lundi 7 mars 2011

LES SAINTES CHERIES - SAISON 2 (KOBA FILMS)

Dans la France des années 1960, les tribulations de la famille Lagarde: Ève, femme au foyer, son mari Pierre et leurs enfants, Sophie et Philippe. Les Saintes chéries, une des meilleures séries comiques de l'Histoire de la télévision française, revient en DVD grâce à la collection Mémoire de la télévision de Koba Films.

C'est en 1964 que la journaliste et écrivain Nicole de Buron publie son roman Sainte chérie, où elle décrit avec humour la vie quotidienne d'une femme française: les petits travers de son mari, la bonne, les enfants, le chien, les amis de "l'homme" ou encore les scènes de ménage. Elle l'adapte l'année suivante pour Paris Cité Productions et l'ORTF sous le titre Les Saintes chéries, avec Micheline Presle (Ève Lagarde) et Daniel Gélin (Pierre, son mari) dans 13 épisodes de 26 minutes qui font la joie des téléspectateurs de la 1ère chaîne. La famille Lagarde revient début 1968 pour 13 nouveaux épisodes produits en couleur par Paris Cité Productions, Roger Deshayes et l'ORTF.

Pour l'écriture de cette deuxième saison Nicole de Buron collabore avec Jean Becker, co-réalisateur de la première saison et réalisateur de celle-ci, ainsi que Pierre Sisser - directeur artistique de la saison 1 et désormais producteur exécutif (1). Le frère de Jean Becker, Etienne, est directeur de la photographie (fonction qu'il partageait la saison précédente). Chaque épisode comporte maintenant une seule histoire au lieu d'une succession de saynètes et les péripéties d'Ève et des siens ne sont plus introduites par la voix très "speakerine" de la comédienne Micheline Francey.

« Je reviendrai ce soir avec les enfants.
- Les enfants?
- Oui rappelle toi mon chéri nous en avons deux. Allez au revoir. » (Pierre et Ève)

La saison 2 des Saintes chéries démarre fort avec le déménagement des Lagarde pour un appartement qu'il viennent d'acheter à un promoteur "américanophile" (le grand Bernard Dhéran). Jeannot le livreur (Jean Yanne, de retour) a accepté de transporter les meubles dans son camion avec l'aide de son beau-frère Fernand Bichet, plombier - Paul Mercey, de retour aussi mais qui s'appelait précédemment "Paulot" - et son apprenti maladroit... Paulot (Patrick Lemaître, futur compositeur du générique des Jeux de 20 heures). Ève et le déménagement accorde une large place aux génie comique de Yanne et Mercey et l'on regrette presque qu'ils n'aient pas eu leur série dérivée.

Mais cette saison conduit la famille Lagarde au-delà des tumultes de la vie parisienne. Elle prend la route des vacances (sur une parodie des Elucubrations d'Antoine) mais Pierre laisse son épouse et les enfants (Nina Demestre et Serge Srour) en Normandie, parce qu'il est "surchargé" de travail, et cohabite avec son copain Jacques (Christian Alers). Puis les Lagarde se rendent à Saint-Tropez où ils croisent Bichet (« Saint-Tropez n'est pas interdit aux plombiers. ») Pierre part en voyage d'affaires à Munich avec son collègue Verjus (Sacha Briquet) et Ève incognito. Le patron de Pierre (Jean-Henri Chambois) l'envoie en Bavière pour une partie de chasse organisée par un client et le couple gagne même un voyage au Canada grâce au "Concours du ménage idéal français".

Outre les comédiens cités, Les Saintes chéries nous offre l'immense plaisir de croiser Henri Lambert, Max Montavon, Pierre Doris, Mary Marquet et Henri Crémieux dans le rôle des parents de Pierre (Mary Marquet bat Jean Yanne au baby-foot!), Charles Millot, ou bien Marthe Mercadier - qui revient dans le rôle de Fanny, la meilleure amie d'Ève. La musique est toujours de l'excellent Jean Leccia.

Koba propose la saison 2 répartie sur deux DVD. Ainsi bien sûr que les coffrets des saisons 1 et 3.

