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mercredi 26 décembre 2012

DOCTOR WHO: THE SNOWMEN (BBC ONE)

Retiré dans l'Angleterre victorienne, le Docteur (Matt Smith) fait équipe avec son amie la détective silurienne  Madame Vastra (Neve McIntosh), sa partenaire humaine Jenny (Catrin Stewart), et son serviteur sontarien Strax (Dan Starkey), face aux projets neigeux du sinistre Docteur Simeon (Richard E. Grant). Il envisage d'avoir à nouveau un compagnon lorsqu'il rencontre Clara (Jenna-Louise Coleman), une jeune femme qui enquête déjà de son côté.

En septembre la première moitié de la saison 7 a noyé Doctor Who sous son concept marketing "blockbuster", les oeillades éhontées au marché américain et le soap opera de la famille Pond. Après ça l'annonce de la présence d'une star "iconique" dans le spécial 2012, les liftings du générique et de son thème, le nouvel intérieur du TARDIS, etc, etc, ne pouvaient qu'être accueillis avec un haussement d'épaules désespéré. « Sir, permission to express my opposition to your current apathy? » Et pourtant les miracles de Noël se produisent parfois.

« Carnivorous snow meets Victorian values. »

Bien sûr ce spécial, comme souvent avec les fictions actuelles de la BBC, donne visuellement l'impression que quelqu'un n'a pas payé la note d'électricité. Bien sûr vous devez acheter l'idée d'une détective reptile lesbienne dans l'ère victorienne (« Good evening, I'm a lizard woman from the dawn of time. And this is my wife.» ) Et oublier que certaines scènes avec Vastra et Jenny, apparues comme le sontarien Strax dans le calamiteux A Good Man goes to War, ont l'air de nous crier "pilote pour une série dérivée" au mégaphone. Passé cela et étant donné ce qui a précédé l'automne dernier, The Snowmen, écrit par Steven Moffat et réalisé par Saul Metzstein, est étonnamment agréable et sympathique.

Il n'est même pas nécessaire de défaillir devant le CV sherlockien de Moffat ou les lourds clins d'oeil à Conan Doyle ou bien Holmes pour savourer l'atmosphère d'une histoire ou Matt Smith et Jenna-Louise Coleman brillent en vrai duo de limiers victoriens de cet épisode. La façon dont Smith apporte de la maturité à son interprétation du Docteur et capture les attitudes de ses prédécesseurs demeure fascinante. De plus il était clair que Coleman était un excellent choix pour la nouvelle compagne dès son rôle dans le Titanic de Julian Fellowes. Et bien qu'il semble qu'aucune race diabolique de la galaxie ne soit épargnée par le sens de la trivialisation du Grand Moff, le comique fourni par le "psychotic potato dwarf" Strax offre quelques uns des meilleurs moments de The Snowmen.

« I said I'd feed you. I didn't say who to. »

La troisième visite de Richard E. Grant dans le Whoniverse (après The Curse of Fatal Death et Scream of the Shalka) pourrait a priori passer pour un gadget. Mais son Docteur Simeon, le méchant de service, conclut à la perfection un mois de décembre où l'acteur a également déployé tout son talent aux côtés du grand Peter Mullan dans le superbe The Fear. Simeon étale sa méchanceté glaciale tout en étant lui-même instrumentalisé depuis son enfance (le jeune Simeon fait très Damien Thorn) par une entité désincarnée que le Docteur a déjà rencontré. Cet adversaire a la voix du légendaire Sir Ian McKellen dans une performance aussi brillante que la participation vocale de Michael Sheen dans The Doctor's Wife. Tom Ward (Affaires non classées) joue le père de deux enfants plongés dans une situation où Le tour d'écrou croise Invisible Man (l'Ice Governess est "morphogivrée").

« Nice name, Clara. You should definitely keep it. » Dommage que le personnage joué par Jenna-Louise Coleman laisse augurer pour la seconde moitié de la septième saison un de ces arcs laborieux dont  Steven Moffat a le secret. Quoi qu'il en soit le spécial de Noël de cette année est plutôt plaisant, le nouveau générique comme la nouvelle orchestration du thème (reminiscente de la version de 1963) sont fantastiques et le nouvel intérieur du TARDIS est magnifique. « How refreshing to see you taking an interest again.  » Noël était bon, allons célébrer un anniversaire.

samedi 15 septembre 2012

MRS. PEPPERPOT

Doctor Who - Asylum of the Daleks (Saison 7, Episode 1). C'est un jour ordinaire à Albert Square. Amy (Karen Gillan) et Rory (Arthur Darvill) ont un problème, les Daleks ont un problème et la nouvelle dans la boîte a un problème. Le Docteur (Matt Smith) a lui aussi un problème: les Daleks veulent qu'il s'occupe de leur problème.

Huit mois se sont écoulés depuis The Doctor, The Widow and the Wardrobe (le spécial de Noël 2011) et presque un an depuis le dernier épisode régulier. Doctor Who est enfin de retour sur BBC One et BBC America avec sa septième saison. Cinq épisodes en septembre, le spécial de Noël de cette année, et les huit épisodes restants en 2013.

La saison 6 était inégale et souvent bavarde. Elle avait l'air surinvestie en terme de production à certains moments et l'inverse à d'autres (1). Mais qui s'en soucie? Alors qu'approche le 50ème anniversaire de Doctor Who, Matt Smith, Karen Gillan et Arthur Darvill sont plus populaires que jamais. Majoritairement les fans adorent le travail du showrunner Steven Moffat et de son équipe de scénaristes. Les audiences sont plus que bonnes et la marque est commercialement au top partout. Tellement partout que les téléspectateurs hors Royaume-Uni ont droit à une petite intro au générique dans laquelle Mrs Pond nous rassure au cas où l'on penserait qu'on regarde Danse avec les stars.

« Hang on a minute, lads, I've got a great idea! »
(Charlie Croker, The Italian Job)

Point de Docteur à la cérémonie d'ouverture des J.O. de Londres? Ne paniquez pas. On nous a promis un "blockbuster" toutes les semaines cette saison (2). Chaque épisode est censé être écrit comme une "affiche de film" et en a d'ailleurs une, ce qui est amusant vu tout le brouhaha autour d'un possible saut vers le grand écran. Le générique a été modifié (le pauvre) et le logo change selon le thème de l'épisode. C'est "l'année du blockbuster" et elle démarre avec un Asylum of the Daleks plein à craquer de, nous dit-on, tous les Daleks apparus dans Doctor Who.

Le Docteur est présumé mort mais les Daleks s'arrangent pour l'amener devant leur parlement, où il retrouve avec le futur ex-couple Pond car les ennemis du seigneur du temps ont une exigence des plus inhabituelles à formuler. Oui, les poivrières psychorigides ont bien un parlement et même un premier ministre! - les questions au gouvernement doivent valoir le coup d'oeil. « What do you know of the Dalek asylum? » demande M à 007. Les Daleks ont une planète où ils se débarassent de ceux qui ne fonctionnent plus (les blessés de guerre, les fous, le "Dalek pakistanais" de Spike Milligan, etc...) (3)

« It never made any sense to me, » commente lucidement le Docteur. « Because you'd just kill them. » Mais ils n'ont pas seulement un parlement et un premier ministre, ils ont aussi des cafés philo où ils discutent beauté et "haine divine"(« Perhaps that is why we have never been able to kill you. ») Cette soudaine entrée dans l'ère des Lumières n'inclut pas Georges Bizet apparemment. Quelque part sur la planète-asile une jeune femme écoute Carmen et fait des soufflés pendant que la crème de la crème des Daleks frappadingues est sur le point de s'échapper.

