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samedi 14 juin 2008

MICHAEL « BULLY » HERBIG (DER SCHUH DES MANITU & (T)RAUMSCHIFF SURPRISE - PERIODE 1)

Remerciements à Stephan PEYERL

Le comique Michael Herbig - plus connu sous son surnom de « Bully » - est une immense vedette en Allemagne, où il est l’équivalent de Mike Myers, Alain Chabat et Mel Brooks réunis. Ses émissions de télé sont très populaires et ses films à très gros budgets explosent les records historiques du box office allemand.

La Chaussure de Manitou (Der Schuh des Manitu) et (Astro)Croisière Surprise - Première époque ((T)raumschiff Surprise - Periode 1), respectivement parodies des Winnetou et de Star Trek sont deux monuments du comique cinématographique.

Michael Herbig, plus jeune vous souhaitiez entrer à la Münchener Filmhochschule, une grande école de cinéma. Vous vouliez déjà être réalisateur ?

Michael Herbig : Malheureusement ma candidature a été rejetée par cette école. Je suis donc un parfait autodidacte et tel est le cas depuis plus de 24 ans. En fait, j’ai commencé à faire des films à l’âge de 12 ans. On peut dire que j’ai quasiment inventé le style « Dogma » à cette époque : pas d’éclairage, pas de son et une caméra secouée.

Quels sont vos films et réalisateurs préférés et pourquoi ?

Michael Herbig : En principe lorsque je paye ma place de cinéma je veux voir du spectacle, je veux être diverti. J’aime les vieux films d’Hitchcock. C’est en regardant Psychose et Les Oiseaux que j’ai voulu être metteur en scène. J’admire aussi Steven Spielberg et Robert Zemeckis. E.T. et Forrest Gump figurent définitivement parmi mes films favoris.

Votre carrière a démarré avec une émission de radio du matin Langemann und die Morgencrew, diffusée sur une station locale à Munich. Pourriez-vous nous dire ce que vous faisiez dans cette émission ?
Michael Herbig : Après mon rejet de l’école de cinéma, je me suis retrouvé dans le business de la radio, mais sans vraiment me considérer comme un présentateur ou un journaliste. J’ai commençé à développer ma première série comique. En 1991, j’ai démarré l’émission du matin en tant que co-animateur et humoriste et j’en ai assuré la production jusqu’en 1995.

Est-ce que la radio est un bon entrainement pour acquérir le sens du timing et celui de la situation nécessaires à la comédie ?

Michael Herbig : Pour moi l’émission quotidienne de radio était effectivement l’entrainement idéal pour acquérir le timing et développer des personnages. Il s’agissait en quelque sorte de « films pour les oreilles » !

Qu’avez-vous fait après la radio et avant de rentrer dans l’univers de la télévision ?

Michael Herbig : En réalité j’ai démarré la télé parallèlement à mon travail en radio. Quand l’émission de télévision Bullyparade a débuté sur la chaîne ProSieben en 1997, je produisais encore une émission comique hebdomadaire diffusée nationalement à la radio.

Il y a en Allemagne un style comique très proche de l’esprit d’une émission comme Saturday Night Live, avec un grand sens parodique. Avez-vous des références dans ce type d’humour ?

Michael Herbig : J’ai grandi avec les films de Mel Brooks ou bien ceux du trio Zucker/Abrahams/Zucker, tels que Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Ces films correspondent parfaitement à mon sens de l’humour et m’ont certainement influencés et inspirés.

Votre premier succès à la télévision allemande a été l’adaptation de votre série radiophonique Die Bayern Cops...

Michael Herbig : Die Bayern Cops fut d’abord une série de sketches pour la radio - 800 épisodes de 2 minutes chacun en tout. Plus tard on a tourné 75 épisodes sous le titre Die Männer von Isar 3 pour une chaîne de télé régionale. La série racontait les mésaventures de deux sympathiques policiers dont le principal souci quotidien était d’éviter à tout prix quelque mission que ce soit.

Je suis très fier car cela faisait même rire les policiers de Munich.

En 1996 vous avez créé la herbX Medienproduktion GmbH, votre compagnie de production.

Michael Herbig : La première production majeure de ma société a été la première saison de l’émission comique Bullyparade pour ProSieben. J’ai créé cette compagnie essentiellement pour pouvoir travailler en toute tranquillité (rires).

Bullyparade est une grande émission comique où sont nés les personnages de vos films La Chaussure de Manitu et (Astro)Croisière Surprise - Première époque. Sur cette émission vous avez travaillé avec une merveilleuse équipe d’humoristes, dont Christian Tramitz et Rick Kavanian. Comment avez-vous rencontré ces derniers ?

