une fois que vous l'avez entendue vous comprenez pourquoi quelqu'un a voulu vous la raconter. Henry James a dit que le moins que vous puissiez faire avec une œuvre d'art c'est qu'elle soit intéressante ; et que le plus que vous pouvez exiger et qu'elle vous remue.

Comment votre père et sa profession puis plus tard vos professeurs à l'Université de l'Iowa ont-ils contribué à l'édification de votre personnalité culturelle ?

Nicholas Meyer : Mon père était un psychanalyste, dont la principale préoccupation était donc par définition le comportement humain. Pourquoi et comment les gens font ce qu'ils font. Lorsque je l'écoutais parler de la recherche d'indices sur les raisons qui font que les gens se comportent comme ils le font parfois, cela me rappelait irrésistiblement Sherlock Holmes, une association qui m'a mené finalement à écrire le roman La Solution à 7% et qui a constitué une motivation qui m'aide dans ma façon d'écrire. L'Université de l'Iowa m'a enseigné la technique et le savoir faire. Tandis que le génie n'a pas besoin d'instruction, il y a fort à parier que le reste d'entre nous devra utiliser un peu d'aide. Avant l'Iowa je faisais les choses par intuition et par inspiration mais les deux ne m'ont pas réussi, je ne savais pas faire l'analyse (ce mot encore !) de ce qui ne fonctionnait pas et comment le réparer. Les cours d'écriture que j'ai suivi - comme les classes de théâtre et de mise en scène - m'ont aidé à organiser ma pensée et à codifier le processus.

Votre premier script pour la télévision, Judge Dee and the Monastery murders (1974), fut pour le pilote d'une série télé qui malheureusement ne se matérialisa jamais. Cette première confrontation avec les réalités du système hollywoodien vous a-t-elle aidé de quelque manière ?

Nicholas Meyer : Judge Dee n'est pas devenu une série parce que l'acteur qui jouait le rôle dans le pilote est décédé, pas à cause des réalités du système télévisuel. Le « système » est au mieux dysfonctionnel et n'aide pas à prendre des risques créatifs, ce qui était et demeure dommage. Ce n'est pas pour les susceptibles et les humiliations arrivent sous toutes les formes possibles et imaginables.

Votre adaptation pour le grand écran de La Solution à 7% était-elle une espèce de justice immanente pour l'artiste que vous êtes ?

Nicholas Meyer : La Solution à 7% était un coup de veine. Si le livre n'avait pas été un best-seller le film n'aurait jamais été fait. Les gens de Universal ont dit qu'ils ne voulaient pas considérer l'idée d'en faire un remake parce que Holmes est un drogué et que c'est donc (présentement) trop sombre pour eux. Vous imaginez ça ?

C'était demain est un remarquable thriller romantique. Un combat entre une vision de ce que le monde devrait être (Wells) et une vision de ce que le monde est vraiment (Stevenson). Ecririez-vous de la même manière aujourd'hui la scène de la chambre du Hyatt Regency où Stevenson illustre sa vision du monde avec un téléviseur ?

Nicholas Meyer : J'écrirais probablement la scène du téléviseur de la chambre d'hôtel dans C'était demain de la même façon, c'est-à-dire que je montrerai simplement ce qu'il y a sur le téléviseur et je laisserai les spectateurs - comme Stevenson - tirer leurs propres et inévitables conclusions. Il y aurait plus de télé « réalité », bien sûr, mais je pense que mon propos d'alors est aussi vrai maintenant si ce n'est plus.

« C'était la meilleure des époques, c'était la pire des époques...» a écrit Dickens. La transition entre deux époques semble être un thème récurrent dans votre œuvre depuis C'était demain jusqu'à Patriotes (Company Business) et bien sûr avec Star Trek II et Star Trek VI. Est-ce important pour vous de ressentir le sens de l'Histoire pour vivre bien sa propre histoire personnelle ?

Nicholas Meyer : Cela me choque que les gens soient ignorants de leur propre histoire. Si nous ne savons pas d'où nous venons comment pourrons nous nous rendre compte où nous allons et comment nous y rendre ? Dans mon travail, dès que j'ai l'occasion de dire quelque chose aux gens à propos de leur passé j'essaie de le faire et de travailler cet aspect.