« How much trouble, Mr. Pond? Out of ten? Eleven. »


Le véritable élément divin d'Asylum of the Daleks, écrit par Steven Moffat lui-même, est la présence anticipée de Jenna-Louise Coleman, qui devait apparaître seulement à Noël en tant que nouvelle compagne du Docteur. Il n'y aura pas d'épisode en deux parties mais on ne pariera pas au sujet d'un arc car cette arrivée laisse augurer une autre histoire artificielle - le "twist" n'était pas du Keyser Söze - afin de remplacer le soap opera des Pond. Le reyclage par Moffat de ses propres idées a été largement remarqué et cet épisode étale un formidable sens de la conscience de soi, qui culmine avec la scène du « Run, you clever boy. And remember. »

Les Daleks ne se souviendront pas (ils en ont de la chance). « Doctor who? » Precisément... Côté positif, le réalisateur Nick Hurran donne une vraie dimension cinématographique à ce Asylum of the Daleks et un retour d'Anamaria Marinca (The Last Enemy) dans le rôle de Darla Von Karlsen, la "Dalek puppet" (ils n'ont sûrement pas de mot pour dire "figurine"), serait intéressant. L'interprétation du Docteur par Matt Smith demeure étonnante et Nicholas Briggs fait un superbe travail avec les voix des Daleks.

(1) http://www.radiotimes.com/news/2012-05-21/steven-moffat-people-who-call-sherlock-and-doctor-who-too-complex-are-presumably-fairly-stupid
(2) http://www.cultbox.co.uk/news/headlines/4585-doctor-who-exec-on-series-7-the-shows-fans-and-a-female-doctor
(3) http://www.telegoons.org/milligan_pakistani_dalek.htm

http://www.cathoderaytube.co.uk/2012/09/doctor-who-series-7-asylum-of-daleks.html
http://www.economist.com/blogs/prospero/2012/09/doctor-me

http://www.tardib.fr/article-critique-doctor-who-asylum-of-the-daleks-7x01-109952993.html
http://www.wired.co.uk/news/archive/2012-09/01/dr-who

lundi 26 décembre 2011

DANS LES BOIS

Doctor Who - The Doctor, The Widow and the Wardrobe. Hier BBC One a diffusé un délicieux moment de mystère et de suspense se déroulant dans une forêt enneigée. The Gruffalo's Child était magnifique, une superbe façon de patienter avant le très attendu évènement télévisuel de ces vacances de Noël 2011: le spécial de Downton Abbey sur ITV1. Dans l'intervalle la Beeb a diffusé un épisode de Doctor Who.

Doctor Who est synonyme d'inquiétude pour ses loyaux fans ces temps-ci: des changements dans l'équipe de production, des interrogations à propos du calendrier de la saison 7 et son nombre d'épisodes, ce qui semble être des problèmes de communication autour des rumeurs d'un projet de film, etc. Tout ceci après une sixième saison totalement insatisfaisante, avec ses nombreux problèmes d'arbitrage budgétaire et d'écriture. Alors que la célébration du 50ème anniversaire de notre seigneur du temps favori se rapproche, Doctor Who Confidential a été supprimé, Torchwood restera dans les mémoires comme un sujet de raillerie planétaire, et la merveilleuse Elisabeth Sladen nous manque.

Dans The Doctor, The Widow and the Wardrobe, le Docteur (Matt Smith) s'échappe d'un vaisseau spatial avant sa destruction, tombe dans l'espace et doit attraper une combinaison avant d'atteindre la Terre. Il "s'habille à la hâte" et s'écrase dans l'Angleterre de 1938, où il est sauvé par Madge Arwell (Claire Skinner). Trois ans plus tard, durant la Seconde guerre mondiale, Reg, le mari de Madge (Alexander Armstrong), est présumé avoir été tué alors qu'il tentait de ramener son bombardier au pays. Marge veut attendre que Noël soit passé pour annoncer la triste nouvelle à ses enfants, Lily (Holly Earl) et Cyril (Maurice Cole), la famille devant passer les fêtes chez leur oncle Digby. La maison a un nouveau gardien, le Docteur, qui paye toujours ses dettes.

Vendu en 2010 comme le "most Christmassy Christmas special ever", A Christmas Carol était en réalité très mauvais: Dickens fait Top of the Pops, avec Michael Gambon dans le rôle de Scrooge, la soprano Katherine Jenkins, et le requin des Dents de la mer. Cette fois Steven Moffat, le patron de Doctor Who, explore le territoire de l'écrivain C.S. Lewis avec un clin d'oeil à The Lion, the Witch and the Wardrobe. Et passé le pré-générique aussi gratuit que tremblant, et les irritantes scènes avec Matt Smith en Willy Wonka dans L'Apprentie sorcière, les téléspectateurs peuvent embarquer pour une histoire étonnamment plus fidèle à l'esprit de Noël que le gâchis de l'année dernière.

Bien sûr la majorité de l'éclairage de cet épisode semble fait avec des bougies - comme dans beaucoup de séries actuelles de la BBC - et certains effets spéciaux sont maladroits voire embarassants, mais
The Doctor, The Widow and the Wardrobe arrive à fournir un spectacle familial dans la moyenne. Ce qui est bien plus que ce qu'on peut dire de la saison 6, spécialement le désastreux The Wedding of River Song. D'ailleurs, au contraire de la saison précédente, le spécial fait un bon usage des talents de ses acteurs invités - particulièrement le grand Bill Bailey. Les Harvest Rangers d'Androzani Major (alerte référence!) sont un pur bijou de comédie.

Ce "spécial" de Noël 2011 n'apporte rien à la mythologie mais au moins il ne la bafoue pas. Une consolation en ces temps incertains. Oh, on aurait pu se dispenser des Pond.

Réalisé par Farren Blackburn.

jeudi 20 octobre 2011

LE MARI DE L'ASTRONAUTE

Doctor Who - The Wedding of River Song (Saison 6, Episode 13). Ecrit par Steven Moffat et réalisé par Jeremy Webb.

Le 13 septembre 1999 la Lune n'a pas quitté l'orbite de la Terre, ou bien quelqu'un l'aurait sûrement remarqué. Et le 22 avril 2011 il ne s'est rien passé non plus.

« If God had a name what would it be?
And would you call it to his face?
If you were faced with him
In all his glory
What would you ask if you had just one question? »
(Joan Osborne - One Of Us)

Un jour... Personne ne meurt. Et Londres perd la boule. Le ciel ressemble à une pub pour la Ford Mondeo, les enfants jouent à Primeval dans le parc, Charles Dickens (Simon Callow) est interrogé sur son spécial de Noël chez BBC Breakfast et Bert Large - ou bien est-ce Winston Churchill? (Ian McNeice) - est à la tête de l'Empire Romain. Il est tout le temps 5h02 de l'après-midi et le Silurien Malokeh (Richard Hope), médecin personnel de l'empereur, ne voit rien à redire à ça. Quelque chose est arrivé au temps et le Doctor (Matt Smith) fait le "It's" man du Monty Python's Flying Circus. Pourquoi ne peut-il pas être un bon garçon et mourir ce 22 avril? A cause d'une femme, répond notre seigneur du temps préféré bien que l'on devine qu'il y a plus que ça derrière ce gâchis.

