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mardi 2 janvier 2018

LE RAT SCÉLÉRAT (THE HIGHWAY RAT, BBC ONE)

Il n'y avait rien d'enthousiasmant durant les fêtes de Noël à la télévision britannique. Excepté le spécial de Doctor Who et ce Rat scélérat (The Highway Rat), un bijou animé diffusé le 25 décembre sur BBC One.

Un  rat masqué, bandit de  grand chemin, parcourt les routes pour voler de la nourriture aux animaux voyageurs jusqu'à ce qu'une cane lui donne une bonne leçon.

Les forces créatives à l'origine de Gruffalo (The Gruffalo, 2009), Le Petit Gruffalo (The Gruffalo's Child, 2011), La sorcière dans les airs (Room on the Broom, 2012), Monsieur Bout-de-Bois (Stick Man, 2015) et la version en deux parties d'Un conte peut en cacher un autre de  Roald Dahl  (Revolting Rhymes, 2016) nous donnent une autre pure merveille: une superbe animation de 30 minutes d'après The Highway Rat, le livre pour enfants écrit par Julia Donaldson et illustré par Axel Scheffler.

L'extraordinaire David Tennant est à la tête d'une superbe distribution vocale dans le rôle du Rat scélérat, aux côtés de Rob Brydon (Narrateur/Cheval), Frances de la Tour (Lapine), Tom Hollander (Écureuil), Nina Sosanya (La cane) et Husaam Kiani (Chaton). Adapté et réalisé par Jeroen Jaspaert, Le Rat scélérat est produit par Magic Light Pictures et Orange Eyes Productions en association avec la BBC et la ZDF.

Produit par Michael Rose & Martin Pope. Musique composée par René Aubry. Co-produit par Mike Buckland. Barney Goodland et Daryl Shute sont les producteurs associés. Services pour l'animation par Triggerfish Animation. Produit avec le soutien du programme MEDIA de l'Union européenne ainsi que l'assistance du Ministère du commerce et de l'industrie d'Afrique du Sud.

dimanche 13 décembre 2015

BOB'S BROKEN SLEIGH (DISNEY CHANNEL)

Bob est un jeune elfe sans pouvoirs magiques. Il est très créatif mais ses inventions ne fonctionnent jamais comme prévu. Alors qu'il tente d'améliorer le traîneau du père Noël avec son "Floatinator", Bob est attaqué par Fishface, un macareux diabolique qui complote pour gacher Noël. 

Le traîneau s'écrase dans une forêt magique. Là l'elfe rencontre un poisson parlant du nom de Fluffy, une très anxieuse créature appelée Blue et Wupsy, une chatte avec une sorte de boulet de démolition au bout de sa longue queue.

« I'm Blue.
- I'm a fish. He's lost.
- No, I'm Bob.
- And I'm still a fish. »

Bob's Broken Sleigh est un spécial de Noël animé en 3D et diffusé cette semaine en Amérique du nord sur Disney Channel et Family Channel. Produit par Eh-Okay Entertainment, une compagnie basée à Vancouver, il est écrit par Samantha Shear & Michael Shear et réalisé par Jay Surridge. L'excellente distribution vocale est composée principalement de Cole Howard (Bob), Michael Adamthwaite (Blue), Raini Rodriguez (Wupsy), Bruce Greenwood (Fishface) et Victor Garber (Fluffy).

Bob's Broken Sleigh réussit à s'adresser à la fois aux enfants et à leurs parents. L'animation est plaisante et il y a un humour bienvenu porté par des dialogues pince-sans-rire avec des personnages secondaires excentriques. Blue a l'air d'un descendant du Lion peureux du Magicien d'Oz. Le poisson hilarant vole la vedette durant ces 50 minutes.

Bob's Broken Sleigh est une présentation DHX. Heather Puttock produit ce spécial. Josh Scherba, Anne Loi, Jason Netter et Loris Kramer Lunsford sont les producteurs exécutifs Alison Ross est la productrice associée. La musique est du compositeur britannique Michael Richard Plowman.

http://eh-okay.ca/
http://eh-okay.ca/?view-portfolio=bobs-broken-sleigh

jeudi 13 octobre 2011

WÜNDERFUL STUFF

La publicité pour Wünderful Stuff, la nouvelle campagne britannique de la marque de yaourts Müller, est sans doute la chose la plus sympathique faisant appel à de l'animation depuis le Peter Kay's Animated All Star Band.

Ce nouveau spot de 90 secondes, diffusé pour la première fois samedi dernier pendant The X Factor sur ITV1, nous vient de l'agence TBWA\London. Il met en vedette KITT (du K2000 original), Yogi l'ours, des personnages de Monsieur Bonhomme, le chien Diabolo, un robot, des licornes, ainsi que d'austères employés qui ont l'air de travailler pour le secteur bancaire ou financier. Oh, il y a aussi une fourmi.

Cet étonnant film publicitaire, élément central d'une campagne de 20 millions de livres sterling, est réalisé par Antoine Bardou-Jacquet. Il mélange acteurs réels, animation traditionnelle et animation en 3D. Partizan Lab produit et The Mill (Doctor Who) assure la post-production. La superbe musique, épique, est composée par Guy Farley.