La Colère de Khan et Terre inconnue sont deux tragédies shakespeariennes majeures dans l'hyperespace, servies par des acteurs flamboyants (Ricardo Montalban, David Warner, Christopher Plummer...) avec de magnifiques bandes originales et une direction épique. Comment avez-vous réussi à transformer ces deux space operas de la franchise Star Trek en « opéras dans l'espace » ?

Nicholas Meyer : Je ne suis pas sûr de comment j'ai pu faire des « opéras dans l'espace ». Ce que je sais c'est que je suis un grand fan d'opéra - à commencer par le Verismo, pas le Bel Canto - donc l'idée d'une exagération du type de matériel m'est venue naturellement, comme George Lucas l'avait fait avant moi avec Star Wars. Et puis si vous voulez que les choses soient « shakespeariennes » pourquoi ne pas utiliser les propres mots de Shakespeare ? Personne n'a écrit de meilleurs dialogues.

Le fait que j'ai un bagage musical m'a énormément aidé pour communiquer mes idées aux compositeurs avec lesquels j'ai travaillé sur mes films. J'aime toujours cette partie-là du travail. Le son dominera toujours l'image donc c'est fascinant d'inciter le compositeur à faire surgir les sons dont vous avez besoin pour compléter votre vision du film.

La musique est presque un acteur de vos films. Vous avez travaillé avec Mikos Rosza, James Horner, Michael Kamen et Clif Eidelman (pour Star Trek VI). Comment choisissez-vous vos compositeurs et comment collaborez-vous avec eux ?

Nicholas Meyer : Idéalement, la musique doit être la VOIX de votre film. J'utilise des morceaux temporaires lorsque je discute avec mes compositeurs et j'engage des discussions à bâtons rompus avec eux. Ce que je veux dans tous les aspects de la réalisation c'est de travailler avec des gens qui prendront mes idées et les rendront MEILLEURES.

Sur Star Trek VI, par exemple, j'étais fatigué de ces marches qui ont accompagné tous les génériques de ce type de films depuis le premier Star Wars. Je voulais quelque chose de mystérieux et de grondant - notre film était à propos de Klingons, après tout ! - et j'ai parlé à Cliff Eidelman de l'ouverture de L'Oiseau de feu de Stravinsky. Cliff a planché dessus et brodé ses propres riffs, et le résultat final était du pur Klingon.

Vos mots d'auteur ont été illustrés par d'autres (Sherlock Holmes attaque l'Orient-Express) ou par vous-même (C'était demain). Vous avez débuté votre carrière à Hollywood comme publiciste pour une Major et vous êtes aussi producteur. Est-ce que votre connaissance de ces différents aspects vous rend plus indulgent à l'égard de la façon dont le studio et le réalisateur traitent habituellement le travail du scénariste ?

Nicholas Meyer : J'ai été assez chanceux d'avoir mes scripts dirigés par des réalisateurs très talentueux. Néanmoins, je trouve très frustrant de voir ce que j'écris dirigé par d'autres. Inévitablement il y a des changements, parfois pour le meilleur mais en un grand nombre d'occasions cela devient trop différent de mes impulsions d'origine et de leur signification dans un sens qui ne va pas vers l'amélioration.

À travers vos différents métiers, vous aimez explorer des genres variés parfois simultanément. Par exemple Star Trek VI est un opéra dans l'espace mais aussi un intelligent whodunit et un thriller géopolitique. Une situation est-elle aisément transportable d'un genre à un autre ? Y a-t-il des situations intemporelles et universelles ou un « schéma de construction » commun à chaque genre ?

Nicholas Meyer : Habituellement, une oeuvre d'art qui réussit eu égard à un medium donné résistera voire défiera la possibilité d'une transition réussie vers un autre medium. Il y a une raison pour laquelle certaines histoires feront de bons romans, d'autres de bonnes pièces et d'autres encore conviendront pour l'écran. L'adaptation est un procédé délicat parce que vous voulez que le résultat final soit compréhensible par des personnes qui n'ont jamais lu ou vu l'original, le matériel « source ». Mais comment faire un film tiré des Frères Karamazov sans autre perspective que d'obtenir un quelque chose d'inférieur au roman ?

Chaque travail de transposition présente son propre lot de problèmes. Les pièces tendent à être bavardes et il y a moins d'action que dans les films ; les romans tendent à être plus longs que la plupart des films et nécessitent un élagage intensif. Il y a aussi les pensées intérieures et les sentiments qui sont difficiles (si ce n'est impossible) à externaliser. Et ainsi de suite.

