samedi 4 avril 2009

TORCHWOOD - SAISON 2 (KOBA FILMS VIDEO)

Fondé par la Reine Victoria, l’Institut Torchwood est aujourd’hui encore chargé de contrer la menace extra-terrestre sous toutes ses formes. Dirigée par le surprenant, mystérieux et charmeur capitaine Jack Harkness, l’antenne de Cardiff (Pays de Galles) est située sur une faille spatio-temporelle, point de départ d’aventures fantastiques et de plus en plus périlleuses pour Jack et son équipe.

JACK IS BACK

« Salut les enfants. Je vous ai manqué? » (Capitaine Jack Harkness)

La sortie chez Koba Films Vidéo (http://thierryattard.blogspot.com/2009/03/royale-koba.html) de la saison 2 de Torchwood, série dérivée de la version moderne de Doctor Who, est un évènement à plusieurs titres. Tout d'abord parce que Torchwood est un parfait représentant d'une fiction télévisuelle britannique contemporaine de qualité dont Koba est l'éditeur DVD français de référence: Les Arnaqueurs VIP, Blackpool (http://thierryattard.blogspot.com/2008/06/blackpool.html), Femmes de footballeurs, La fureur dans le sang (http://thierryattard.blogspot.com/2008/06/la-fureur-dans-le-sang-saison-1.html), Life on Mars (http://thierryattard.blogspot.com/2008/06/life-on-mars-saison-1.html), State of Play – Jeux de pouvoir ou bientôt l'excellent Affaires d'états (The State Within, avec Jason Isaacs).

Ensuite parce que le coffret de la saison 2 de Torchwood sera inévitablement comparé à celui de la saison 4 de Doctor Who. Et on se souvient que l'année dernière la comparaison entre le magnifique coffret de Torchwood saison 1 (http://thierryattard.blogspot.com/2008/06/torchwood.html) et le coffret minimaliste de la saison 3 de Doctor Who chez un éditeur concurrent, s'était terminée au parfait désavantage de ce dernier - au point que ladite comparaison est devenue un cas d'école.

« Jack a disparu alors il faudra que l'on se démerde sans lui ». Gwen Cooper, anciennement de la police de Cardiff (Eve Myles), le docteur Toshiko « Tosh » Sato – experte en informatique (Naoko Mori, découverte dans la série Absolument fabuleux), le docteur Owen Harper (Burn Gorman), et Ianto Jones (Gareth David-Lloyd) – le logisticien du groupe, sont privés de leur leader: le charismatique capitaine Jack, qui ne peut pas mourir mais qui a disparu. Jack Harkness vient en fait de prêter main forte au Docteur (David Tennant) et à Martha Jones (Freema Agyeman) face au redoutable Maître (John Simm), dans le grandiose final de la saison 3 de Doctor Who (la meilleure saison de cette série à ce jour).

HIT THE ROAD, JOHN

« On se marre beaucoup plus quand il est là. » (Ianto Jones)

« Excusez moi, vous n'auriez pas vu un poisson-lune au volant d'un cabriolet? » L'équipe a appris à composer sans son chef, mais Jack n'est pas de trop lorsqu'il réapparaît juste à temps pour disposer d'un alien à tête de poisson-lune particulièrement excité (« Ce poisson est défonçé »). Les affaires reprennent pour la branche galloise de Torchwood quand débarque à Cardiff, via la faille, le très sémillant et extrêmement dangereux Capitaine John Hart (« Je dois préciser que je suis armé»).

La saison 2 démarre en beauté avec Kiss Kiss, Bang Bang (titre autrement plus évocateur que le mièvre titre français de ce premier épisode), son cultissime pré-générique avec le poisson, ainsi que l'arrivée du génialement doué acteur américain James Marsters - Spike dans Buffy contre les vampires et Angel - dans le rôle du capitaine John. Le personnage a été écrit sur mesure par le co-producteur et scénariste Chris Chibnall pour Marsters, lequel tenait beaucoup à jouer dans la série. Quoi de plus naturel vu l'influence de Buffy et d'Angel sur Torchwood.

« Capitaine Jack Harkness, note l'avancement. - Capitaine John Hart, note le sarcasme. » John Hart est un ex-pratiquement tout de Jack (collègue à l'agence du temps, ami, amant, rival...) et leurs retrouvailles dans un club de Cardiff sont plus que mouvementées (à mi chemin entre une "baston" homérique de western spaghetti et un nettoyage façon Jason Bourne). John sollicite l'aide de Torchwood mais il est loin d'être fiable et encore moins d'être sincère. En tout cas cet épisode remarquable de drôlerie, d'action et de suspense, donne lieu à des répliques anthologiques (« C'est l'entrée réservée aux touristes. - Je me souviens de la dernière fois que tu as dit ça») et se termine sur l'évocation aussi rapide que douloureuse d'un moment décisif de la vie du capitaine Jack Harkness - ce qui aura des conséquences par la suite.

CONFIDENTIEL ET PERSONNEL

« Jack, je suis mort. Je suis en permanence détendu. »
(Owen Harper)


La faille de Cardiff continue à délivrer son lot de menaces extra-terrestres avec le très impressionnant (à tout point de vue) épisode 2, Sleeper, qui rappelle en version alien le classique Un espion de trop (Telefon, 1977). Réguler une telle force spatio-temporelle est une activité professionnelle qui peut s'avérer lourde sur le plan personnel. L'épisode suivant, To the last man, met au supplice la pauvre Toshiko - laquelle avait déjà été mise à l'épreuve l'année précédente avec l'épisode Greek bearing gifts (Saison 1 Episode 7) - et ce n'est malheureusement pour elle qu'un début. Le script d'Helen Raynor nous permet par ailleurs de faire connaissance avec deux agents de Torchwood de 1918 et fait écho à la sensibilité toute particulière et justifiée des Britanniques à propos de la Première guerre mondiale.