Bon visionnage: http://www.youtube.com/watch?v=wBujoJpDxo0

http://www.tbwa-london.com/#gsi0ci0q
http://www.partizanlab.com/partizanlab/home/
http://www.themill.com/blog/2011/october/10/we-help-mueller-stir-a-little-bit-of-wuender-alongside-tbwa-london.aspx
http://www.guy-farley.com/index.htm

Voir aussi:

http://www.creativereview.co.uk/cr-blog/2011/october/muellers-new-wuenderful-stuff-spot
http://randymatheson.com/muller-wunderful-stuff-yogurt-campaign-features-unicorns-yogi-bear-k-i-t-t/

mardi 6 septembre 2011

PUNKY (RTÉ)

Lancé sur le diffuseur public irlandais RTÉ en mai dernier, Punky est une série animée pour les jeunes enfants qui raconte les aventures d'une petite fille ayant le syndrome de Down (ou Trisomie 21). Punky, le personnage du titre, vit dans l'instant et passe son temps à tenter de résoudre les problèmes de ses amis et de sa famille.

Créé par Lindsay Jane Sedgwick (1), Punky est la première série d'animation dans laquelle le personnage principal a le syndrome de Down. Punky est une petite fille de six ans qui aime sa famille, la musique, danser, et les calins. Elle adore jouer avec son grand frère, Con, et gambader avec son chien Rufus. Elle aime aussi aider sa maman à la maison et essayer de rendre Cranky, sa grand-mère, un tout petit peu moins excentrique.

Punky a la voix d'Aimee Richardson (29 ans), qui a elle-même le syndrome de Down et est une ambassadrice et porte-parole en matière de droits des personnes handicapées (2). Les autres voix sont celles de Maureen Ward (Maman), Brad Burke (Con), Paul Tylak (Cranky), Roisin Curran (Mairhead). La série en 20 épisodes de 7 minutes est produite par Gerard O'Rourke pour Monster Animation & Design, une compagnie de Dublin, en association avec RTÉjr. Les épisodes sont écrits par Andrew Brenner (Humf) et Jason Tammemägi (Fluffy Gardens) est le directeur créatif.

Down Syndrome Ireland a soutenu la série et a servi de conseiller durant sa production. Target Entertainment va distribuer Punky dans le monde entier et donnera la moitié du produit des ventes à Down Syndrome Education International. Le propre fils d'Alison Rayson, PDG de Target, a le syndrome de Down.

Cette charmante série d'animation sera présentée sur le marché international au MIP Junior le mois prochain.

(1) http://www.blakefriedmann.co.uk/filmClients/_247/
(2) http://www.downsyndrome.ie/index.php?option=com_content&view=article&id=391

A propos de Punky:

http://www.downsyndrome.ie/index.php/news/whats-new/384-launch-of-new-animated-series-punky
http://www.rte.ie/ten/2011/0428/punky.html
http://www.c21media.net/news/detail.asp?area=79&article=62494
http://www.broadcastnow.co.uk/news/international/europe/target-to-rep-down-syndrome-animated-series/5031617.article

Voir également:

http://downsdad.wordpress.com/2011/01/23/aimee-richardson-punky-down-syndrome-media-star/
http://www.trisomie21-france.org/
http://www.steppingstonesds.co.uk/

lundi 11 avril 2011

LITTLE HOWARD'S BIG QUESTION

Little Howard’s Big Question est un programme éducatif et distrayant de la BBC destiné aux enfants (mais que les adultes peuvent apprécier), où un garçon de six ans en animation et son colocataire humain répondent à des questions sur le monde qui les entoure.

Le personnage de Little Howard a été créé initialement par le comique et animateur britannique Howard Read pour son spectacle The Big Howard and Little Howard Show (2003), dans lequel Read faisait équipe avec un personnage en animation âgé de six ans grâce à un ordinateur portable ou un écran de projection. Little Howard pouvait interagir avec "Big Howard", le public, ou avec d'autres personnages en animation.

Le plus récent spectacle de Howard Read et Little Howard, Little Howard And The Magic Pencil Of Life And Death, entame ce mois-ci sa dernière tournée. Little Howard's Big Question a débuté en 2009 sur BBC One/CBBC et la troisième saison démarrera le 18 mai sur BBC One. Il semble aussi que Little Howard projette de faire annuler le futur mariage royal pour que Kate Middleton puisse sortir avec lui à la place (!)

Pour la convaincre il chante Wait, Kate! It's Not Too Late! pour un single dont le clip a été officiellement lancé aujourd'hui dans This Morning, l'émission de ITV1.

http://www.bbc.co.uk/programmes/b00v6hgb
http://www.youtube.com/howardread#p/
http://www.littlehoward.co.uk/LittleHoward.co.uk/home.html

Voir aussi:

http://www.chortle.co.uk/shows/edinburgh_fringe_2007/l/15409/little_howard_and_the_magic_pencil_of_life_and_death
http://www.chortle.co.uk/shows/edinburgh_fringe_2003/t/1014/the_big_howard_and_little_howard_show

jeudi 24 février 2011

MADE BY MOMOCO

En regardant des épisodes de Luther, de Zen ou la première de Silk, la nouvelle série juridique de Peter Moffat, vous avez peut-être remarqué que les images des génériques de ces trois séries de BBC One ont en commun certaines qualités esthétiques.