Tandis que certaines situations peuvent être communes à des contextes variés (exemple : le mari découvre que sa femme a une liaison), c'est-ce qu'il y a avant et après de telles « scènes » qui constituent le schéma de construction EXTRAcommun de chaque genre.

Un de vos livres, Confessions Of A Homing Pigeon n'est pas très connu en France, même de ceux qui admirent votre travail. Pourriez-vous nous en parler ?

Nicholas Meyer : Confessions Of A Homing Pigeon est un roman autobiographique qui raconte beaucoup de ma propre histoire sous le masque d'un contexte fictif et de quelques modifications. C'est d'après moi le livre le plus personnel que j'ai écrit et je savais que ce ne serait pas un blockbuster mais cela m'était égal ; c'était un livre important à créer pour moi-même et en tant qu'auteur. Je ne pouvais pas continuer éternellement à me cacher derrière Holmes et le capitaine Kirk.

Je crois que cela s'appelait en français Confession d'un Pigeon voyageur, ce qui sonne pareil pour moi. C'est à propos de la vie et des amours d'un jeune orphelin qui habite en compagnie d'un oncle charismatique expatrié à Paris.

Il y a dans votre filmographie un titre inattendu: Dommage collatéral (2002). Comment vous êtes-vous retrouvé impliqué sur ce film ? Quelle était votre tâche en tant que producteur exécutif ?

Nicholas Meyer : Dommage collatéral a été écrit à l'origine par mon meilleur ami, Ronald Roose, lorsque cela s'appelait Prey. L'histoire était celle d'un professeur de collège qui se rend en Libye pour venger les décès de sa femme et de sa fille, tuées dans l'attentat de Lockerbie.

J'étais donc l'« exé » et j'ai aidé à la mise en place du projet chez Warner Brothers où Ronald et moi nous disions en plaisantant : « Maintenant n'oublie pas, ce type n'est pas Arnold Schwarzenegger, c'est Tom Hanks », ce que nous pensions être le point essentiel. Cinq années après ils ont saccagé l'ensemble et j'ai laissé mon nom au générique juste pour les enquiquiner.

À propos de projets plus personnels, vous savez comment distraire le public avec intelligence, élégance et style. L'art et l'industrie sont-ils conciliables ?

Nicholas Meyer : Il est important de se souvenir que le Théâtre du Globe avait pour finalité de faire de l'argent et c'est pourtant là que Hamlet, Le Roi Lear, Roméo et Juliette, etc. furent joués pour la première fois. L'art et le commerce ne sont pas irréconciliables, ils sont inextricablement entrelacés.

Les films coûtent trop à produire (alors qu'ils ne devraient pas coûter autant) pour se permettre de ne pas faire de profit à la fin de la journée. L'astuce, c'est de faire de l'art qui fait de l'argent ou, comme le disait Robert Bresson : « Mon travail n'est pas de trouver ce que le public veut lui donner, mon travail c'est de faire que le public veuille ce que je veux. »

Pouvez-vous nous décrire une journée typique dans la vie de Nicholas Meyer ?

Nicholas Meyer : Mes journées varient. Durant l'année scolaire, je commence par emmener une de mes trois filles à l'école, puis j'essaie de faire mon volume d'écriture le matin, quand je me considère frais pour ça. Je n'écris pas lorsque je ne travaille pas sur quelque chose de précis mais lorsque c'est le cas, j'essaie de le faire tous les jours - y compris les week-ends et durant les vacances ! Plus tard dans la matinée, lorsque je me bloque ou que je suis raide (selon ce qui se produit en premier), je fais une demi-heure d'effort sur mon vélo d'appartement et je lis quelque chose pendant que je pédale.

Parfois après, je fais quelques brasses, ce qui m'aide aussi à réfléchir à l'écriture et à ce que je vais faire après. Si ça se passe bien je retourne au travail, sinon j'utilise le reste de la journée pour des réunions d'affaires, des lancements de projets, etc. J'essaie d'être de retour à la maison pour dîner en famille et avec un peu de chance nous allons voir un film après.

En juin 2000, vous avez donné la quasi-totalité de vos documents personnels (manuscrits de livres, scénarii, traitements, etc.) à l'Université de l'Iowa, offrant ainsi aux chercheurs un instrument unique de compréhension de l'art de raconter des histoires avec des mots ou des images. Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous a amené à faire cette donation ?