Michael Herbig : Je connais Rick Kavanian depuis près de 18 ans. Nous sommes de très bons amis, nous avons le même sens de l’humour et - cerise sur le gâteau - nous apprécions de travailler ensemble. Lorsque Rick est parti durant un an à New York en 1995 je lui ai cherché un remplaçant pour Die Bayern Cops et j’ai engagé Christian Tramitz, avec lequel je me suis très bien entendu.

Quand Rick est revenu c’est tout naturellement que nous nous sommes mis à travailler en trio. Ca a été le début de Bullyparade. On travaillait sur ce qui nous amusait.

Vous avez dirigé le tandem comique Erkan & Stefan [Erkan Maria Moosleitner et Stefan Lust, sortes de Eric et Ramzy allemands, NDA] dans leur premier film, intitulé... Erkan & Stefan, une espèce de croisement entre Wayne’s World et James Bond. Comment vous êtes vous retrouvé à la tête d’une production cinématographique de cette taille ?

Michael Herbig : Jusque là je n’avais dirigé que des sketches, pas de film. Un jour, le producteur Philip Voges m’a offert de réaliser Erkan & Stefan. Voges aimait tellement les sketches de Bullyparade qu’il était confiant dans le fait que je pourrais m’occuper d’un long métrage. C’était une merveilleuse opportunité et encore aujourd’hui je suis très content que tout ce soit aussi bien passé.

La Chaussure de Manitu est plus qu’une parodie, c’est un hommage à un genre et à des influences cinématographiques majeures. Est-ce qu’il était important pour vous de faire un film appréciable autant en tant que parodie que comme un western, même si particulier ?

Michael Herbig : Les principaux personnages étaient déjà très connus grâce à l’émission Bullyparade, mais les sketches avaient un look assez pauvre. Il était capital pour moi dès le début que la version grand écran ressemble à un véritable western. Des acteurs crédibles évoluant dans des extérieurs crédibles, un grand orchestre, le Cinemascope. Tout sauf les décors très trash des sketches télé !

L’idée de base était de mettre deux charmants personnages dans un contexte où il n’ont en principe rien à faire.

Un comique comme Mike Myers était étonnant dans Studio 54. Aimeriez-vous interpréter un rôle « sérieux » ou diriger un film non comique voire plus intimiste ?

Michael Herbig : Pour le moment je me sens chez moi dans le monde de la comédie. Sans parler du fait qu’il s’agit toujours, même avec la comédie, de spectacle, de divertissement et d’émotions. Qui sait, peut-être qu’un jour je tournerai un thriller. Coller les spectateurs à leur siège, leur donner des sueurs froides peut aussi être drôle.

(Astro)Croisière Surprise - Première époque est votre dernier film en date. Votre cible principale y est l’univers de Star Trek, si apprécié en Allemagne qu’il y eu même un Star Trek germanique avec Commando spatial (Raumpatrouille Orion). D’après vous pourquoi Star Trek est-il si populaire dans les pays de langue allemande ?

Michael Herbig : Probablement parce que c’est rediffusé sans interruption depuis 40 ans.

Après un énorme succès comme Manitou, il a dû être difficile de choisir le sujet de votre film suivant. Pourquoi (Astro)Croisière et pas Sissi, autre icône passée à la moulinette de la Bullyparade ?

Michael Herbig : (Astro)Croisière Surprise - Première époque est le premier film au monde choisi démocratiquement ! J’ai laissé le public de Bullyparade voter par internet pour choisir quel film je devrais faire (1). Si (Astro)Croisière Surprise avait été un échec, j’aurais pu dire que ce n’était pas ma décision (rires).

Avez-vous vu des parodies françaises comme La Tour Montparnasse Infernale et Asterix et Obelix : Mission Cléopâtre ? Connaissez-vous le comique français Alain Chabat et son travail pour la télévision et le cinéma ?

Michael Herbig : Je connais bien sur le Asterix mais je dois confesser que je n’ai pas souvent l’occasion de voir ce qui se fait à la télé française. Pour ce qui est du comique cinématographique français j’aime beaucoup les films de Louis de Funès !

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Michael Herbig : En ce moment ? Je prépare les cadeaux de Noël.

Le réalisateur Frank Coraci (Le Tour du monde en 80 jours) nous a expliqué que pour lui la comédie est l’art de créer un effet comique auquel on ne s’attend pas. Quel est votre propre définition de l’art de la comédie ?

Michael Herbig : On peut rire de tout et de tout le monde tant que les gens que cela concerne peuvent en rire eux aussi. La comédie ne devrait jamais être offensante.

(1) Le public devait choisir entre La Chaussure de Manitu 2, Sissi – les années ménopausées d’une impératrice, Un film dont personne n’attend rien et (Astro)Croisière Surprise !