« This is absurd. Other worlds, carnivorous skulls. Talking heads. I don't know why I'm listening to you. » (Empereur Bert Large)

Le Doctor "épouse" River Song (Alex Kingston), la fille d'Amy Pond agent du S.H.I.E.L.D. (Karen Gillan), et trompe la mort en demandant qu'on l'appelle Dave - Eddie Murphy, pas le chanteur - dans le final de le sixième saison de Doctor Who. Il y a un Dalek... Oups, pardon! Y a plus. Il y a aussi un viking qui meurt dans un film d'horreur italien des années 1980, Dorium Maldovar (Simon Fisher-Becker) en Alfredo Garcia, des trains, des pyramides, Rory Williams (Arthur Darvill) en capitaine Becker de l'ARC. Et la pauvre Frances Barber à la place de Joan Collins en Madame Kovarian, la reine des méchantes d'opérette, dont le seul but dans la vie est juste de faire ch**er tout le monde. Oh, presque oublié Meredith Vieira (Bien le bonjour à nos charmants téléspectateurs américains!) et Roger d'American Dad ainsi que quelques potes tous en costards d'enfer pour l'occasion.

« Oh... that man. He's always one step ahead of everyone. Always a plan. »

Une autre saison du grand dessein de Steven Moffat, son grand Timey-Wimey, est terminée et l'aspirine ne sera pas incluse dans le coffret DVD. La saison 6 était inégale, souvent bavarde, ayant l'air parfois surinvestie en terme de production et parfois tout le contraire. « Les coupes budgétaires sont dures: je ne les aime pas, mais elles vous forcent à être créatif. » a dit le Grand Moff en 2010. Et l'arbitrage budgétaire vous force à la débrouille. Mais qui s'en soucie? La plupart des fans aiment le Doctor Who de Moffat et le travail des autres scénaristes est salué sans réserve comme génial. Les échantillons de mesure d'audience l'aiment aussi et idem pour le marché américain (Matt Smith était encore invité de Craig Ferguson lundi). Quant à BBC Worldwide, elle l'adore (la marque est commercialement au top partout).

« Those reports of the sun spots and the solar flares. They're wrong. They're aren't any. It's not the sun. It's you. The sky is full of a million million voices, saying, "Yes of course. We'll help." » Comme dit la chanson: Yeah, yeah, God is great. Yeah, yeah, God is good. Rien n'est arrivé (« In an aborted timeline, in a world that never was, nothing happened. ») Le Brigadier n'est plus; au revoir Sarah Jane Smith; Torchwood est devenu une mauvaise plaisanterie de taille mondiale. « On the Fields of Trensimore, on the Fall of the Eleventh, when no living creature can speak falsely or fail to answer, a question will be asked. A question that must never ever be answered. »

Doctor What?

mardi 27 septembre 2011

LA COURSE AU JOUET

Doctor Who - Closing Time (Saison 6, Episode 12). Dans lequel le Docteur retrouve un vieil ami, décroche un job, et fait face à de vieux adversaires.

« Take my shoes off and throw them in the lake.
And I'll be 2 steps on the water. » (Kate Bush, Hounds Of Love)

Doctor Who est plus populaire que jamais avec Matt Smith et sous le règne de Steven Moffat. Ses audiences restent plus que satisfaisantes dans un environnement où la façon de consommer la télévision a évolué. La marque est commercialement au sommet partout et le programme a réussi a conquérir le marché américain. L'approche narrative de Moffat est soutenue par une majorité de Whovians, séduits par son énigmatique et soapesque arc scénaristique. Et le travail des autres scénaristes est salué sans réserve comme étant génial. Tant pis si quelques vieux fans, loins d'être fascinés par le grand timey-wimey, décident d'abandonner la série en cours de route.

Alors que la seconde moitié de la sixième saison est sur le point de s'achever, Gareth Roberts, le scénariste de Closing Time, fait revenir Craig Owens - apparu dans l'épisode The Lodger, qu'il avait écrit pour la saison précédente. Le comédien et personnalité de la télé James Corden est bien meilleur acteur que comique, même si sa contribution à l'édition 2011 de Red Nose Day était sans conteste la meilleure séquence de la soirée caritative. Il réussit à faire de Craig un garçon charmant en pleine angoisse de paternité lorsque le Docteur revient dans sa vie. Son amie Sophie (Daisy Haggard) a laissé le jeune homme avec leur bébé, Alfie, pour le week-end.

Bravo à Gareth Roberts pour avoir créé la sensation sur internet en un instant lorsque nous avons appris du Docteur, qui prétend parler bébé, que le jeune Alfie préfère en fait être appelé "Stormaggedon, Dark Lord of All". De bons dialogues entre Matt Smith et James Corden servent assez bien une authentique alchimie entre les deux. Mais malgré d'agréables moments de comédie l'histoire n'est qu'un prétexte pour leur réunion: le Docteur prend un job dans un grand magasin pour enquêter sur d'étranges variations de courant électrique et la disparition d'une employée.

« You're here for a reason, aren't you? You've noticed something and you're investigating. And because it's you it's going to be dangerous and alien. » Un "rat argenté" et un ascenseur hors d'usage conduisent le tandem aux ennuis sous la forme d'un vaisseau Cybermen caché sous le magasin. Peut-être bien qu'il est temps de mettre les Cybermen "au placard" tellement ils sont réduits à rien d'autre qu'une anecdote sur pattes sous l'ère Moffat. Et qui feignait de croire que Craig deviendrait vraiment Cybercraig dans la maladroite scène de la conversion? Il pourra toujours acheter un Cyberman à Stormageddon pour Noël, nos enfants nous protègeront de la prochaine invasion.

Un grand magasin, franchement... Et après? Un studio de cinéma ou de télévision comme au temps des productions Monty Berman? Et bien sûr l'avant-dernier épisode de la saison se devait de finir avec la candidate mandchoue et le retour de la reine des méchantes d'opérette, Madame Kovarian (Frances Barber). Dommage qu'ils n'aient pas pu avoir Joan Collins pour le rôle. Closing Time, quel titre fort approprié pour cet épisode réalisé par Steve Hughes.

Next Time: Le mari de l'astronaute.

http://danowen.blogspot.com/2011/09/doctor-who-612-closing-time.html

samedi 10 septembre 2011

LE PETIT GARÇON PERDU

Doctor Who - Night Terrors (Saison 6, Episode 9). « Please save me from the monsters. » Amy et Rory (Karen Gillan et Arthur Darvill) suivent le Docteur (Matt Smith) lorsqu'il reçoit un appel de détresse d'un petit garçon effrayé dénommé George (Jamie Oram).

Ecrit par Mark Gatiss et réalisé par Richard Clark, Night Terrors a en fait été déplacé de la première moitié de la sixième saison à la deuxième moitié en cours de diffusion. D'où l'étrange manque de préoccupation d'Amy et de son mari pour Melody/River Song, leur enfant. Changer la place d'un épisode au sein d'un arc narratif lourd peut avoir des effets secondaires inattendus. « Today we're answering a cry for help from the scariest place in the universe. » Leadworth en période de coupes budgétaires? Non... "une chambre d'enfant", dit le Docteur.

La chambre du petit George se trouve dans l'appartement d'un grand ensemble de logements sociaux où il vit avec ses parents, Claire et Alex (Emma Cunniffe et Daniel Mays). L'endroit a à peine plus d'habitants qu'Aylesbury Estate dans The Fixer et certains se sont échappés de l'Overlook Hotel. Il y a des problèmes d'ordures d'un genre nouveau. Il y a aussi un ascenseur mal intentionné et un propriétaire (le toujours fiable Andy Tiernan) avec un méchant gros chien. De toute manière les véritables problèmes de George sont le foutoir dans son placard et des gens en costumes de poupées.