Nicholas Meyer : L'Université de l'Iowa fut le premier endroit dans ma vie où je me suis senti vraiment heureux. Je pense que je me suis largement construit là-bas, grâce à son soutien et aux enseignements que j'y ai suivis. Comme il n'y avait pas de bourse en licence d'écriture lorsque j'étais étudiant, j'en ai fondé une et donc donner mes papiers participait de cette démarche.

J'essaie d'y retourner chaque fois que je le peux (je dois y animer des ateliers cet automne) et j'ai fait partie du conseil de la Fondation de l'Université de l'Iowa, ce dont j'ai toujours été très fier car on ne demande pas d'ordinaire aux artistes de le rejoindre.

Vous avez écrit le scénario de Sommersby (1993), une adaptation américaine d'un film français, Le Retour de Martin Guerre. Est-ce qu'il y a des réalisateurs, scénaristes ou acteurs de France ou du Québec que vous admirez ?

Nicholas Meyer : Je suis un grand fan du cinéma français - mon film préféré est La Règle du jeu de Renoir. J'aime des tas de films français, tout depuis Marcel Carné jusqu'à Truffaut et tout particulièrement Louis Malle. En ce qui concerne le cinéma québécois, j'ai beaucoup aimé Les Invasions barbares l'année dernière.

En 2003, vous avez écrit le script de La Couleur du mensonge (The Human Stain, La Tache humaine au Québec). Sur quoi travaillez-vous en ce moment et, après Holmes et Star Trek, explorerez-vous de nouveau la pop culture comme romancier, scénariste ou réalisateur ?

Nicholas Meyer : Je viens d'adapter The Crimson Petal & The White pour le cinéma et j'ai travaillé sur un pilote pour la télévision ainsi que sur des projets d'adaptation d'autres romans de Philip Roth et de Richard Russo. Je ne puis savoir quand ou si je reviendrais à la pop culture car je ne planifie pas ma carrière. Je saisis sur mon chemin ce qui me semble intéressant et j'essaie (c'est très dur !) d'intéresser les financiers aux choses qui m'intéressent moi.

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/05/nicholas-meyer.html

(Entretien réalisé en 2004)

mercredi 16 avril 2008

(ASTRO)CROISIERE SURPRISE – PREMIERE EPOQUE ((T)RAUMSCHIFF SURPRISE - PERIODE 1)

22 juillet 2004, 17h35, l'armée américaine trouve dans le désert du Nevada un vaisseau spatial dont la technologie permet à l'humanité de coloniser la planète Mars. 2304, les descendants des colonisateurs, dirigés par le belliqueux Régulateur Rogul (Hans-Michael Rehberg) et son fidèle disciple, le sournois, asthmatique et inutilement cruel Jean Maul (Rick Kavanian), décident de conquérir la Terre.

Alors que la quasi-totalité de la flotte terrienne vient d'être détruite, le conseil présidé par la princesse Métapha (Anja Kling) n'a pour seul recours que d'envoyer un fax à l'équipage du seul vaisseau encore en état de marche : l'(Astro)Croisière Surprise, commandé par Gérard T. Kork (Christian Tramitz). Mais le peu vaillant capitaine et ses officiers, le vulcanette vulgaris Chpouk (Michael Herbig) et l'ingénieur Rouilly (Rick Kavanian !) n'en ont cure car ils préparent leur chorégraphie pour le concours de Miss Waïkiki (« Parce qu'on est belles et futées et bien faites...»)

« Faites route de suite vers la Terre et présentez vous devant le gouvernement.
- M'en fiche ! On s'entraîne pour le concours de Miss Waïkiki. On a nos priorités, n'est-ce pas Monsieur Chpouk » (Chpouk et le capitaine Kork)


DES GARCONS, UNE FILLE... QUATRE POSSIBILITES

Mars 2002, auréolé du triomphe de La chaussure de Manitou (Der Schuh des Manitu), le plus gros succès de toute l'histoire du cinéma allemand, le comédien, réalisateur, producteur et scénariste Michael « Bully » Herbig soumet via Internet au vote du public de son émission de télévision Bullyparade (diffusée sur la chaîne ProSieben) le sujet de son très attendu prochain film.

Les téléspectateurs doivent choisir entre quatre possibilités : La chaussure de Manitou 2, Sissi (une des cibles préférées de l'émission), Unser Traumschiff (parodie gay de Star Trek) et Un film dont personne n'attend rien. Trois mois après, c'est au cours du talk-show TV Total, présenté par le très populaire comique et musicien Stefan Raab, que sont dévoilés en présence du Mel Brooks germanique les résultats de ce vote.