(1) Pierre Scipion co-écrit avec eux l'épisode Ève à Saint-Tropez.

http://kobafilms.fr/V2/index.php?option=com_content&view=article&id=219&Itemid=1
http://thierryattard.blogspot.com/2011/03/les-saintes-cheries-saison-1-koba-films.html
http://thierryattard.blogspot.com/2011/03/les-saintes-cheries-saison-3-koba-films.html

Voir aussi:

http://archives.tsr.ch/player/integrale-mcar671216
http://archives.tsr.ch/player/personnalite-deburon

dimanche 6 mars 2011

LES SAINTES CHERIES - SAISON 1 (KOBA FILMS)

Dans la France des années 1960, les tribulations de la famille Lagarde: Ève, femme au foyer, son mari Pierre et leurs enfants, Sophie et Philippe. Les Saintes chéries, une des meilleures séries comiques de l'Histoire de la télévision française, revient en DVD grâce à la collection Mémoire de la télévision de Koba Films.

C'est en 1964 que Nicole de Buron, journaliste et écrivain (Prix Courteline 1958 avec Les pieds sur le bureau), publie son roman Sainte chérie, où elle décrit avec humour la vie quotidienne d'une femme française: les petits travers de son mari, les enfants, le chien, les amis de "l'homme" ou encore les scènes de ménage (1). L'année suivante elle adapte elle même pour la 1ère chaîne de l'ORTF son succès d'édition sous le titre Les Saintes chéries. Et ses deux personnages principaux, Ève et Pierre Lagarde, sont interprétés par ces grands noms du cinéma et du théâtre français que sont Micheline Presle et Daniel Gélin.

La première saison (13 épisodes de 26 minutes en noir et blanc), se présente essentiellement comme une successions de saynètes de la vie d'Ève Lagarde selon un thème défini par le titre de l'épisode ("Ève et...") Ève gère les manies et les états d'âme de son mari, s'occupe de l'administration de la maison au cours d'une journée apocalyptique (« La fin du monde est proche! » lui annoncent des prophètes d'occasion), conduit dans Paris, endure les petits camarades de ses enfants, fait les magasins, etc... Le tout présenté off par la comédienne Micheline Francey (« Une femme qui a un mari doit savoir résoudre les 1000 petits problèmes posés par la vie en commun avec cet être étrange: l'homme. »)

Nicole de Buron démontre son sens de la comédie avec notamment des gags récurrents tels que celui du fil du téléphone ou bien ces bulletins d'information où les responsables politiques africains puis asiatiques tiennent le même discours à quelques minutes d'intervalle. Et elle imagine de savoureux personnages, interprétés par des comédiens tous plus talentueux les uns que les autres, comme Jacques - le copain de Pierre (Christian Alers), qu'Ève "marie" avec son amie Julie (Pascale Roberts). Fanny, la meilleure amie d'Ève (Marthe Mercadier), qui a un problème de pigeon dans une boîte à chaussure. Ou le patron de Pierre (Jean-Henri Chambois).

Il y a aussi Paulot le plombier et son pote livreur Jeannot, interprétés par Paul Mercey et Jean Yanne dans un registre identique à celui de leurs sketches - leur ami Laurence Riesner fait lui une courte apparition dans un épisode. On croise également Jacques Balutin en représentant en aspirateurs (« Vous pouvez pas savoir, c'est la plus grande saloperie que vous pourriez acheter! »), Pierre Doris, Philippe Dumat, Jacques Higelin (« Faites confiance à Tonton Georges. »), Marthe Villalonga et bien d'autres encore.

De Buron se joue de la continuité lorsque ça l'arrange et fait volontiers appel aux "séquences surréalistes". Satiriste hors pair, elle égratigne les radios périphériques et leurs publicités intrusives (« Achetez Duchmol, c'est bien meilleur... » ) ou bien la société de consommation (dans Ève et les magasins). Seuls deux épisodes, Ève et la maison de campagne et Ève et le dimanche, ont une structure scénaristique plus conventionnelle ce qui n'enlève rien à leur drôlerie. La première saison des Saintes chéries est réalisée par Jean Becker, qui dirigera plus tard des films comme L'été meurtrier (1983) ou Elisa (1995), et Maurice Delbez (la série L'inspecteur Leclerc enquête) (2).