Let's Kill Hitler était le meilleur épisode d'ouverture depuis The Eleventh Hour. Malheureusement Night Terrors n'égale en aucun cas The Beast Below, avec lequel il a en commun un ou deux éléments. L'épisode de Gatiss est un épisode de remplissage inoffensif sans réel effet ou réelle conséquence. Personne ne meurt, personne ne demeure une poupée, les parents adoptifs peuvent chanter Loving the Alien, et la vieille dame (Leila Hoffman) se réveille au milieu des sacs poubelles. Le génie est si surestimé depuis Torchwood: Miracle Day que deux ou trois classiques de La Quatrième Dimension comme cours accéléré sur ce qu'est vraiment le génie devraient suffire.

« Well I suppose it can't all be planets and history and stuff, Rory. » Ce n'est pas le comptable de la production qui va contredire. La performance de Daniel Mays est superbe, le reste de la distribution est excellent et Jamie Oram est très bon dans le rôle de George.

http://danowen.blogspot.com/2011/09/doctor-who-69-night-terrors.html
http://www.denofgeek.com/television/1035088/doctor_who_night_terrors_spoilerfree_review.html
http://feelinglistless.blogspot.com/2011/09/distorted-modigliani-faces-of-dolls.html

jeudi 1 septembre 2011

APPELEZ-MOI RIVER

Doctor Who - Let's Kill Hitler (Saison 6, Episode 8). Toujours à la recherche de Melody, leur fille, Amy (Karen Gillan) et Rory (Arthur Darvill) se retrouvent avec le Docteur (Matt Smith) dans le bureau d'Adolf Hitler à Berlin en 1938. La faute de Mels (Nina Toussaint-White), une amie d'enfance du couple, qui a détourné le TARDIS. Mais la future River Song (Alex Kingston) pourrait être plus près d'eux qu'ils ne l'imaginent.

« More guilt! Come on. There must be someone left in the universe I haven't screwed up yet.»

Doctor Who est plus populaire que jamais sous le règne de son showrunner Steven Moffat. Le programme fait d'excellentes audiences, a conquis l'Amérique et se trouve commercialement au sommet dans le monde entier (1). Moffat a même donné à la BBC un autre carton global: Sherlock, "réinventé" avec Mark Gatiss. Alors qu'importe si une poignée de vieux fans loyaux s'en vont. Son approche narrative est soutenue par une majorité de Whovians, séduits par l'énigmatique et soapesque arc scénaristique du Grand Moff.

Il y a un an, le grand manitou de Who annoncait au MediaGuardian Edinburgh TV Festival que de la saison en cours (comportant 13 épisodes) sept épisodes seraient d'abord diffusés, "menant à une stupéfiante apogée" avec un "énorme cliffhanger bouleversant qui va tout changer" au 7ème. Puis la série reviendrait en automne pour six autres. « L'expression incorrecte serait de dire que nous coupons la saison en deux. Nous faisons en fait deux saisons séparées, » expliquait alors Moffat en se référant au second bloc d'épisodes comme « ce qui serait en fait la Saison 7. » (2)

La Terre a survécu à A Good Man goes to War, le final très space opérette de mi-saison de Moffat et son cliffhanger façon L'Empire contre attaque. La saison 6 (pas 7 finalement) de Doctor Who est revenue sur BBC One et BBC America samedi dernier avec Let's Kill Hitler, écrit par le grand homme et réalisé par Richard Senior. Etant donné que le génie est une notion surestimée depuis Torchwood: Miracle Day, et que les attentes d'une minorité d'entre nous ont été sérieusement revues à la baisse avec cette sixième saison, cette première est étonnamment appréciable.

« Thank you. Whoever you are. I think you have just saved my life.
- Believe me. It was an accident. »

« You've got a time machine, I've got a gun. What the hell? Let's kill Hitler. » Bien sûr le Docteur n'a jamais arrêté Hitler (Albert Welling). Moffat prévient dès le titre, le fameux cliché de science-fiction n'est utilisé que comme mèche pour le feu d'artifice qui relance sa machinerie. Un feu d'artifice trop fourni, dont le matériel vaudrait un spécial de 90 minutes mais se retrouve réduit à 48 minutes, de la même façon que les petits bureaucrates sont comprimés dans la sentence de mort sur pattes sortie de Appelez-moi Dave. « We're in a hurry. We're not trying to win an award. » Pas besoin d'un Writer's Tale pour Steven Moffat, les anecdotes sont DANS l'épisode.

Le Moff a un savoir-faire pour la comédie adulte rythmée et un goût certain pour les répliques bien ciselées (« I'm trapped inside a giant robot replica of my wife. I'm really trying not to see this as a metaphor. ») Let's Kill Hitler offre les deux avec générosité, pourvu qu'on oublie ses défauts. « Then why don't I know you? I danced with everyone at their wedding. The women were all brilliant. The men were a bit shy. » Un de ces défauts est Mels, "l'amie d'enfance" jamais vue auparavant, ce en dépit d'une bonne mais de facto frustrante performance de Nina Toussaint-White. "Mels" est un autre truc narratif dans le grand timey-wimey de Moffat. A l'instar de la continuelle dévaluation de la régénération, une tendance initiée par Russell T. Davies (qui a dévalué plus que ça depuis).

« Well. I was on my way to this gay gypsy bar mitzvah for the disabled, when I suddenly thought, "Gosh. The Third Reich's a bit rubbish. I think I'll kill the Fuehrer." Who's with me? »

Sur une échelle où le niveau qualitatif a été élevé jusqu'aux cieux par The Doctor's Wife - l'épisode écrit par Neil Gaiman - Let's Kill Hitler est absurde mais drôle et divertissant, le meilleur épisode d'ouverture depuis The Eleventh Hour. « I love it! I'm all sort of... mature. Hello Benjamin. » Steven Moffat revisite plaisamment The Curse of The Fatal Death avec Alex "Mrs Robinson" Kingston dans le rôle de Jonathan Pryce. Matt Smith (beau manteau, à propos) ainsi que le reste de la distribution servent avec brio le script. Et c'est sympathique de revoir Caitlin Blackwood dans le rôle de la jeune Amelia - mais aussi en "interface vocale Amelia" (« You will not die now. You will die in thirty-two minutes. ») Les normes de production ont l'air plus que convenables, la réalisation est excellente, et le Temple de la Paix de Cardiff est utilisé avec astuce.

« Rory, take Hitler and put him in that cupboard over there. Now. Do it. » Nous n'allons pas bouder notre plaisir. Torchwood: Miracle Day produit une "tingling sensation" bien pire que celle des Anticorps du Teselecta. « Right. Putting Hitler in the cupboard. Cupboard. Hitler. Hitler. Cupboard. »

« Glücklich zu sehen, je suis enchanté. Happy to see you. Bleibe, reste, stay. »


(1) http://www.guardian.co.uk/media/2011/jul/12/doctor-who-bbc-worldwide
(2) http://www.guardian.co.uk/media/video/2010/aug/29/doctor-who-cliffhanger-video?intcmp=239

http://cathoderaytube.blogspot.com/2011/08/doctor-who-series-6-lets-kill-hitler.html
http://danowen.blogspot.com/2011/08/doctor-who-68-lets-kill-hitler.html

lundi 20 juin 2011

LA MENACE FANTÔME

Doctor Who - A Good Man goes to War (Saison 6, Episode 7). Amy (Karen Gillan) a été enlevée par Madame Kovarian (Frances Barber). Le Docteur (Matt Smith) parcourt les galaxies avec Rory (Arthur Darvill), afin de rameuter des personnes en dette envers lui pour qu'elles lui prêtent assistance .