La raison est que ces superbes génériques, qui rappellent ceux de l'âge d'or d'ITC Entertainment, sont l'oeuvre des talents créatifs de Momoco. Basée à Londres et à Los Angeles, la compagnie a été fondée en 1999 par Nic Benns et Miki Kato. La liste des génériques de films conçus par Momoco comprend Love Actually (2002), Johnny English (2003), Alien Vs Predator (2004), Hard Candy (2005) ou encore Miss Pettigrew Lives for a Day (2008) - première oeuvre cinématographique de Bharat Nalluri.

Pour la télévision ils sont à l'origine de génériques de séries telles que Eleventh Hour (la version britannique), La loi de Murphy et Misfits (2009), le succès de E4. Leur travail se marie à la perfection avec Paradise Circus, la chanson de Massive Attack, dans Luther (2010) ou avec le beau thème composé par Adrian Johnston pour Zen (2011). La séquence générique de Zen est un de leurs nombreux chefs-d'oeuvre, avec l'intelligent générique d'Episodes (2011).

Momoco travaille aussi sur des publicités, des clips musicaux et l'animation de logos de marques.

http://www.momoco.co.uk/
http://www.watchthetitles.com/designers/Momoco

Voir aussi:

http://www.youtube.com/watch?v=m_Qg1pQSOa0 (Luther)
http://www.youtube.com/watch?v=sxAE_SIS08k (Zen)

jeudi 13 janvier 2011

RASTAMOUSE (CBEEBIES)

[16.04] Adapté des livres pour enfants de Genevieve Webster et Michael De Souza, Rastamouse arrive sur CBeebies à la fin du mois avec une série de 52 épisode de 10 minutes.

Rastamouse, Scratchy et Zoomer, forment The Easy Crew, un "groupe reggae d'agents secrets qui combat le crime et résout les mystères" (wow!) "La rédemption pas la punition" est leur devise et ils souhaitent aider les vilains à reconstruire leur vie en commençant par transformer une mauvaise chose en une bonne.

Rastamouse est développé conjointement par les auteurs originaux et l'animateur Derek Mogford. La série est produite par Three Stones Media en association avec l'éditeur Little Roots (qui publie les livres depuis 2003), DHX Media et Dinamo Productions. Le personnage principal, Rastamouse, a la voix de Reggie Yates, le présentateur de BBC Radio 1.

Les photos disponibles évoquent des classiques tels que Les Wombles ou Paddington, ce qui est déjà une très bonne chose.

A partir du 31 janvier sur CBeebies.

http://www.bbc.co.uk/pressoffice/proginfo/tv/2011/wk5/feature_rastamouse.shtml
http://www.rastamouse.com/
http://www.threestonesmedia.com/
http://www.awn.com/news/stop-motion/rastamouse-goes-production-cbeebies/page/1%2C1

jeudi 29 juillet 2010

SI VOUS VOUS DEMANDIEZ POURQUOI ON NE PARLE PAS TROP CINEMA EN CE MOMENT...

[22.07] Bande annonce du film live-action adapté de Yogi l'ours, le classique télé animé de Hanna-Barbera.

Si vous pensiez avoir tout vu avec le Chihuahua de Beverly Hills...

http://video.yahoo.com/watch/7973370/21124362

vendredi 15 janvier 2010

DE LA CEINTURE POUR LES COCHONS

[11.00] Voici une histoire rapportée par Broadcast dont je ne sais que penser: Astley Baker Davies, la compagnie de production de Peppa Pig, doit passer trois mois à rajouter des sièges de voitures et des ceintures de sécurité dans les anciens épisodes de cette merveilleuse série animée pour les petits enfants... pour cause de craintes relatives à la santé et la sécurité!

Peppa Pig raconte les aventures de Peppa, une petite fille cochon anthropomorphe, ses parents - Maman Pig et Papa Pig - et son petit frère George, qui est obsédé par les dinosaures. On peut voir aussi son excentrique grand-père ainsi que sa grand-mère, ses amis animaux et un tas d'autres personnages animaliers. La série est une des plus adorables et charmantes séries d'animation jamais réalisées et c'est un des programmes préférés de ma fille de 17 mois.

D'après Broadcast, dans certains épisodes Peppa et son frère George sont à l'arrière de la voiture sans ceintures de sécurité, ou debout, ou bien se penchant pour parler à leurs parents. Une mère de famille s'est plainte auprès d'une des chaînes de télévision qui diffuse Peppa Pig au Royaume-Unis que sa fille refusait de mettre sa ceinture de sécurité parce qu'elle voulait faire comme Peppa (http://www.broadcastnow.co.uk/news/indies/peppa-pig-to-belt-up-over-safety-concerns/5009634.article).

