Affichage des articles dont le libellé est Netflix. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Netflix. Afficher tous les articles

lundi 13 février 2017

L'ESPIONNE DE TANGER (KOBA FILMS)

Adaptée du best-seller de María Dueñas, la luxueuse série espagnole L'espionne de Tanger (El Tiempo entre Costuras, 2013-2014) est disponible depuis l'automne dernier en DVD chez Koba Films.

El Tiempo entre Costuras se passe en Espagne, au Maroc et au Portugal, des années 1930 au années 1940. La série a pour vedette Adriana Ugarte dans le rôle de Sira Quiroga, une jeune couturière espagnole qui se retrouve dans le monde de l'espionnage et de l'intrigue politique avant la Seconde Guerre mondiale.

 «  Une machine à écrire a bouleversé mon destin: une Hispano-Olivetti, et j'en fus séparée pendant des semaines par la vitrine d'une devanture. » (María Dueñas, L'Espionne de Tanger)

Publié en Espagne en juin 2009, El Tiempo entre Costuras est le premier roman de María Dueñas, professeur à l'université de Murcie. Le livre s'est vendu à des millions d'exemplaires à travers le monde dans plus de 25 langues. La chaîne privée espagnole Antena 3 a acheté les droits en 2010 avec pour ambition de transformer le phénomène littéraire en sensation télévisuelle. Trois scénaristes (Susana López Rubio, Alberto Grondona, Carlos Montero) et trois réalisateurs (Iñaki Mercero, Iñaki Peñafiel, Norberto López Amado) ont travaillé sur cette adaptation en 11 épisodes de 80 minutes, produite par Boomerang TV (Los misterios de Laura).

L'espionne de Tanger a été tourné entre l'été 2011 et janvier 2012 dans 100 extérieurs et plus de 254 décors entre les trois pays où les romans se déroulent: l'Espagne (Madrid, Toledo, Guadalajara), le Maroc (Tanger et Tétouan) et le Portugal (Lisbonne, Cascais et Estoril). 135 acteurs et plus de 2500 figurants ont travaillé sur la série, dont le budget a été estimé à plus de 500 000 euros par épisode. Les productions de la BBC et de HBO étaient les références des producteurs exécutifs Emilio A. Pina et Reyes Baltanás.

 « Je m’appelle Sira Quiroga et je suis couturière. Je n’aurais jamais imaginé que mon destin serait de risquer ma vie en traversant une ville dans un pays étranger bardée de pistolets dissimulés sous mes vêtements. »

Madrid, 1934. Sira Quiroga, jeune couturière, travaille avec Dolores, sa mère célibataire, dans un atelier de couture. Sira est fiancée à Ignacio, un modeste fonctionnaire, mais tombe follement amoureuse de Ramiro Arribas, un vendeur de machines à écrire. Ce qui suscite une ferme désapprobation de Dolores. Tandis que l'Espagne vit une période troublée, Gonzalo Alvarado, le père de Sira, veut rencontrer sa fille afin de lui donner de l'argent et des bijoux. Ramiro persuade Sira d'utiliser cette fortune pour créer une affaire à Tanger, la zone internationale du Protectorat espagnol au Maroc. Ils s'en vont des mois avant le coup d'état de juillet 1936 et vivent dans le luxe lorsque Sira, enceinte, est abandonnée par son amant.

Sans un sous et endettée, la jeune femme perd son enfant à naître sur le chemin de Tétouan. Là-bas, un commissaire de police compréhensif lui donne du temps pour payer les dettes qui l'empêchent de retourner en Espagne et lui trouve un abri à la pension de Candelaria "La contrebandière". La recherche d'un passeport conduit Sira Quiroga dans une situation périlleuse mais l'argent qu'elle en retire lui permet de monter un établissement de haute couture avec "La contrebandière". Sira devient amie avec une de ses clientes, Rosalinda Fox, maîtresse du Haut Commissaire du Protectorat Juan Luis Beigbeder. Grâce à Rosalinda et Marcus Logan, un journaliste britannique, Sira est réunie avec sa mère.

La Guerre civile espagnole se termine en 1939. Rosalinda Fox demande à Sira Quiroga de monter une boutique haute couture à Madrid et d'espionner les épouses des officiels allemands pour le renseignement britannique afin d'empêcher la participation de l'Espagne dans un conflit entre l'Allemagne et l'Angleterre. Sira accepte et débarque dans la capitale espagnole en tant qu'Arish Agoriuk, une mystérieuse couturière. Elle doit approcher Ramon Serrano Suñer, le beau-frère du général Franco, et l'impitoyable homme d'affaires portugais Manuel Da Silva. Mais elle est aussi confrontée à son passé. Adriana Ugarte, remarquée pour son travail à la télévision (Les enfants volés, La señora) et dans des films tels que Lo contrario al amor (2011), interprète merveilleusement la couturière-espionne Sira Quiroga.