En août 2010, Steven Moffat, le patron de Doctor Who, annonçait au MediaGuardian Edinburgh TV Festival que de l'actuelle saison (comportant 13 épisodes) sept épisodes seraient d'abord diffusés, "menant à une stupéfiante apogée" avec un "énorme cliffhanger bouleversant qui va tout changer" au 7ème. Puis la série reviendrait en automne pour six autres. « L'expression incorrecte serait de dire que nous coupons la saison en deux. Nous faisons en fait deux saisons séparées, » expliquait alors Moffat en se référant au second bloc d'épisodes comme « ce qui serait en fait la Saison 7 » (1).

« Les réductions budgétaires sont difficiles: je ne les aime pas, mais elles vous forcent à être créatif. » (Steven Moffat)

Amy n'était pas la vraie Amy mais la version blob d'Amy. La véritable Mrs Pond est retenue prisonnière par Madame Kovarian (vilaine de soap opera de son état), et son acolyte, le colonel Manton (Danny Sapani). Ils ont une armée et des sinistres intérimaires, les Headless Monks, donc sauver Amy et Bébé Melody ne sera pas chose aisée. Rory s'habille en centurion pour s'incruster dans une station spatiale des Cybermen, pendant que le Docteur explose une cyber-légion pour montrer combien il a "les boules" et consulte son carnet d'adresses (qu'on imagine énorme) afin de demander des renvois d'ascenseur.

Répondent présent "la détective silurienne victorienne à l'épée" Madame Vastra (Neve McIntosh dans un nouveau rôle de Silurienne) et sa compagne humaine Jenny (Catrin Stewart), le Commander Strax (Dan Starkey) - une sorte de Doc Martin sontarien, et le détaillant bleu en produits du marché noir Dorium "Je suis vieux, je suis gros, je suis bleu" Maldovar (excellent Simon Fisher Becker). River Song (Alex Kingston), de retour au Stalag 13, ne peut participer à la fête à cause d'un détail technique mais un escadron de Siluriens, quelques Judoons, des Spitfires de l'espace, le capitaine et Junior Avery (Hugh Bonneville et Oscar Lloyd) font le déplacement. Ceux qui n'ont pas pu venir ont certainement manqué l'appel au magasin des accessoires, et les Daleks ont une autorisation d'absence signée par le patron. Pendant ce temps, Lorna Bucket (Christina Chong) tente de sympathiser avec Amy.

A ce qu'on sait la Terre a survécu à A Good Man goes to War, écrit Steven Moffat lui-même et réalisé par Peter Hoar. Mais la foi de certains d'entre nous en Doctor Who, brièvement restorée par The Doctor's Wife, le chef d'oeuvre de Neil Gaiman, a pris un sacré coup avec le timey-wimey du Grand Moff, centré sur LA grossesse. Le reste est anecdotique: la débauche de personnages en hors d'oeuvre, l'idée d'une détective silurienne detective dans le Londres de 1888 (pour la série dérivée, un budget façon CBBC budget fera l'affaire), ou bien la méchante pas si terrifiante que ça avec son bandeau et son pathétique assistant sorti tout droit d'un film de mercenaires des années 1970. Son speech a des répliques qui figurent parmi les pires jamais écrites dans l'Histoire de la série. Mais il est heureusement interrompu par le Docteur, lequel n'est vraiment visible dans l'épisode qu'après presque 20 minutes de sa "Darkest Hour" .

Stefania DiMera - alias Prends le bébé et tire toi - fait fondre Melody (gâchis total du talent de Frances Barber), Dorium perd la tête et notre Seigneur du Temps compte les pertes du quart d'heure de poésie Star Wars: sont au tapis le Doc Martin à tête de patate (mais Dan Starkey reviendra certainement jouer un Sontarien un de ces quatre) et Lorna, qui pourtant pendant une nanoseconde aurait pu postuler comme compagne du Docteur. Puis cette version space opérette de Des Jours et des vies s'achève sur "l'énorme cliffhanger qui change tout" pour le Docteur, Amy et Rory. « I'm your daughter. » [Insérez The Imperial March ici]

Doctor Who est plus populaire que jamais mais certains téléspectateurs auront en effet besoin de temps pour se remettre d'ici septembre, lorsque la saison 6 (pas 7 finalement) se poursuivra pour plus d'indices, de tours, de blobs et de leurres. Dans l'intervalle l'aventure continue en coulisses avec la "saga de la programmation". Le Docteur reviendra.

(1) http://www.guardian.co.uk/media/video/2010/aug/29/doctor-who-cliffhanger-video?intcmp=239

http://cathoderaytube.blogspot.com/2011/06/doctor-who-series-6-good-man-goes-to.html

dimanche 22 mai 2011

MONSTRES ET MERVEILLES

Doctor Who - The Doctor's Wife (Saison 6, Episode 4). Quelqu'un frappe à la porte du TARDIS... alors qu'il se trouve dans l'espace. Le Docteur (Matt Smith) reçoit un signal de détresse que lui et ses compagnons, Amy (Karen Gillan) et Rory (Arthur Darvill), suivent jusqu'à une étrange planète ou vit une très étrange famille.

« Somewhere over the rainbow, way up high. There's a land that I heard of once in a lullaby. »

Réalisé par Richard Clark et écrit par l'écrivain multi-récompensé Neil Gaiman (Coraline, Sandman, Neverwhere), The Doctor's Wife était initialement prévu pour la saison 5 mais retardé pour des raisons budgétaires et remplacé par The Lodger. Arriver maintenant est à bien des égards une bénédiction pour cet épisode, qui se situe hors du risqué et artificiel arc scénaristique high concept dans lequel Steven Moffat (le patron de la série) a choisi de s'embarquer. Pas d'"indices", pas de sous-intrigue de soap, pas de questions, pas de tours. Juste une histoire d'aventures dans l'espace et le temps avec des touches de surréalisme, de poésie et d'humour dans l'esprit de Douglas Adams. Ainsi qu'une inhabituelle et charmante histoire d'amour.

L'histoire de Gaiman est un rappel bienvenu de ce que peut être Doctor Who au sommet de sa forme. Un monde étrange couvert de débris - très Caro et Jeunet - est habité par un bizarre couple dickensien en "patchwork", Auntie (Elizabeth Berrington) et Uncle (Adrian Schiller), ainsi qu'un Ood aux yeux verts du nom de Nephew (Paul Kasey). Idris (Suranne Jones, entre Elsa Lanchester et Helena Bonham Carter), une jeune femme qui semble ne pas avoir toute sa tête, pourrait faire partie d'un piège mais qui est-elle donc en réalité? « Biting is excellent. It's like kissing, only there's a winner. » Et la voix de Michael Sheen (qui répète pour un biopic sur James Earl Jones?) joue au chat et à la souris avec Amy et Rory.