Bien, comment dire... Peppa Pig ne vit pas dans le monde réel, vous savez. C'est un personnage animé et dans la vraie vie les cochons ne conduisent pas de voiture (je le sais, j'ai vérifié). Je suis aussi quasiment certain que dans ce formidable monde que nous nous partageons les lapins ne conduisent pas de bus scolaires, ou du moins je l'espère vivement... A l'inverse, nous autres humains conduisons des voitures et des bus scolaires - euh, pas moi en fait parce que je ne sais pas conduire. Et nous devons tous, conducteur comme passagers, attacher nos ceintures de sécurité et rester tranquillement assis.

De toute manière, il y a bien d'autres problèmes de sécurité très préoccupants dans Peppa Pig. Il arrive que le gentil Papa Pig conduise son véhicule sur des montagnes ou collines si escarpées qu'elles seraient plus accessibles avec un jetpack dans le dos. Lorsqu'elle est à la montage, Peppa hurle en ignorant les risques d'avalanche. Peppa et George pourraient facilement confondre des sables mouvants avec leurs flaques de boue bien aimées, etc.

Et le pire de tout c'est que leur institutrice, Madame Gazelle, est française.

A voir (En Anglais):

http://www.peppapig.com/
http://www.astleybakerdavies.com/
http://news.bbc.co.uk/2/hi/entertainment/8460753.stm

samedi 9 mai 2009

THE COW MUST GO ON

Il y a beaucoup de bons spots publicitaires à la télévision britannique en ce moment: la publicité pour Specsavers avec les Sentinelles de l'air (http://www.youtube.com/watch?v=w2ZOsCwafcw&hl=fr°), le spot pour Privilege Car Insurance avec l'acteur Nigel Havers (http://www.youtube.com/watch?v=mi1t6WANbKg&hl=fr), mais nous aimons particulièrement celui-là.

Ca s'appelle The Great Escape (La Grande Evasion), c'est pour le beurre Anchor, c'est réalisé par Tony Mines et produit par Lynn Hollowell chez Tandem (http://www.tandemfilms.com/) pour l'agence CHI & Partners (http://www.chiandpartners.com/#/home/).

Oui, la référence au film La Grande Evasion a été utilisée un trilliard de fois mais imaginez donc Azalée sur une moto dans un épisode de South Park. Génial.

http://www.youtube.com/watch?v=Z_bw0kcLtjw&hl=fr

jeudi 12 juin 2008

LA RESIDENCE DU STUDIO FOLIMAGE

12 court métrages d’animation issus de la référence française en la matière, le studio Folimage.

Créé 1984, près de Valence par Jacques-Rémi Girerd, le studio Folimage s’est imposé comme la référence française en matière d’animation, avec des courts métrages originaux aux styles expérimentaux, créatifs et audacieux lauréats de nombreux prix décernés à travers le monde. La prophétie des grenouilles (2003), premier long métrage de Folimage, a consacré la société comme un des grands dans son domaine, au même titre qu’Aardman au Royaume-Uni, Pixar aux Etats-Unis ou l’Office National du Film du Canada.

FOLLES IMAGES

Jacques-Rémi Girerd et son équipe pourraient se contenter d’offrir aux spectateurs du monde entier ces bouffées d’enchantement que sont les œuvres qui sortent de leur boite à rêves, mais la démarche de Folimage va bien au-delà. En effet, depuis 1992, la Résidence du Studio Folimage accueille, chaque année, deux artistes et leur permet de développer un projet de film d’animation. Mieux encore, Folimage a créé, en 1999, La Poudrière, une école de cinéma d’animation. Les Editions Montparnasse nous proposent dans un DVD 12 courts du studio réalisés à partir de différentes techniques entre 1992 et 2006.

Co-produit avec, entre autres, l’Office National du Film du Canada (dont le seul nom évoque immédiatement le grand Norman McLaren), Histoire tragique avec fin heureuse (2006), de Regina Pessoa, est une magnifique fable expressionniste sur la différence contant l’histoire d’une petite fille avec un cœur d’oiseau. Mention spéciale pour la narration discrète et fragile d’Elina Lowensohn. Visuellement on pense immédiatement à Goldframe, court métrage d’animation réalisé par le Belge Raoul Servais en 1969.

Circuit marine (2003), d’Isabelle Favez, également co-produit par l’ONF, déconcerte a priori avec un style qui rappelle les animations flash popularisées par internet (et quasi-institutionnalisées dans le générique d’un James Bond récent dont la moindre de ses nombreuses faiblesses était de nous faire regretter les danseuses chères à Maurice Binder) mais séduit par la folie douce et le rythme d’une histoire de darwinisme marin sur un bateau de pirates – non sans une certaine poésie inattendue dans ce contexte.