Plus d'un million d'internautes se sont prononcés et c'est Unser Traumschiff qui l'emporte avec 34% des votes (contre 31% pour Manitou 2). C'est ainsi que le capitaine Kork, l'ingénieur Rouilly et l'improbable vulcanette Chpouk (prénom : Brigitte !) quittent le petit écran pour le grand.

« Je suis une vulcanette vulgaris qui peut vivre jusqu'à 400 ans. Comme les tortues des Galapagos ! Et t'es quoi ?
- Je suis le capitaine !
- Ha ! C'est parce que tu as couché ! » (Chpouk et Kork)


DER WELTRAUM, UNENDLICHE WEITEN...

Afin de mettre en place (Astro)Croisière Surprise - Première époque ((T)Raumschiff Surprise - Periode 1) (1), cette épopée spatiale très spéciale, herbX Film (la société de Michael Herbig), s'associe de nouveau avec la major Constantin Films pour un budget estimé de 9 millions d'euros. Producteur et acteur, Bully, retourne derrière la caméra comme réalisateur et co-signe le scénario avec Alfons Biedermann et son complice de toujours, le drôlissime Rick Kavanian.

Ils donnent à Kork, Rouilly et Chpouk de nouveaux collègues de travail comme l'imposant et grognon Tube, l'officier médical (Kavanian, qui grâce à la science du maquillage joue trois rôles dans le film), Fraulein Bora-Bora, la plantureuse officier des communications afro-américaine amoureuse de Chpouk (Stacia Widmer) ou bien Monsieur Navi, le navigateur qui ne parle que cantonais (Maverick Queck).

Mais il n'y a pas d'épopée sans héros épique. Si la princesse Métapha devait compter sur nos trois Stooges de l'espace, Rogul et son ricanant serviteur ne feraient de la Terre qu'une bouchée. C'est la superstar allemande « testée à Hollywood » (Dixit le dvd bonus d’ (Astro)Croisière) Til Schweiger qui ose aller là où nulle superstar bien portante n'est allée auparavant, dans le rôle de Rock Prêt-Partez (« Je suis Til Schweiger et je gagne ma vie comme acteur. Ca rapporte peu mais assez pour deux semaines de vacances au Club chaque année »), le chauffeur de taxi de l'espace !

Le tournage marathon de 3 mois, entre avril et juin 2003 se déroule en République tchèque, en Espagne et en Allemagne. Le reste du temps avant la sortie du film le 22 juillet 2004 étant consacré entre autres choses aux nombreux effets spéciaux.

DU BON USAGE DU SOFA TEMPOREL

Pour empêcher Jean Maul et ses troupes d'arriver à leurs fins, la princesse, nos héros involontaires et le héros certifié conforme, doivent remonter jusqu'en 2004 à l'aide d'un sofa temporel et détruire le vaisseau spatial échoué dans le Nevada avec un laser de l'armée suisse. Mais les choses ne se passent pas comme prévues : Rouilly est capturé par les soldats ennemis dans la salle du conseil tandis que Métapha, Rock, Kork et Chpouk se retrouvent au Moyen-âge.

C'est à ce moment que Sky du Mont, gentleman du cinéma allemand et interprète de Santa Maria dans La chaussure de Manitou, revient sous les traits et avec le long nez de William le Dernier, comte de Stockoption dans une performance digne de John Cleese période Monty Python. Voir la scène du diner ou le comte tente de charmer la princesse Métapha.

« Vous êtes marié ?
- J'étais.
- Où est votre femme ?
- Pendue dehors.
- Vous l'avez fait pendre dehors ? Pourquoi ?
- Ici il n'y avait pas de crochet. » (Métapha et William le Dernier)

Et c'est encore aux Python dans Sacré Graal que l'on songe lorsque le conseiller de William (Christoph Maria Herbst, très Eric Idle) annonce un forfait au tournoi de chevalerie :

« Le fils cadet de Sir Firmin-Winston Fattenberry de West Faicuicui-Minster-Château-Chatwood, 3ème comte de Yorkshire-Forrest-Wooden-Lakester-Pettingham, Sir Richard Carjacking, ne peut participer au tournoi.
-Oooh !
- Eh oui, la peste... »

LA CHAUSSURE DE MANITOU 10 MINUTES AVANT

La grande intelligence de Michael Herbig réside dans le fait que tout comme Manitou n'était pas une simple version gonflée Super 35 mm des sketches de Bullyparade, (Astro)Croisière ne l'est pas non plus. D'ailleurs les parodies des standards de la science-fiction (Star Wars, Star Trek, 2001, l'odyssée de l'espace, Minority Report, Le Cinquième élément...) ne représentent qu'un quart du film.