« Fear me, I've killed hundred of Time Lords.
- Fear me, I've killed all of them. »

Mr et Mrs Pond courant dans les couloirs a un doux parfum très séries de SF de la BBC des années 1980, tandis que Gaiman revisite les origines du Docteur grâce à une idée merveilleusement originale. Pas seulement la BBC des années 80, la "Boite mail" a un côté Curseur dans Automan. The Doctor's Wife est d'emblée un classique et espérons que Neil Gaiman en fera d'autres. Mieux, qu'il devienne le prochain patron de la série. Mieux, qu'il soit anobli pour avoir restauré la foi de certains d'entre nous en la version moderne de Doctor Who pendant 45 minutes - et qu'il devienne le prochain patron de la série.

L'épisode et le Doctor Who Confidential absolument essentiel qui suivait sont une ôde à toutes ces raisons qui font que nous aimons notre "madman in a box". Il était une fois...

« Do you believe any of this stuff?
- I was there. »

http://cathoderaytube.blogspot.com/2011/05/doctor-who-series-6-doctors-wife-review.html
http://www.denofgeek.com/television/880521/neil_gaiman_interview_all_about_writing_doctor_who.html

samedi 7 mai 2011

VIVA LAUGHLIN

Doctor Who - Day of the Moon (Saison 6, Episode 2). Amy (Karen Gillan), River Song (Alex Kingston) et Rory (Arthur Darvill) sont traqués par Canton (Mark Sheppard) et ses hommes à travers l'Amérique.

Pendant ce temps, le Docteur (Matt Smith) est sous bonne garde dans la Zone 51.

[INSEREZ LA DATE ET LE LIEU DE LA SCENE]

Réalisé par Toby Haynes et écrit par Steven Moffat, le patron de Doctor Who, Day of the Moon est la seconde moitié du double-épisode évènement marquant la première fois que la série est tournée aux Etats-Unis, ce grâce au concours de BBC America. Et comme dit le dicton, lorsqu'on est à Rome... Depuis les moments très SF télé américaine (The Invaders, Dark Skies, The X-Files) du pré-générique jusqu'au film d'horreur soft dans l'orphelinat Oswald Cobblepot et le règlement de compte à OK Corral avec les méchants, nous avons eu droit à ce qui se rapproche le plus du remake de la série par un network US.

Le temps peut être réécrit et ce que le temps ne peut pas faire, le Nixon Ex Machina s'en chargera (Stuart Milligan avec des prothèses faciales dans le rôle du président running gag). Et même la lourde exposition n'empêchera pas certains téléspectateurs de se sentir aussi confus que le docteur Renfrew (Kerry Shale) dans ce conte high concept de la Grande Interrogation qui se construit depuis la saison précédente. Le "high concept" devrait être de toute manière banni par l'industrie télévisuelle. Maintenant, le Docteur sait que les vilains Roger sont là et il doit convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé...

Mais il y a Mark Sheppard dans le role de Canton Everett Delaware III. Canton III a le potentiel qu'avait Jack Harkness lorsqu'il est apparu dans The Empty Child/The Doctor Dances (à l'époque un enfant avec un masque à gaz suffisait). Sheppard mérite sa propre série ou, si les décideurs ne peuvent pas casser leur petit cochon, au moins une autre apparition.

La petite fille brille dans le noir? Bah, qu'importe... Tant qu'elle peut manger sa viande proprement.

http://cathoderaytube.blogspot.com/2011/05/doctor-who-series-6-day-of-moon-review.html

lundi 25 avril 2011

NIXON FROST

Doctor Who - The Impossible Astronaut (Saison 6, Episode 1). Amy (Karen Gillan) et Rory (Arthur Darvill) sont au beau milieu du désert de l'Utah, à la demande du Docteur (Matt Smith) et ils sont rejoints par l'archéologue River Song (Alex Kingston).

Quelque chose sort de l'eau avec une conséquence tragique. Un vieil homme, le président des Etats-Unis, et des évènements en 1969 pourraient constituer une partie de l'explication - si ce n'est de la solution - à ce qui vient de se produire.


Lorsque Steven Moffat, le patron de Doctor Who nous a promis "le plus effrayant épisode d'ouverture toutes saisons de confondues" durant la promotion de la sixième saison (1), il ne voulait sûrement pas parler de ce qui allait arriver AVANT la diffusion du premier épisode. Non seulement BBC One a programmé The Impossible Astronaut à 18h00 contre une bande de dinosaures en images de synthèse et Stephen Fry sur ITV1, mais le retour du Docteur était précédé par un jeu terriblement affligeant du nom de Don't scare the Hare et il était suivi par une émission en difficulté d'audience, So You Think You Can Dance.

« I'd like to meet you in a timeless, placeless place
Somewhere out of context and beyond all consequences. »
Suzanne Vega, Language

L'épisode est écrit par Moffat lui-même et réalisé par Toby Haynes. Il s'ouvre avec le Docteur essayant d'être "délibérément ridicule" (comme le fait remarquer Amy à son mari) et, d'une certaine manière, y arrivant. Puis River Song s'échappe de nouveau du Stalag 13, pour aller vers "une planète appelée Amérique" - comme l'explique une version plus mince du sergent Schultz. Car The Impossible Astronaut est la première moitié d'un double épisode évènementiel marquant le tournage pour la première fois de la série aux Etats-Unis, grâce à BBC America (2).

Passé la superbe arrivée très cinématographique de "Monsieur et madame Pond" dans un bus scolaire jaune, la séquence pré-générique continue avec une série d'allusions au Hollywood de TCM délivrée avec toute la joie du prince Akeem de Zamunda arrivant dans le Queens. "Stetsons are cool" et River fait sa Calamity Jane ou quelque chose dans ce genre. Le logo de la BBC apparaît sous le titre, nos amis font un pique-nique, quelque chose (quelqu'un?) de mauvais arrive et le Kenny de la semaine meure. Avec Steven Moffat suivant la tradition, lancée par RTD, qui consiste à réduire un des éléments les plus importants du mythe de Doctor Who au rang d'artifice scénaristique.

« You were my second choice for this, Mr. Delaware.
That's okay. You were my second choice for president. Mr. Nixon. »

Mais on ne peut pas tuer Kenny, n'est-ce pas? "Time isn't a straight line, it's all bumpy wumpy." L'époque c'est 1969 et le président Richard M. Nixon a besoin de l'aide de l'outsider du FBI Canton Everett Delaware III. Nixon est interprété, avec une lourde assistance prosthétique, par Stuart Milligan, et - par un excellent choix de distribution - Canton III est joué à la fois par Mark Sheppard (Firefly, Battlestar Galactica, etc...) et le père de l'acteur, le légendaire William Morgan Sheppard. Sheppard Junior est tout simplement brillant (« If he doesn't I'll shoot him myself. ») mais les expressions de Milligan semblent figées par son masque de Tricky Dicky. Michael Sheen arrivera plus tard dans la saison, il ne peut quand même pas imiter tout le monde.

Le président et l'ancien G-Man sont interrompus par le Docteur, non-délibérément et clouseauesquement ridicule, et Amy est escortée jusqu'aux toilettes par le grand frère de Don Draper. Là elle rencontre le grand méchant de service, Roger d'American Dad dans un costume de Men In Black (« Is that a Star Trek mask? ») Il y a en fait toute une famille de rageant Roger et madame Pond commet une bad bad thing. A moins que? Evitez la bande-annonce Next Time si vous le pouvez... Oups, trop tard!

« And we walked off to look for America » (Simon and Garfunkel, America)

The Impossible Astronaut est mis à mal par le choix du format en deux parties et souffre de trop d'exposition. Steven Moffat écrit des répliques faites pour devenir cultes («These are my top operatives: the legs, the nose and Mrs Robinson. ») et de grandes scènes (l'impasse avec le service de sécurité de la Maison Blanche) mais a tendance à recycler ses vieilles ruses lorsqu'il s'agit de faire peur.