François le vaillant (2003), de l’espagnol Carles Porta, évoque irrésistiblement la série animée Toffsy et l’herbe musicale par son graphisme. Le trop petit prince (2001), de Zoia Trofimova, enchante par une simplicité et une drôlerie efficaces, (virgule) avec des dessins sur cellulos qui rappellent les meilleurs moments de la grande animation des pays de l’Est (Attends un peu, Lolek et Bolek…)

RESIDENT GOOD

Co-réalisateur du Trop petit prince, Iouri Tcherenkov nous livrait en 1995 l’inventif La grande migration, amusante aventure d’un oiseau qui perd ses congénères sur le chemin des cieux ensoleillés. L’ensemble est teinté d’un mélange très slave d’humour et de résignation. Dans le même genre, Au bout du monde (1998) , de Konstantin Bronzit , avec son vacillant poste de douane, témoigne qu’en animation ce qui vient de l’Est, directement ou non, mérite toute notre attention.

A contrario, des œuvres plus hermétiques et trop esthétisantes telles que Zodiac (2001), de Oerd Van Cuijlenborg, ou Le roman de mon âme (1997), de Solweig Von Kleist, laisseront moins enthousiaste – beaucoup moins pour ce qui concerne le second, qui ressemble à une pub glacée pour un parfum de grande marque. L’histoire extraordinaire de Mme veuve Kecskemet (1992) de Bela Weisz , déçoit lui par le caractère prévisible de l’argument scénaristique.

Le moine et le poisson, de Michaël Dudok De Wit (1994) a largement servi de carte de visite au style Folimage : le souvenir du grand Jean-Michel Folon plane sur l’obsession du moine pour ce poisson , obsession qui vire rapidement au délire. Mais l’auteur de cet article recommande tout particulièrement Une bonne journée et surtout Le chat d’appartement.

Une bonne journée (1994), de Matthias Bruhn, raconte l’histoire d’un jeune homme qui s’ennuie et qui tombe amoureux d’une jeune femme qui habite dans l’immeuble d’en face. Il tente de la rejoindre mais une agression, un ballon, un lance-pierre et même la mafia russe sont quelques-unes des embuches qu’il devra affronter avant que sa journée ne se termine bien. L’animation est assez proche de la série des Werner même si le romantisme et la poésie de cette bonne journée en sont aux antipodes.

Le chat d’appartement (1998) de Sarah Roper est le délice absolu de ce dvd. Les péripéties de ce chat auraient pu être produites par le Upa (United Productions of America, le foyer du célèbre Mr Magoo) de la grande époque et constituent une véritable madeleine de Proust du court métrage d’animation. A montrer absolument à vos enfants, d’ailleurs le dvd dispose dans le menu d’une option permettant d’accéder à six films pour eux.

CREATURE COMFORTS (DES STUDIOS AARDMAN)

Tout le monde a une opinion sur tout, il n’y avait aucune raison qu’on ne sollicite pas celle des animaux. L’équipe des studios Aardman (le studio de Wallace et Gromit) a réparé cette négligence en allant les interroger.

« Oh ! Eh bien ! Le zoo est très important pour les animaux. C’est un peu comme une maison, une maison de retraite, pour les animaux pauvres. Et des gens comme les vieilles personnes. » (Andrew, jeune ours polaire)

LA VOIX DE SON CHIEN

« Opinions are like assholes... everybody has one. » (Harry Callahan, philosophe du siècle passé)

Alors que les Français n’ont découvert la démocratie d’opinion qu’en 2007, le réalisateur et animateur Nick Park, génie britannique des studios Aardman Animations (basés à Bristol) pousse le concept à son paroxysme dès 1989. Dans son court-métrage intitulé Creature Comforts (produit pour la série Lip Synch de Channel Four), des animaux d’un zoo - dont une famille d’ours polaires (curieusement très anglaise) et un puma brésilien névrosé - sont interrogés par Julie Sedgewick (« J’enregistre quand vous êtes prêts ») sur leurs conditions de vie et leur confort (relatif pour certains d’entre eux).

« La cuisine est standard, c’est plus de la nourriture pour chien... » (le puma brésilien - Jamie Oliver c’est sur l’autre chaîne)

« Avec les voix du Grand Public Britannique » dit le générique de fin. Et tout le secret de l’originalité de Creature Comforts réside dans cette idée à la fois simple et incroyable : en fait les propos des animaux du zoo proviennent d’entretiens avec les résidents d’une maison de retraite locale et les membres d’une famille possédant un magasin dans les environs. Des personnages en plasticine se voient ensuite attribuer les dialogues de ces gens au gré de la réflexion et de la fantaisie de Nick Park et son équipe, selon le style qui a fait leur succès depuis Morph, personnage apparu pour la première fois en 1978 grâce au grand Tony Hart (un des responsables de l’émission Déclic - que son nom soit sanctifié !)

« Tu manges du lion, aussi ? Tu aimes un bon steak-frites avec un peu de lion ?
- Non, pas avec du lion, Andrew. Non, je n’aime pas le steak de lion, je préfère le steak normal. » (Andrew et son père - Ca se passe comme ça...)

Creature Comforts remporte l’Oscar du Meilleur court-métrage d’animation, catégorie dans laquelle, cette année-là, Nick Park était en compétition avec lui-même puisque A Grand day out, un court de Wallace et Gromit figurait parmi les nominés. Après le triomphe du premier film, les créatures continuent à s’exprimer dans une série de spots publicitaires très populaires en Angleterre puis, en 2003, le réseau ITV commande à Aardman une série de 13 épisodes de 10 minutes reprenant le concept de 1989. 13 nouveaux épisodes sont commandés en 2005.