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/06/michael-herbig.html

(Entretien réalisé en 2004)

mercredi 4 juin 2008

LA CHAUSSURE DE MANITOU (DER SCHUH DES MANITU)

En 1862 dans l’Ouest sauvage, Abahachi (Michael Herbig), vaillant chef Apache fils du grand Winnetou, et son frère de sang, l’intrépide Ranger (Christian Tramitz), ont emprunté aux indiens Shoshone afin d’acheter un saloon. Mais l’établissement n’est qu’une façade en bois et le vendeur, l’infâme Santa Maria (Sky du Mont), un vil escroc.

Pire encore, nos deux héros sont accusés du meurtre du fils du chef Shoshone et pour rembourser le fiasco du saloon ils doivent trouver le trésor que le grand-père d’Abahachi a légué à ce dernier. Aidés – si l’on peut dire – d’un tavernier grec Dimitri (Rick Kavanian) et de Winnetouch, le frère jumeau gay d’Abahachi (Michael Herbig bis repetita), les deux amis se lancent dans une quête qui les conduira... à la Chaussure de Manitou…

LA FOLLE HISTOIRE DE L’OUEST

« Où est-ce que tu vas, cow-boy ?
- Nulle part en particulier.
- Nulle part en particulier. J’ai toujours voulu aller là-bas. »
(Extrait du film Le Shérif est en prison)

L’épopée délirante du fier guerrier Abahachi et de son frère de sang Ranger trouve sa genèse dans des sketches de l’émission Bullyparade, diffusée sur la chaîne de télé privée allemande ProSieben. Le comique Michael Herbig - plus connu sous son surnom de « Bully » - ainsi que ses comparses Christian Tramitz et Rick Kavanian y parodiaient allègrement les aventures cinématographiques de Winnetou - icône de la culture populaire germanique.

Star de la télévision après avoir fait ses classes avec succès à la radio, Herbig est contacté en 1999 par le producteur Philip Voges pour diriger une version cinéma des pitreries de ses deux confrères comiques Erkan Maria Moosleitner et Stefan Lust. Le film, Erkan & Stefan, mélange habile d’humour banlieusard et de parodie des blockbusters d’action, fait un carton à la grande satisfaction de son distributeur, Constantin Films, compagnie allemande d’envergure hollywoodienne.

Michael Herbig s’associe alors avec Constantin pour mettre en chantier le projet de ses rêves à 7 millions de Deutsche Marks (3,5 millions d’Euros) : Der Schuh des Manitu, sa vision de l’Ouest, le vrai. Enfin si on veut.

(VERY) WILD WILD WEST

Le comédien, réalisateur et co-scénariste (avec son ami de toujours Rick Kavanian, Alfons Biederman et Murmel Clausen) crée pour l’occasion herbX Film, la branche cinéma de sa société de production et va tourner Manitou à Almeria, en Espagne, sur les lieux mêmes ou Sergio Leone écrivit les plus belles pages de l’Histoire du western spaghetti.

Pour le casting, il amène évidemment avec lui ses fidèles de l’émission Bullyparade, Christian Tramitz et Rick Kavanian, et s’adjoint dans le rôle du méchant de service Sky du Mont, acteur talentueux dont le visage n’est pas inconnu du public français puisqu’il fut la figure archétypale du meurtrier récurrent dans la série Derrick et le playboy grisonnant du film Eyes Wide Shut.

Marie Bäumer est la ravissante chanteuse Uschi (clin d’oeil à Uschi Glas, égérie des Winnetou). Hilmi Sözer est le très empoté Hombre, complice et cendrier du méchant. Irshad Panjatan est drôlissime dans le rôle du chef Shoshone Lézard Malin. Michael « Bully » Herbig - encore lui - suit les traces de Peter Sellers et de Mike Myers en interprétant, en plus d’Abahachi, le rôle de son frère jumeau homosexuel Winnetouch, propriétaire du salon de beauté Puder Rosa Ranch.

IL ETAIT DEUX FOIS DANS L’OUEST

La chaussure de Manitou est truffé de références astucieuses (Flipper le dauphin, Le troisième homme, Il était une fois dans l’Ouest, Indiana Jones et le temple maudit...) et de situations hilarantes. Ainsi, lorsque le vilain Santa Maria demande à nos héros ligotés s’ils ont une dernière volonté, Winnetouch lui dit qu’il aimerait bien entendre la chanson de la publicité de Monsieur Meurtre avant de mourir. Et Santa Maria lui interprète ! (« Ne soyez pas le dernier à pouvoir en profiter. Demandez à votre armurier, Monsieur Meurtre est arrivé. »)

Les dialogues sont savoureux et dignes des films de Mel Brooks :

« Hombre, fais-moi un café.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Une boisson caféïnée pour adultes. » (Santa Maria et Hombre)

Ou encore :

« Bientôt je serai l’homme le plus riche de l’Ouest et je te prendrai pour bobonne.
- Qu’est-ce que je ferai avec bobonne ? » (Santa Maria et Uschi)