Ève et son "minet" (comme elle surnomme Pierre) sont un peu les aïeuls du couple de la série Un gars, une fille et Micheline Presle comme Daniel Gélin sont irrésistibles. Leurs enfants, Sophie et Philippe, sont interprétés par Nina Demestre, qui avait déjà tourné pour Becker dans le film Pas de caviar pour tante Olga (1965), et Serge Srour. Le thème générique et la musique sont de Jean Leccia, dont les compositions pour la série rappellent parfois Henry Mancini (la Baby Elephant Walk de Hatari), Michel Magne ou Jacques Loussier (dans la scène du tracteur de Ève au volant).

Koba Films propose cette saison 1 de la série Les Saintes chéries répartie sur deux DVD avec en bonus La France des années 60, un petit rappel historico-sociologique qu'il n'est pas inintéressant de consulter. Koba propose également les coffrets des saisons 2 et 3.

(1) http://archives.tsr.ch/player/personnalite-deburon
(2) http://www.maurice-delbez.fr/

http://www.kobafilms.fr/V2/index.php?option=com_content&view=article&id=218&Itemid=1
http://thierryattard.blogspot.com/2011/03/les-saintes-cheries-saison-2-koba-films.html
http://thierryattard.blogspot.com/2011/03/les-saintes-cheries-saison-3-koba-films.html

vendredi 4 mars 2011

LE RETOUR DU MOUSALIST

TF1 a diffusé hier le deuxième épisode de La Loi selon Bartoli, son clone de The Mentalist, House et Monk. Le deuxième? Pas tout à fait.

TF1 sait combien les téléspectateurs français adorent les limiers américains excentriques, faussement agaçants, tels que House et The Mentalist. La chaîne est bien placée pour le savoir, elle diffuse ces cartons d'audience. Dans La Loi selon Bartoli, l'acteur parisien Stéphane Freiss est Paul Lawrence Bartoli (Lawrence!) un juge d'instruction dont le comportement loufoque cache un esprit aiguisé et une empathie sincère.

Bartoli fait équipe avec une charmante jeune mère célibataire, Nadia Martinez (Alexia Barlier), sa nouvelle archiviste intérimaire - diplomée en psychologie et chanteuse dans un groupe. Il a aussi une greffière moneypenniesque (Sophie Le Tellier) et il emploie un gendarme disgrâcié comme détective privé (Lionnel Astier). Son contact dans la police, Cappa (Philippe Bas), a la garde de son jeune fils malgré le fait qu'il joue un peu trop au poker, ce grâce à une intervention du juge.

Paul Bartoli est sarcastique, ignore le concept de hiérarchie, vit dans une chambre d'hôtel, aime les bons restaurants, a un faible pour sa nouvelle intérimaire et il a un passé mystérieux. La première de la série, diffusée il y a un an, avait attiré 6,7 millions de téléspectateurs (27.4%), incitant TF1 a commander d'autres épisodes. Mais la chaîne a suscité des interrogations lorsqu'elle a choisi de diffusé le troisième épisode tourné au lieu du deuxième.

Stéphane Freiss (qui rappelle physiquement Hugh Laurie) a exprimé sa perplexité devant cette décision prise par la programmation de TF1 (1). Le principal problème avec cette inversion c'est son effet sur l'arc scénaristique à propos du passé de Bartoli. Et il était flagrant hier soir qu'il manquait au téléspectateur des éléments pour comprendre les nouveaux développements concernant la personne qui espionne le juge et lui envoyait des soldats de plomb dans le premier épisode diffusé.

Hier Bartoli a mis en examen 5 995 000 téléspectateurs (23.7%). France 3 s'est placé brillamment deuxième avec 3 954 000 téléspectateurs (15.3%) pour La Zizanie, film avec le vénéré Louis de Funès (2) - qui cartonne toujours - et Annie Girardot, décédée il y a peu. Ces chiffres seront-ils satisfaisants pour TF1 et la chaîne diffusera t-elle l'épisode 2, dont il semble qu'il penchait plus côté comédie que celui diffusé hier.

(1) http://fr.news.yahoo.com/49/20110225/ten-stphane-freiss-le-juge-bartoli-est-d-ff967a9.html
(2)
http://www.ozap.com/actu/audiences-loi-bartoli-juger-zizanie-good-wife/402044

Voir aussi:

http://thierryattard.blogspot.com/2010/03/mousalist.html