Le montage de certaines scènes dans le TARDIS avec certaines séquences américaines font que les unes semblent coïncider artificiellement avec les autres (voir l'introduction de Canton III plus jeune et le Docteur slapstick dans le Bureau Ovale). Comme si un matériel trop riche avait été "pressuré" à l'intérieur de 45 minutes. Quel dommage aussi que l'intelligente "préquelle" internet à la Maison Blanche n'ait pas été utilisée comme séquence pré-générique (« There are no monsters in the Oval Office. ») Et nous verrons jusqu'à quel point la division "créative" des épisodes de cette année en deux blocs affecte la narration.

L'épisode était dédié à Elisabeth Sladen, récemment décédée. La très aimée Elisabeth Sladen était bien sûr Sarah Jane Smith, populaire assistante de deux docteurs dans la série classique de Doctor Who. Elle est apparue aussi dans l'épisode School Reunion avec David Tennant dans la série de 2005 et deux ans plus tard elle a eu sa propre série, The Sarah Jane Adventures.

Plus tôt cette année, la Doctor Who family avait perdu Nicholas Courtney (Brigadier Alistair Gordon Lethbridge-Stewart). Lui comme Elisabeth Sladen nous manquent.

P.S. Les dinosaures de synthèse et Stephen Fry: 1,18 millions de téléspectateurs (7.9%). Doctor Who: 6,52 millions (36.7%). Fin de la discussion. Voir: http://www.digitalspy.co.uk/tv/s7/doctor-who/news/a316157/new-doctor-who-kicks-off-with-65m.html

(1) http://www.guardian.co.uk/tv-and-radio/2011/apr/05/doctor-who-new-series
(2) http://blogs.bbcamerica.com/anglophenia/2010/10/10/its-official-doctor-who-to-film-in-the-us-for-the-first-time/

http://www.sfx.co.uk/2011/04/21/doctor-who-the-moff/

Hommages:

http://cathoderaytube.blogspot.com/2011/04/elisabeth-sladen-1948-2011.html
http://cathoderaytube.blogspot.com/2011/02/nicholas-courtney-16-december-1929-22.html

Critiques de l'épisode:

http://cathoderaytube.blogspot.com/2011/04/doctor-who-series-6-impossible.html
http://unrealityshout.com/blogs/doctor-who-review-the-impossible-astronaut-series-6-premiere

mercredi 29 décembre 2010

SINGING WITH SHARKS

Doctor Who - A Christmas Carol. Les jeunes mariés Amy (Karen Gillan) et Rory Williams (Arthur Darvill) sont en croisière dans l'espace pour leur lune de miel. Or le vaisseau est sur le point de s'écraser et seul le Docteur (Matt Smith) peut sauver ses compagnions ainsi que les passagers. Mais seulement s'il arrive à faire d'un vieil homme riche et grincheux un être meilleur.
[Sans spoiler ni cheminée]

Chaque Noël depuis 2005 le forcément luxueux spécial de Doctor Who est le sommet des programmes de vacances de BBC One. Les années précédentes notre seigneur du temps favori a sauvé la Terre d'invasions extra-terrestres, de mortels robots père Noël, d'un Titanic spatial, de Cybermen victoriens et même de Timothy Dalton en Ming l'Impitoyable. Point d'extravagance de ce genre cette année mais une idée plutôt intelligente par Steven Moffat, le patron de la série, de détournement d'Un conte de Noël de Charles Dickens. Un classique adapté un nombre incalculable de fois, même l'icônique personnage de Victor Newman a eu droit de faire l'Ebenezer Scrooge dans Les Feux de l'Amour la semaine dernière.

Réalisée par by Toby Haynes, cette version par Moffat de A Christmas Carol s'ouvre avec l'intrusion de "Mr and Mrs Pond" sur la passerelle de commandement du navire de leur lune de miel et à en juger par leurs costumes la catastrophe imminente a grossièrement interrompu quelque chose. Cette hilarante séquence pré-générique a clairement la flamme épique des spéciaux passés et le savoir-faire de Steven Moffat en matière de comédie adulte. Le nom d'Arthur Darvill est - et c'est amplement mérité - au générique de début, mais curieusement pas ceux des deux prestigieuses vedettes invitées: le grand acteur Sir Michael Gambon et la chanteuse Katherine Jenkins.

Michael Gambon joue un personnage à la Scrooge qui porte un nom façon méchant de Mission: Impossible, Kazran Sardick ("Bonjour Docteur Phelps. Cet homme, c'est Kazran Sardick.") Bien sûr Gambon est, comme toujours, au-delà du brillant. D'ailleurs on a dit la même chose de Sir Ian McKellen dans le tristement fameux remake du Prisoner, ce qui n'a rien de surprenant parce que les deux acteurs pourraient vous émouvoir juste en déclamant leurs listes de courses. Et les premières scènes avec le vieux fâcheux sont formidables, avec juste ce qu'il faut d'un humour "glacial" et un sous-texte politique très contemporain.

Michael Gambon dans un spécial de Noël de Doctor Who est un pari sans risque pour les responsables de la série et une joie pour les téléspectateurs. En revanche le choix de Katherine Jenkins dans "sa première apparition majeure comme actrice" (1) laisse quelque peu perplexe, spécialement lorsque l'épisode vire au BBC Proms chante Noël pour le requin des Dents de la mer 38. Dommage qu'à la place nous n'ayons pas plus des jeunes mariés et plus d'interaction véritable entre les Williams et le Docteur. Dommage également que le plus gros du travail de l'extraordinaire production designer Michael Pickwoad (Withnail and I, Lost in Austen, Le Prisonnier 2009) soit plongé dans le noir.

Le traineau tiré par le cousin de Bruce est la chose la plus irritante de l'Histoire du Doctor Who moderne depuis un certain bus volant. Et puis désolé, non merci pour le poisson... mais les stetsons sont "cool". Pour terminer sur une note positive nous vous recommandons la critique de ce Christmas Carol par le blogueur talentueux, érudit et respecté Frank Collins (http://cathoderaytube.blogspot.com/2010/12/doctor-who-christmas-carol-review.html). Frank est un spécialiste - parmi beaucoup de sujets - de Doctor Who, et l'auteur de The Pandorica Opens, un livre explorant la saison 5(http://www.classictvpress.co.uk/pandoricaopens.htm).

(1) http://www.guardian.co.uk/media/2010/jul/12/doctor-who-steven-moffat?INTCMP=SRCH

lundi 22 novembre 2010

CHILDREN IN NEED 2010 (BBC ONE)

Depuis 1980 Children in Need, la soirée caritative britannique, offre chaque année de grands moments de télévision pour une grande cause. Presentée par Sir Terry Wogan avec Tess Daly et Fearne Cotton sur BBC One, l'édition 2010 du "plus grand show d'appel aux dons sur Terre" avait tout ce qu'on peut attendre de CIN et plus encore.

Le public britannique et de nombreuses personnalités se sont réunis afin de récolter des dons pour la cause importante des enfants. Chris Evans s'est joint au laveur de carreaux Paul Wright pour laver les vitres du One Canada Square, le batîment le plus haut de Grande-Bretagne. La distribution de Merlin a montré un hilarant bétisier. Matt Smith et Karen Gillan ont invité deux jeunes garçons à prendre le thé à bord du TARDIS avant de faire découvir une petite bande-annonce pour le très attendu spécial de Noël de Doctor Who.