Les trouvailles de Michael Herbig et de ses associés dans le crime sont non seulement écrites mais aussi visuelles et bénéficient de l’assistance des spécialistes en effets spéciaux numériques les plus habiles d’Allemagne. Ces derniers nous offrent quelques morceaux de bravoure dont la fameuse Chaussure de Manitou, une chaussure de basket géante.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, Manitu est un véritable hommage au western, classique comme italien ou allemand, et pas seulement une version « gonflée » en Cinémascope des sketches de Bullyparade. Les grands espaces indispensables à tout western sont photographiés avec délectation par Stephan Schuh et le compositeur Ralph Wengenmayr livre une partition musicale que n’aurait pas reniée Elmer Bernstein.

L’HOMME A LA CHAUSSURE D’OR

Avec pareils atouts, Michael Herbig a réussi à séduire le public allemand et autrichien au-delà de ses plus folles espérances puisqu’en Allemagne Der Schuh des Manitu, sorti en 2001, est le plus gros succès de toute l’histoire du cinéma du pays et qu’en Autriche le film a fait le plus gros week end de démarrage jamais réalisé, écrasant Titanic.

La chaussure de Manitou a été doublé en anglais, en espagnol et en russe mais malheureusement pas en français, le film n’ayant pas fait l’objet d’une distribution dans l’hexagone. Au pays de La Tour Montparnasse infernale, Mais qui a tué Pamela Rose ? et Asterix et Obelix : Mission Cléopâtre l’oeuvre de Bully aurait pourtant tout à fait sa place.

Et tandis que Winnetouch repartait dans le désert sur sa jument Jacqueline en tenant une jolie ombrelle, Michael « Bully » Herbig soumettait au vote du public de son émission Bullyparade le choix de son film suivant. Et c’est en... 2304, la Terre est très gravement menacée et seul l’équipage de l’(Astro)croisière Surprise peut la sauver. Mais il n’a pas que ça à faire car le jour du concours de « Miss Waikiki » approche. (A suivre)

(1) Der Schuh des Manitu n’ayant pas été distribué en France nous avons choisi de traduire le titre ainsi que les extraits de dialogues cités infra pour permettre aux lecteurs ne comprenant pas l’allemand d’avoir un échantillon de l’humour de Michael Herbig.

(Initialement publié en 2004)

jeudi 15 mai 2008

SKY DU MONT

Sky du Mont est né à Buenos Aires et a passé toute son enfance au Royaume-Uni avant de démarrer une brillante carrière d'acteur en Allemagne, carrière qui est devenue rapidement internationale. De ses débuts au théâtre à ses rôles comiques dans les films de Michael « Bully » Herbig en passant par Eyes Wide Shut et ses rôles dans les séries de Helmut Ringelmann (Der Kommissar, Derrick, Le Renard...), Sky du Mont nous parle de son travail et de ses différentes activités artistiques.

Sky du Mont, votre tout premier contact avec le métier d'acteur a eu lieu à la fin des années soixante avec un rôle de figurant dans une pièce où vous avez attiré l'attention du metteur en scène. Pourriez-vous s'il vous plait nous en dire plus sur ces débuts et comment ils vous ont conduit aux cours d'art dramatique.

Sky du Mont : J'étais fauché - comme à l'accoutumée - et je faisais de la figuration dans des pièces pour la télévision. C'est ainsi qu'un réalisateur allemand très connu, Fritz Umgelter, m'a découvert et ma offert mon premier rôle dans une pièce télé. J'ai eu beaucoup de chance puisqu'un professeur d'art dramatique du Théâtre National m'a donné des cours gratuitement car elle croyait en moi et en mon talent.

Pendant vos trois années à l'école d'art dramatique à Munich (1969-1971) quels professeurs vous ont marqué le plus et pour quelles raisons ?

Sky du Mont : Mademoiselle Hanschke, parce qu'elle m'a enseigné tout ce qu'il y a savoir sur le théâtre. Tout le reste vous devez l'apprendre au jour le jour en travaillant.

Après l'école votre carrière débute au Residenztheater de Munich et au Staatstheater de Berlin. Sur quelles pièces et quels rôles ?

Sky du Mont : J'ai débuté à Munich avec Professeur Bernhardi, de Schnitzler. Après j'ai rejoint le Staatstheater de Berlin (le Theâtre National) et j'ai joué Gorki, Tchekhov, Edward Bond, etc.

Votre premier film est le Heimatfilm Das Schweigen im Walde (1976), dirigé par Alfred Vohrer. Comment avez-vous travaillé sous la direction de ce grand artisan du cinéma allemand?

Sky du Mont : Comme j'avais un tout petit rôle dans ce film il n'y a pas grand chose à dire...