CREATURES FEROCES

« C’est moi ou eux, n’est-ce pas ? C’est la loi de la jungle » (un ver de terre, qui préfèrerait être dans la jungle)

Après le triomphe du premier film les créatures s’expriment dans une série de spots publicitaires très populaires en Angleterre puis, en 2003, le réseau ITV commande à Aardman une série de 13 épisodes de 10 minutes reprenant le concept de 1989. 13 nouveaux épisodes sont commandés en 2005.

Hors caméra et micro en vue, l’intervieweur interroge nos amis les bêtes sur des sujets tels que le cirque, la plage ou le jardin, voire le travail. Et si les facétieuses équipes d’Aardman prennent un malin plaisir à se moquer (avec courtoisie, ils sont anglais) des micro-trottoirs et autres entretiens avec des « anonymes » (sic) dans des documentaires, cela ne les empêche pas, en bons héritiers spirituels de Swift ou d’Orwell, de faire de la satire sociale sous couvert de pitreries animalières.

A cet égard, l’épisode Les Animaux au travail est un très bon exemple du sous-texte social de Creature Comforts, avec cette souris de laboratoire (Souris N°9) qui déclare : « Quand on travaille dans un labo on est son propre maître » (ce qui n’a pas l’air évident... vu qu’elle le dit dans un labyrinthe d’expérience), ce vieux chien policier atteint de t.o.c, ces poules en batterie et cet extraordinaire lévrier qui ne peut finir ses phrases (gag récurrent). Le Grand Public Britannique a beaucoup de choses intéressantes à dire.

Tandis qu’Aardman va lancer une version américaine de son panel animalier pour le réseau CBS (la télé américaine en manque d’inspiration ayant jeté son dévolu sur tout ce qui vient de l’île enchantée), Elephant Films (Distribution Arcades) met le paquet avec les deux premières saisons en dvd, plus un dvd avec plein de bonus sur la conception de la série présentés dans le respect de l’esprit d’Aardman (plus le court-métrage d’origine). Le tout en version originale sous-titrée parce qu’un doublage serait tout bonnement aussi irréaliste qu’irréalisable en l’espèce.

Rule, Britannia ! (air qui sera bientôt connu).

« On a besoin d’espace pour sentir qu’on fait partie du monde et qu’on est pas une espèce d’objet dans une boîte. » (le puma brésilien, qui n’a jamais pris le métro à Londres)

POPETOWN (KAZE)

A Popetown, cité du Saint-Siège, le Pape passe plus de temps à s’intéresser à ses jouets qu’à la bonne marche des affaires de l’Eglise. Mandaté par un triumvirat de cardinaux obsédés par le profit à court terme, le jeune et enthousiaste Père Nicholas doit veiller à ce que le comportement erratique de Sa Sainteté ne nuise pas aux desseins commerciaux de ces éminences à l’âme grise.

Mais Sœur Marie, l’assistante du Père Nicholas, est complètement « à l’ouest » et la chaîne info permanente de Popetown, en la personne de la plantureuse Sœur Penelope, scrute les moindres faits et gestes du prètre.

« Les gens ne viennent pas à l’église pour les serments, bien sûr, mais pour rêver tout éveillé de Dieu. » (Kurt Vonnegut, Jr)

« Le Pape est beau, le Pape est chouette. Il est le Pape, il aime gars et fillettes... » (Les orphelins de Leeds, Popetown, Episode 1)

KAMIKAZE ROCK’N ROLL

« Je vous apporte une très importante tasse de thé et une nouvelle bien chaude. » (Sœur Marie - A l’ouest du nouveau)

C’est assurément un fort joli coup que réalise Kaze, éditeur bien connu des amateurs d’animation, avec la sortie en dvd des dix épisodes de la série Popetown. L’événement est à double titre, d’abord parce que Kaze a acheté pour la première fois une série d’animation ne venant pas du Japon, et ensuite parce que quitte à en choisir une hors de son champs d’action habituel, l’éditeur a choisi celle qu’il fallait.

Popetown est une co-production franco-britannique commandée en 2002 par la chaîne numérique BBC Three (une espèce d’équivalent anglais de France 4), laquelle cherchait un programme fort et audacieux pour sa grille de rentrée 2004-2005. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les producteurs sont allés au-delà des espérances du diffuseur.

« C’était bien plus fort que quand il a célébré la messe de Pâques déguisé en Dark Vador. » (Un des cardinaux)

La compagnie anglaise Channel X, responsable pour BBC Choice (l’ancètre de BBC Three) du jeu comique à succès Shooting Stars, se joint aux français de Moi j’aime la télévision, la société de Phil Ox, producteur touche-à-tout de génie. Le tandem de scénaristes Isabelle Dubernet et Eric Fuhrer, experts en développement de concepts, et Phil Ox - à la fois producteur et réalisateur, imaginent l’univers hilarant et complètement déjanté de Popetown.