« Il y a trente ans vint un bébé abandonné, sans chaussettes et sans chaussures. C'était toi ce bébé bien sur.
- Je ne vous suis pas très bien, mon Régulateur.
- Je suis... ton père ! » (Rogul et Jean-Maul)

Le capitaine Kork et son premier officier vulcanette s'effacent en fait la plupart du temps au profit des autres personnages, comme la princesse Métapha et Rock Prêt-Partez. Et lorsque que le binôme revient au tout premier plan, c'est pour se retrouver avec ses nouveaux amis dans l'Ouest sauvage face à l'infâme Santa Maria de La chaussure de Manitou. Dix minutes avant qu'il ne tente de fourguer une façade de saloon à Abahachi et Ranger.

Et Sky du Mont s'en donne à cœur joie dans le costume noir désormais familier du vil tueur businessman qui fait sa propre publicité. Cette fois il vend des couvertures contre le rhumatisme (« Doudou dodo ») à un club de vieilles dames pendant que John, un de ses hommes de main, affronte Kork et Brigitte Chpouk en duel.

RECULER L'IMPOSSIBLE AVEC DE LA CREME DE FROMAGE

L'(Astro)Croisière amuse avec ses moments d'anthologie comme cette poursuite délirante entre Rock Prêt-Partez (réplique phare : « Ensalada Mista, Baby ! ») à cheval et Jean Maul sur sa « Mob du temps », un vélomoteur qui voyage dans le temps, tel un sofa. Les héros involontaires ou non sauvent le monde et le sensible Chpouk le change en vendant la recette de sa crème de fromage (le met favori de l'équipage du Surprise) à une chaîne de restauration rapide grâce à un paradoxe temporel.

Avec son troisième film, après Erkan & Stefan et Manitou, Michael « Bully » Herbig va encore plus loin dans l'exploration de son univers comique et prouve qu'il est un réalisateur capable de maîtriser la gestion d'une production énorme tout en faisant preuve d'une dévotion sincère pour le 7ème art et d'un grand sens artistique. Il flirte même parfois avec la poésie, comme l'atteste la comptine qui ouvre le film, interprétée par la jeune Paulina Jones :

« La vie est si triste
Sans personne à aimer
L'amour est rare
Et je ne veux pas le manquer »

La bande originale du film est signée par Ralf Wengenmayr (La chaussure de Manitou), lequel prend un malin plaisir à se payer une certaine marche très connue sur un formidable gag récurrent (au début d’une scène le thème de Rogul est interprété par le chœur de ses conseillers, qu’il interrompt d’un geste de la main. Plus tard il le joue lui même à l’orgue !) et rend un hommage appuyé au thème de Fantômas composé par Michel Magne. Stefan Raab signe et produit les chansons, dont le générique final, Space Taxi, véritable carton en Allemagne.

Tout ce que touche Michael Herbig devenant aussitôt phénomène de société chez nos voisins germanophones, (Astro)Croisière Surprise - Première époque a fait l'objet d'un raz-de-marée sans précédent de produits dérivés depuis le fameux laser de l'armée suisse jusqu'aux pyjamas pour bébés en passant par les deux albums de la B.O. Le film lui-même a rapporté plus de 49 millions d'euros et inutile de dire que le prochain opus du maître est espéré avec la plus vive impatience.

Herbig dit qu'il souhaite explorer d'autres territoires que l'humour et c'est sans doute vrai. Même si Jean Maul, déguisé en vendeur de colliers de fleurs, rumine sa vengeance pendant que le trio vedette du vaisseau Surprise savoure enfin le concours de Miss Waïkiki (« Tu peux compter sur moi, Papounet ! »)

« Je suis Hermes, messager des Dieux. Tschüs ! »(Rouilly)

(1) (T)raumschiff Surprise - Periode 1 n’ayant pas été distribué en France nous avons choisi d’adapter le titre ainsi que les noms des personnages et les extraits de dialogues cités dans cet article pour permettre aux lecteurs ne comprenant pas l’allemand d’avoir une idée aussi précise que possible de l’humour de Michael Herbig.