Le reste de la remarquable distribution comprend Raúl Arévalo (Ignacio), Elvira Mínguez (Dolores), Pepa Rus (Paquita), Rubén Cortada (Ramiro Arribas), Carlos Santos (Félix Aranda), Francesc Garrido (Gran Reserva, Los Hombres de Paco) dans le rôle de Claudio Vázquez, l'actrice anglaise Hannah New (Rosalinda), Tristán Ulloa (Beigbeder), Peter Vives (Marcus Logan), l'acteur portugais Filipe Duarte (Manuel Da Silva), l'acteur américain Ben Temple (Allan Hillgarth), etc. Les fans d'El Ministerio del Tiempo reconnaîtront Peter Fox, le mari de Rosalinda. C'est l'acteur Jimmy Shaw, né à Los Angeles, qui interprète Paul Walcott dans la série espagnole de science-fiction. La superbe musique a été composée par César Benito (La Chica de Ayer). La costumière Bina Daigeler (Volver) s'est occupée des tenues des personnages.

Diffusé le 21 octobre 2013, le premier épisode de L'espionne de Tanger a été vu par 5 018 000 téléspectateurs (25,5%), le plus gros démarrage d'une série d'Antena 3 en 12 ans. Les 11 épisodes ont réuni une moyenne de 4 910 000 téléspectateurs (25,5%). Un succès mérité pour une série qui a tout pour être vue absolument: romance, aventure, espionnage, suspense, de splendides extérieurs ainsi que l'histoire de l'Espagne. En France, El Tiempo entre Costuras est arrivé l'année dernière sur Netflix. Le coffret DVD de Koba Films contient la série sur 5 disques sous la forme de 17 épisodes de 55 minutes avec le doublage francophone et la V.O. espagnole, sous-titrée ou pas.

http://www.kobafilms.fr/series-tv/429-l-espionne-de-tanger-3344428065133.html
http://www.antena3.com/series/el-tiempo-entre-costuras/

vendredi 11 octobre 2013

HOUSE OF CARDS (KOBA FILMS)

Lorsque Margaret Thatcher quitte son poste de Premier ministre du Royaume-Uni, Henry Collingridge devient le leader du Parti conservateur et le nouveau titulaire de la fonction. Francis Urquhart, le chef de file du parti, espère une place de choix dans le nouveau gouvernement mais Collingridge le maintient dans sa fonction actuelle.

Encouragé par son épouse, Urquhart décide de faire tomber Collingridge et de tracer sa voie vers le 10 Downing Street par tous les moyens. Conspiration, manipulation et même pire.

« Qui ça, moi? Oh non, non, non. Je suis le chef de file du parti, un simple fonctionnaire. Je maintiens l'ordre dans les rangs. Je dois assurer la cohésion du mouvement. Et j'accorderai bien entendu mon absolue fidélité a celui qui sera élu chef de la majorité. »

House of Cards (1990), le thriller politique de la BBC est enfin disponible en DVD en France chez Koba Films. Réalisé par Paul Seed, cette mini-série en quatre épisodes de 55 minutes a été adaptée par le scénariste Andrew Davies d'après un livre de Michael Dobbs. Dobbs, ex-conseiller de Margaret Thatcher et ancien officiel du Parti conservateur, a écrit un roman réaliste sur la corruption et l'intrigue dans les coulisses de la politique britannique post-Thatcher alors que la Dame de fer était encore au pouvoir. La version télé a pour vedette Ian Richardson (La Taupe) dans le rôle de Francis Urquhart, dont le travail est de veiller à la discipline des parlementaires du parti majoritaire à la Chambre des communes.

« Rien ni personne n'est éternel. Tôt ou tard les règnes les plus étincelants et les plus longs eux-mêmes doivent prendre fin. »

Après la démission de Margaret Thatcher, les Conservateurs ont besoin d'un leader. L'honnête et populaire  Henry Collingridge (David Lyon) devient Premier ministre et Francis Urquhart, qui l'a soutenu, s'attend à entrer au gouvernement. Mais après les élections générales, remportées par le Parti conservateur avec une majorité réduite, Collingridge rejette les propositions d'Urquhart pour un remaniement y compris sa promotion. Elizabeth, l'épouse de Francis (Diane Fletcher),  suggère à son époux de prendre le leadership à Henry Collingridge en faisant "tout ce qui est nécessaire". Et c'est ce qu'il fait.