Strictly Come Dancing a fait un spécial Children in Need présenté par Tess Daly, avec comme juges Craig Revel Horwood, Len Goodman, Sir Terry Wogan et Pudsey (l'ours mascotte de la soirée). Les fans de soaps ont eu droit à un glorieux crossover entre EastEnders and Cooronation Street - comprenant une reprise de You're the one that I want par le grand Shane Richie avec Kym Marsh. Comme promis par Sir Terry (« A night when television history will be made »), cette rencontre au sommet était un des meilleurs moments de l'émission.

Le multi-talentueux John Barrowman présentait un spectacle depuis Glasgow. Les journalistes et présentatrices d'information ont fait un numéro musical ayant pour thème Lady Gaga, avec l'assistance de leurs collègues masculins et du chorégraphe Louie Spence. Les "Dragons" de l'émission Dragon's Den ont testé leur esprit d'entreprise en cuisine pour Come Dine with the Dragons. Et les Hairy Bikers ont chanté A Bat Out Of Hell, le classique de Meat Loaf - autre grand moment de la soirée.

Cheryl Cole, les stars de Harry Potter, Kylie Minogue, JLS (qui a interprété Love You More, la chanson officielle de CIN 2010), Susan Boyle, Take That, les Loose Women d'ITV, John Owen-Jones (étonnant Fantôme de l'Opéra) et bien d'autres étaient là également. La formidable chorale gay londonienne Far from Kansas a illuminé l'émission tout au long de l'évènement.

http://www.bbc.co.uk/pudsey/
http://www.bbc.co.uk/pudsey/grants/map.shtml
http://www.bbc.co.uk/pudsey/aboutus/whoyouvehelped.shtml

Voir aussi:

http://www.lgmc.org.uk/ (Far from Kansas)
http://twitter.com/#!/johnowenjones

vendredi 2 juillet 2010

SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ

Doctor Who - The Big Bang (Saison 5, Episode 13). Comme prévu, la seconde moitié du final de la saison 5 n'était pas à la hauteur des attentes suscitées par The Pandorica Opens. Un épisode appréciable cependant, grâce à un incroyable one-man show de Matt Smith ainsi qu'à deux ou trois autres choses.

L'illusioniste américain David Blaine va certainement commander un Time Vortex Manipulator ainsi qu'un tournevis sonique. Ils lui seront très utiles la prochaine fois qu'il tentera de s'échapper de quelque chose. Et on peut parier que les Pandorica vont remplacer les défibrilateurs de rue lorsque sera résolu le problème de la taille et du volume. Même la science-fiction ne peut justifier toute cette surprenante complaisance de la part de Steven Moffat, qui pourtant nous avait offert quelques unes des plus belles heures de la série en tant que scénariste. Particulièrement après l'intensité des 20 dernières minutes de The Pandorica Opens.

The Big Bang est une nouvelle illustration de l'arbitrage budgétaire qui a clairement pesé sur tout le contenu de la saison 5. Certes, cela se voit moins que dans Amy's Choice et The Lodger mais la dernière fois que des personnages d'une franchise BBC Worldwide ont poursuivi des "anomalies" dans un musée ça c'est très mal terminé. « Les réductions budgétaires sont dures: je ne les aime pas mais elles vous forcent à être créatif, » avait expliqué Moffat à BBC News.

Au moins le script est plein de répliques drôles (« Come along, Ponds!», « Hi honey I'm home », etc.) Matt Smith vole l'épisode avec un fez (« Fezes are cool »), une balayette et une jolie histoire. Il y a des idées sympathiques: Rory en centurion dévoué qui garde la Pandorica à travers le temps, la réputation de River Song qui apparemment terrorise le Dalek de pierre au point que la pauvre petite chose implore pitié. Steven Moffat doit avoir un contentieux avec les Daleks (voir The Curse of Fatal Death).

La résolution de l'"arc" n'est pas convaincante et elle est délibérément partielle puisqu'il semble que tout ça va se prolonger avec la saison six. Moffat a réinventé le Docteur Jekyll et M. Hyde de Stevenson avec un génie absolu mais Doctor Who est-il vraiment le support approprié pour un "conte de fée sombre" et un arc ambitieux sur plusieurs saisons? Et puis, enfin, est-ce que Steven Moffat aura un budget assez décent pour réaliser toutes ses ambitions narratives passé le forcément luxueux spécial de Noël dans l'Orient Express? Avoir démarré l'ère Moffat/Smith avec un arc centré sur des "fissures" pourrait s'avérer rétrospectivement ironique.

The Big Bang est une conclusion appréciable mais inégale à une cinquième saison globalement distrayante qui a réinstallé la franchise, dans un esprit d'invention et de tradition, après une pause de presque deux ans entre les saisons 4 et 5. Et a révélé à un public mondial les talents de Matt Smith, Karen Gillan, Arthur Darvill et même celui de la jeune Caitlin Blackwood.

Voir aussi:

http://cathoderaytube.blogspot.com/2010/06/doctor-who-series-5-pandorica-opens-big.html

samedi 19 juin 2010

JAMES'S APARTMENT

Doctor Who - The Lodger (Saison 5, Episode 11). Coincé à Colchester tandis qu'Amy Pond (Karen Gillan) est toute seule dans le TARDIS, le Docteur (Matt Smith) loue "sous couverture" une chambre à Craig Owens (James Corden). Craig est un timide employé de centre d'appel qui est amoureux de sa collègue Sophie (Daisy Haggard) et n'a aucune idée des choses étranges qui se produisent dans sa maison.

Tourné dans le même "bloc" d'épisodes qu'Amy's choice, The Lodger partage avec l'épisode 7 sa réalisatrice Catherine Morshead. Il est écrit par Gareth Roberts, d'après sa propre bande dessinée du même nom parue en 2007 dans Doctor Who Magazine. Et comme Amy's choice c'est une excuse pour faire avec les restes du budget après l'histoire silurienne en deux parties ou bien le grand final.

The Lodger a pour vedette invitée l'omniprésent et très pénible James Corden (Gavin and Stacey), comédien, acteur, scénariste et personnalité télévisuelle - qui débutait son émission autour de la coupe du monde sur ITV1 le même soir! Mais il faut porter au crédit de Corden qu'il est meilleur acteur que comique ou quoi que ce soit d'autre, et que le rôle du "bon gars" ne nécessitait pas les talents d'acteur de Patrick Stewart.

L'épisode lui-même a l'air d'un flashforward de la saison 6 si la Beeb procède à d'autres coupes budgétaires. La prochaine étape serait de coller Eleven sur Terre avec un boulot à UNIT comme Jon Pertwee. Et c'est au pauvre Matt Smith de porter pratiquement tout sur ses épaules alors qu'il semble que le script ait été adapté aux disponibilités de Karen Gillan, ou aux impératifs de planning ou à Dieu sait quoi.

La scène du match de foot était exaspérante, en fait The Lodger a perdu votre humble serviteur en plein milieu. Ca m'est égal que Smith ait démarré sa vie professionnelle en tant que footballeur. Tom Baker travaillait sur un chantier de construction avant Who, imaginez donc le quatrième Docteur en Bob le Bricoleur. Et le gimmick de la fissure est de plus en plus artificiel.

La prochaine fois: Pandorica Band Aid 2010 concert.

Voir aussi:

http://cathoderaytube.blogspot.com/2010/06/doctor-who-series-5-lodger-review.html