Ces garçons qui venaient du Brésil (1976), le thriller bien connu réalisé par Franklin J. Schaffner, constitue le début de votre carrière internationale. Quel était votre rôle dans ce film ? Comment avez-vous été choisi ? Avec quels acteurs avez-vous joué ?

Sky du Mont : Toutes mes scènes étaient avec Gregory Peck. J'ai eu le rôle par casting et je jouais un tueur sans pitié.

Nous ne pouvons parler de votre carrière sans faire mention de votre participation dans les productions de monsieur Helmut Ringelmann pour la télévision. Monsieur Ringelmann aime travailler avec une famille de professionnels, techniciens et artistes et ses acteurs sont comme ceux d'une compagnie théâtrale du répertoire.

Sky du Mont : Ringelmann a été une des personnes les plus importantes de ma carrière. J'avais 21 ans. Derrick, Le Renard... tous ces rôles ont probablement véritablement démarré ma carrière en Allemagne.

Comment avez-vous rencontré Helmut Ringelmann?

Sky du Mont : J'ai téléphoné à son bureau et demandé un rendez-vous - et j'en ai obtenu un. Huit jours plus tard j'avais mon premier rôle dans une de ses productions, un homme nommé Manuel Derrick [aucun rapport avec qui vous savez, NDA].

Pourriez-vous nous parler de Tiefe Wasser (1983), une adaptation d'Eaux profondes de Patricia Highsmith produite par monsieur Ringelmann.

Sky du Mont : Tiefe Wasser était réalisé par Franz Peter Wirth, un réalisateur pour lequel j'ai travaillé très souvent.

Vous avez interprété une vaste palette de personnages pour monsieur Ringelmann mais votre interprétation de l'archétypal vilain suave de la bourgeoisie munichoise dans ses séries policières reste très populaire. Pouvons-nous considérer ce type de personnage comme un rôle du théâtre classique, ces séries possèdant l'aspect et la psychologie d'une tragédie.

Sky du Mont : Oui, certainement. Et j'ai toujours cru que même le « vilain » a une mère et aime les chiens - par exemple.

De 1979 à 1983 vous travaillez sur des productions cinématographiques internationales comme Avalanche Express (1979) ou des mini-séries de prestige pour la télévision américaine et en Allemagne vous travaillez pour le cinéma et la télévision. Mais en 1985 vous faites un bond majeur dans le monde de la comédie au cinéma avec le méga-culte Otto - Der Film, mettant en vedette le comique télévisuel Otto Waalkes.

Etait-ce important pour vous de jouer dans une comédie à ce moment de votre double carrière en Allemagne et à l'étranger ou est-ce que l'occasion de jouer dans celle-là était un pur hasard ? Ou bien les deux ?


Sky du Mont : Les gens en Allemagne ne me connaissaient que comme le méchant et il était temps que je change de personnage, comme je l'avais fait sur scène. J'avais joué dans plusieurs comédies au théâtre mais on ne m'avait jamais proposé de rôles comiques au cinéma ou à la télévision. Lorsque Otto - Der Film est arrivé j'ai saisi l'opportunité et c'est devenu le film le plus populaire en Allemagne... jusqu'à La chaussure de Manitou.

Vous avez fait deux incursions dans l'univers du Soap Opera avec vos participations à cette institution américaine qu'est Hopital Central puis plus tard à Secrets (Judith Krantz's Secrets), une tentative européenne de dupliquer le genre en co-production. Pourriez-vous comparer ces deux expériences ?

Sky du Mont : Jouer dans Secrets n'était pas très gratifiant. Tout était désorganisé, anti-professionnel et je détestais ce travail. Que je sache, ça n'a jamais été diffusé en Allemagne.

Hopital Central était une grande expérience. Des scripts formidables, de très bons acteurs et beaucoup (beaucoup) de travail !

Votre nom fait partie de la grande Histoire du cinéma grâce à votre rôle de Sandor Szavost dans Eyes Wide Shut (1999), le dernier film de Stanley Kubrick. Comment prépariez-vous vos scènes ?

Sky du Mont : Lorsqu'on travaille avec Kubrick on travaille son texte sans réfléchir de manière trop poussée à la façon dont vous allez interpréter votre rôle. Habituellement il voulait que ça se passe très différemment. Nicole Kidman, Kubrick et moi répétions comme sur scène. Tout le monde devait quitter le studio pour que nous soyons seuls et nous avions tout le temps dont nous avions besoin.

En tant qu'acteur qu'elle est la chose la plus importante que vous ayez apprise de ce film et de Kubrick ?

Sky du Mont : Il arrive très rarement dans une vie que l'on rencontre un génie... Kubrick était un génie. C'était un réalisateur qui écoutait ses acteurs et n'était pas arrogant pour faire respecter sa volonté.