Francis Urquhart déplace tranquillement ses pions involontaires: Roger O'Neill (Miles Anderson), le conseiller en communication du parti accro à la cocaïne. La jeune reporter politique Mattie Storin (Susannah Harker). Patrick Woolton (Malcolm Tierney), l'ultra-conservateur ministre des affaires étrangères. Et même le magnat des médias Ben Landless (Kenny Ireland). Les fondations du 10 Downing Street sont sapées tout doucement, Collingridge ne comprend pas et il est durement touché à travers son frère Charles (James Villiers), alcoolique. Les pions peuvent être sacrifiés et pas seulement au sens figuré. Pour House of Cards, Michael Wearing (Edge of Darkness), alors en charge des mini-séries à la BBC, a conseillé à Andrew Davies d'"ajuster un peu" le livre et de "penser jacobéen".

« Pour un peu on aurait dit Richard de Gloucester au château de Baynard.
- "Montre toi, joli soleil." »

Le Francis Urquhart de Davies s'adresse directement au public, à la Richard III. Le scénariste a considérablement développé le personnage de l'épouse de Francis, appelée Miranda dans le roman, dont il a fait une Lady Macbeth moderne. Il a aussi modifié la relation d'Urquhart avec Mattie (« Il y a certaines choses qu'un gentleman ne peut raconter. ») et inversé la fin. Le passé théâtral shakespearien de Richardson et sa collaboration avec Susannah Harker dans Troubles (1988) ont servi le travail d'adaptation. La réalisation de Paul Seed, des idées du producteur Ken Riddington et la musique de Jim Parker ont tout autant contribué à mettre en valeur les changements substantiels effectués par Andrew Davies.

« Ne dites pas que vous avez des remords. Si vous éprouvez de la pitié vous avez tout à fait tort. Écrasez là sous votre talon comme un vieux mégot de cigare. Je n'ai fait que mon devoir et je le ferais encore. »

House of Cards a été diffusé sur BBC One du 18 novembre au 9 décembre 1990 et a rejoint à juste titre des classiques politiques télévisuels comme Yes Minister/Yes Prime Minister (1980-1988) et A Very British Coup (1988). La précision de Michael Dobbs a eu un écho inattendu avec l'annonce par Margaret Thatcher le 22 novembre de sa démission. L'interprétation d'Urquhart par l'incroyable Ian Richardson et son "Libre à vous de le croire; moi je ne peux pas faire de commentaire." ont laissé leur marque dans la culture populaire. Dobbs a fait revenir son politicien machiavélique dans To Play The King et The Final Cut, respectivement adaptés à la télévision en 1993 et 1995.

Richardson a remporté le BAFTA TV du meilleur acteur en 1991 pour House of Cards. Susannah Harker était nommée dans la catégorie Meilleure actrice. Le reste de la distribution était d'une aussi grande qualité. Spécialement les fantastiques Diane Fletcher, Miles Anderson, Alphonsia Emmanuel (Penny Guy) et James Villiers - très émouvant dans le rôle de Charles. L'excellent Colin Jeavons, interprète de Tim Stamper (« Si j'avais un chien dans son genre je le tuerais. »), revint dans To Play The King. En France, France 3 a diffusé House of Cards dans les années 1990 sous le titre de Château de cartes. Dans la VF c'est Bernard Dhéran qui prête sa voix et son talent à Ian Richardson.

« Pourquoi vouloir être le père de tout le monde? »

Koba Films sort House of Cards dans un coffret DVD 2 disques en VO, avec ou sans sous-titres (faits pour l'occasion), ou en VF. Un commentaire audio du premier épisode par Andrew Davies, Ian Richardson et Ken Riddington est disponible en bonus. Une adaptation américaine en 13 épisodes de House of Cards avec Kevin Spacey a été proposée en février dernier sur Netflix.

http://www.kobafilms.fr/serie/house-of-cards-324.html

Voir aussi (Spoilers):

http://chrishallamworldview.wordpress.com/2013/03/10/house-of-cards-revisited/
http://www.thedailybeast.com/articles/2013/01/17/rewind-bbc-s-iconic-political-thriller-house-of-cards-still-captivates.html