« Tu t’attendais à quoi en demandant un sosie du Pape ? Raquel Welch ? » (Jackie Cohen, sosie du Pape)

LES QUATRE CAVALIERS DE L’APOCALYPSE

« Le Pape ?
- Oui, le petit bonhomme en jaune. Vous savez bien... » (Episode 2)

A Popetown, le chef de l’église catholique est un enfant rondouillard à l’âge indéterminé (entre quatre et huit ans ?) qui aime le catch, les cascades et saute en baton pogo dans les couloirs. Il est hyper-actif, capricieux , égocentrique (« D’abord je hais les enfants, surtout les orphelins »), accro au poisson pané ainsi qu’au « Bubulle Papal Soda », et très sale - dans un épisode on apprend qu’il ne s’est pas lavé depuis trois mois ! En version originale il a la voix de la plus britannique des comiques américaines : Ruby Wax.

« Bon, nous n’avons plus le choix mais vous, vous ne dites rien c’est d’accord ?
- J’ai compris, pas un mot. Pas même un petit shalom ?
- Surtout pas SHALOM ! » (Le Père Nicholas et Jackie Cohen, le sosie du Pape)

Le père Nicholas est apparemment le seul être rationnel et équilibré de Popetown. Les cardinaux l’ont fait venir de Leeds, au nord de l’Angleterre, où il s’occupait d’orphelins en fauteuils roulants. Son travail est officiellement de gérer l’intendance mais en réalité c’est le baby-sitter du Pape, dont il tente de contenir tous les débordements. Parfois il se laisse emporter par son enthousiasme, comme lorsque il se lance dans le catch sous le pseudonyme de Nicholas le Taureau (Nicholas the... Ox ) En VO, c’est le comique anglais Bob Mortimer (la version 2000 de la série Mon ami le fantôme) qui lui prête sa voix.

Sœur Marie est la gentille et généreuse assistante du Père Nicholas. Malheureusement son côté lunaire et son sens naturel de la gaffe (voir la recette du panda qu’elle trouve dans le livre « Plats traditionnels des régimes corrompus ») en font une sorte de pendant humain de la Ermintrude (Azalée en VF) du Manège enchanté. En VO elle a la voix de Morwenna Banks.

Star de la chaîne Popetown Infos, Sœur Penelope, la vamp à la french manucure, est à la fois présentatrice, reporter de choc, conseillère en communication et attachée de presse. Seuls le sensationnel et un bon cadrage de Judas, son caméraman, l’intéressent. Dans la version originale, elle a la voix particulièrement bien choisie du mannequin et actrice Jerry Hall, ex-madame Mick Jagger à la ville.

SATIRE, LA COLERE DE DIEU

« Just can’t believe all the things people say - controversy » (Prince, Controversy)

« Rappelle moi comment on fait du fric avec des orphelins paralytiques ? » (Un cardinal)


Ces quatre personnages évoluent sous les regards suspicieux et inquisiteurs de trois cardinaux exploitant la moindre situation dans une perspective de bénéfices immédiats. Confortablement assis dans leurs fauteuils gonflables flottant sur l’eau de leur spacieuse piscine, ils suivent de près le classement des plus grosses fortunes du monde : 1° la présentatrice de talk-shows Oprah Winfrey 2° Les prestidigitateurs animaliers Siegfried & Roy 3° Eux-mêmes (Eux) 4° Le sultan de Brunei 5° J.K. Rowling, la créatrice de Harry Potter !

« Hot dogs, hamburgers... salmonelle ! » (Un autre cardinal)

Ces cardinaux, organisateurs de combats de catch ou de tournées pour un sosie du pape juif, commercialisent des produits dérivés (boule à neige, savon, cigarettes marqués de l’effigie du Pape, Best of The Pope...), le prètre gérant du Pope Market est alcoolique, le sergent Richter - chef des gardes suisses - est un tueur fanatique, le Père Bosch est zoophile et le Pape saute avec son baton pogo mais sans sa tête, coupée accidentellement par le Père Nicholas avec le « taille-haies de cérémonie de Pie VII ».

C’en est trop pour les catholiques romains de Grande Bretagne, lesquels protestent auprès de la BBC. Après mûre réflexion, Stuart Murphy, contrôleur de la chaîne BBC Three décide de retirer la série de sa grille avant même qu’elle ne soit diffusée.

« Après beaucoup de considération et de consultation, et une mise en balance entre le risque créatif et l’offense potentielle à certaines catégories du public, nous avons décidé de ne pas diffuser le programme », dit-il dans un communiqué du 29 septembre 2004. Ce faisant il tire un trait sur une production de 2,5 millions de livres sterling et espère limiter les dégats financiers sur les ventes en vidéo.