Vous semblez prendre beaucoup de plaisir à tourner des comédies. On ne pourrait imaginer quelqu'un d'autre que vous dans le rôle de Santa Maria, le méchant de La chaussure de Manitou (Der Schuh des Manitu, 2001) et vous êtes formidable en William Le Dernier , et - de nouveau - Santa Maria, dans (Astro)Croisière Surprise - Première époque ((T)raumschiff Surprise - Periode 1,2004). Comment cette collaboration avec Michael Herbig a-t-elle démarré ?

Sky du Mont : Il m'a offert le rôle et je lui ai dit que je ne le jouerais pas parce que tout l'humour était de son côté à lui. Lorsque nous avons convenu que je pouvais jouer Santa Maria comme un méchant qui ne se prend pas au sérieux, avec humour, j'ai accepté de l'interpréter.

Herbig prouve en tant que réalisateur un véritable amour pour le cinéma...

Sky du Mont : Bully est un grand réalisateur et il est devenu un grand ami.

Qu'est-ce qui vous attire dans des comédies comme Samba in Mettman?

Dans Samba... j'ai eu l'occasion de changer complètement, une chance merveilleuse pour n'importe quel acteur. J'aime les comédies, parce qu'elles constituent ce qu'il y a de plus difficile dans notre profession.

Votre premier roman, Prinz und Paparazzi a été adapté pour la télévision avec vous comme co-scénariste et dans le rôle du personnage principal. Pouvez-vous nous parler du livre et de son adaptation ?

Sky du Mont : C'était un travail difficile parce que la ZDF ne voulait absolument aucun conflit dans le script. Les gens sont durs, ils ont des problèmes... donc je n'étais pas tout à fait satisfait du film. Mon second roman est différent, plus proche de la réalité.

Vous êtes familier avec l'exercice consistant à utiliser votre voix comme seul instrument de votre travail d'acteur, parfois pour des lectures publiques (Die Bekenntnisse des Hochstaplers Felix Krull, Handbuch des Aufsteigers...) ou pour des jeux vidéo (EverQuest II ).

Qu'est-ce qui vous intéresse dans ce travail vocal ?


Sky du Mont : La voix est un instrument important pour un acteur. Les lectures c'est un peu comme être sur scène, avec le public... mais avec moins de travail et plus d'argent (rire).

Acteur, présentateur de talk-show, écrivain, scénariste, artiste vocal... Après vos numéros chantés en Santa Maria pourriez-vous jouer dans une comédie musicale ?

Sky du Mont : Non. On m'a offert le rôle du professeur Higgins dans My fair lady mais je ne le ferais pas. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en ai pas la moindre idée.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? Aimeriez-vous retourner au théâtre ?

Sky du Mont : Non à nouveau. Le théâtre prend trop de temps et m'en laisse trop peu pour faire toutes les choses que j'aime faire telles que... acteur, présentateur de talk-show, écrivain, scénariste, artiste vocal, etc.

En ce moment je travaille le script d'un thriller pour la télévision et je commencerais le tournage d'un film pour les enfants en août.

In English: http://tattard2.blogspot.com/2008/05/sky-du-mont.html

(Entretien réalisé en 2005)

mercredi 16 avril 2008

(ASTRO)CROISIERE SURPRISE – PREMIERE EPOQUE ((T)RAUMSCHIFF SURPRISE - PERIODE 1)

22 juillet 2004, 17h35, l'armée américaine trouve dans le désert du Nevada un vaisseau spatial dont la technologie permet à l'humanité de coloniser la planète Mars. 2304, les descendants des colonisateurs, dirigés par le belliqueux Régulateur Rogul (Hans-Michael Rehberg) et son fidèle disciple, le sournois, asthmatique et inutilement cruel Jean Maul (Rick Kavanian), décident de conquérir la Terre.

Alors que la quasi-totalité de la flotte terrienne vient d'être détruite, le conseil présidé par la princesse Métapha (Anja Kling) n'a pour seul recours que d'envoyer un fax à l'équipage du seul vaisseau encore en état de marche : l'(Astro)Croisière Surprise, commandé par Gérard T. Kork (Christian Tramitz). Mais le peu vaillant capitaine et ses officiers, le vulcanette vulgaris Chpouk (Michael Herbig) et l'ingénieur Rouilly (Rick Kavanian !) n'en ont cure car ils préparent leur chorégraphie pour le concours de Miss Waïkiki (« Parce qu'on est belles et futées et bien faites...»)