Gwen et son futur époux, le sympathique Rhys (Kai Owen) s'accomodent de l'impact de Torchwood sur leur relation à la faveur d'un quiproquo dans l' épisode 4, avouons le, assez moyen. Mais la scénariste se rattrape avec Adam, le très habile épisode 5. « Il y a deux jours de ça il n'existait même pas »... Jetez donc un oeil attentif à l'habituelle "accroche" avant la séquence pré-générique. Adam est d'une certaine manière un des adversaires les plus cruels que Torchwood ait eu à affronter, et ferait presque passer la créature de Reset, l'épisode qui suit, pour une banale péripétie. Deux des acteurs les plus "ubiquiteux" de la télévision anglo-saxonne sont au générique de ce sixième épisode: Freema Agyeman, qui rempile dans le rôle de Martha Jones. Et l'éternel Jim Robinson du soap Neighbours, Alan Dale (Ugly Betty, Lost).

La tragédie qui conclut cette aventure sert de point de départ à l'idée centrale de cette saison: Owen meurt, est ramené à la vie par Jack avec un gant de résurrection (« En fait ils vont souvent par paire » fait remarquer peu charitablement Ianto). Et si Owen réagit différemment de Suzie Costello l'année précédente, les conséquences de la résurrection du docteur Harper donnent lieu à une histoire aux effets spéciaux très Ray Harryhausen qui sert en fait d'apéritif à ce très grand moment de télévision qu'est l'histoire suivante. Le sublime A day in the Death (écrit par Joseph Lidster) est ni plus ni moins qu'un des plus beaux épisodes jamais écrits de quoi que ce soit, toutes séries confondues, et vaut à lui tout seul l'achat du coffret. « Il y a trois jours je suis mort et ils pensent que je vais bien mais ils se trompent ». Humour (« Ah merde, ça fait chier je ne pourrai jamais avoir de barbe ») , sensibilité, action et une situation très Torchwood s'y cotoient dans un style proche du film Un jour sans fin.

I WANNA HOLD YOUR HAND

« Et si on s'envoyait en l'air.
- J'étais certain que la fin du monde ne pouvait pas être pire. »
(Owen et Ianto)


La saison 2 de Torchwood s'avère plutôt réussie, malgré des moments faibles comme l'épisode du mariage de Gwen et Rhys. From out of the rain, écrit par le grand Peter Hammond (Sapphire & Steel et l'épisode Small worlds de la saison 1), est empreint d'une ambiance très La foire des ténèbres, et bénéficie de la présence de l'extraordinaire Julian Bleach dans le rôle du Ghostmaker. Bleach a ensuite joué Davros dans Doctor Who.

Fragments, la première partie du final, s'attarde sur le passé et le recrutement de Jack, Tosh, Ianto et Owen au sein de Torchwood. Jack Harkness attire l'attention de Torchwood Cardiff "1392 morts plus tôt" et accepte dans un esprit mercenaire de travailler avec l'institut suite aux prédictions d'une mystérieuse petite fille voyante (aperçue au 21ème siècle dans l'épisode 7), parce qu'il est obligé d'attendre 100 ans avant de retrouver "son Docteur". Il prend la direction de l'antenne galloise en 1999 lorsqu'Alex, le leader, élimine ses membres. Les recrutements de Tosh et Owen, le couple contrarié de la série, sont des preuves supplémentaires de la souffrance permanente de ces deux personnages et leur sort à la fin de la saison n'en est que plus triste.

La saison 2 de Torchwood s'achève avec le controversé mais brillant Exit Wounds, où Jack est confronté au retour de l'ambigu capitaine John Hart (« Tout ce que je sais c'est que tu vas passer un sale quart d'heure ») et à un fantôme de son passé qui a décidé de faire le vide autour de notre fringant héros quitte à détruire les 3/4 de Cardiff. Koba Films Vidéo renouvèle son exploit de l'année dernière en mettant dans son coffret une quantité décente de bonus qui achèvent de rendre cette saison 2 indispensable.

« Je suis personne, je n'existe pas. Et pour un homme avec un tel charisme ça relève de l'exploit » (Jack)

http://kobafilms.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=337&Itemid=47

2 commentaires:

HKO a dit…

Ah quel régal !

Bravo pour les citations judicieusement choisies et qui donnent un vision très juste de cette saison, et la quote finale, oui c'ets parfaitement ça :"brilliant"

+1 pour Marsters qui est parfaitement à sa place et apporte vraiment sa pierre à l'édifice Torchwood avec humour, charme et élégance, j'espère qu'on le reverra !

Et encore bravo à Koba pour cette excellente édition !

Aurélie a dit…

Excellente review de la saison 2 de Torchwood, je la préfère à la saison 1, mais comme lesDVDs français sont vraiment bien et qu'il ne semble pas manquer de scènes, j'hésite encore avec l'édition anglaise.

Par contre j'ai trouvé que l'épisode du marriage de Gwen et Rhys était très bien, pas du tout un "point faible" de cette saison.

J'ai bien aimé "Adrift", l'épisode où Gwen mène l'enquète sur les disparitions de personnes enlevées par la faille.