« La décision de retirer Popetown laisse à penser que la religion ne peut pas rire d’elle-même. » (Giles Fraser vicaire de Putney, enseignant en philosophie au Wadham College Oxford et éditorialiste, octobre 2004)

CHEMIN DE CROIX

« Ah oui, comment il disait déjà le barbu ? Ah oui ! Lève toi et marche ! » (Le Pape)

Alan Marke, directeur de Channel X, la compagnie anglaise co-productrice de Popetown, déclare : « Je suis incroyablement déçu par cette décision car je suis très fier de ce projet et des talents impliqués mais je comprends que le monde a changé depuis que la série a été commandée et je sympathise face à la décision difficile que la BBC a eu à prendre ».

« Ca c’est moi avec Lee Majors. On avait monté un numéro de torche humaine. » (Le Pape)

C’est à l’autre bout de la Terre que les protagonistes de la série trouvent le salut de l’âme en juin 2005, sur la chaîne néo-zélandaise C4, dont l’audience gagne une part de marché de 25% sur les 15-29 ans. Un mois après le début de la diffusion, la conférence des évêques catholiques de Nouvelle-Zélande appelle les 500 000 catholiques du pays à boycotter, non seulement C4 mais aussi les autres chaînes de télévision ou de radio du groupe qui la possède.

Les DVD de la série sortent au Royaume Uni en septembre 2005. En Allemagne Popetown déchaîne les passions lorsqu’est diffusé le premier épisode en mai 2006 sur la chaine MTV, précédé d’un encart publicitaire dans le magazine TV Today représentant le Christ ayant quitté sa croix pour rire devant la télévision, publicité dont on peut penser sans être catholique qu’elle était inutilement provocatrice (sans doute cet aspect avait-il été savamment évalué).

L’archevêché de Munich demande le retrait de l’antenne et poursuit, conjointement avec le parti démocrate-chrétien de Bavière, pour « blasphème » les responsables de la série en vertu de l’article 166 du Code pénal allemand : « Celui qui publiquement ou par le biais d’ écrits insulte le contenu de la croyance de la conception du monde ou de la religion, de sorte à perturber la paix publique sera puni d’une amende pécuniaire ou une peine d’emprisonnement à concurrence de trois ans ».

« Joyeux anniversaire, Votre Sainteté.
- C’est une arbalète ? » (Le Père Bosch et le Pape)

VIDEO GRATIAS

« Tu m’as planté mon dépucelage aérien, moule à couille ! » (Le Pape... celui de Popetown en tout cas)

Beaucoup de bruit pour rien ? S’il est éminement concevable que des télespectateurs de foi chrétienne puissent se sentir offensés par Popetown, force est de constater qu’il y a eu des séries (Father Ted) ou des films (La vie de Brian, voire Le Parrain III) beaucoup plus redoutables à l’égard du Vatican et de la religion catholique que cette série d’animation qui s’inscrit plutôt dans un registre délirant très britannique que dans la parodie ou la satire à la South Park. En revanche il est indéniable que la controverse a admirablement servi le « buzz » autour de la série.

Et pourtant la meilleure réponse à la controverse vient des scénaristes et créateurs eux-mêmes : ce qui se passe à Popetown n’est pas réel et ne représente pas le Vatican. C’est le fruit de l’imagination d’un collégien d’une école catholique (Rhys Thomas) qui rêve éveillé les aventures de ce pape en jaune et de son entourage, qu’il dessine durant les cours d’un prêtre sympathique et excentrique (Ben Miller, l’assistant de Rowan Atkinson dans Johnny English). Une idée simple, efficace et poétique illustrée par une séquence « live » avant chaque épisode (au terme du générique de fin le collégien referme son cahier), un peu à la manière de La vie secrète de Walter Mitty.

« Moi je suis plus célèbre que les Beatles. » (Nicholas le Taureau)

Si le graphisme des personnage est loin d’être exceptionnel (le genre M6 le mercredi avant l’influence de Dexter’s Laboratory), les personnages ont une apparence très attachante (surtout le Pape et Sœur Marie) et les décors en trois dimensions sont criants de vérité. Les histoires sont rythmées, drôles et truffées de références discrètes à l’actualité anglaise ainsi que de clins d’oeils élégants et savoureux au Blow Up d’Antonioni, à L’Exorciste, aux Beatles (« Je crois qu’il est temps de dissoudre le groupe »), à Psychose (un running gag avec Sœur Marie), Frankenstein, Pinball Wizard de The Who, etc... Et le générique composé par Julian Moore est un monument d’humour à lui tout seul.

En France c’est MCM qui diffuse Popetown depuis septembre 2006, après que la série soit passée par l’Australie et ait été rediffusée en Allemagne (dans un climat beaucoup plus serrein que lors de la diffusion initiale). Le doublage français - réalisé par la société belge Made in Europe - est de première classe, et l’adaptation de Laurence Crouzet est excellente.

Loin des tourments qui ont présidé à son lancement en Angleterre, Kaze nous propose maintenant l’intégrale de cette série d’animation humoristique indispensable en deux dvd réunis dans un charmant packaging jaune papal... enfin, celui de Popetown, bien sûr. On espère un éventuel revival, le DVD serait le support idéal pour un spécial d’1h15 (les trois cardinaux seraient ravis).

(Cet article vous est offert par les Industries bio-chimiques du Yorkshire, sponsor officiel des Orphelins de Leeds)