« Faites route de suite vers la Terre et présentez vous devant le gouvernement.
- M'en fiche ! On s'entraîne pour le concours de Miss Waïkiki. On a nos priorités, n'est-ce pas Monsieur Chpouk » (Chpouk et le capitaine Kork)


DES GARCONS, UNE FILLE... QUATRE POSSIBILITES

Mars 2002, auréolé du triomphe de La chaussure de Manitou (Der Schuh des Manitu), le plus gros succès de toute l'histoire du cinéma allemand, le comédien, réalisateur, producteur et scénariste Michael « Bully » Herbig soumet via Internet au vote du public de son émission de télévision Bullyparade (diffusée sur la chaîne ProSieben) le sujet de son très attendu prochain film.

Les téléspectateurs doivent choisir entre quatre possibilités : La chaussure de Manitou 2, Sissi (une des cibles préférées de l'émission), Unser Traumschiff (parodie gay de Star Trek) et Un film dont personne n'attend rien. Trois mois après, c'est au cours du talk-show TV Total, présenté par le très populaire comique et musicien Stefan Raab, que sont dévoilés en présence du Mel Brooks germanique les résultats de ce vote.

Plus d'un million d'internautes se sont prononcés et c'est Unser Traumschiff qui l'emporte avec 34% des votes (contre 31% pour Manitou 2). C'est ainsi que le capitaine Kork, l'ingénieur Rouilly et l'improbable vulcanette Chpouk (prénom : Brigitte !) quittent le petit écran pour le grand.

« Je suis une vulcanette vulgaris qui peut vivre jusqu'à 400 ans. Comme les tortues des Galapagos ! Et t'es quoi ?
- Je suis le capitaine !
- Ha ! C'est parce que tu as couché ! » (Chpouk et Kork)


DER WELTRAUM, UNENDLICHE WEITEN...

Afin de mettre en place (Astro)Croisière Surprise - Première époque ((T)Raumschiff Surprise - Periode 1) (1), cette épopée spatiale très spéciale, herbX Film (la société de Michael Herbig), s'associe de nouveau avec la major Constantin Films pour un budget estimé de 9 millions d'euros. Producteur et acteur, Bully, retourne derrière la caméra comme réalisateur et co-signe le scénario avec Alfons Biedermann et son complice de toujours, le drôlissime Rick Kavanian.

Ils donnent à Kork, Rouilly et Chpouk de nouveaux collègues de travail comme l'imposant et grognon Tube, l'officier médical (Kavanian, qui grâce à la science du maquillage joue trois rôles dans le film), Fraulein Bora-Bora, la plantureuse officier des communications afro-américaine amoureuse de Chpouk (Stacia Widmer) ou bien Monsieur Navi, le navigateur qui ne parle que cantonais (Maverick Queck).

Mais il n'y a pas d'épopée sans héros épique. Si la princesse Métapha devait compter sur nos trois Stooges de l'espace, Rogul et son ricanant serviteur ne feraient de la Terre qu'une bouchée. C'est la superstar allemande « testée à Hollywood » (Dixit le dvd bonus d’ (Astro)Croisière) Til Schweiger qui ose aller là où nulle superstar bien portante n'est allée auparavant, dans le rôle de Rock Prêt-Partez (« Je suis Til Schweiger et je gagne ma vie comme acteur. Ca rapporte peu mais assez pour deux semaines de vacances au Club chaque année »), le chauffeur de taxi de l'espace !

Le tournage marathon de 3 mois, entre avril et juin 2003 se déroule en République tchèque, en Espagne et en Allemagne. Le reste du temps avant la sortie du film le 22 juillet 2004 étant consacré entre autres choses aux nombreux effets spéciaux.

DU BON USAGE DU SOFA TEMPOREL

Pour empêcher Jean Maul et ses troupes d'arriver à leurs fins, la princesse, nos héros involontaires et le héros certifié conforme, doivent remonter jusqu'en 2004 à l'aide d'un sofa temporel et détruire le vaisseau spatial échoué dans le Nevada avec un laser de l'armée suisse. Mais les choses ne se passent pas comme prévues : Rouilly est capturé par les soldats ennemis dans la salle du conseil tandis que Métapha, Rock, Kork et Chpouk se retrouvent au Moyen-âge.

C'est à ce moment que Sky du Mont, gentleman du cinéma allemand et interprète de Santa Maria dans La chaussure de Manitou, revient sous les traits et avec le long nez de William le Dernier, comte de Stockoption dans une performance digne de John Cleese période Monty Python. Voir la scène du diner ou le comte tente de charmer la princesse Métapha.

« Vous êtes marié ?
- J'étais.
- Où est votre femme ?
- Pendue dehors.
- Vous l'avez fait pendre dehors ? Pourquoi ?
- Ici il n'y avait pas de crochet. » (Métapha et William le Dernier)

Et c'est encore aux Python dans Sacré Graal que l'on songe lorsque le conseiller de William (Christoph Maria Herbst, très Eric Idle) annonce un forfait au tournoi de chevalerie :

« Le fils cadet de Sir Firmin-Winston Fattenberry de West Faicuicui-Minster-Château-Chatwood, 3ème comte de Yorkshire-Forrest-Wooden-Lakester-Pettingham, Sir Richard Carjacking, ne peut participer au tournoi.
-Oooh !
- Eh oui, la peste... »

LA CHAUSSURE DE MANITOU 10 MINUTES AVANT

La grande intelligence de Michael Herbig réside dans le fait que tout comme Manitou n'était pas une simple version gonflée Super 35 mm des sketches de Bullyparade, (Astro)Croisière ne l'est pas non plus. D'ailleurs les parodies des standards de la science-fiction (Star Wars, Star Trek, 2001, l'odyssée de l'espace, Minority Report, Le Cinquième élément...) ne représentent qu'un quart du film.

« Il y a trente ans vint un bébé abandonné, sans chaussettes et sans chaussures. C'était toi ce bébé bien sur.
- Je ne vous suis pas très bien, mon Régulateur.
- Je suis... ton père ! » (Rogul et Jean-Maul)

Le capitaine Kork et son premier officier vulcanette s'effacent en fait la plupart du temps au profit des autres personnages, comme la princesse Métapha et Rock Prêt-Partez. Et lorsque que le binôme revient au tout premier plan, c'est pour se retrouver avec ses nouveaux amis dans l'Ouest sauvage face à l'infâme Santa Maria de La chaussure de Manitou. Dix minutes avant qu'il ne tente de fourguer une façade de saloon à Abahachi et Ranger.

Et Sky du Mont s'en donne à cœur joie dans le costume noir désormais familier du vil tueur businessman qui fait sa propre publicité. Cette fois il vend des couvertures contre le rhumatisme (« Doudou dodo ») à un club de vieilles dames pendant que John, un de ses hommes de main, affronte Kork et Brigitte Chpouk en duel.

RECULER L'IMPOSSIBLE AVEC DE LA CREME DE FROMAGE

L'(Astro)Croisière amuse avec ses moments d'anthologie comme cette poursuite délirante entre Rock Prêt-Partez (réplique phare : « Ensalada Mista, Baby ! ») à cheval et Jean Maul sur sa « Mob du temps », un vélomoteur qui voyage dans le temps, tel un sofa. Les héros involontaires ou non sauvent le monde et le sensible Chpouk le change en vendant la recette de sa crème de fromage (le met favori de l'équipage du Surprise) à une chaîne de restauration rapide grâce à un paradoxe temporel.

Avec son troisième film, après Erkan & Stefan et Manitou, Michael « Bully » Herbig va encore plus loin dans l'exploration de son univers comique et prouve qu'il est un réalisateur capable de maîtriser la gestion d'une production énorme tout en faisant preuve d'une dévotion sincère pour le 7ème art et d'un grand sens artistique. Il flirte même parfois avec la poésie, comme l'atteste la comptine qui ouvre le film, interprétée par la jeune Paulina Jones :

« La vie est si triste
Sans personne à aimer
L'amour est rare
Et je ne veux pas le manquer »

La bande originale du film est signée par Ralf Wengenmayr (La chaussure de Manitou), lequel prend un malin plaisir à se payer une certaine marche très connue sur un formidable gag récurrent (au début d’une scène le thème de Rogul est interprété par le chœur de ses conseillers, qu’il interrompt d’un geste de la main. Plus tard il le joue lui même à l’orgue !) et rend un hommage appuyé au thème de Fantômas composé par Michel Magne. Stefan Raab signe et produit les chansons, dont le générique final, Space Taxi, véritable carton en Allemagne.

Tout ce que touche Michael Herbig devenant aussitôt phénomène de société chez nos voisins germanophones, (Astro)Croisière Surprise - Première époque a fait l'objet d'un raz-de-marée sans précédent de produits dérivés depuis le fameux laser de l'armée suisse jusqu'aux pyjamas pour bébés en passant par les deux albums de la B.O. Le film lui-même a rapporté plus de 49 millions d'euros et inutile de dire que le prochain opus du maître est espéré avec la plus vive impatience.

Herbig dit qu'il souhaite explorer d'autres territoires que l'humour et c'est sans doute vrai. Même si Jean Maul, déguisé en vendeur de colliers de fleurs, rumine sa vengeance pendant que le trio vedette du vaisseau Surprise savoure enfin le concours de Miss Waïkiki (« Tu peux compter sur moi, Papounet ! »)

« Je suis Hermes, messager des Dieux. Tschüs ! »(Rouilly)

(1) (T)raumschiff Surprise - Periode 1 n’ayant pas été distribué en France nous avons choisi d’adapter le titre ainsi que les noms des personnages et les extraits de dialogues cités dans cet article pour permettre aux lecteurs ne comprenant pas l’allemand d’avoir une idée aussi précise que possible de l’humour de Michael Herbig.